Planifier son entrainement de sportif

Les méthodes agiles sont fabuleuses, elles s’adaptent à pratiquement toutes les situations de l’existence qui vous font courir de le risque d’entrer dans un tunnel au bout duquel vous êtes certain de vous prendre un mur. Sans en faire la panacée, elles ont le mérite de donner de la visibilité à court terme dans les projets à long terme, et de se remettre en question en fonction des résultats obtenus. Elles souffrent en revanche d’une réputation court termiste – justement – et ceux qui n’y ont jamais vraiment goûté peuvent les trouver bordéliques par bien des aspects.

Il y a un an, j’ai défini mes objectifs sportifs de l’année : faire un tournois par mois et atteindre un classement accessible et pas déraisonnable. Rien ne s’est passé comme je l’imaginais. J’ai passé une année épouvantable, avec une charge de travail beaucoup plus importante que précédemment, eu des soucis de santé, et le temps que je pouvais consacrer au tennis est passé de 4 à 5 heures par semaine, à une pauvre heure dominicale quand j’en avais le temps et la motivation. À la fin de la saison, j’avais régressé au classement, techniquement et physiquement.

La nouvelle saison vient de commencer, et je viens de me donner pour objectif d’atteindre un classement encore plus élevé qu’il y a un an. Mais avant, j’ai tiré les leçons de mon échec :

  • Je me suis donné un objectif sans définir la route qui m’y amènerait.
  • J’ai commencé à creuser un tunnel sans jamais vérifier ni où j’allais ni où je me trouvais.
  • Personne n’était là pour me dire que je faisais fausse route.
  • Corollaire, je n’ai jamais pu me remettre en question afin de rectifier le tir.

Pour un peu, on aurait dit un projet J2EE chez un grand compte.

Exit le J2EE, les serveurs d’application n tiers et le tunnel de trois ans, cette fois, on fait dans l’agilité et le déploiement continu !

Le product owner : c’est mon entraineur. Il définit les releases en fonction des possibilités de l’équipe.

Les releases majeures : il y en a deux dans l’année. Ce n’est pas très agile, mais c’est le marketing qui a voulu ça pour organiser des événements et faire parler de la boite. Cela se traduit par une réévaluation provisoire du classement en juin, et la publication du classement définitif en novembre.

Les milestones : ce sont les tournois. Ils ont lieu tous les mois et viennent valider le travail effectué durant les sprints. Après chaque release, un sprint meeting permet de définir les objectifs de la release suivante.

Les sprints : ils durent trois semaines, et se terminent par une démo et une release intermédiaire la dernière semaine. Durant les sprint, on dépile la backlog d’issues – ce qui n’a pas marché la dernière fois comme la première balle – et d’items – les features que l’on veut ajouter au produit, comme la montée à contretemps.

Les sprint meeting : ils ont lieu après chaque release. C’est là qu’on définit les objectifs de la prochaine démo, et qu’on priorise la backlog en fonction des objectifs à court terme. Pour ça, on fait du planning poker : on sait combien d’heures de travail on peut effectuer durant le mois, et à partir de là, on évalue ce qu’on va pouvoir vraiment travailler.

Aujourd’hui, le produit comprend trois parties principales :

  • Le fond de jeu (le back office).
  • Le physique (l’architecture).
  • Le mental (le front office, parce que c’est lui qu’on voit le plus, et… ouille ouille ouille).

Et à l’heure actuelle, je sais que je peux consacrer un certain nombre d’heures chaque semaine :

  • 2 heures de course à pieds / fractionné.
  • 2 heures de cours.
  • 2 heures d’entrainement avec mon fils pour le fond de jeu.
  • 1 heure de match amical, pour la partie TDD.

Planifier des sprints courts permet de réévaluer tous les mois les objectifs à atteindre en fonction de ma charge externe, des progrès (y’en a) et des régressions (c’est comme la pomme, y’en a aussi).

Les tournois réguliers sont très importants en terme de self rewarding : les matchs gagnés et les performances, en plus d’être d’excellents KPI pour la suite, réduisent l’effet tunnel introduits par le calcul semestriel du classement.

Évidemment, il y a un inconvénient : ça a un coût, qu’il est difficile de planifier à long terme – mais planning is guessing de toutes manières – entre les cours, les déplacements (consommation kilométrique multipliée par le nombre de matchs joués), et les cordages. J’ai bien peur que mon budget tennis n’explose cette année.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, la prochaine fois, je vous expliquerai comment j’ai organisé mon déménagement avec les méthodes à Gilles et Github.