La différence entre savoir commun et savoir universel
On ne le répétera jamais assez, les notions de pré requis et d’acquis de base sont quelque chose de très subjectif, malgré les efforts constants de nos dirigeants pour créer un socle commun de connaissances et de compétences qui permettent à tout citoyen de se débrouiller dans la vie quotidienne
.
Le problème est particulièrement aiguë dès que l’on touche aux technologies de l’information, et David Pogue a tout à fait raison lorsqu’il dit :
Un de ces jours, j’écrirai un livre que j’intitulerai Les bases. Ce sera un florilège des connaissances technologiques que vous pensez acquises par tout le monde, mais pour lesquelles vous êtes complètement à côté de la plaque.
Comme le fait remarquer Matt dans The difference between common knowledge and universal knowledge, plus on est au contact de la technologie, et plus le socle des acquis de base nous semble élevé. La vérité est évidemment ailleurs : plus une application touchera un grand nombre de gens, et plus les connaissances nécessaires à son utilisation devront êtres revues à la baisse. Googler n’est pas une réalité évidente pour tout le monde, même pour la fameuse génération Y. Comme nous en discutions l’autre jour avec Bertrand, le comportement de cette dernière montre qu’elle n’est qu’une génération de transition. Si elle dispose d’une connaissance empirique si ce n’est pratique des outils informatiques, y compris des outils du web social Blog / Flickr / Facebook / Linkedin, elle est incapable de la transposer dans le monde réel, et particulièrement le monde professionnel. Cela se traduit par cette aberration conceptuelle : elle sait utiliser Google, elle a parfois le réflexe Google, mais elle est incapable d’y trouver des informations, et se contente de taper des requêtes pour accéder à ce qu’elle connaît déjà.
C’est une des facettes de l’accessibilité dont on ne parle pour ainsi dire jamais. Toute l’attention va évidemment aux déficients visuels, car ils sont la population la plus visible du web, et celle pour laquelle les développements sont le plus quantifiables, au moins en termes de visibilité. On évoque parfois également les handicaps cognitifs qui nécessitent d’adapter les contenus et les libellés des sites et des applications. Je n’ai en revanche jamais entendu qui que ce soit vouloir prendre en compte l’absence de maîtrise des outils de base côte utilisateurs. Tout le monde n’a pas eu la chance (?) de grandir avec un ordinateur à ses côtés, que ce soit pour des raisons financières, culturelles, ou tout simplement d’époque. Or, la maîtrise de ces outils est de plus en plus souvent requise pour des actions simples de la vie quotidienne. Et cela concerne également des gens nés après 1975, chez lesquels on considère l’outil informatique maîtrisé. L’opération Informatique pour tous, ça vous dit quelque chose ? Oui ? Ça me surprendrais presque.
Faites maintenant un test autour de vous, je suis certain que la majorité des gens de votre entourage (non technophile, cela va de soi) ne sait pas qu’il peut sélectionner plusieurs éléments dans une liste en maintenant Shift appuyé, qu’il peut sélectionner un mot dans un texte en double cliquant dessus, voire qu’il peut accéder par ce biais à certaines fonctions en utilisant le clic droit. Ce fameux clic droit qu’Apple a cherché par tous les moyens à faire disparaître quand les fabricants de PC sortaient des souris à 15 boutons et 3 moustaches. Preuve qu’il nous faut encore, pour un temps, continuer à faire des applications les plus simples possibles.

2 commentaires sur La différence entre savoir commun et savoir universel »
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L'ergonomie web, l'utilisabilité et la qualité des logiciels sont trois grandes passions mises au services de ma profession.
jean-mi about 19 hours plus tard :
Pour le coup je suis un peu déçu par ton billet qui fait une salade du design, de la formation spécialisée (professionnelle), la formation «standard», les buts, les bases, le handicap et le web. Ahma.
