3 conseils de savoir vivre aux relations publiques des startup web 2.0 en mal de visibilité...
Cher monsieur le directeur marketing de la startup web 2.0 en mal de visibilité,
J’ai bien reçu le courrier non désiré – c’est à dire le SPAM – que tu m’as envoyé en même temps qu’à des centaines d’autres personnes en copie cachée, dans lequel tu me demandes de parler de ton nouveau service communautaire 2.0 qui va révolutionner la face du web.
Tout comme toi, je suis certain que ton projet intéressera mes lecteurs au plus haut point, et qu’il est vital pour la pérennité de mon blog que j’en rédige une chronique aussi dithyrambique que détaillée.
En fait, non. Je n’en suis pas si certain que ça. Si j’ai pu, ici ou là, faire l’éloge de tel ou tel service – Topify, Steepster, ou Diigo pour ne citer qu’eux, c’est qu’ils ont tous un point commun : je les ai adoptés, et je les utilise régulièrement quand ce n’est pas quotidiennement. Ils me facilitent la vie, gratuitement, il me semble donc normal que je les en remercie en leur donnant la visibilité que je leur croie mériter. Après tout, ils me font économiser un temps précieux, et tout le monde sait que le temps c’est de l’argent.
C’est justement là que le bât blesse, monsieur le directeur marketing de la startup web 2.0 en mal de visibilité. Quand j’écris un article sur ton service, c’est mon temps que j’utilise, pour te faire gagner en visibilité. Mon temps, pour ton argent donc, et gratuitement. Tu ne trouves pas ça un peu injuste ? Ah, non, j’oubliais, tu m’offres la chance de travailler pour toi – gratuitement – que devrais-je demander de plus ?
Je vais me permettre de te donner trois petits conseils – gratuitement – et je vais prendre le temps (donc ne pas gagner d’argent) pour les rédiger, afin d’acquérir la certitude que tu les comprendras, et que tu seras ensuite en mesure de les appliquer lors de ta prochaine campagne. C’est que je suis comme ça, moi, monsieur le directeur marketing de la startup web 2.0 en mal de visibilité, altruiste jusqu’au bout. Mais non, je ne parlerai pas gratuitement de ton service web 2.0 innovant. Comme on dit à Donjons et Dragons, il ne faut pas confondre loyal bon et loyal con
.
Si ton service n’est pas encore lancé
Si vous tu n’as pas encore ouvert ton service au public, pas de problèmes. Mais le minimum de la décence voudrait que tu fournisses un lien permettant d’accéder à ton application et de me faire un avis. Tu ne crois tout de même pas que je vais prendre ton communiqué de presse pour parole d’évangile ?
Si ton service dispose d’une version premium
Tu m’annonces que ton service offre un compte premium, tu me proposes même d’en offrir à mes lecteurs – ce qui est louable en soi – mais ton mail ne s’accompagne même pas d’un code me permettant, moi qui vais parler de toi, d’y accéder ? Mais te foutrais-tu donc de ma gueule monsieur le directeur marketing de la startup web 2.0 en mal de visibilité ?
Allons bon, fais un effort. Je sais bien qu’une fois mon article publié, je ne t’intéresse plus, et que cette distribution si généreuse de comptes premium te servira à appâter d’autres personne qui viendront ainsi relayer ton offre. Je le comprends tout à fait. Mais est-ce vraiment une raison pour me prendre pour un con ?
Abondance de biens ne nuit pas
Dans tous les cas, monsieur le directeur marketing de la startup web 2.0 en mal de financement visibilité, tu devrais te poser la question suivante : à combien estimes-tu vraiment le temps que je passerai à faire ton éloge, et la visibilité – donc le trafic, donc l’argent – qu’il te rapportera ? À rien ? Alors pourquoi prends-tu la peine de me contacter ? Et dans le cas contraire, pourquoi ne proposes-tu pas une juste rétribution à ceux à qui tu demandes de faire – gratuitement – ta publicité ? Crois-tu vraiment que les blogueurs soient juste de la chair à ROI pour la gloire ? Bien sûr que non. Comme tous les êtres humains, les blogueurs sont vénaux, et ils en ont marre d’être pris pour des cons. Alors, monsieur le directeur marketing de la startup web 2.0 en mal de visibilité, comme pour toute prestation, il va falloir songer à mettre la main au portefeuille. En nature ou en espèces, c’est toi qui vois, mais dans tous les cas, si des blogueurs tu veux avoir bonne presse, il te faudra passer à la caisse.
