Le jour où je suis devenu fan de Steve Jobs
J’ai une histoire assez longue et amusante avec Apple. La première machine à laquelle j’ai eu droit de toucher et sur laquelle j’ai appris le BASIC était un Apple II. C’était en 1984, à l’École Française de Jeddah, en Arabie Saoudite. Pour la petite histoire, mon père était alors président de l’assemblée générale des parents d’élèves, et il avait réussi à faire évincer l’alors incontournable Thomson et son non moins affreux TO7 au profit de la marque à la pomme. C’était plutôt courageux, je m’en rends aujourd’hui compte, vu le poids de Thomson à l’époque, particulièrement dans la communauté française locale.
Retour en France en 1987, et mes rares contacts avec Apple se font chez un de mes oncles exilé au fin fond de la province périgourdine. Je n’ai à l’époque pas d’à priori, tout ce qui ressemble à un ordinateur est bon pour moi, tant qu’on me laisse toucher à un BASIC. Jusqu’à ce jour de Noël 1995 où, plus par moquerie qu’autre chose, mon père m’offre la biographie officielle de Bill Gates et la Saga de Microsoft. La claque, et le début d’une véritable passion pour l’homme, qui durera deux ans, jusqu’à la découverte de Linux. Il n’est là plus question de pomme, ni de près, ni de loin.
Je retrouve Apple un peu plus tard sous la forme d’un Mac LC 2 sur lequel mon père me fait passer mes samedis matins à taper son ouvrage sur la demeure familiale. Je tape alors assez vite pour effectuer de menus travaux de dactylographie. La bête est atrocement lente, en noir et blanc, la souris n’a qu’un bouton, et les touches du clavier marchent quand elles veulent. Et surtout, je ne peux pas bidouiller la machine. À l’époque, d’ailleurs, je suis plus intéressé par Elite 2 Frontier, Privateer, puis Diablo que par la programmation.
Je retrouve Apple en 1999, lors de ma rencontre avec Lucie, à Science Po. Lucie, qui ne tarde pas à devenir ma meilleure amie, et toute sa famille, sont de fervents macophiles. Au point que je n’hésite pas à me moquer régulièrement d’eux, qui me le rendent bien. Le troll dure quelques années, puis je déménage à Paris, et les choses se tassent. On trouve des UNIX like sur les 9 machines qui encombrent ma chambre d’étudiant : Linux, FreeBSD, NetBSD, OpenBSD, Solaris, et, ce dernier excepté, il est hors de question pour moi d’utiliser autre chose que du logiciel libre.
Rebelotte en 2002, quand je découvre l’iPod première génération chez un de mes camarades d’école. À l’époque, je cherche un objet du genre afin de me protéger des agressions à l’accordéon que je subis de manière quasi systématique quand je rentre d’une nuit blanche passée à boucler les projets en retard avec Bastien. Le temps de vérifier que je pourrai charger mes chansons sous Linux – les GNUPod Tools existent déjà – et l’objet du délit est acheté. Puis, le temps passe.
Février 2006. Mon fidèle Vaio de 5 ans déposé au pied de mon lit succombe sous les assauts de mon fils qui saute dessus en criant « Papa, papa… » pour me réveiller. Quelques jours plus tard, un superbe Powerbook G4 15 pouces arrive au bureau. La raison de ce revirement ? Textmate, l’éditeur de textes ultime, avec lequel je fais toujours 90% de mes tâches quotidiennes ne nécessitant ni terminal, ni navigateur. Conquis par Mac OS X, sa simplicité, son ergonomie, et lassé de devoir recompiler KDE, Firefox et OpenOffice tous les deux mois, je passe doucement toute la maison sous Mac, à mesure que nous renouvelons le matériel, jusqu’au Mac Book Air de ma femme tout juste déballé. Plus question de changer de crémerie.
Cela dit, bien qu’aficionado des produits, je n’étais pas vraiment fan de Steve Jobs, le charismatique fondateur et leader de la marque. Peut-on adhérer quotidiennement aux rites d’une religion sans toutefois en embrasser le dieu ? Difficile à dire. Je reconnaissais les talents de présentateur du monsieur, mais cela n’allait pas tellement plus loin que les keynotes annuelles.
