Le Rayon UX

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Le téléphone pleure, son répondeur est mort

Je suis tombé hier soir à la faveur de mes lectures vespérales et inter-plats sur Think Before You Voicemail, un intéressant – une fois n’est pas coutume – article publié sur Techcrunch US. Michael “Captain Obvious” Arrington y constate la mort du répondeur téléphonique, cette survivance de l’entreprise d’un autre âge, et y oppose deux alternatives que sont l’email et les services de transformation des messages vocaux en email.

Effectivement, hors d’un contexte émotionnel fort, le répondeur vocal est mort et bien mort, et j’irai jusqu’à dire que c’est tant mieux. En revanche, je crois, je suis même certain qu’Arrington est à coté de la plaque en ce qui concerne ses remplaçants ou successeurs.

Les paroles volent, les écrits restent… au moins un certain temps

Question utilisabilité, j’ai toujours trouvé le répondeur vocal en dessous de tout, et surtout du reste.

L’impossibilité de trier ou même de retrouver les messages vocaux d’une manière autre que séquentielle rend problématique, si ce n’est impossible, leur conservation longue durée, et en grand nombre. D’autant que les répondeurs physiques disposent d’une mémoire limitée, et les opérateurs de téléphonie mobile effacent arbitrairement les messages au bout d’un certain temps.

Les problématiques de passage du phonétique vers l’écrit sont source d’erreur évidente, qu’il n’est pas besoin de rappeler, et les services de transcription n’en sont pas exempts.

Mais surtout, je crois que le problème vient du format lui-même, inadapté à ce qu’on cherchait à en faire, comme l’a montré l’explosion du SMS lié à l’émergence de la téléphonie mobile.

Mes deux premiers terminaux mobiles, un énorme Nokia de la taille d’un grille pain familial et un Alcatel monolithique dont les alignements n’auraient pas dépareillé à Carnac ne supportaient pas les SMS. À l’époque, le comble de la hype consistait à sortir son GSM dans un lieu public afin de recevoir un appel, ou, dans le pire des cas, d’appeler sa messagerie – payante – afin de relever un message récemment déposé. Cela signifiait que vous aviez des relations d’un niveau social ou professionnel élevé, riches, et dispendieuses. Je vous parle bien sûr d’un temps ou toute prise d’appel était précédée d’un lancinant Radiocom 2000, ne quittez pas, un correspondant désire vous parler.

Le SMS s’adapte parfaitement à l’envoi d’informations courtes, éventuellement précises, comme une adresse, un numéro de téléphone, un état ou des instructions.

L’email, lui, s’adapte parfaitement à l’envoi d’informations plus longues, nécessitant une trace écrite, voire un échange pouvant conduire à une véritable conversation à plus de deux interlocuteurs.

Là encore, je suis de plus en plus sceptique face à l’email comme outil porteur de conversations dans un cadre professionnel. En premier lieu parce que l’information, parfois utile à l’entreprise reste enfoui dans la boite mail des protagonistes. Mais également parce qu’elle reste confinée à ces mêmes protagonistes là où d’autres pourraient entrer en jeu afin de démêler les problèmes. Mais là encore, on me reprochera certainement de prêcher pour ma paroisse.

  • Par NiKo 06/07/2008 at 21h50

    Une fois n’est pas coutume, mon avis diverge du tiens sur le mail comme moyen de capitalisation des connaissances de l’entreprise. Après avoir essayé de mettre pas mal d’outils en œuvre au cours de ma vie professionnelle dans ce but (suites logicielles couteuses ou open source, wikis, outils de KM ou de GED, etc.) je dois me rendre à l’évidence : la seule chose capable d’assurer cette mission assurément est une mailing liste indéxée.

    Pourquoi ? Parce que l’effort de capitalisation demandé aux membres d’une organisation - a fortiori si celle si est importante et met en relation de nombreux profils aux compétences techniques diverses - se doit de ne nécessiter aucun effort d’appropriation ni d’énergie supplémentaire à dépenser pour fonctionner. Échanger collaborativement par email est quelque chose de naturel et d’essentiel dans beaucoup de boîtes : listes techniques, business, administrative, etc. : pourquoi ne pas profiter de cette richesse pour la capitaliser en l’indexant ? Cela ne remplacera pas bien évidemment un outil de GED ou de KM digne de ce nom mais c’est tout de même une solution qui n’est pas couteuse à mettre en oeuvre, et relativement efficace.

    D’ailleurs moi-même je cherche encore aujourd’hui des éléments d’intérêt dans les échanges que j’ai eu sur des mailings list pro datant de plus de deux ans…


  • Par Loïc CHOLLIER 06/07/2008 at 23h26

    Et que penses-tu du visual voicemail qui est apparu avec l’iPhone ? Il permet de classer ou du moins d’écouter ses messages d’une manière autre que linéaire ce qui permet un gain de temps et d’usabilité non ?


  • Par giz404 07/07/2008 at 09h34

    Entièrement d’accord sur la mort du répondeur (la machine). