Pour mon premier jour de vacances (en théorie), j’avais envie de vous parler d’un projet qui me tient à coeur et que je vais suivre d’assez près dans les mois à venir.

Cowgirl App est un site de critiques d’applications mobiles créé par des femmes, pour des femmes. Lancé par mes amies Pamela et Samantha – dans l’ordre alphabétique, pas de jalousies s’il vous plaît – il évite adroitement le côté “maman blogue” au profit d’une approche plus “on se fait plaisir entre filles technologiquement éduquée pour éduquer les autres filles aux plaisirs de la technologie”, et je ne parle pas là d’un certain canard en plastique jaune.

Paméla m’avait présenté le projet au mois de novembre alors qu’il était encore en phase d’incubation. L’approche du projet m’avait séduit, et j’avais eu le plaisir d’inviter les Cowgirls à rejoindre le programme “Official Bloggers” de LeWeb. Comme quoi, ce n’est pas la taille du blog qui compte, c’est surtout la manière dont on s’en sert.

Quand j’ai demandé à Pamela ce qui les avait motivées à lancer Cowgirl App, elle m’avait expliqué qu’il n’existait pas aujourd’hui de plate-forme de revue d’applications mobiles rédigé par des femmes. La raison sous-jacente est un peu plus complexe, et va dans le sens d’initiatives comme celles lancées par les Girls In Tech.

Il existe encore un fossé très important entre les hommes et les femmes concernant l’adoption des dernières technologies : même si cela tend à changer, la sphère tech reste encore extrêmement masculine.

Persuadées que le mobile est la plus grande révolution depuis l’arrivée d’Internet dans les foyers, Pamela et Samantha veulent permettre aux femmes hors de cette sphère de prendre le train en marche en leur faisant découvrir les applications qu’elles aiment. Le site n’est qu’une première étape, et les envisagent tout un écosystème autour de Cowgirl App dont je vous parlerai à mesure que les choses se mettent en place.

Je n’ai jamais été fan du “par les XXX pour les XXX”. J’en ai déjà parlé il y a deux ans à propos d’un espace de coworking réservé aux femmes. Le “girl power” me rappelle le milieu des années 90 et la vague Spice Girls, seul prétexte politiquement correct pour regarder dans le décolleté de Gerri Halliwell.

Je suis convaincu qu’un peu de mixité est indispensable, dès lors que les deux parties acceptent de vivre ensemble en bonne intelligence. La spère tech reste très, trop macho, les problèmes de harcèlement sexuel signalés dans certaines conférences étant la pire chose qui puisse arriver pour que les mentalités évoluent.

Au lieu de créer deux mondes séparés quitte à renforcer les clivages, il faut agir intelligemment en faisant évoluer les mentalités des deux côtés : non, toutes les femmes ne sont pas des handicapées numériques, et tous les hommes férus de technologie ne sont pas de gros barbus qui sentent sous les bras.

J’aime l’approche de Pam et Sam, plus pragmatique que le “restons entre nous”, qui vise non pas à exclure les hommes d’un écosystème technologique purement féminin, mais à s’assurer qu’une touche de féminité ait réellement sa place dans un environnement technologique dont personne ne sera exclu.