Quand hollandais rime avec accessibilité

Le 15 février 2007 à 14h17 | 1 commentaire

Certains jours, je regrette un peu que ne pas parler Hollandais me prive de la lecture de leur nouvelle loi sur l’accessibilité des sites web gouvernementaux. Je me contenterai donc de reprendre les principaux points de ce billet de Quircksmode qui en recense les principaux points :

  • Uniquement du XHTML 1.0 ou du HTML 4.01 valide.
  • HTML sémantique, CSS et séparation claire entre présentation et structure.
  • Amélioration progressive (on commence par un truc qui marche partout, et ensuite on rajoute des trucs cliqua convi).
  • Utilisation du DOM W3C en lieu et place du DOM Microsoft.
  • Les class et id doivent avoir une signification appropriée.
  • Les descriptions alternatives des images doivent toutes avoir du sens

Mais aussi :

  • Les scripts appliqués à des liens doivent étendre leurs fonctionnalités (à quand des pop-ups accessibles ?)
  • L’utilisation de scripts comme seule manière de récupérer une information est interdite.
  • Supprimer le rectangle de focus des liens est interdit.
  • Toute information offerte dans un format fermé doit aussi être proposée dans un format ouvert (j’en connais un à qui ça va faire plaisir).
  • La loi définit la valeur sémantique de certains éléments HTML !!!

Ce qui serait intéressant, c’est de voir cette loi appliquée dans notre beau pays non plus pour les sites gouvernementaux, mais pour l’ensemble des sites d’entreprise, amendes à la clé puisqu’il semblerait que seule la répression fasse avancer les choses. Ces guides ne sont en effet pas particulièrement contraignantes, et auraient au moins pour mérite d’harmoniser un peu le web français. Je crois cependant que je vais m’en inspirer pour la ligne de conduite technique de l’ensemble des projet que je vais conduire chez Actualys, tant cela me semble une bonne base de travail.

Paris ou Pékin ?

Les candidats à la présidentielle, la technologie et les standards du web

Le 21 janvier 2007 à 16h02 | 9 commentaires

On lit régulièrement à gauche et à droite (sic) que les standards du web gagnent du terrain, que les usages changent y compris dans le grand public, que ce soient grâce aux pionniers de l’évangélisation ou à la généralisation des plates-formes de publication générant du code conforme aux standards du web. En un mot, il parait que Monsieur Tout Le Monde produit aujourd’hui un XHTML parfaitement valide, accompagné de feuilles de style valides elles-aussi, légères et bien optimisées. Il parait aussi que l’open source et les logiciels libres gagnent du terrain, que ce soient chez les grands comptes ou dans l’administration, et que le monde entier va bientôt communier dans la liberté des outils, des formats et des idées. Seul une petite enclave américaine, dans la province de Redmond, résisterait encore à l’envahisseur…

Comme je n’avais pas grand chose d’autre à faire de ma matinée, je me suis penché sur les sites de campagnes des différents candidats à l’élection présidentielle de 2007, qu’ils détiennent ou non leurs 500 signatures, et sur leurs usages. J’en ai tiré deux tableaux récapitulatifs, le premier sur les technologies utilisées, et le second sur les standards du web, et les résultats ne sont pas bien glorieux.

La technologie

Pour cette première partie, mes critères de sélection étaient :

  • Système d’exploitation.
  • Serveur Web.
  • Technologie utilisée.
Candidat Parti Système d’exploitation Serveur Web Technologie
François Bayrou UDF Linux Mandriva Apache 2.2.23 PHP
Frédéric Nihous CPNT Linux Apache 1.3.33 Frontpage (?)
Ségolène Royal PS Debian Apache 1.3.33 PHP
Nicolas Sarkozy UMP Linux Apache 1.3.33 PHP
Gérard Schivardi RDL Linux Apache ?
Dominique Voynet Les Verts Linux Apache PHP (Dotclear)
Olivier Besancenot LCR Linux Apache 2.0.54 PHP
Marie-George Buffet PCF Debian Apache 2.0.54 PHP
Christian Chavrier PF Fedora Apache 2.0.51 HTML
Jacques Cheminade S et P Debian Apache 1.3.33 PHP
Philippe de Villier MPF Debian Apache 1.3.33 HTML
Nicolas Dupont-Aignant DLR Debian Apache 1.3.33 PHP (Spip)
France Gamerre GE Windows 2003 Server IIS 6.0 .NET
Jean-Michel Jardy CNI Linux Apache PHP
Arlette Laguiller LO Linux Apache HTML
Jean-Marie Le Pen FN Linux Apache 1.3.37 PHP
Corinne Lepage Cap 21 Linux Apache 2.0.58 PHP
Les systèmes d’exploitation.

