Bibliothèque municipale de Townsville, 1948

Mercredi matin, j’ai accompagné les enfants pour leur visite hebdomadaire à la bibliothèque municipale. Gros lecteurs, nous les avons encouragés à lire depuis le jour où ils ont pu tenir un livre à l’endroit, et s’il y a une chose à laquelle nous ne disons jamais non, c’est à une demande de livres.

Mercredi matin, j’ai découvert avec délice que la médiathèque de ma ville avait mis en place un prêt de livres électroniques. Tout le fond n’est pas encore numérisé, mais nous avons déjà une bonne centaine de livres à notre disposition, et ce n’est que le début d’une expérimentation qui devrait se généraliser.

Le système n’a pas changé : nous avons toujours le droit d’emprunter 12 ouvrages par personne pour trois semaines, papier et électronique confondus, à ceci près qu’aujourd’hui, nous n’avons plus la frustration de voir l’ouvrage tant espéré emprunté par d’autres.

Évidemment, tout n’est pas parfait : pour s’assurer que nous rendions bien les ouvrages à temps et que ceux-ci ne soient pas partagés, ceux-ci sont soumis à des DRM qui empêchent nos liseuses de les ouvrir un fois passée la date de retour prévue, et toutes les liseuses ne sont pas encore compatibles. Le prix de l’abonnement a doublé, parce que les maisons d’édition ont également doublé leurs tarifs déjà prohibitifs quand on entre dans le circuit du prêt, mais elles ont accepté le principe de la numérisation. Du moins certaines d’entre elles. Et le système n’est pas exempt de bugs : à cause d’un décalage timezone, il arrive que nous ne puissions plus rien lire entre 22 heures et minuit. Mais bon, ce n’est pas si grave, c’est encore expérimental.

L’avantage, c’est que les enfants ne perdront plus les livres, qu’on ne passera plus 1 heure à fouiller la maison de fond en comble au moment de partir à la médiathèque et qu’on n’aura plus ces lettres d’avertissement parce qu’on a oublié d’en rapporter un. Les enfants ne déchireront plus les livres, qu’ils ne tourneront plus des pages à l’odeur nauséabonde à force d’avoir été tripotées par des générations de mains sales.

L’avantage, c’est qu’on peut maintenant emporter les livres de la bibliothèque municipale en vacances sans risquer d’être en retard, et sans encombrer les bagages. Les enfants ont de quoi lire et ne s’ennuient plus à l’heure de la sieste.

L’avantage, c’est que si l’expérience marche, elle devrait bientôt faire tâche d’huile dans les autres bibliothèques municipales de la région. Les maisons d’édition françaises se décideront peut-être enfin à numériser leur fonds, que sous la demande, le prix des livres électroniques en France va peut-être finir par baisser (on peut toujours rêver), et que ce nouveau système va remettre les enfants à la lecture.

Mercredi matin, je me suis réveillé des livres électroniques plein la tête, j’ai regardé un instant la liseuse posée sur mon lit. Tiens, on est mercredi, il faut que j’accompagne les enfants à la médiathèque.

Vous croyez que les androïdes rêvent eux aussi de livres électroniques ?