La radiographie du Web en temps presque réel / thème en chantier (je m'appelle Teuse)
Blogs et Twitter
Regarder des pornos par centaines ne fera pas de vous un bon coup au lit
Mon collègue Laurent me racontait hier qu’il ne souhaitait pas faire de marketing parce qu’il lui manquait une vraie plume pour rédiger ses textes, alors qu’entre livre et Web, il avalait pourtant une quantité non négligeable de litterature sur le sujet.
Je lui ai répondu que regarder des pornos par centaines ne fera jamais de lui un bon coup au lit, pas plus que lire un livre par semaine ne permet d’avoir une grammaire et une orthographe irréprochable. C’est même souvent le contraire : un des plus gros lecteurs de mon entourage a une orthographe déficiente et une grammaire catastrophique.

Contrairement à ce qui semble être un lieu commun répandu, le style littéraire n’est pas inné, au contraire, il s’acquiert, se polit avec le temps, et finit même par se perdre à force d’être délaissé ; un peu comme une jeune fille en somme.
En novembre dernier, j’ai ressorti mes écrits des années 2003 à 2005, tous domaines confondus, et les ai confrontés à ce que je commettais aujourd’hui. Je les ai également fait lire à mon entourage. Le jugement fut sans appel : c’était mieux avant.
J’ai plein de très bonnes mauvaises excuses pour l’expliquer : je suis plus mûr, plus apaisé qu’à l’époque, je me refreine dans ce que j’écris… et c’est en grande partie exact, mais également très marginal. À l’époque, j’écrivais en moyenne 2000 à 3000 mots par jour, vite, très (très) vite, sans jamais me relire, et ça plaisait (souvent), faisait réagir (parfois), et m’a même parfois valu quelques flameware mémorables.
Aujourd’hui, je n’écris pratiquement plus, il me faut en moyenne une heure pour pondre ce que j’écrivais à l’époque en vingt minutes, je suis obligé de systématiquement me relire, et je ne publie pratiquement plus rien tant cela me semble mauvais, ou pour le moins en deçà de ce que je suis capable de faire.
En regardant en arrière, j’ai dégagé trois choses vraiment importantes quand on veut se mettre à écrire, quel que soit le domaine :
1. Écrivez tous les jours, régulièrement
Offrez-vous 30 minutes d’écriture quotidienne ininterrompues. Si vous manquez de motivation, rejoignez un projet d’écriture communautaire. Il en existe des dizaines, basés sur un nombre de mots à écrire chaque jour, comme 750 Words. Ne vous imposez pas d’efforts trop importants, vous finirez rapidement par décrocher. Même si certains jours, cela ne passe pas, l’écriture doit rester un plaisir.
Recherchez le qualitatif avant tout. Contrairement au NaNoWrimo dont le but est d’écrire 50.000 mots en un mois, pour mieux les reprendre par la suite, votre objectif est d’améliorer votre style. À mesure que vous vous exercez, votre style se fluidifiera, vous serez plus à l’aise, et votre style se fluidifiera.
2. Publiez, et faites vous relire
Soyez humble : publiez ce que vous écrivez, et soumettez-vous à la critique. Créez un blog, ouvrez un LiveJournal (si, si, ça existe encore et il y a des communautés littéraires très actives), rejoignez des forums d’écriture (mais ne tombez pas dans le travers “je passe trop de temps sur le forum, je n’ai plus le temps d’écrire”).
J’ai commencé à écrire de la fiction quand j’avais 7 ou 8 ans. Commencer à publier sur le Web est une des meilleures choses que j’aie jamais faites, car cela m’a permis de me confronter à des lecteurs. Se dire “je publierai sur le Web plus tard, je vais commencer par chercher mes lecteurs dans mon entourage” est une bêtise. Non seulement votre entourage n’a ni envie de lire votre bouillie de prétendu écrivain / journaliste, mais personne ne vous dira jamais que ce que vous faites est nul, et que vous êtes complètement à côté de la plaque.