Une majorité écrasante des candidats est hébergée sous Linux (94,12%) pour 5.88% de systèmes d’exploitation propriétaires.

Les distributions les plus communément rencontrées sont :

  • Debian : 5 (29.41%).
  • Fedora : 1 (5.88%).
  • Mandriva : 1 (5.88%).

52.94% (9) des candidats n’affichent pas la version de leur système d’exploitation (et il serait particulièrement impoli d’aller à la pêche aux informations à coup de nmap sans leur demander avant).

Les serveurs webs

Là aussi, l’open source est à l’honneur, avec 94.5% d’Apaches, pour 5.88% de IIS 6.0

La répartition entre les versions donne :

  • Apache 2.2 : 1 (5.88%).
  • Apache 2.0 : 4 (23.52%).
  • Apache 1.3 : 7 (41.17%).
  • IIS 5.0 : 1 (5.88%).
  • Version non communiquée : 3 (23.52%)
Langages utilisés

Curieusement, on trouve encore un certain nombre de sites n’utilisant pas de moteur de rendu, mais simplement des pages HTML statiques. PHP reste pourtant à l’honneur, et .NET arrive bon dernier.

  • PHP : 11 (64,7%).
  • HTML statique : 4 (23.52%).
  • .NET : 1 (5.88%).

Je ne suis pas parvenu à voir ce qu’utilisait Gérard Schivardi.

Développement spécifique, solutions hébergées et open source

Une très faible majorité des candidats s’appuie sur des solutions open source (ou admettent les utiliser). Parmi elles, on trouve :

  • Dotclear (Bix, on t’a reconnu) : 1 (5.88%).
  • SPIP : 1 (5.88%).

La très grande majorité des candidats s’appuie sur un développement spécifique (70.58%), et seuls 17.64% utilisent des solutions hébergées :

  • Blogspirit : 1 (5.8%).
  • Over-Blog : 1 (5.8%).
  • Haut et Fort : 1 (5.8%).

Les candidats et le standards du web

C’est là que les choses se gâtent, puisque les chiffres sont tout simplement catastrophiques : un seul site passe la validation (Nicolas Sarkozy ), une grande majorité de développements en tableaux, et beaucoup de n’importe quoi, à croire qu’un grand nombre de candidats a recyclé les sites de la campagne de 1995.

Mes critères d’étude pour cette seconde section étaient :

  • Modèle de développement.
  • Doctype.
  • Content Type.
  • (X)HTML valide
  • CSS Valide
Candidat Parti Développement Doctype Content Type (X)HTML valide CSS valide
François Bayrou UDF Divs XHTML 1.1 text/html non non
Frédéric Nihous CPNT Tableaux Aucun Aucun non Pas de CSS
Ségolène Royal PS Tableaux XHTML 1.0 Transitionnal text/html non oui
Nicolas Sarkozy UMP Tableaux HTML 4.01 Transitionnal text/html oui non
Gérard Schivardi RDL Tableaux Aucun text/html non non
Dominique Voynet Les Verts Divs XHTML 1.0 Strict text/html non oui
Olivier Besancenot LCR Tableaux Aucun text/html non Pas de CSS
Marie-George Buffet PCF Tableaux XHTML 1.0 Transitionnal text/html non non
Christian Chavrier PF Tableaux Aucun text/html non non
Jacques Cheminade S et P Tableaux HTML 4.01 Transitionnal text/html non non
Philippe de Villier MPF Frames XHTML 1.0 Frameset text/html non non
Nicolas Dupont-Aignant DLR Divs XHTML 1.0 Transitionnal text/html non non
France Gamerre GE Tableaux Aucun text/html non non
Jean-Michel Jardy CNI Tableaux XHTML 1.0 Transitionnal text/html non non
Arlette Laguiller LO Divs XHTML 1.0 Transitionnal text/html non non
Jean-Marie Le Pen FN Tableaux HTML 4.01 Transitionnal text/html non non
Corinne Lepage Cap 21 Divs XHTML 1.0 Transitionnal text/html non non
Les modes de développement

On trouve de tout, un peu comme au bon vieux temps de la Samar’ :

  • Tableaux : 11 (64.7%).
  • Divs : 5 (29.41%).
  • Frames : 1 (5.88%).

