Bonsoir à toutes et à tous © ® ™. Vous ne le savez peut-être pas, mais j’adore écrire. Je blogue, bien évidemment, j’écris des nouvelles, des romans (très mauvais), de la documentation technique… Je me suis même essayé à la poésie, avant que ma femme n’attribue mes œuvres à mon fils de 5 ans.

Parce que tous ces types d’écriture sont très différents, j’ai été amené à tester un très grand nombre d’outils, à la recherche vaine et un peu naïve d’une solution logicielle unique qui me permettrait de combiner rédaction, organisation de et au sein de mes différents projets, mise en forme et gestion des versions. Pour ce dernier aspect, j’ai opté pour la simplicité : un projet privé sur mon compte Github. Pour le reste, je me rends compte qu’un outil unique serait une immonde usine à gaz inutilisable, j’ai finalement décidé de jongler avec plusieurs outils. Je vous propose un tour d’horizon de ceux que j’ai testé, et éventuellement conservé.

Écrire pour le Web

Je vais vous faire un aveu : je déteste profondément écrire dans mon navigateur, même quand il s’agit de rédiger des commentaires sur un blog. J’aime que mon éditeur prenne toute la page, et utiliser des raccourcis claviers notamment pour formater mon HTML. Les zones de texte sont donc beaucoup trop limitées, et les éditeurs riches des usines à gaz souvent inutilisables. C’est pour cette raison que j’écris principalement dans un éditeur de textes.

Textmate

Textmate, est à l’éditeur de textes ce que Mutt est à l’e-mail : simple, léger et incroyablement extensible. Je suis d’ailleurs passé sous Mac OS X après 10 ans sous Linux dans le seul but de pouvoir l’utiliser, et il représente près de 80% de mon utilisation logicielle quotidienne hors terminal et navigation.

Textmate

J’aime surtout la navigation latérale dans les documents, et par onglets, les raccourcis claviers qui ne m’ont pas encore refilé de l’artrose, notamment pour formater le HTML, la sélection de zones, et le support des principales syntaxes de mise en forme : Markdown, Textile…

J’ai en revanche commencé à lui faire des infidélités au moment où il m’a fallu commencer à reprendre les quelques 300 pages de mon manuscrit du NaNoWriMo. Textmate n’est vraiment pas fait pour gérer un projet de la taille d’un roman avec toutes les complexités que cela suppose.

Textmate, par Macromates, 44€85, version d’évaluation gratuite 30 jours.

Pour écrire et publier de la documentation technique

J’ai longtemps utilisé les Google Docs pour rédiger ma documentation, que ce soit au bureau ou dans les projets open source auxquels je contribue. Ils alliaient à la fois simplicité, hébergement sur le Web, mise en forme correcte et divers formats d’export (notamment HTML et PDF).

Gollum

Gollum est un wiki plutôt simple utilisant le gestionnaire de configuration distribué Git pour gérer les versions d’un même document. Il est utilisé par Github pour gérer la documentation des projets, et supporte un nombre assez impressionnant de syntaxes. Même si ce n’est pas une application Mac à proprement parler, il dispose d’un mode standalone qui permet de l’installer facilement sur votre station de travail, et il ne nécessite pas de bases de données.

Gollum

Le début de mon utilisation de Gollum correspond à mon déménagement et à l’allongement substantiel de mon temps de trajet. Je ne pouvais plus me satisfaire d’une documentation sur le Web, et l’idée d’une base distribuée grace à Git était plus que séduisante. Comme je déteste les éditeurs Web, j’édite généralement les pages dans Textmate, et je les commit comme n’importe quel fichier source. Je peux ensuite les visualiser dans mon navigateur.

Gollum supporte un nombre assez impressionnant de syntaxes de mise en forme, et notamment : ASCIIDoc, Creole, Markdown, Org, Pod, RDoc, ReStructuredText, , Textile et MediaWiki.

Gollum, par Github, gratuit, est un logiciel libre développé en Ruby.

Pour lutter contre la procrastination

L’année dernière, j’ai participé au NaNoWriMo, un marathon d’écriture durant lequel je devais écrire un roman d’au moins 50.000 mots en moins de 30 jours. Pour vous donner une idée du challenge, cela représente un total de 1667 mots par jour, soit 1 heure à 1 heure 30 en tapant sans trop relever la tête durant 30 jours consécutifs. J’ai terminé le miens en 19 jours, ce qui fait une moyenne de 2631 mots par jour, principalement écrits durant mes aller-retours quotidiens en RER, et lors de réunions d’écriture entre participants.

La plus grande difficulté, pour moi, résidait dans le nombre de choses qui pouvaient briser ma concentration sur le sujet : mails, Twitter, Skype, Web, IRC, messagerie instantanée…

Writeroom

J’ai utilisé Writeroom durant tout le mois du NaNoWriMo. Il m’a ramené à une époque que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître, celle des terminaux non graphiques, et des logiciels à la Matrix. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a fait le boulot pour ce qui est d’écrire de la ligne au kilomètre.

Writeroom

Les fonctionnalités de Writroom sont extrêmement limitées : affichage plein écran, comptage des mots, chargement et sauvegarde des fichiers. À bien y réfléchir, c’était parfait vus mes désidératas de l’époque.

Writeroom, Hog Bay Software, 24$99, version d’évaluation gratuite 30 jours.

Iawriter

J’ai découvert IAWriter au détour d’un tweet de Nicolas Perriault, et je l’ai immédiatement adopté pour tout ce qui ne nécessitait pas de formatage HTML. Il gère en revanche la syntaxe de mise en forme Markdown.

IAwriter

IAWriter propose le mode focus : l’accent visuel est mis sur la phrase en cours d’écriture, et le reste du texte devient pratiquement invisible. C’est ce qui me l’a fait choisir. En plus du simple comptage des mots, il propose une estimation du temps de lecture du texte, même si elle ne me semble pas très fiable.

IAWriter, 9$99, en vente sur l’App Store.

Write Or Die

Write or die – à ne pas confondre avec le manga Read Or Die – est un peu l’enfer de l’écriture à la ligne, bien que je connaisse des gens qui l’utilisent vraiment. Je n’ai pas testé la version Mac, ce que j’ai vécu avec la version en ligne m’ayant suffi pour me convaincre de son efficacité.

Write or die

Le principe est simple : vous donnez le nombre de mots que vous souhaitez écrire, le temps que vous vous laissez, et vous y allez. Si vous cessez d’écrire durant 5 secondes, l’écran vire au orange, puis au rouge, puis le logiciel lance Never Gonna Give You Up, puis il efface les derniers mots que vous avez tapé jusqu’à ce que vous vous y remettiez.

Write Or Die, 10$00, avec une version en ligne gratuite.

OMMWriter

Je ne sais plus trop comment j’ai découvert OMM Writer, mais je me suis promis de l’essayer sur quelques jours ou quelques semaines, en période d’écriture intensive pour me faire une idée de sa réelle efficacité. Si je devais décrire OMM Writer en trois mots, je dirais que c’est le Nature et Découverte de la saisie de texte.

OMM Writer

OMM Writer ajoute une dimension visuelle et sonore aux autres outils de saisie de texte. Les fonds d’écran ont été spécialement choisis pour leur côté relaxant, et l’écriture est accompagnée d’une ambiance musicale spécifique. L’une des bandes sons, par exemple, reproduit les sons entendus par un enfant dans le ventre de sa mère. OMM Writer coupe également les notifications système pour ne pas être dérangé. Il est fortement recommandé de l’utiliser avec un casque.

OMM Writer, Herraiz Sotto, version payante à partir de 4$11, version gratuite… gratuite et sans limitation.

Focus Writer

Focus Writer est le dernier des outils de saisie de texte anti procrastination que j’ai testés. Il en existe probablement un paquet d’autres, mais il fallait bien que je m’arrête à un moment ou un autre. Je ne sais plus très bien pour quelle raison je lui ai préféré IAWriter, mais il se pourrait bien que je l’utilise lors du prochain NanoWrimo car il permet de gérer des objectifs quotidiens, en temps ou en mots.

Focus Writer

En dehors de cela, il ressemble beaucoup aux autres, à ceci près qu’il permet de travailler sur plusieurs documents à la fois, avec une gestion par onglets. Je me demande d’ailleurs si ce n’est pas pour cette raison que je l’ai écarté : c’est le meilleur moyen de perdre sa concentration, à moins que ce ne soit sa licence, la GPL V2.

Focus Writer, Gott Code, gratuit, logiciel libre sous GPL V2.

Pour les romanciers, les dramaturges et les thésards

Quand j’ai voulu reprendre mon manuscrit du NaNoWrimo, je me suis rendu compte de deux choses : travailler un manuscrit de 300 pages sur un éditeur de textes traditionnel est ingérable, même en le découpant à raison d’un fichier par chapitre. Et retravailler un manuscrit au delà du premier jet nécessite un minimum de workflow, notamment pour gérer les révisions. J’aurais évidemment pu le faire en renommant les fichiers en fonction de mon avancée, avec un chapitre-01-firstdraft, chapitre-02-final, mais je savais que ne n’y arriverais jamais. Reprendre un texte déjà écrit, surtout un long est déjà suffisamment fastidieux, je n’allais pas en plus me casser la nenette avec une gestion à la Rache (méthode ISO-1664).

J’ai donc commencé à tester les quasi usines à gaz.

Evernote

Je ne sais pas trop pourquoi, mais je n’ai jamais accroché à Evernote alors que c’est le logiciel idéal sur le papier : gestion par folder, tagging, éditeur riche, et synchronisation des notes sur un serveur distant. La majorité des gens autour de moi l’utilisent, d’autant qu’il permet de gérer les tâches. Mais non, je n’accroche pas.

Evernote

Je pense que ma réticence vient du fait que je voulais continuer à n’utiliser qu’un seul outil pour gérer mon écriture (Textmate), et qu’Evernote ne me permettait pas une manipulation des fichiers aussi souple qu’avec un éditeur de textes. Il n’en reste pas moins un excellent produit.

Evernote, Evernote, gratuit, système d’abonnement premium pour l’hébergement.

Scrivener, le plus complet

J’ai finalement porté mon choix sur Scrivener, un logiciel professionnel destiné aux thésards, aux romanciers, aux dramaturges, et à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, doivent gérer des textes de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de pages. Scrivener n’est clairement pas donné, mais il n’est pas non-plus destiné à tout le monde.

Scrivener

Scrivener propose des templates en fonction de l’ouvrage que vous souhaitez écrire : fiction, mémoire académique, pièce de théâtre… et un nombre proprement incroyable de formats d’exportation, notamment les formats standards pour les e-books. Le découpage du livre en chapitres, des chapitres en scènes est très pratique et intuitif, et chaque élément possède son stade de révision : premier jet, brouillon révisé, brouillon final… Il offre également des templates pour la gestion de l’univers de votre livre, des fiches de personnages à faire pâlir un MJ à rêves de dragons, et d’une manière plus générale, tout ce qui touche à votre roman.

Scrivener, Litterature and Latte, 45$00, version d’essai valable 30 jours.

Votre cerveau, vos doigts et l’envie

Au delà d’un logiciel adapté, le plus important pour écrire, reste votre cerveau, vos doigts, et l’envie d’écrire. Pour le premier, un environnement adéquat fait beaucoup pour la concentration. Pour le second, trouvez un clavier et un mapping adéquat. J’adorais le toucher du clavier de mon ancien Power Book et des anciens MacBook pros, beaucoup moins celui de l’actuel, et je suis incapable d’écrire avec un clavier AZERTY : ils prennent beaucoup trop de place (puisqu’un clavier AZERTY en vaut deux).

Reste le plus important : l’inspiration, et l’envie, qui vont bien souvent de paire.