Jusqu’à ce soir. Je suis tombé au hasard de mon agrégateur sur ce discours prononcé par Steve Jobs lors de la remise 2005 des diplômes de l’université de Stanford. Et j’ai pris une énorme claque, une de celles que l’on se prend peut-être deux ou trois fois dans une vie. La vidéo est en version originale sous-titrée en français. Regardez là, elle ne dure 15 minutes, et elle vaut vraiment le coup.
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11 commentaires sur Le jour où je suis devenu fan de Steve Jobs »
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Par Patrick B. le 22 janvier 2009 à 23h59 :
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Par Emmanuel le 23 janvier 2009 à 00h04 :
En effet, cette vidéo est à voir… Merci pour la découverte!
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Par Guillaume Plessis le 23 janvier 2009 à 00h19 :
Once you go Mac, you never go back :)
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Par Lanza le 23 janvier 2009 à 00h59 :
Bon, maintenant, je sais pourquoi j’aime ce mec ! Merci.
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Par Alexandre Bournier le 23 janvier 2009 à 09h09 :
Quoi ? Un afficionados du Mac depuis plusieurs années qui ne connaissait pas cette vidéo ? ;-)
On en avait beaucoup parlé à l’époque, notamment dans des canards “sérieux” où son discours avait été retranscrit.
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Par NiKo le 23 janvier 2009 à 11h00 :
Enorme. Essentiel.
(Sinin moi j’ai beta testé la tortue logo de Seymour Papert à 3 ans branchée surn l’Apple II de mon paternel - wouah comment j’me la pète)
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Par Frédéric de Villamil le 23 janvier 2009 à 14h58 :
Patrick : En fait, c’est difficile à dire. L’adoption des rites sans la foi peut-il être considéré comme un acte religieux ?
Guillaume : je n’irai pas jusque là, mais bon… j’avoue être bien atteint. Pas tant une question de mode ou de hype que l’amour des choses bien finies.
Alexandre : pas tant un aficionado qu’un utilisateur des produits, ce n’est pas la même chose. Et cette vidéo a été tournée avant que je n’achète mon Powerbook.
Niko : frimeur va :-)
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Par Jerome Bourgeois le 23 janvier 2009 à 18h58 :
Merci
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Par burningHat le 23 janvier 2009 à 20h33 :
Yop j’avais vu cette vidéo à l’époque et j’avoue que ce discours m’avait beaucoup impressionné et énormément plu car faisant écho à pas mal de mes croyances personnelles et à certains traits de mon parcours privé/pro… Et si j’appréciais déjà le personnage avant, je n’en ai que plus apprécié l’homme après.
Merci pour m’avoir fait revoir encore cette vidéo :)
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Par DROUAN le 31 janvier 2009 à 11h27 :
Fan d’un mec qui a osé faire ça a celui qui l’a entrainé dans l’aventure de la création d’apple (enflure !) : “L’histoire veut d’ailleurs que c’est en travaillant sur ce titre que serait né le premier différend entre les deux Steve. En effet, Atari avait confié à Jobs la tâche de réduire le nombre de puces présentes sur la carte électronique du jeu Breakout, pour un prix de 100$ par puce éliminée. Jobs a alors conclu un deal avec Wozniak afin que celui-ci se charge du travail, partageant ainsi 50% des gains avec lui. Après avoir éliminé 50 puces sur la carte (à la grande surprise d’Atari), Jobs aurait alors affirmé que l’entreprise ne lui aurait donné que 600$ au lieu des 5000 dus. Ce n’est que bien plus tard que Wozniak aurait découvert la supercherie.”
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Par coke le 04 février 2009 à 00h37 :
Connect the dots and you’ll end up where you belong to :)
Cette video est un vrai collector
Trackbacks sur Le jour où je suis devenu fan de Steve Jobs
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“Peut-on adhérer quotidiennement aux rites d’une religion sans toutefois en embrasser le dieu ? ”
Euh… c’est pas un schiisme ça? Ou une secte…
J’opte pour la secte.
La secte des macophiles non jobsiens.
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