Une écrasante majorité de tableaux, qui commencerait presque à me faire sérieusement douter de tout ce que j’ai entendu au sujet de l’adoption des standards du web ces deux dernières années.

Les doctypes

Et vous, vous aimez ça comment ?

  • XHTML 1.0 Transitionnal : 6 (35.29%).
  • Pas de doctype : 5 (29.41%).
  • HTML 4.01 Transitionnal : 3 (17.64%).
  • XHTML 1.0 Strict : 1 (5.88%).
  • XHTML 1.0 Frameset : 1 (5.88).
  • XHTML 1.1 : 1 (5.88%).
Les content Types

Ça sert à quoi au juste ?

  • text/html : 16 (94.11%).
  • Aucun doctype : 1 (5.88%).
La validation (X)HTML

Et là… c’est le drame !

  • Oui : 1 (5.88%).
  • Non : 16 (94.11%).
La validation CSS
  • Oui : 2 (11.76%).
  • Non : 12 (70.58%).
  • Pas de CSS (style intégré dans les balises) : 2 (11.76%).

Conclusion

C’est… déprimant comme un dimanche de novembre, ne me vois pas d’autre mot.

En tout cas, cela montre qu’un travail d’évangélisation urgent doit se faire auprès des professionnels, en commençant par la base, c’est à dire les développeurs et les intégrateurs. La prochaine fois, si j’ai le temps, je vous proposerai un comparatif des points d’échec de tous ces sites aux tests d’accessibilité. Et si on me paye très cher, des propositions pour une refonte ergonomique… y’a du boulot !

[edit]

Le blog de Dominique Voynet validera certainement quand son attaché de presse cessera de copier / coller des caractères non UTF-8 depuis son Word OpenOffice.org favori. Bix, si tu m’entends…

Le nombre minimum d’erreurs recensé à la validation tourne autour de 30, ceci pour faire taire ceux qui diraient “oui, mais si ça se trouve, ils ne valident pas pour 2 ou 3 erreurs”.

Ruby on rails passe à la vitesse supérieure

Le 18 janvier 2007 à 22h03 | 3 commentaires

Ce n’est pas encore annoncé sur le site officiel, mais Ruby on Rails, le meilleur framework qu’il m’ait été donné de tester à ce jour vient de passer en version 1.2. Mettez votre paquetage à jour, et vous verrez.

powerbook58-de-frederic-de-villamil:~ neuro$ sudo gem update -y
[...]
powerbook58-de-frederic-de-villamil:~ neuro$ rails -v
Rails 1.2.0

Concrètement, qu’est-ce que ça va changer ? Beaucoup de choses, à commencer par l’intégration du greffon Simply RESTful dans le noyau du framework, et cette seule nouvelle valait une note, moi qui suis si peu prompt à relayer les nouvelles. Si vous ne savez pas ce qu’est REST, regardez tout de suite cette excellente vidéo de David Heinemeier Hansson lui-même, il l’explique mieux que personne.

Quant à moi, je vous laisse lire le reste des nouveautés, j’ai des mises à jour à faire un peu partout, mais j’en profite pour vous signaler que la version de développement de Typo s’appuie sur Rails 1.2 depuis plusieurs mois maintenant.

10 ans de CSS, et toujours pas une ride

Le 19 décembre 2006 à 22h57 | 3 commentaires

Le 17 décembre 1996, le W3C publiait la première version de ses feuilles de style en cascade. Dix ans plus tard, CSS est entré dans les moeurs au point de profondément changer nos méthodes de développement web : plus léger, plus simple, plus beau.

J’ai découvert CSS un peu par hasard en 1998, dans un article destinés aux webmasters sur iFrance qui s’intitulait “un design au pixel près avec les feuilles de style CSS”. Je m’intéressais assez peu au web à l’époque, en tout cas certainement pas au design, et me contentais de plaquer des feuilles de style minimalistes sur mes différents sites, utilisant div identifiées et balises d’en-têtes hx et p proprement, faisant mon Monsieur Jourdain de la sémantique structurelle sans le savoir.