3. Ne vous contrariez pas
Pire que la page blanche, je crois que le plus frustrant quand on veut écrire est de se forcer dans un genre ou un domaine pour lequel on n’est pas fait. Certaines personnes sont très douées pour l’analyse, parce que leur esprit et leur style sont câblés comme cela. D’autres se sentent à l’aise en poésie. D’autres encore passent naturellement d’un genre à l’autre. Il ne s’agit pas là d’évaluer la qualité de l’analyse, ou la profondeur des vers, mais de l’aisance que vous avez dans tel ou tel domaine.
Quand j’étais en seconde année à Science Pipo, je souffrais terriblement un samedi par mois, lors de l’épreuve de la note de synthèse. Nous avions 100 ou 200 pages à analyser : dossiers, coupures de journaux… Il fallait comprendre la thématique abordée, dégager les documents pertinents de ce qui ne l’étaient pas, et tout synthétiser en une page recto verso y ajoutant notre analyse et notre connaissance éventuelle du dossier. Les parties lectures, compréhension et analyse ne me posaient pas trop de problèmes, mais la restitution… Je n’ai jamais aimé faire des phrases courtes, concises et allant à l’essentiel. J’aime au contraire les méandres stylistiques et les circonvolutions sans fin du genre :
Le ciel sur le port était couleur télé, calée sur un émetteur hors service.
Si vous choisissez une voix qui n’est pas la vôtre, vous finirez par détester écrire, et, pire encore, par désapprendre ce que vous savez déjà. Il est donc fondamental de choisir un domaine qui vous plait, quel qu’il soit.
Mais surtout, par pitié, bannissez à tout prix les fan fictions Harry Potter.
5 étapes pour intégrer les outils sociaux à votre business
Cet article est la traduction autorisée de 5 steps to making a predictive, social business par Adam Tinworth.
Nanowrimo 2011, Dieu merci c'est fini (pendant un an)
Bonjour à toutes et à tous © ® ™. Fidèles lecteurs du site, vous avez du remarquer que ça fait un moment que je n’ai rien écrit ici, pour les autres, ben… ça fait un moment que je n’ai rien écrit ici. Je viens en revanche de terminer avec succès le National Novel Writing Month, un marathon d’écriture au cours duquel les participants doivent écrire un roman d’au moins 50.000 mots.
Organisé chaque année au mois de novembre, ce défi un peu fou donne un cadre défini dans le temps à tous ceux qui voudraient écrire leur premier roman, mais n’osent pas se lancer à cause de l’ampleur de la tâche. Il s’agit pour les participants d’écrire une moyenne de 1667 mots par jour, ce qui est tout à fait abordable et difficile à la fois.
Réponse à Claude Malaison sur la place des blogs et des média sociaux
Cet article est une réponse à Claude Malaison qui se demande encore Qui est encore blogueur d’affaires au Yulbiz ? (rendez-vous des Montréalais utilisant le blog dans un contexte professionnel). Initialement écrit sous la forme d’un commentaire, il m’a semblé intéressant de le publier ici sous une forme plus longue, même si la disparition des trackbacks limite beaucoup ce genre de conversations “à l’ancienne” comme on pouvait en avoir de blog à blog il y a quelques années. Je vous invite donc à lire l’article original avant toute chose.
Mettre en place une politique de modération sur les sites en dofollow
Le célèbre mage N’Bolo Googlyaoo me confiait récemment :
Un mauvais référenceur, il voit un blog en dofollow, paf, il spam. Un bon référenceur, il voit un blog en dofollow, bon ben il spam, mais c’est un bon référenceur.
Infographie : comment Twitter détruit méthodiquement l'écosystème qui a fait son succès
Je ne sais pas vous, mais moi, si j’avais monté mon business sur Twitter, je ne dormirais plus en attendant le jour où le service à la baleine va couper son API, signant au passage la mort de l’écosystème qui a fait son succès. Je vais encore me faire traiter de Cassandre, mais entre le rachat de Bit.ly, le lancement d’une application iPhone officielle, l’interdiction faite aux développeurs de lancer un nouveau client, ça fait deux ans et demi que je vous le prédis plus ou moins régulièrement. Si on y rajoute le récent rachat de Tweedeck et la fermeture des flux RSS des comptes Twitter, le message me semble clair : les amis, la fête est finie.
Mettez-vous à leur place, c’est difficile de les en blâmer, sauf à avoir été assez bête pour croire que Twitter dépenserait de l’argent pour vous fournir ses données gratuitement ad vitam eternam.
