Hojoki

Hojoki, le lifestream d’entreprise que je vous avais présenté l’hivers dernier vient d’annoncer sa version Web doublée de la disponibilité prochaine d’applications natives. Si la mobilité ne s’impose pas à toutes les applications en ligne, elle s’avère nécessaire dès lors qu’il s’agit de suivre un flux d’activité on the go.

Hojoki a bien évolué depuis ma rencontre avec son fondateur Martin Böhringer en décembre dernier. Le service a gagné un grand nombre de connecteurs là où le choix se limitait à Google Docs, Twitter et Delicious. Vous pouvez désormais suivre votre activité sur Cloudapp, Dropbox, Evernote, Highrise, Github, Google Calendar, Google Contacts, Mendeley, Pivotal Tracker, TaDa List et Zendesk. La liste des applications, très orientée gestion de projets et développement montre que Hojoki suit la démarche de Phil Libin avec Evernote : créer une application qui résolve les problèmes d’une boite de 3, 10, 100, puis… employés : la sienne.

Si j’aime beaucoup Hojoki sur le principe, je ne parviens pas à l’utiliser quotidiennement : l’application est en lecture seule, et ne me permet pas d’interagir directement sur les mises à jour de mon flux d’activité. Si je commente un push sur Github depuis Hojoki, ma contribution reste dans Hojoki, elle n’est pas ajoutée au fil de discussion sur Github. Je suis obligé d’effectuer un copier / coller dans un nouvel onglet, et je perds le temps que rassembler mon flux d’activité me fait gagner. Quand vous travaillez depuis quatre ans sur un réseau social d’entreprise, vos attentes sont forcément élevées en la matière.

La version mobile est encore plus limitée, puisque les commentaires ne sont pas disponibles. C’est d’autant plus troublant qu’il est en revanche possible de supprimer des connecteurs, et même supprimer son compte depuis la version mobile.

Hojoki mobile

L’affichage reprend les informations importantes du life stream Web et les espaces de travail, même si on se heurte à un très gros – et double – problème de lisibilité :

37% de l’écran est consacré à l’affichage des contrôles du navigateur mobile, des contrôles de l’application Web et du titre de l’espace de travail en cours, ce qui laisse la place à seulement 3 éléments. On sent ici une tentative de copier l’application native, avec des éléments de contrôle fixes qui empêchent de profiter de l’écran de l’iPhone.

L’affichage des informations n’est pas du tout optimisé et prend beaucoup trop de place. À ce sujet, le flux d’activité fourni par défaut sur iOS et des applications comme Tweetbot sont deux très bons exemples d’inspiration, même si je connais par ailleurs les difficultés causées par le format choisi.

Tweetbot et le notification center d'IOS

Ce n’est pourtant pas le plus gênant. Plusieurs défauts fonctionnels rendent la version mobile d’Hojoki peu utilisable, voire inutile, et c’est bien dommage.

Le premier est l’impossibilité d’envoyer les liens ouverts dans une application type Read It Later, ou de les enregistrer localement pour une lecture hors ligne. Je passe près de deux heures par jour dans les trains de banlieue, et les fréquentes coupures de réseau rendent les applications en ligne très pénible à utiliser, voire totalement inutilisables.

Le second est l’absence d’un système de push. À quoi cela me sert-il de suivre un flux d’activités sur un terminal mobile si c’est pour ne pas recevoir d’alertes ? Si je dois me rendre sur le service pour obtenir les mises à jour de mon activité dans le cloud, avant de me connecter aux services nécessaires, j’ai plus vite fait de bookmarker les différends service que j’utilise.

Ces deux problèmes relancent pour moi le débat entre application Web et application native. Les deux fonctionnalités manquantes sont aujourd’hui l’apanage des App Stores, et montrent finalement que toutes les applications n’ont pas besoin de version Web, le parallèle étant également vrai pour les applications natives.