J’ai commencé à me détourner du développement système et de l’administration UNIX pure et dure pour le web au milieu de l’année 2003 en commençant à réaliser moi-même les thèmes de mon blog personnel. Je me suis rapidement pris au jeu de la mise en forme, du balisage propre, puis du web sémantique, au point d’en avoir fait mon métier après 8 ans de dénigrement du web comme “parent pauvre” de l’informatique.

Bon anniversaire CSS, à la santé de qui je boirai certainement une coupe de champagne… avec style évidemment.

Via 10ème anniversaire pour CSS chez Tristan Nitot.

Internet Explorer 5,6 et 7 sous Mac OS X

Le 18 décembre 2006 à 23h25 | 2 commentaires

En tant qu’utilisateur de Mac OS X, mon plus grand soucis dès que je dois tester la compatibilité d’une feuille de style entre les différents navigateurs vient de la difficulté de trouver une plate-forme Windows, disposant en plus des deux dernières versions de Microsoft Internet Explorer (5.5 et 6), et de la toute dernière version de Windows Explorer (la 7 donc).

J’utilisais jusqu’à aujourd’hui les comptes gratuits de browsercam, plutôt pratique pour tester un rendu final sur un très grand nombre de plate-formes, mais pas vraiment idéal en phase de debug. Et puis ce matin, j’ai découvert Netrenderer dans les quelques milliers de billets en retard de mon OPML.

netrenderer

Netrenderer est un service allemand qui permet d’afficher en temps réel les résultats d’une capture d’écran sous une des 3 versions sus-mentionnées du navigateur de Microsoft. Gratuit, sans pub et rapide, il permet de pallier relativement bien à l’absence d’Internet Explorer sur les plate-formes UNIX ou Mac OS X.

Web, handicap et je m'en-foutisme

Le 04 décembre 2006 à 22h36 | 8 commentaires

Hier avait lieu la Journée Internationale des Personnes Handicapées. À cette occasion, Raphaël avait lancé un appel à témoins sur le sujet des handicaps et de l’accessibilité sur le web. Les billets s’accumulant dans mon agrégateur, je n’ai entendu parler de cette initiative qu’à l’heure de ma pause café matinale, soit au moins 48 heures trop tard.

Après n’avoir reçu que deux témoignages et vu la nouvelle relayée sur seulement 63 blogs, Raphaël s’interroge sur les raisons de ce relatif fiasco.

Je crois avoir plusieurs réponses à lui apporter, aucune n’éliminant malheureusement l’autre :

Variante 1 : les handicapés, tout le monde s’en fout.

Ce n’est pas totalement faux, malheureusement. En dehors d’une faible minorité active considérés comme des casses pieds – je reste poli – et des empêcheurs de tourner en rond, personne ne s’intéresse à eux. La plupart des gens “normaux” refusent de travailler avec eux : ils trouvent cela dégradant et ses sentent diminués, se contentant de donner deux fois par an : une fois pour le Téléthon, une fois pour la mucoviscidose. Payons nous une bonne conscience et basta, le reste de l’année, on les laisse ramer, quand ils le peuvent. Ayant des membres de ma famille handicapée, et d’autres travaillant à l’Association des Paralysés de France, je pourrais vous en parler un bon moment.

Variante 2 : les handicapés ne sont pas “in”.

63 blogs relaient l’information est un chiffre que Raphaël semble trouver satisfaisant. Je ne le pense pas. Où sont ceux là même qui déclenchèrent le déferlement médiatique consécutif au licenciement de Garfield ou de Petite Anglaise ? Le handicap ne doit pas être un produit marketing suffisamment attractif, difficile de créer le buzz, même à l’occasion de la Journée Internationale des Personnes Handicapées. Dommage.

Variante 3 : Les blogs ont atteint leur point d’obsolescence.

Les blogs comme contre pouvoir, c’est fini. Le média citoyen a vécu, une fois l’attrait de la nouveauté passée, le grand public s’en détourne, la fréquentation baisse, la production aussi. Plus la peine d’en parler, d’autres nouveautés bien plus excitantes pointent déjà le bout de leur nez. Une nouvelle relayée par un blog, aussi importante soit-elle aura certainement moins d’impact aujourd’hui qu’il y a un an, et je doute qu’on en parle encore souvent dans Le Monde ou Libération.

