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Ce matin, je me suis réveillé avec le gout un peu pâteux des lendemains de fêtes trop belles, la tête encore pleine des rires de la veille, mais le coeur lourd de la certitude que tout est déjà fini, que les couples formés pour la soirée se délitent déjà et qu’un lourd silence remplace les instants complices autour d’un petit déjeuner que chacun des protagonistes voudrait prendre seul.

En jetant un coup d’oeil à ma timeline Twitter laissée en friche la veille au soir pour cause d’épuisement total, je suis retombé sur les échanges que nous avons eus sur le chemin du retour, après trois jours passés ensemble à LeWeb.

Pathétique non ?

Des comme ça, il y en avait facilement quatre ou cinq écrans. Je me suis forcé à sourire pour chasser le conference blues qui a commencé à me saisir, et j’ai imaginé les gens qui ne nous connaissaient pas, à ceux qui suivent plusieurs d’entre nous, et à l’intérêt qu’ils allaient trouver à ces délires de potes pleins d’allusions et de private jokes.

Je me suis demandé comment je réagirais si je tombais dessus. La première chose qui m’est venue à l’esprit, c’est “rien à faire de leurs conneries”. Puis je me suis dit que j’en étais arrivé à ce que je critiquais il y a presque six ans dans Twitter, la branlette 2.0.

Je me suis assis devant mon déca au lait, pas vraiment l’ami du petit déjeuner, mais juste ce qu’il fallait pour masquer le goût doux-amer de l’après LeWeb, et j’ai commencé à rédiger une check list à appliquer à mes tweets.

1. Le message est-il adapté à la cible ?

Votre tweet risque-t-il de choquer ceux qui le liront ? Tweeter un lien vers Le lacher de salopes de Bigard depuis le compte de votre entreprise peut avoir l’air drôle à première vue, mais le contraste entre l’émetteur et la cible du message vous causera de sérieux problèmes.

2. A-t-il un sens pris hors contexte ?

Fermez votre client Twitter, copiez-collez votre message dans un éditeur de texte, et demandez-vous si ceux qui vous liront comprendront encore votre message dans 3 mois. Même si la durée de vie normale d’un tweet est beaucoup plus courte, c’est un bon indicateur de l’intérêt de ce que vous allez dire.

3. A-t-il un intérêt à être rendu public ?

Quand ses followers lui posent une question dont la réponse n’a aucun intérêt à être rendue publique, Jeremiah Owyang répond systématiquement en privé. Cela permet de répondre à la question sans toutefois “polluer” sa timeline. Si une réponse peut intéresser plus d’une personne, il est facile de la faire connaître à tous en préfixant le handle de la personne à qui l’on répond d’un simple “.”.

4. A-t-il été relu ?

Deux choses m’énervent particulièrement sur Twitter : les fautes de français et les lourdeurs de style.

Corriger ses fautes de français est simple : il suffit de se relire à l’envers, afin de sortir les mots du sens de la phrase et de l’étudier ainsi dépouillée de son contexte. C’est quelque chose que je fais systématiquement, quand je prends le temps de me relire.

Corriger ses lourdeurs de style l’est moins. Une des raisons pour lesquelles je tweet en anglais est la facilité que me donne cette langue à écrire des phrases courtes et qui vont droit au but. Le français le permet également, mais il est naturellement plus verbeux, et les phrases choc en sont donc plus difficiles.

5. Vaut-il vraiment la peine d’être publié ?

C’est peut-être la question à laquelle il est le plus difficile de répondre, parce qu’elle en sous-entend une autre : est-ce que je tweet pour m’exprimer ou pour être lu ? That is the question.