Ergonomie web et logicielle
Si vous trouvez votre interface trop complexe, cherchez du côté fonctionnel
Il y a quelques jours, je travaillais sur une interface dotée d'une section assez complexe, réagissant de manière radicalement différente en fonction des choix des utilisateurs. Le genre de formulaires insupportables à tiroirs offrant tellement de cas possible que je finissais par ne plus m'y retrouver. Au bout d'un moment, j'ai commencé à réfléchir à un modèle sur deux pages malgré des spécifications me contraignant à une seule.
La conception agile de vos services avec le Community Driven Design
Avez-vous déjà essayé le Community Driven Design ? Ce modèle consiste à soumettre les prochaines fonctionnalités de votre produit à vos utilisateurs, tous vos utilisateurs, dès l'écriture d'un premier mockup afin d'intégrer leurs retours dès la phase de conception. Inscrit dans un développement itératif, cette méthode vous permet de gagner du temps par rapport à la conception traditionnelle. Au lieu de sortir une fonctionnalité, collecter les feedbacks, modifier l'existant, puis sortir une nouvelle version, vous passez une itération à récupérer les feedbacks et une à les développer.
Vos utilisateurs ne se servent jamais votre produit comme vous l'avez conçu mais comme ils l'ont compris
Inutile de créer de beaux didacticiels pour vos produits, seuls vos power users les consulteront. Comme évoqué dans le compte-rendu de Designer L'Invisible, tout ce que nous faisons avec un média digital fait intervenir bien plus de connaissance acquise que l'action originale effectuée avec nos outils quotidiens [1]. Écrire avec un crayon sur une feuille de papier ne fait entrer en jeu que la connaissance écriture. Écrire avec un traitement de texte implique des connaissances en dactylographie, typographie, archivage... dont l'acquisition relève plus pour la grande majorité d'entre-nous de l'intuition, du tâtonnement et de l'à peu près que d'un véritable apprentissage conscient. Je me rappelle très bien de mon premier contact avec un traitement de textes graphique – Word Junior sous DOS ne comptant pas. Grâce à Microsoft Works premier du nom sous Windows 3.0, ce qui ne nous rajeunit pas, j'effleurais l'édition et la mise en page à grands coups de titres en 48px ombrés et avec des effets 3D. Presque 20 ans plus tard, j'en frémis encore d'horreur. Une partie non négligeable de la conception logicielle consiste à anticiper tous les cas limites d'utilisation que pourraient rencontrer nos utilisateur en ne suivant pas précisément le schémas d'utilisation théorique tracé lors de la conception du produit. Plus votre application grossit et gagne en complexité, et plus ces cas limites sont nombreux et tordus. Ils n'en deviennent que plus imprévisibles, et le temps nécessaire afin de corriger une fausse manipulation s'accroit parfois de façon exponentielle. Si vous vivez avec des enfants en bas-âge, vous voyez certainement de quoi je veux parler. Garder une maison fonctionnelle, agréable et résistante aux bêtises – et accessoirement s'assurer que les enfants ne courent aucun risque – est un défi perpétuel. Avant d'en avoir, j'ai eu la chance – si l'on peut dire – d'encadrer des camps d'enfants et d'adolescents dont une partie venait contre leur gré. J'y ai acquis un certain "nez" pour détecter les bêtises à venir, mais rien n'y fait, et mon ainé de six ans me dame régulièrement le pion à ce petit jeu. Si celles des adolescents relèvent d'une volonté de transgresser les interdits, les bêtises des petits enfants, elles, sont le plus souvent innocentes. C'est pour cette raison d'ailleurs que vous auriez tort de blâmer vos utilisateurs quand ils ne font qu'utiliser le produit que vous leur avez vendu. On se retrouve alors dans une de ces quatre situations : * Le produit est bien trop complexe pour être compris intuitivement de ses utilisateurs. Une phase d'expérimentation est nécessaire afin de pouvoir l'utiliser sans se référer à la documentation. * Votre produit ne fait pas ce que souhaite l'utilisateur qui cherche toutefois à l'y contraindre. Vous avez déjà vu ces enfants forcer sur leurs jouets pour faire rentrer le cylindre dans le trou prévu pour le prisme ? Pareil. * Vous n'avez pas posé de garde-fous à votre produit, ce qui rend les actions de vos utilisateurs hasardeuses, voir dangereuses. Le risque que vous ayez laissé des failles de sécurité n'en est que plus grand. * Vous connaissez le problème mais avez décidé qu'il était suffisamment mineur et bénin pour ne pas justifier une résolution en amont, plus coûteuse en temps ou en ressources. C'est un choix, celui de la solution de facilité, mais il est compréhensible. Jusqu'au moment où.... Une des raisons pour lesquelles je déteste Perl, en dehors de sa syntaxe imbitable, est son crédo there is more than one way to do it, qui ouvre la porte à toutes les fenêtres de l'abus. Je préfère des produits simples, qui font moins de choses que leurs concurrents, et qui ne me laissent qu'une manière évidente de le faire à des produits qui exigeront de moi de me demander si la meilleure manière d'aller d'un point A à un point B passe par C, D, E, ou tous à la fois. À l'époque lointaine où j'enseignais la sécurité des systèmes d'information, je commençais tous mes cours par : la chose la plus importante que vous deviez savoir, c'est que 65% des dommages et des attaques affectant un système d'informations viennent de l'intérieur. Si je devais aujourd'hui animer un atelier sur l'utilisabilité, je crois que je commencerais par 65% des problèmes que rencontreront vos utilisateurs viennent de ce que vous avez pensé votre produit d'une manière, et qu'ils ont compris comment s'en servir d'une autre. [1] Dont l'usage est beaucoup moins inné qu'on veut bien nous le faire croire. Le principe du marteau ou de la roue ont nécessité des milliers d'années d'expérimentation.
Pourquoi choisir une application Web ? Étude d'un argumentaire très efficace
Convaincre ses futurs clients d'opter pour une application web en mode hébergé n'est pas toujours chose aisée. Entre les réticences d'un modèle encore considéré par beaucoup comme peu sérieux et les DSI qui craignent de perdre leur pré carré, les arguments sont souvent difficiles à placer. J'aime beaucoup 37Signals, pour leur pragmatisme, la simplicité de leurs applications, et une certaine philosophie du plus c'est simple, mieux ça marche. Plutôt qu'expliquer pendant des heures pourquoi opter pour des applications web en mode S.A.A.S (ou A.S.P), ils ont dédié une page de leur site au sujet. Page qui mérite largement un détour car elle représente un cas d'école en termes d'argumentaire.
Designer l'invisible – stratégie pour une expérience utilisateur intégrée
David Raichman a donné une présentation Designer l'invisible – stratégie pour une expérience utilisateur intégrée à l'occasion de la soirée du groupe UX Paris du 10 février 2010. Je vous propose d'en découvrir les slides ainsi qu'une retranscription de mon live tweeting. Prises sur le vif, ces notes peuvent être sujettes à erreur.
Achèteriez-vous une application qui n'offrirait pas de version mobile ? Une réflexion sur l'ubiquité
Achèteriez-vous une application professionnelle qui n'offre pas de version mobile ? Je me posais la question hier soir en lisant les commentaires de mon article sur le gestionnaire de tâches Doris, et en constatant deux tendances intéressantes : les utilisateurs mettant en avant la nécessité d'une interface Web, et les autres celle d'un accès depuis leur téléphone mobile.
L'iPad, pierre angulaire d'une série d'innovations qui changeront nos vies en profondeur
Comment Apple peut être fier de l'iPad? C'est une machine à vendre de l'iTunes et qui capitalise sur l'iPhone. Pas d'innovation. Ce coup de gueule de Stanislas Khider, grand fan de Microsoft devant l'éternel, résume la réaction des geeks chaque fois que Steve Jobs descend de sa tour d'ivoire afin de répandre la bonne parole parmi les hommes. On l'a vu avec l'Ipod Nano et l'iPhone, il n'y avait aucune raison pour que cela ne se reproduise pas avec l'iPad. Bis repetita semper placent.
Quels usages pour la tablette tactile d'Apple ?
Apple annoncera demain la sortie d'une tablette tactile, c'est quasiment certain. Celle que beaucoup comparent déjà à un gros iPhone est attendue, si ce n'est comme le Messie – c'est le rôle de Steve Jobs – au moins comme la révolution dans les outils de communication. En 2002, quand Microsoft a sorti sa tablette tactile avec Compaq, la seule chose qui m'avait retenu de l'acheter était l'impossibilité d'y installer une distribution Linux, absence de drivers oblige. Prix, autonomie, absence de débouchés, le Tablet PC avait alors fait un flop. Huit ans plus tard, les pratiques ont évolué. L'iPhone a fait rentrer le tout tactile et l'Internet mobile dans les moeurs du grand public, et peut-être somme nous enfin prêts pour le retour de la fameuse tablette tactile, en tout cas, moi, je le suis. Mais pour quels usages ?
Transformer un service gratuit en application payante sans perdre ses utilisateurs
Je suis tombé ce matin sur la note de François Ziserman sur les manières de passer d'un service gratuit à un service payant. Malgré de bonnes pistes au départ, j'ai été un peu déçu car il ne donne pas réellement d'axes de réflexion sur le sujet. Il évoque au contraire deux cas typiques de ce qu'il ne faut pas faire.
Développez l'affiliation sur votre site de e-commerce avec une barre sociale : l'exemple Amazon
Si comme moi vous êtes inscrit au programme d'affiliation d'Amazon, vous avez certainement remarqué la présence en haut de page d'une barre d'outils dédiée au Club Partenaires du plus grand supermarché au monde. Sous le prétexte de vous aider à gérer votre boutique en ligne, cette barre est un puissant vecteur de diffusion des produits vendus sur Amazon. Amazon a depuis longtemps compris que ses affiliés étaient ses meilleurs ambassadeurs. C'est pourquoi la société a mis en place ces outils dont le but est d'aider les affiliés à accroître leur taux de transformation en facilitant leur travail de propagation. Les fonctionnalitésde la barre d'outils Amazon rentrent dans deux catégories : La gestion de la boutique en ligne des affiliés, et la population de leur catalogue. La diffusion des offres eBay sur les médias sociaux : Twitter, blogs... Deux éléments m'ont semblé particulièrement importants : l'ajout d'un produit à votre boutique, et la génération de médias pour l'exportation. Créer un programme d'affiliation pour votre plate-forme d'e-commerce recoupe deux problématiques. La première est de proposer un programme suffisamment alléchant afin d'attirer les affiliés. Cela passe par votre notoriété, mais également par le montant des commissions versées. En recommandant les produits d'un e-marchand, vous servez de tiers de confiance auprès de ceux qui vous connaissent. Choisir une plate-forme connue vous servira également de garantie pour les personnes qui arriveraient sur votre site sans vous connaître, par exemple depuis un moteur de recherche. La seconde problématique que vous rencontrerez sera de donner à vos affiliés les outils leur permettant de vendre vos produits. En aidant vos affiliés à peupler leurs boutiques de vos produits, vous les aidez à mieux vendre, et donc à augmenter leurs marges... mais aussi les vôtres. Si vous avez opté pour les aBoutiques, les boutiques en lignes proposées par Amazon, la barre d'outils vous permet d'y ajouter des produits sans interrompre votre navigation sur le site. La barre d'outils se comporte alors comme une bookmarklet, qui vous emmène sur la page d'ajout à votre boutique, puis vous permet de retourner sur le produit visité, le tout en quelque clics. Sélectionnez simplement la catégorie dans laquelle vous souhaitez ajouter le produit. Amazon facilite également la vie de ses affiliés en proposant une interface de génération des liens de ses produits, adaptée à leurs contenus et personnalisables en fonction de leur charte graphique, avec un système rappelant d'ailleurs celui de Google Adsense. Il ne vous reste plus qu'à copier / coller le code généré par Amazon sur votre site. Là encore, on voit qu'Amazon a le soucis du détail, en proposant le bouton "Copier HTML", auquel je consacrerai d'ailleurs bientôt un article. Vous pouvez également générer un widget contenant vos produits favoris, à placer sur votre site, ou signaler un produit qui vous plairait sur Twitter. Le lien entre Amazon et Twitter pourrait d'ailleurs être amélioré, puisqu'il vous faut pour l'instant passer par le site web de Twitter. Il est d'ailleurs surprenant qu'Amazon n'ait pas encore intégré l'envoi sur Twitter directement dans ses interfaces comme elle l'a fait pour la génération de liens, ou de widgets. Puisque, comme le disait Desproges, le temps qui m'est imparti touche à sa femme, il est temps pour moi de conclure cet article. Si vous possédez une plate-forme d'e-commerce, vous avez certainement compris depuis longtemps la nécessité de construire un programme d'affiliation. Dans le cas contraire, vous passez certainement à côté d'une source de revenus et de communication conséquente. Peut-être vous faut-il simplement réaliser que vos affiliés sont vos meilleurs ambassadeurs, et vos meilleurs agents de relations publiques. Si vous avez déjà franchi le pas, peut-être vous reste-t-il simplement à mettre en place des outils afin d'aider vos affiliés à promouvoir vos produits, notamment sur les réseaux sociaux, source de viralité. Évidemment, cela coûte de l'argent, mais le retour sur investissement et le retour sur attention en valent largement le coup, et sont beaucoup moins hasardeux qu'une campagne de publicité jetée aux quatre vents.
L'ergonomie web, l'utilisabilité et la qualité des logiciels sont trois grandes passions mises au services de ma profession.