Variante 4 : La source et la cible n’étaient pas les bons.

Aussi bon soit-il, le blog d’Alsacréations ne s’adresse pas au tout venant. C’est un blog technique à destination des techniciens, et nombre de ses lecteurs sont déjà au fait des problèmes d’accessibilité, des standards du web et de tout ce qui va autour. Comme je l’évoquais au point précédent, on lit moins de blogs, mais on lit mieux, et plus près de ses centres d’intérêt.

Alsacréations n’était sans doutes pas l’endroit où lancer cet appel à témoins : il est difficile pour un blog de niche de toucher le grand public, surtout sur un sujet aussi peu porteur, quand bien même un blog grand public aurait-il repris l’initiative. Le handicap et l’accessibilité – web ou pas – sont des sujets qui nous concernent tous et devraient nous mobiliser autant que la journée mondiale contre le SIDA. Je me souviens d’une vieille campagne appelant à se protéger et à donner pour financer la recherche. Elle disait : le SIDA, il suffit d’une fois. La tétraplégie, c’est exactement pareil, mais on n’en parle pas.

[edit]

Variante 5 : même les handicapés n’en ont rien à foutre

Quand on voit la galère que connaissent les handicapés au quotidien pour trouver du boulot, se déplacer, et d’une manière générale vivre, le tout avec une étiquette d’assistés collée sur le front, je doute qu’avoir leur journée internationale leur fasse grand chose pour ce que ça leur rapporte dans leur vie de tous les jours.

L’initiative de Raphaël et Monique est parfaitement louable, mais elle nécessite beaucoup de courage de la part des témoins : le courage de dire à des milliers de personnes sur Internet “je ne suis pas une personne normale, je ne peux pas vivre comme les autres”. Quelque chose dont ils se passeraient probablement bien.

Forcément, ça devait arriver...

Le 17 novembre 2006 à 18h15 | 4 commentaires

  • Samedi, atelier Google Map.
  • Jeudi, séminaire sur le Web Mobile
  • Vendredi, conférence Paris on Rails

Le week-end commençant, ne vous étonnez donc pas de me voir arriver lundi avec une killer app en Rails utilisant la Google Map API à destination des PDA et téléphones mobiles.

Séminaire Web Mobile du W3C

Le 16 novembre 2006 à 20h33 | 6 commentaires

mobile web initiativeL’initiative WMI W3C organisait aujourd’hui un séminaire d’une demi journée consacré au web sur les appareils mobiles, PDA et téléphone portables. Au programme, état des lieux, bonnes pratiques de création de sites à destination de ces outils, problèmes à résoudre à perspectives.

Quelques chiffres sur le web mobile.

  • 28% des téléphones mobiles ont accès à Internet.
  • 10% d’entre eux l’utilisent vraiment régulièrement.
  • 41% des utilisateurs se déclarent insatisfaits par les sites à leur disposition.
  • 3,2 millions de personnes ont utilisé leur téléphone mobile ou leur PDA afin d’accéder au web lors du mois de juillet 2006.
  • Plus de 80% de la population mondiale est sous couverture GSM.
  • 2 milliards d’êtres humains disposent aujourd’hui d’un téléphone mobile, ce nombre aura doublé dans 4 ans.

Selon Bango, durant les 18 derniers mois :

  • Le nombre d’utilisateurs identifiables a été multiplié par 2,6.
  • La durée moyenne des visites sur le web a été multiplié par 1.38.
  • Le nombre d’utilisateurs redirigés d’un site web “normal” vers un site web pour mobile a été multiplié par 45.
  • Le nombre d’utilisateurs étant arrivé sur un site mobile par SMS a crû de 140%. Ceci est du au fait que les claviers des appareils existants se prêtent mal à la saisie d’une URL.
  • Le nombre de terminaux différents a décru de 58%.

De bonnes pratiques de développement sur mobiles.

  • Concevez vos sites pour une résolution de 120*120 pixels.
  • Limitez vos pages à 20ko, images comprises.
  • Utilisez de préférence des images au format .gif et .jpg.
  • Préférez un encodage en UTF-8.
  • Utilisez du XHTML basic.