Dès son lancement, Twitter a positionné sa stratégie de développement sur la mise en place d’une API permettant à un important écosystème d’applications tierces de venir s’y greffer tout en augmentant sa notoriété. Le service n’avait en lui-même rien de révolutionnaire, mais c’est ce qu’en ont fait les gens qui lui a permis de décoller à ce point.
Une fois atteinte la masse critique d’utilisateurs, le service a commencé à scier un certain nombre de branches qu’il avait lui-même fait pousser, en récupérant au passage l’ensemble des bénéfices. Ces branches peuvent être séparées en trois familles :
- Ce qui peut rentrer en concurrence avec les features officielles du service (Tweetie, t.co…).
- Ce qui risque d’éparpiller la communauté des utilisateurs de Twitter (Tweetdeck).
- Ce qui empêche Twitter de contrôler les données exportées (RSS).
Il ne semble pas aberrant de penser que la prochaine étape sera de couper totalement l’API gratuite au profit d’une API payante, par exemple au volume de données transférées, ce qui signerait l’arrêt de mort d’un certain nombre de startups au modèle économique bancal.
J’ai réalisé une chronologie accompagnée d’une infographie (moche, mais j’ai les skillz et la sensibilité artistique d’un cachalot astigmate) récapitulant la grandeur et la décadence de l’écosystème Twitter. S’il manque des dates, n’hésitez pas à me le signaler.

20 septembre 2006 : ouverture de l’API Twitter, qui allait donner naissance à des dizaines de milliers d’applications plus ou moins inutiles.
26 septembre 2006 : ajout de flux RSS aux timelines Twitter.
6 mai 2009 : Twitter promeut bit.ly URL raccourcisseur d’URLs officiel et marque la mort de tout un écosystème.
9 décembre 2009 : à la conférence Le Web, Twitter annonce avoir atteint les 50.000 applications disponibles.
9 avril 2010 : Twitter annonce l’acquisition du client pour iPhone Tweetie.
12 avril 2010 : Twitter annonce le lancement de sa régie publicitaire Promoted Tweets, d’abord dans les résultats de recherche, puis dans la timeline des utilisateurs.
14 avril 2010 : Twitter annonce le lancement de t.co, un nouveau raccourcisseur d’URLs permettant de lutter contre le spam et les malware.
14 avril 2010 : Biz Stone annonce que Twitter a passé la barre des 100,000 applications enregistrées.
19 mai 2010 : Twitter annonce le lancement de son application iPhone officielle basée sur Twittie.
30 mai 2010 : Twitter annonce le lancement d’un client officiel pour Android.
2 septembre 2010 : Evan Williams annonce que Twitter a dépassé les 300.000 applications.
12 mars 2011 : Afin de conserver une expérience utilisateur cohérente (sic), Twitter interdit aux développeurs de créer de nouveaux clients.
4 mai 2011 : Twitpic, service indépendant de Twitter annonce la signature d’un partenariat avec l’agence britannique WENN pour l’exclusivité de la vente des photos uploadées sur la plate-forme.
24 mai 2011 : Twitter annonce le rachat de Tweetdeck pour 40 millions de dollars.
1er juin 2011 : Twitter annonce l’intégration du service Photobucket pour tous les tweets publiés depuis sa plate-forme Web.
6 juin 2011 : Twitter coupe les flux RSS des timelines.
Ergonomie Web, Ruby on Rails et Architecture de l'Information devient Le Rayon UX
Connaissez-vous le syndrome du je réaménage mon appartement sur un coup de tête à quatre heures du matin
? Je vais vous confier un secret, ça marche aussi avec les sites Web, à ceci près que vous ne réveillerez pas vos voisins du dessous en déplaçant les meubles. Le mien étant 3/4 arrière au Stade Français, ce détail a son importance.
Blague à part, effectuer une refonte de ce site me démangeait depuis un moment. Il ne s’agissait pas d’un problème graphique : ce thème évolue tranquillement depuis sa première mise en ligne, mais d’un soucis éditorial. Il reste probablement deux ou trois choses pas sèches, mais c’est globalement terminé.
Pourquoi le Rayon UX ?
