These are not the business cards you're looking for

Je serai à Londres du 4 au 9 juin prochain à l’occasion de la conférence LeWeb à laquelle je suis invité en tant que blogueur officiel. Une fois n’est pas coutume, je m’organise un peu à l’avance, malgré le renouvellement honoris causa de ma certification La Rache (ISO-1337), dont je suis titulaire depuis le 26 février 1978 ; la preuve, je suis né avec une semaine de retard après en avoir fait baver à ma mère pendant plus de 30 heures. Ce n’était qu’un début.

À force d’à forcer, pour paraphraser mon prof de maths de seconde, j’ai mis en place une liste (publiée en 2012, mise à jour en 2013) de trucs indispensable pour survivre en conférence technologique. La plupart de ces astuces sont le fruit d’une longue expérience dans l’epic fail, d’autres ont été validées avec Korben lors de notre voyage en amoureux dans la capitale britannique.

1. Faites comme si la 3G n’existait pas

Même si vous partez dans un endroit éminemment civilisé, agissez comme si vous vous rendiez dans le dernier des pays du tiers monde : ne comptez ni sur Internet, ni sur votre téléphone mobile.

La première fois que je suis parti à Vienne – champion du WIFI gratuit dans les aéroports européens – je me suis retrouvé comme un abruti en arrivant en ville : je venais de changer de forfait, et pour avoir la 3G en Europe, il me fallait… un accès à Internet, et mon forfait pro venait de basculer sur la flotte d’Atos, sans connexion à Internet hors de France. Coup de bol, un Starbucks est installé à 20 mètres de la sortie de la gare, mais ce n’est pas suffisant quand on a besoin d’être mobile.

Depuis, je note toutes les informations utiles sur un papier que je conserve dans mon passeport : adresse de l’hôtel, nom et adresse de mon contact sur place (ils m’ont assez fait chier avec ça à Tel Aviv), et trajet pour aller de mon lit au lieu de la conférence.

2. Faites comme si le WIFI n’existait pas

Le WIFI est souvent le principal problème des conférences technologiques. Si vous avez 1000 participants, dites-vous qu’entre ordinateurs portables, téléphones et tablettes, vous devrez fournir un accès à Internet à près de 3000 terminaux. Corollaire : la 3G va elle aussi être saturée.

Il peut y avoir pire : les signaux GSM peuvent être volontairement brouillés par les organisateurs. C’était le cas en 2011 à l’Eurovision. Je devais live twitter depuis la cabine des commentateurs de France Télévision, qui se trouvait au cinquième étage sans ascenseur d’un gigantesque stade, à l’intérieur duquel il était impossible de capter la 3G. Il me fallait m’éloigner à 50 mètres pour envoyer photos et impressions. Vous imaginez le marathon.

La meilleure solution reste de s’affranchir du WIFI durant la conférence. Synchroniser mails et calendrier suffit généralement pour la journée, et, sauf cas exceptionnel, l’upload des photos sur Flickr peut attendre le soir ou le retour à Paris. Reste le cas des live bloggers, pour qui l’absence de réseau est particulièrement handicapant.

3. Prenez vos rendez-vous à l’avance

Les conférences sont le lieu idéal pour rencontrer des gens que vous n’auriez pas pu voir autrement, qu’ils habitent à l’autre bout du monde ou qu’ils aient autre chose à faire. Dites-vous que vous ne serez certainement pas les seuls, et que, premier arrivé, premier servi, il vaut mieux prendre ses rendez-vous à l’avance. Ça permet de les préparer, et de ne pas avoir l’air con comme un moulin à vent – merci papa pour l’expression – parce qu’on ne sait finalement pas quoi dire.

D’ailleurs, si vous avez envie de me rencontrer, mon agenda de sinistre (et pourtant je ne suis pas de gauche) se remplit plus vite qu’un magasin pour femmes un premier jour de soldes. Il me reste de la place le mardi après-midi (avant la conférence donc), et le mercredi en fin de journée. N’hésitez pas à m’envoyer un petit mail frederic@t37.net, je ne morts pas, sauf quand on m’invite à déjeuner. Si tu es une startup innovante installée outre Manche, tu m’intéresses aussi.

4. Emportez un Kensington (et DEUX clés)

Kensington (n. m.) : truc cher, lourd, encombrant et inutile 360 jours, mais qui permet d’aller pisser en laissant son Macbook Pro sous la surveillance de ses voisins de table histoire de ne pas se faire piquer sa place au premier rang.

