Le Rayon UX

La radiographie du Web en temps presque réel / thème en chantier (je m'appelle Teuse)

3 conseils d'amis aux entrepreneurs qui se croient sortis de la cuisse de Jupiter

J’aime les conférences comme LeWeb, les barcamps et les concours de pitchs moins pour le programme que pour la qualité des gens et des projets qu’on y rencontre. Ces événements sont l’occasion pour des sociétés souvent très jeunes de se faire connaître, parler de leur produit, et obtenir le feedback d’une communauté de professionnels à peu de frais. Mes derniers coups de coeur vont ainsi – dans le désordre – à Toshl, Tinypay ou Opportuner aussi bien pour la qualité du produit que pour celle de la relation que j’ai pue avoir avec leur équipe.

On y rencontre aussi malheureusement des gens dont le temps semble beaucoup trop important pour vous parler de ce qu’ils font – alors même qu’ils sont venus pour ça – qui semblent outrés que l’on ne connaisse pas leur produit, et qui vous engueulent et partent en claquant la porte dès que l’on ose remettre leur modèle en question, ou les comparer à la concurrence. J’ai d’ailleurs remarqué qu’ils ont, pour la majorité d’entre eux, réussi à lever des fonds, que ce soit auprès de business angels ou de capitaux risqueurs.

À eux – qui se reconnaitront certainement même s’ils ont certainement autre chose à faire que lire ce blog, je me permettrai trois conseils.

1. Rappelez-vous que personne ne vous attend.

Si vous participez à un concours de pitchs ou vous trouvez dans le startup booth d’une conférence, il y a de très grandes chances que personne n’ait jamais entendu parler de vous en dehors de votre chien, de votre chat et éventuellement de votre grand-mère. Les gens qui viennent vous voir, qu’ils soient journalistes, blogueurs, capitaux risqueurs ou simples visiteurs sont mus par la curiosité. Autrement dit, personne ne vous attend. Si vous avez de la chance et si votre produit est bon, ces gens deviendront des relais média, des prescripteurs, voire des clients. C’est donc vous qui devriez tout attendre d’eux.

2. Tous les retours sont bons à prendre surtout s’ils sont gratuits.

Même si vous êtes certain d’avoir créé the next big thing – et surtout si vous l’êtes – vous en êtes encore loin. Tous les retours que vous pourrez obtenir des gens avec qui vous parlez de votre produit sont valables, encore plus s’ils sont gratuits. Si quelqu’un vous fait remarquer que votre business modèle est bancale parce qu’il repose sur l’honnêteté et la bonne volonté des gens que vous avez aidé à mettre en relation, écoutez le, vous avez certainement quelque chose à en retenir. Et si quelqu’un vous demande ce que votre produit a de mieux qu’un eBay ou qu’un Amazon Market Place, ne l’envoyez pas chier sous prétexte qu’il n’a rien compris. Expliquez-lui votre facteur différenciant, et si vous n’en avez pas… eh bien vous avez certainement du soucis à vous faire.

J’aime presque autant challenger les entrepreneurs que je rencontre sur leur modèle que j’aime leur donner mon feedback sur ce que j’ai vécu avec leur produit, conseils à la clé. Souvent, ça passe très bien, mais parfois, ils considèrent que leur produit est très bien comme ça et qu’il n’y a rien à en redire. Ce ne sont curieusement pas d’eux dont j’entends reparler par la suite.

3. L’argent levé ne vous appartient pas

Un dernier conseil en particulier aux entrepreneurs qui se croient sortis de la cuisse de Jupiter sous prétexte qu’ils viennent de lever 100.000, 300.000 ou 10 millions d’euros : rappelez-vous que tout cet argent que vous allez maintenant dépenser en putes et en coke ne vous appartient pas. Dans 95% des cas, vous avez du lever des fonds parce que vous n’étiez pas rentables. Ce n’est pas “sale”, bien au contraire, et lever des fonds est, en période de crise, très difficile. Mais c’est maintenant que tout commence pour vous, il n’y a pas de quoi la ramener.

  • Par Un blog sur le Web 2.0 et la High Tech 26/03/2011 at 14h35

    Bonjour Frédéric, je suis un blogueur passionné qui a lu avec attention ton post sur entrepreneuriat, je ne suis malheureusement pas sorti de la cuisse de Jupiter et je fais cela comme une passion pour l’instant.

    J’ai vu que tu étais passionné par l’ergonomie Web, toutefois le Widget Facebook du haut n’est pas aligné avec le widget Twitter!

    Y.


  • Par David 26/03/2011 at 14h58

    Frédéric,

    ce que tu dis là est tellement vrai. Maintenant, faire une levée de fonds est un symbole de réussite, alors qu’après tout, c’est plutôt un signe de “produit avec du potentiel mais pas vraiment prêt pour le marché ou marché pas vraiment prêt pour le produit”. Bizarrement, on parle moins de ceux qui sont rentables dès le départ.


  • Par Frédéric de Villamil 26/03/2011 at 15h15

    David : tout à fait d’accord avec toi, tout comme on pointera du doigt ceux qui se plantent. Et je parle de 90% car il arrive que des sociétés rentables lèvent des fonds afin de donner un coup de boost à leur croissance.


  • Par Amma Fufuda 27/03/2011 at 10h32

    ‘Challenger’ quelqu’un ? Donner mon ‘feedback’ ? Un concours de ‘pitch’ ?

    C’est bien de dire des choses fondées mais en français ça serait pas plus mal car la novlangue entrepreneuriale n’est pas très jolie (et surtout elle fait branchouille).


  • Par jihaisse 27/03/2011 at 17h14

    En gros, il faut rester humble. Et si quelqu’un a investi 100.000€ dans un projet, c’est bien parce qu’il compte en recevoir le double dans les années qui suivent.

    @Amma : Le concours de pitch, moi je fais ça avec des pitchs à la fraise. C’est plus onctueux.


  • Par Mary 29/03/2011 at 18h15

    En général, ce genre de profil d’entrepreneur ne fait pas long feu au sein de l’entreprise (les investisseurs et actionnaires majoritaires étant les réels décisionnaires), et cette philosophie du business est très souvent vouée à l’échec. Car la réussite se construit dans la durée, et dans la remise en question quotidienne.


  • Par Auto Dispo 06/04/2011 at 15h30

    Ne pas s’ouvrir aux autres, ne pas savoir écouter les critiques bonnes ou mauvaises, rester dans son petit monde pour monter son projet c’est la meilleure manière de se planter. Le savoir n’est utile que s’il est transmis ;) Surtout que la meilleure publicité reste le bouche à oreille. “Hier j’ai discuté avec une personne fort sympathique pendant 1h, elle réalise…”

    Gabriel


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