Quoi de plus subjectif et relatif que la notion d’amélioration ? Que vous travailliez sur un produit aux multiples cycles de vie, jouiez d’un instrument ou pratiquiez un sport, vous savez combien l’amélioration peut être fragile, parfois marquée de retours en arrière, ou, trop souvent, limitée par vos – par nos – propres capacités.

Pire encore en est la toute relativité, puisqu’améliorer une chose se fait parfois au détriment d’une autre, même quand celle-ci n’est, à priori, pas impactée. Ces dernières semaines, mes entrainements de tennis ont privilégié à 100% coup droit et service, le second étant à l’origine de la plupart de mes défaites en tournois ces derniers moi. Résultat : je sers beaucoup mieux et je peux m’appuyer sur mon coup droit pour construire mon jeu, mais mon revers – de loin mon coup le plus efficace – a régressé.

Durant des années, l’industrie du logiciel au sens large a considéré qu’améliorer un produit revenait à lui rajouter des fonctionnalités. Cette course à la fonctionnalité était à la fois une manière de se démarquer des concurrents dans la grande course à la domination du marché, et une excellente occasion de vendre des mises à jour pas forcément utiles, mais certainement onéreuses. Considérer les nouvelles fonctionnalités comme étant des améliorations a d’ailleurs toujours cours, car ce sont des éléments que le client peut toucher du doigt, et ce même si on tend fortement vers l’usine à gaz.

Aujourd’hui, alors que l’expérience utilisateur et l’expérience client entrent enfin dans les priorités de l’industrie du logiciel au sens large, amélioration en vient également à rimer avec simplification : Less feature is more UX. Je ne suis pas 100% d’accord avec cet adage beaucoup trop théorique pour trouver réellement sa place dans le monde réel. Toute la difficulté est au contraire d’ajouter des éléments sans détériorer l’expérience existante, et même en… l’améliorant.

Il y a 10 jours – j’y reviendrai plus tard dans la semaine – j’ai passé mon iPhone sous la beta d’iOS 5. Je n’avais pas regardé la keynote, et en dehors du notification center, iCloud et l’intégration Twitter, j’ignorais tout des modifications apportées à cette nouvelle version. Je reprenais donc mon iPhone comme je l’avais laissé et découvrais iOS5 de manière totalement empirique. Ces dix jours d’utilisation m’ont permis de me faire une nouvelle définition de l’amélioration, fortement orientée utilisateur.

L’amélioration est un changement dont on ne s’aperçoit pas forcément immédiatement, mais à propos duquel on sait qu’on ne pourra jamais revenir en arrière.

Paul, 6 ans, améliorant ses skillz au Sudoku pour adultes