Bien qu’étant sensé assurer la sécurité de vos affaires, il dispose d’option “ouverture facile avec un stylo” fort pratique. Ce n’est pas un hasard s’il est livré avec deux clés, à emporter partout avec soi tant il est simple d’en perdre une, de préférence au fin fond de la pampa mexicaine.

5. Prenez des anti inflammatoires

En février 2006, j’ai passé le FOSDEM avec une rage de dents à me taper la tête contre les murs. Comme me le faisait remarquer un pote belge, ça fait du bien quand ça s’arrête une fois, à ceci près que la patrie du roi Albert et des frites à la sauce samourail ne me permettaient pas d’acheter autre chose que du paracétamol.

Afin de contourner les limitations sur la commercialisation de certaines molécules qui font du bien, genre ibuprofène, tramadol ou kétoprofène, pensez à en mettre une tablette dans un coin de votre trousse de toilette, ou, si vous devez prendre l’avion, de vos bagages de soute.

6. Ayez toujours 20 euros en monnaie locale dans votre poche

– Freeze!
Freeze!
– Asshole!
Asshole!
– If you move I shoot you mother fucker!
Ichlamouchlafounafeuk!

Se faire braquer n’est jamais drôle. Se faire braquer sa carte bleue, son passeport et son billet retour à l’étranger a de quoi foutre en l’air l’optimiste le plus béat.

Gardez 20 euros en monnaie locale dans votre poche. Dans la plupart des cas, ça suffira et vous évitera d’avoir à sortir (donc donner) votre portefeuille. Dans le même ordre d’idées, je sépare systématiquement mon portefeuille et le couple passeport / billets d’avion dans deux poches différentes, quand je ne laisse pas ma carte bleue à l’hôtel. Si vous êtes un peu tête en l’air, ce sont deux choses qui vous sauveront la vie.

7. Faites faire vos cartes de visite à l’avance… avec votre photo

Préparez vos cartes de visite à l’avance, ça évite pas mal de stress avant l’événement, surtout quand la conférence a un important aspect networking.

Stockez vos cartes de visite dans un porte cartes rigide. Dans certains pays, donner sa carte de visite a une symbolique particulièrement importante, et remettre un bout de bristol corné ou à moitié plié qui a trainé dans votre portefeuille est considéré comme particulièrement insultant.

Petit truc en plus : faites vous faire des cartes chez Moo avec votre photo au recto. Vous allez probablement croiser des dizaines de personnes qui récupèreront des dizaines de cartes de visite. Cela leur permettra de se souvenir de la personne avec laquelle ils ont discuté au lieu de se demander à qui elle correspond.

8. Prenez une batterie (chargée) de rechange

La majorité des centres de conférence ne mettent toujours pas de prises électriques à destination du public, et tous les organisateurs n’ont pas la présence d’esprit de pourvoir à la recharge des laptops de l’assistance.

Dans la majorité des conférences, vous passerez des heures assis sur les bancs d’un amphithéâtre sans pouvoir accéder à une source d’électricité. Pour peu que vous publiiez votre compte-rendu au fur et à mesure, vous aurez également besoin d’un accès au réseau. Bref… sans une batterie de rechange, vous êtes dans la mouise. La batterie de rechange vous sauvera également en cas de retard de votre train, ou de séjour forcé dans une gare ou un aéroport du tiers monde.

Korben, lui, emporte un chargeur pré chargé partout avec lui. Le Yoobao (60€) lui permet de recharger son téléphone 7 fois ou son iPad 2 fois avant de paniquer à l’idée de ne pas trouver de prise électrique. L’objet a la taille d’un disque dur USB de 2.5”.

9. … et une multiprise

Quoi de pire que se retrouver dans une conférence de geeks sans réseau ? Certainement une conférence de geeks sans électricité, faute de prises disponibles.

Lors de mon premier OSDEM (l’ancêtre du FOSDEM), je me suis retrouvé dans une salle hackaton sans possibilité de brancher mon fidèle Vaio à une source d’électricité faute de place disponible sur les multiprises. Depuis, je ne pars plus sans un bloc de 4 et un adaptateur universel. C’est gros, ça prend de la place, mais ça rend service, et ça peut même vous permettre de rencontrer de nouveaux amis.

10. Procurez-vous une carte SIM locale

Si vous vous rendez en France, oubliez ce conseil, vous n’y trouverez aucun opérateur proposant une carte SIM pour un mois, avec un forfait data, à un étranger. Dans la plupart des autres pays, vous pourrez trouver des forfaits à un prix modique.