Le titre Ergonomie Web, Expérience Utilisateu et Ruby on Rails
date d’une époque où j’étais plus qu’en délicatesse avec Google. J’avais alors tenté de bourrer mes pages de mots clés, mais de manière intelligente.
Cela avait eu deux effets :
- Du point de vue référencement, ça n’avait rien changé, le problème était ailleurs.
- Je me retrouvais avec un titre à coucher dehors avec un bon de soupe aussi naturel que les seins de Pamela Anderson.
J’ai donc commencé à chercher un titre à la fois court, correspondant à ma ligne éditoriale, et qui ne fasse pas keyword stuffing. C’est mon vieux copain Sylvain Abélard qui a eu l’idée du Rayon UX, lequel, qui contient en plus un jeu de mots à moitié foireux mais parfaitement dans le thème. Le Rayon UX met en valeur à la fois l’orientation ergonomie Web / expérience utilisateur et les articles d’analyse tout en étant plus simple à retenir. De ce côté là, c’est gagné.
Refonte éditoriale
Avec 965 articles en 5 ans et demi, 15 catégories dont certaines plus alimentées depuis 3 ans et près de 5000 commentaires, le bordel commençait à devenir visible.
On redescend maintenant à seulement 10 catégories. Certaines ont été fondues, soit parce qu’elles faisaient double emploi, soit parce qu’elles n’avaient pas ou plus de raisons d’être, d’autres ont simplement été renommées afin de sonner plus naturelles, et ont été mises en valeur dans la navigation.
Cela me permet, au passage, d’adapter le site au ralentissement de mon rythme de publication, tout en me recentrant sur les fondamentaux.
Trouvez un nouveau nom à t37.net et remportez Ergonomie Web Illustrée d'Amélie Boucher
Cher nain ternet… non, non pas toi Nicolas, ce n’est pas parce qu’on parle de personne de petite taille que tu dois te sentir visé.
Ça fait un moment que je songe à changer le nom de ce site pour quelque-chose de plus court, plus personnalisé, plus efficace et qui ne soit pas une bête série de mots clés. J’ai bien quelques idées, mais elles ne me satisfont pas entièrement, et, pour reprendre Auguste Comte, on ne peut pas se mettre à la fenêtre pour se regarder passer dans la rue
. C’est pourquoi, puisque vous êtes certainement meilleurs que moi à ce jeu là, je vous propose de trouver le nouveau titre de ce site, et ainsi de gagner l’excellent Ergonomie Web Illustrée d’Amélie Bouchet, ou un livre de valeur égale aux éditions Eyrolles si vous l’avez déjà.

Les règles du jeu :
- Ce nouveau nom remplacera l’actuel Ergonomie Web, Expérience Utilisateur Et Ruby On Rails, qui passera en punchline.
- De un à quatre mots, en français (de préférence) ou en anglais.
- Doit refléter l’esprit général du site.
- Ne doit parler ni de chat, ni de licorne, ni de poney.
- On répond dans les commentaires (modérés pour l’occasion).
Le concours prendra fin dimanche 22 mai, et le résultat sera annoncé lundi 23.
Blog Review : faites la critique collective d'un blog en 140 caractères
Faire la critique collective d’un blog afin de permettre à son auteur de l’améliorer ? C’est l’initiative au parfum un peu old school qu’a lancé vendredi dernier mon ami Julien Smith à laquelle je me suis associé aujourd’hui.

10 conseils ultimes pour réussir vos communiqués de presse
Aujourd’hui c’est vendredi, et puisque le vendredi c’est permis, je vous propose de découvrir comment rédiger des communiqués de presse de première qualité à destination des blogueurs et autres journalistes en ligne.
En effet, 7 ans A.L. (après Loïc), nombre d’agences de relations publiques n’ont toujours pas compris comment rédiger un communiqué de presse optimisé pour un usage digital. Or, si rédiger un communiqué de presse est à la portée de tous, créer des communiqués de presse percutants nécessite une très bonne connaissance de la cible à laquelle on s’adresse.
Je vous propose aujourd’hui et en exclusivité mes 10 conseils infaillibles pour rédiger de bons communiqués de presse à destination des publications digitales, à l’occasion de la sortie du Bullshitotron, le nouveau générateur de communiqués de presse de Bullshitr Inc.