Voilà, monsieur le directeur marketing de la startup web 2.0 en mal de visibilité, c’étaient mes 3 conseils gratuits du jour. Rappelle toi cependant que si ton service me plaît, je l’utiliserai, et j’en serai un fidèle évangéliste spontanément et sans te demander un centime. Et si, comme tu le prétends, tu es un fidèle lecteur de ces colonnes, j’espère que cette missive t’aura éduquer en cette pause dominicale.
Qui habet aures audiendi, audiat!
6 commentaires sur 3 conseils de savoir vivre aux relations publiques des startup web 2.0 en mal de visibilité... »
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héhé le 20 septembre 2009 à 16h47
t’aurais pu faire vachement plus court : commencer et finir par le dernier conseil : l’argent, l’argent et l’argent
PS : oui je suis d’accord avec ce que tu penses à la lecture de mon commentaire : non, inutile de rerererentrer dans ce débat. moi je trouve ça gerbant alors que pour toi c’est naturel…temps contre argent quoi
bon vent
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geff le 21 septembre 2009 à 10h11
Mais qu’est-ce que ça peut bien être ce nouveau service web 2.0 ?? :)
Grâce à ton blog, j’ai découvert diigo et c’est clair que c’est un service vraiment pratique (même si je n’utilise pas trop l’aspect communautaire). Par contre c’est moi ou l’équipe est un peu amorphe ? (pas de plugin safari et un diigolet plutôt sommaire, rien sous iphone - Inconcevable de nos jours :) -, twitter silencieux) ça fait peur non ?
Geff
PS : sympa le thème !
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Olivier BONNAURE le 25 septembre 2009 à 11h14
Salut !
J’allais t’écrire pour te présenter mon nouveau projet mais finalement je ne vais pas le faire ;) – enfin remarque si … c’est un peu détourné mais bon …
D’un côté il y a peut être deux poids, deux mesures entre une PME ayant des moyens et cherchant a faire sa pub à faible prix (gratis en fait là) et des sociétés comme nous (moi) où il n’y a pas (encore) de service marketing, de budget, etc … qui code dans un garage le WE (et la semaine aussi :) )
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AxeNet le 26 septembre 2009 à 11h21
J’ai un peu de mal à comprendre les commentaires de mes prédécesseurs.
Si on souhaite faire un simple communiqués de presse, on utilise les sites qui y sont dédiés.
Si on souhaite qu’un blogueur (influent ?) passe 2 heures à tester le service et 2 heures de plus à rédiger un billet sur ses impressions, il me semble assez normal de proposer une compensation (1 compte gratuit ou tout autre possibilité selon le service proposé)
Le blogueur suicidaire en mal d’inspiration pourra aussi faire un simple copier/coller du communiqué. Il bénéficiera alors d’un joli duplicate content, et en prime, se fera parfois allumer pour présenter positivement un service qui peut être médiocre. Il ne saura d’ailleurs pas quoi répondre puisqu’il n’aura pas testé…
Frédéric, pour ma part, je comprends parfaitement ta réaction.
En parallèle, je suis persuadé que tu aurais réagis différemment avec un mail personnalisé, humble et honnête dans la demande.
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Frédéric de Villamil le 26 septembre 2009 à 13h19
@Héhé : normalement, les commentaires anonymes sont censurés, on est entre gens à peu près civilisés ici.
@Geff : Safari n’a pas de systèmes d’extension, pas plus que celui de l’iPhone. Il est donc compréhensible de ne pas avoir d’application pour ce dernier qui serait uniquement de la consultation. En revanche, tu peux utiliser la Diigolet sur l’iPhone. http://t37.net/installer-la-bookmarklet-diigo-sur-votre-iphone.html
Olivier : ce n’est pas tant une question de moyens qu’une question de manière. Et dans tous les cas, l’équation reste la même : mon temps, son argent.
AxeNet : Généralement, quand je n’ai pas droit à du foutage de gueule en règle, je m’efforce à minima d’aller voir le service. Après, je ne réponds pas toujours, mais au moins je vais voir.
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Jonathan le 30 novembre 2009 à 17h10
Merci pour cet article qui nous apprend à se mettre à la place du blogeur :) Cependant je tiens à nuancer tes propos : en fait vous les blogeurs avez besoin d’informations pour faire vivre votre blog donc sans ces startups en mal de visibilité vous auriez moins de contenu, à méditer… Merci encore pour ton billet ;)
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