Commençons par les bases, pour moi les bases du design web, c’est les bases du design tout cours, aujourd’hui. Le documents le plus intéressant lu par ma part sur le design web c’est un document sur le design tout court (“traduction sur pompage”:http://www.pompage.net/pompe/singe/ ). En gros, on définit nos buts et on les remplit avec les technologies disponibles ou imaginables.
On arrive au buts, quels sont les buts du web aujourd’hui, bonne question tout le monde à une réponse un peu différente. Personnellement c’est l’accès pour tous au texte, à la vidéo ou à l’image. Technologiquement ça implique des technos qui ne bouffent pas les ressources de l’ordinateur à l’excès et la mise en valeur du contenu au détriment du contenant si il le faut. Ce ne sont pas forcément les tiens. De plus j’ai une certaine liberté de manœuvre puisque je n’ai pas à faire du clic. De part la diversité on doit apprendre à faire face à la diversité pour ne pas avoir une réaction de je pige pas je ban.
Du coup on arrive aux problèmes de formations. Pour le socle commun, je dirais que ce qu’il faut apprendre est l’adaptation. Aujourd’hui on apprend aux gens au collège, au lycée voir dans les études supérieurs qu’il faut appuyer sur le bouton créer un sommaire pour créer un sommaire dans word. En même temps il parait que nos enfants ne savent pas lire. On ne forme pas apprendre à et utiliser à intelligemment, on donne des habitudes, bonnes ou mauvaises. Et pour les changer les mauvaises habitudes …
D’où un des problèmes de la formation professionnelle, on apprend à créer en fonction d’habitudes qui changent quand un nouveau terrain arrive. Qu’est ce que l’on fait. On revient au anciennes un peu différemment avec le changement à faire passer. Il y a un mieux ? Un autre problème viens de la diversité existante des technologies sur internet. Les écoles ont un budget pour faire tant d’heures de cours par an. Elle n’ont pas les moyens de traiter comme il faut de toutes les technologies qui ont toutes leurs avantage et leurs inconvénients. Et en plus des cours sur comment faire un truc lisible et sur comment faire une appli web qui correspond aux besoins d’un métier qui n’est pas le sien et qui sait en plus faire du web qui marche mais qui est censé être moins bien. Tu connais bien ce problème. Après ça peut aussi être des choix dans la formation qui sont mauvais.
Après tout faire un bon site web ça demande de la curiosité, une connaissance dans le graphisme, typographie, une petite connaissance dans le code, dans les technologies et savoir structurer ses données. Il faut penser à beaucoup de choses. Et la typographie seule peut être considéré comme un métier en soit par exemple.
On arrive à ce que je trouve mal utilisé dans ton sujet, l’accessibilité et son pendant vers le handicap. Le travail que l’on fait pour l’accessibilité profite à tous. Quand on casse une marche pour faire une pente aux extrémités d’un passage piéton ça profite aux personnes en chaise roulante et à la personne qui livre avec son diable. Plus informatiquement parlant, prend le track IR, à la base c’est fait pour les personnes ne pouvant pas servir d’une souris ou d’un dispositifs du même genre. Les track IR sont aujourd’hui surtout utilisés dans le jeu vidéo notamment la simulation pour bouger la tête de l’avatar indépendamment du corps. Effectivement il ne faut pas négliger les autres, mais il ne faut pas les oublier ces handicapés pas forcements visuels.
C’est dommage ça aurait mérité un beau billet comme tu sais si bien les faire.
Tiens au fait, tu as designé le champ du commentaire pour empêcher les longs commentaires? Un truc aussi petit c’est chiant.
max 1 day plus tard :
Salut Fred, je ferai plus court que Jean Mi ; simplement pour te préciser que le niveau de connaissance de l’internaute est bien un facteur à prendre en compte en matière d’accessibilité, tu trouveras dans le mémoire que j’avais rédigé () [et auquel tu m’avais fait l’honneur de participer cf. http://maxdig.net/un-an-apres-ou-en-est-on/] des bribes d’infos à ce sujet.