À Londres, par exemple, Three propose 100 minutes, 3000 SMS et la data illimitée avec tethering pour la modique somme de 15£ (18€).

L’astuce de Mac Koben Giver : si vous possédez un iPhone, pensez à partir avec un trombone histoire de ne pas vous retrouver comme un abruti au moment de changer de SIM.

11. Prenez un pantalon de rechange, même pour 24 heures

Il y a bien longtemps, je suis parti deux jours en voyage avec un collègue qui s’est fait renverser une bouteille de vin dessus durant le trajet aller. Il n’avait pas pris de pantalon de rechange, je vous laisse imaginer la suite.

Évidemment, il est toujours possible d’acheter un pantalon de rechange en cas de problème, mais ce n’est pas toujours possible, notamment quant les magasins sont fermés le dimanche.

12. Prenez une petite bouteille d’eau et une barre chocolatée (ou son équivalent énergétique)

Sauf coup de chance, les grands centres de conférence sont souvent éloignés du centre ville.

Vous n’êtes jamais certain de trouver de l’eau potable et à manger sur place : il peut y avoir un problème avec le traiteur, le bar peut être en rupture de stock, le distributeur à cours de billets, ou l’eau des toilettes plus ou moins potable.

Prenez une petite bouteille d’eau et l’équivalent énergétique d’une barre chocolatée avec vous. Vous n’aurez probablement pas besoin de plus, mais cela suffira jusqu’à votre retour à l’hôtel.

13. L’ACTA ruse

Le dernier conseil vient tout droit de Korbenland : rusez et ne vous faites pas avoir par l’ACTA.

Ne transportez pas de DIVX sur votre laptop même si vous avez 15 heures d’escale à Vladivostok. Uploadez toutes vos données importantes sur Dropbox ou ailleurs afin de pouvoir les récupérer en ligne, notamment des photocopies de votre billet ou de votre passeport.

Évitez de chiffrer quoi que ce soit en local, et notamment votre partition, c’est le meilleur moyen d’avoir des problèmes, puisque par principe vous avez quelque chose à cacher. Sans compter que l’ajout d’une difficulté technique pour accéder à vos données risque fort d’agacer les pandores.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, quand à nous, nous partons à la recherche d’une charmante hôtesse de l’air experte en conférence technologique afin de vous ramener d’autres bons conseils.

Un groupe de manchots effectue sa migration

Convertir une base de données MySQL vers PostgreSQL est un véritable casse tête à côté duquel la conversion du plus barbu des islamistes aux thèses du MLF passerait pour une promenade de santé. Propre à rendre fou le plus élevé des maîtres Zen, l’opération m’a plongé dans une fureur comme on n’en avait plus vue depuis 1945 quand j’ai essayé à plusieurs reprises de faire passer ce blog d’un moteur de base de données vers l’autre. Tout y est passé comme dans l’inventaire des prestations d’un marabout : les traditionnels scripts Perl, mysqldump avec la compatibilité PostgreSQL et des coups de sed dans tous les sens – pourtant, sed, c’est bien – les 518 Mo de Talend, l’export / import de fichiers CSV, et les jeux de mots foireux, un par paragraphe

Hé Bob, j'ai coupé le mauvais pied, c'est quoi ton plan B ?

Le plus court chemin entre deux points est toujours la ligne droite, si et seulement si les deux points sont parfaitement alignés. Ce week-end, c’était mise en production. Un petit pas pour le soft, mais des traitements portants sur des centaines de millions d’enregistrements, et une fenêtre de tir extrêmement réduite, application B2B oblige. Jeudi matin, après une batterie de tests portant sur des volumes six fois moindres que ceux que nous avions à traiter, le couperet tombe : si le rapport entre le temps passé et la quantité de données est linéaire, il nous faudra plus de 30 heures pour migrer. – C’est la merde… tu as un plan B ? – Oui, en cours de test. – Et un plan C ? – Non mais dans le quartier, on devrait facilement trouver un plan Q

Premier prototype de Cloud Quantique® au monde

L’annonce par ASP Servers d’une solution de Cloud Quantique® garantissant à ses clients un niveau de disponibilité record de 100% a jeté un pavé dans l’écosystème de l’hébergement haute disponibilité, reléguant Amazon, Azure et Rackspace au rang mammouths fossilisés d’un autre âge. Pourtant, cette technologie révolutionnaire apporte avec elle des paradigmes qui vont fondamentalement bouleverser notre manière d’envisager l’informatique, mais également l’arithmétique la plus élémentaire. La fin des données telles que nous les connaissons Le Cloud Quantique® apporte une révolution dans la manière dont nous envisageons l’existence mêmes des données stockées sur nos systèmes d’information

