Data Portability, une initiative pour des données globalement interopérables contre le modèle Facebook
Suite à l’éviction de Robert Scoble de Facebook pour violation manifeste des conditions d’usages du site, je viens de découvrir le groupement Data Portability. Le but de data Portability est de proposer un standard applicatif ouvert pour la publication et la transmission des données à l’heure où l’on publie nos profils sur un nombre croissant de plates-formes sans qu’aucune importation, exportation ou mise à jour inter-sites ne soit possible.
Pour chaque usage, un protocole ou un format reconnu et éprouvé a été sélectionné, parmi lesquels on retrouve notamment deux Microformats, hCard et XFN.
- Authentification utilisateurs : OpenID.
- Authentification API : OAuth.
- Messagerie : XMPP (sur lequel reposent notamment Jabber et Gmail).
- Syndication : RSS.
- Attention : APML, dont on parle beaucoup en ce moment.
- Services : Yadis.
- Souscription : OPML.
- Carte de visite : hCard.
- Relation : XFN.
On pourra discuter longtemps de la pertinence des protocoles retenus, RSS au lieu d’Atom, ou de l’omniprésence du XML, il n’empêche que ce groupement est intéressant à plus d’un titre.
D’abord parce qu’il ne s’agit pas cette fois de réinventer la roue, comme dans le cas d’un certain nombre de Microformats quand il n’existait pas de standard à adapter en 1:1, mais de promouvoir un existant afin d’assurer une compatibilité entre les sites dits “sociaux”, c’est à dire globalement ceux sur lesquels on publie des données personnelles plus ou moins détaillées. Data Portability se veut simplement un groupe de pression pour l’adoption de standards. So What ?
Sans vouloir rentrer dans la fameuse théorie du complot mondial ourdi par les adorateurs du grand Cthulhu, je me demande à qui profite véritablement cette initiative apparemment non commerciale et non gouvernementale. Si je trouve fort pratique de pouvoir synchroniser mon profil sur tous les sites sur lesquels je suis inscrit, universaliser mon authentification, et, en un mot, être omniprésent sur le web, cela implique également que les services sur lesquels je suis inscrit, et qui partagent les mêmes protocoles, peuvent également accéder à mes données personnelles. Et mine de rien, il n’y a rien de plus simple à parser pour un outil de data mining qu’un bête flux XML. L’ubiquité, oui, mais pas à n’importe quel prix.

Légende : autoportrait au retardateur
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Passionné d'informatique depuis l'âge de six ans, je travaille en tant que responsable qualité chez blueKiwi Software, éditeur spécialiste des outils collaboratifs en entreprise. Ma double formation en sciences politiques et en informatique me permet de porter un regard particulier sur les problématiques abordées par mon poste.
pouype about 2 hours later:
Hmmm interessant.
Mais je suis plus convaincu par FOAF qui, plutôt que de préconiser l’interopérabilité, opte pour la répartition des ressources (si j’ai bien compris).
AAaahhh mais je suis bête, du coup on perd le bénéfice de pondre un outils web-2.0-qui-rox-ça-maman-ours pour faire de l’argent…
Enfin, merci pour la découverte.
David, biologeek about 4 hours later:
Zut alors tu lis plus mon blog :p
Oula, non. Dans le cas idéal, mon appli perso d’identité sert à gérer cette granularité, j’ai juste à donner des infos à l’appli tierce pour qu’elle récupère ce que JE décide (via oAuth par exemple). Prenons l’exemple d’un fichier FOAF, pour l’instant ils sont publics mais je pourrais très bien servir un fichier différent selon le service qui essaye de le récupérer. C’est là tout l’avantage de contrôler SES donner.
Il reste à coder cette appli perso d’identité, oups j’en ai trop dit :-).
giz404 3 days later:
Reste à attendre que des applications utilisent DataPortability… On risque de devoir patienter un moment ; hormis les évidents problème de programmation inhérents à un changement de techno sur un projet existant, il y a tout l’enjeu marketing… Donc à l’exception d’applications libres, je crains qu’on ne voit guère se démocratiser ce système.