Et retenez ces 10 principes de développement, qui résument les 60 points des “best practices” émises par le W3C :

  1. Faites vos sites pour un web unique (mobile et non mobile).
  2. Conformez-vous aux standards du web.
  3. Banissez les frames, les layouts basés sur les tables et les gifs transparents.
  4. Optimisez la navigation.
  5. Pensez aux utilisateurs en déplacement.
  6. Faites attention aux éléments graphiques et aux couleurs utilisées. Préférez un contraste important entre le fond et les couleurs.
  7. Faites de petites pages, utilisez de petites images.
  8. Aidez les input utilisateurs.
  9. Économisez la bande passante.
  10. Ne vous reposez pas sur le javascript et les cookies.

Notez que ces recommandations se basent sur les critères d’accessibilité du WAI. Cela ne garantit pas pour autant que les contenus produits sur les mobiles seront 100% accessibles aux déficients visuels ou aux aveugles.

Le navigateur mobile idéal

Michael Smith nous présente la vision d’un navigateur mobile idéal selon Opéra.

Un bon navigateur mobile devrait pouvoir :

  • Reformater un texte (même disposé sur plusieurs colonnes) en une seule afin d’éviter le scrolling horizontal.
  • Redimensionner une image à la taille de l’écran utilisé, pour les mêmes raisons qu’évoquées ci-dessous.
  • Proposer un mode “desktop”, c’est à afficher le site tel qu’il apparaîtrait sur un navigateur traditionnel.

Michael considère ces critères comme minimaux et souhaiterait aussi voir les navigateurs mobiles pouvoir :

  • Réduire, ou faire disparaître (expand / collapse) les longues listes de liens généralement utilisées pour la navigation, et qui empêchent un accès rapide au contenu.
  • Découper les grosses pages en pages de taille plus raisonnable (autour de 10ko) en suivant leur sémantique structurelle afin de s’adapter à la fois aux écrans et aux limitations de mémoire de ces outils.

Et là encore, il considère que c’est le minimum.

Je rejoins tout à fait la position de Mike. La très grande majorité des sites web n’offriront jamais de version dédiée aux mobiles. L’adaptation des contenus doit donc se faire coté navigateurs quand la feuille de style “handhelds” n’est pas disponible. En supprimant la feuille de style normale et appliquant une découpe aux pages trop longues, on obtient des sites utilisables.

Et Michael d’en rajouter une couche à propos du navigateur idéal qu’il verrait bien :

  • Avoir une API de scripting permettant de détecter et utiliser les fonctionnalités des appareils (comme le GPS).
  • Ce qui permettrait de créer des applications web pour les services géo localisés.

Problèmes à résoudre

  • Il existe plus de 200 outils mobiles différents.
  • Certains utilisent du XHTML 1.1, d’autres du XHTML basique, d’autres du xHTML…
  • Aucun n’a le même support de CSS que le voisin.
  • Certains supportent le javascript et les cookies, d’autres non.

Aujourd’hui, la solution utilisée est de formater la page en fonction du device utilisé : menu déroulant ou cases à cocher ? Puis d’envoyer des pages générées dans le bon langage. Autant dire que seuls les plus gros peuvent se l’offrir, et le contenu créé par les utilisateurs est fort peu disponible sur le web mobile.

On voit pourtant apparaître des outils de blogging, de partage de photos… les réseaux sociaux sont très actifs dans la téléphonie mobile, et on les comprends. Quoi de plus communiquant qu’un téléphone ou un PDA ?

Perspectives

Le web mobile est probablement l’avenir des pays en voie de développement, principalement pour les services comme :

  • Les services gouvernementaux.
  • L’éducation.
  • La santé.
  • La banque.
  • Les affaires.

Quelques chiffres :

  • Inde : taux de pénétration des PC : 2%, stable, contre 11% pour les téléphones mobiles, avec une croissance de 47% par an.
  • Chine : taux de pénétration des PC : 8%, contre 30% pour les téléphones mobiles.
  • Maroc : 4 lignes fixes pour 100 habitants (chiffre inchangé depuis 1995), contre 24 téléphones mobiles.

L’utilisation des SMS pour accéder à tous ces services explose dans les pays en développement.

Conclusion

Les présentations des intervenants sont accesibles sur le site du séminaire.

La pente est forte, mais la route est longue, alors au travail !

L'open source, une bonne manière de ne pas perdre la main

Le 07 novembre 2006 à 22h43 | 4 commentaires

Combien de fois ai-je vu des étudiants en stage de fin de cursus me déclarer “je veux être chef” avant même d’obtenir leur diplôme ? Et chef de quoi, d’abord ? Chef de projets, avant même sa première confrontation à un vrai projet dans le monde réel – comprendre celui de l’entreprise. Permettez moi de sourire : lors de mon passage à EDF, j’ai vu des centraliens pisser du Java sans rechigner 10 heures par jour, avant de pouvoir enfin obtenir le statut tant convoité.

On tient pourtant là un des (nombreux) paradoxes de bien des informaticiens :

Jeunes développeurs, ils craignent de le rester toute leur vie et n’ont rien de plus pressé que de quitter ce statut pour rejoindre le coté obscur de la force, peuplé de tableaux Excel, de présentations Powerpoint et de plateaux repas froids apportés par un traiteur en plein milieu d’une réunion marathon.

Chefs de projets, leur première inquiétude est de perdre pied sur le plan technique, et de ne plus pouvoir suivre ce que réalisent les développeurs placés sous leur responsabilité, voire d’effectuer des choix cohérents : CGI en C ou framework en PHP5 ? J2EE ou Ruby on Rails ?

On ne peut donner tort aux premiers : dans le monde impitoyable des sociétés de services, un développeur trop expérimenté coûte bien plus cher que ce que le marché accepte de le payer, ou alors c’est qu’il il fait du COBOL et maintient des applications plus vieilles que moi.

On peut donner pareillement raison aux seconds sur lesquels plane l’ombre de ces chefs de projets ou DSI de 55 ans, confortablement installés dans leur fauteuil en attendant la retraite, incapables de prendre une décision sensée puisqu’aux antipodes de la réalité, mais refusant de se remettre en question au nom du sacro saint principe de Dilbert qu’on ne doit pas nommer mais qu’on ne se gène pas pour appliquer au jour le jour. Ceux qui pensent que j’exagère manquent probablement encore d’expérience dans les méandres des grands groupes de notre beau pays.

Aux premiers, j’aurais envie de dire “patience” : vous apprenez la gestion de projets à l’école, et c’est très bien, mais avant de réclamer des responsabilités, souvenez-vous de ces deux proverbes :

La pratique n’est rien d’autre que la mise en application de la théorie… du moins en théorie.

et :

C’est au pied du mur qu’on voit le mieux le mur.

Quand aux seconds, je ne saurais leur conseiller meilleure alternative aux coûteuses formations dispensées par des instituts renommés que l’investissement au titre de vos loisirs dans un projet open source. Pas forcément à grosse dose, chacun selon ses possibilités mais vous n’en tirerez que des bénéfices :

  • La dynamique de groupe de tels projets vous encouragera à participer.
  • C’est une très bonne carte de visite pour le jour où un client fera une recherche sur votre nom sur Google.
  • Le monde de l’open source est généralement très au fait des derniers changements technologiques auxquels vous risquez un jour d’être confronté.
  • Vous nouez de nombreux contacts à l’international

En un mot : vous continuez à apprendre tout en vous amusant et vous rendant utile.

Des liens tout sauf symboliques

Le 28 octobre 2006 à 23h11 | 3 commentaires

Les liens hypertextes sont au coeur du web. Sans eux, rien n’existerait, et nous avons pourtant tendance à les négliger. Bien employés, ils ajoutent de la valeur aux contenus publiés ; bâclés, ils peuvent aller jusqu’à leur retirer tout intérêt. Raison de plus pour s’y intéresser et en prendre grand soin.

Combien de fois êtes vous passés à côté de documents passionnants pour cause de liens invisibles, introuvables, incompréhensibles, illisibles ou inaccessibles par bête négligence ? Ce genre de choses ne doit plus arriver, et ce billet se propose justement de vous aider à les éviter en passant en revue les erreurs les plus fréquemment rencontrées et les optimisations trop souvent méconnues. Parce qu’il n’y a que sous UNIX que les liens sont symboliques.

Billets précédents :