Je suis… ingénieur informaticien

Ce qui suit est la traduction autorisée de 2013 Guide To Hiring Engineers (based on the 1943 Guide To Hiring Women) de Penny Herscher. Cet article est destiné aux personnes en charge du management des ressources d’ingénierie durant la révolution numérique de 2013. 11 conseils indispensables pour tirer le maximum de vos ingénieurs : La question de savoir si les entreprises des nouvelles technologies doivent engager des développeurs à des postes autrefois occupés par des analystes système et de théoriciens de l’informatique hardcore ne se pose plus. L’explosion d’Internet et des terminaux mobiles, et la raréfaction des ressources techniques qui s’ensuivit a depuis longtemps clôt le débat

Grieg et sa femme jouant à quatre mains

N’importe quel imbécile peut avoir 15 idées géniales par jour, mais tout le monde n’est pas capable de la réaliser. J’ai d’ailleurs une douzaine de projets qui attendent que je m’y remette. La semaine dernière, Alex Delivet estimait à 1/100 le ratio biz guy / développeur prêts à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Même si ces proportions sont exagérées, et qu’elles tournent aux alentours de 1/10, la disparité entre les profils nécessite de faire attention quand on recherche son cofondateur technique. Entre les listes de diffusion de développeurs et mon adresse de contact, j’ai vu passer pas mal de wanna be entrepreneurs qui se tiraient une balle dans le pied avant même d’avoir pu commencer à raconter leur histoire

À moins de le faire vraiment exprès, vous utilisez des logiciels libres sur votre ordinateur, votre téléphone, voire votre télévision. Cela peut-être à votre insu, ou dans le cadre d’une démarche militante. Dans tous les cas, vous profitez gratuitement du travail de milliers de bénévoles à travers le monde – et aussi de quelques personnes dont c’est le travail à plein temps. Mais que faites-vous en retour pour permettre à ces outils de perdurer ? Rien ? C’est bien ce qu’il me semblait. Dans le règne animal, on dirait de vous que vous êtes un parasite. Je vais vous confier deux secrets. Le premier, c’est que les logiciels libres ne se limitent pas aux “gros” comme Firefox, VLC, le noyau Linux ou le firewall OpenOffice©®™

Vos backups ne servent à rien (s'ils ne sont jamais testés)

Si vous avez deux sous de jugeote, vous sauvegardez régulièrement vos données. Vous le faites toutes les semaines pour les plus cinglés confiants, tous les jours, ou toutes les heures, sur un NAS à la maison, sur un Dropbox like, sur Time Machine, sur bande… les solutions ne manquent pas. C’est très bien, malheureusement, il y a 99% de chances pour que ça ne serve à rien, parce que personne ne test ses backups jusqu’au jour où il faut pouvoir les utiliser. Et là, comme disait je ne sais plus qui, c’est le drame. C’est le drame parce que les fichiers sont corrompu. C’est le drame parce que le DVD est illisible. C’est le drame parce que la bande a fondu. C’est le drame parce que les sauvegardes MySQL vautrent au chargement

Ferme de serveurs

La fermeture de Reader, la première d’un produit à forte visibilité a été ressentie comme une trahison par les utilisateurs de Google au sens large, qui y voient dans cette annonce la rupture d’une sorte de pacte social qui voulait que la firme de Moutain View fournisse gratuitement des applications Web au monde entier, sans limite ni de temps ni d’usage. Google rappelle simplement qu’elle n’est pas une organisation caritative, mais une entreprise faite pour gagner de l’argent. À ce titre, elle gère ses produits comme elle l’entend, avec des problématiques de rentabilité, d’allocation de ressources et de cohérence qui en regardent qu’elle. Dit plus simplement : Google vous fournit ses produits gratuitement, et à ce titre ne vous doit rien

Yoshiwara-girls

Je sens déjà les thuriféraires de la bienséance, les pisse-froids bien pensants si sûrs de leur bon droit qu’ils érigent leurs préceptes en lois universelles quand je n’érige mon principe qu’en présence d’une seule femme à la fois crier au clickbait éhonté, s’offusquer devant l’usage d’un gros mot placé volontairement pour faire ressortir mon agacement comme une tâche de sans sur les neiges du Kilimanjaro. Sachez que je m’en moque comme de ma première chemise <insérez une marque à la mode qui ne manquera pas de m’en envoyer une, taille M s’il vous plaît>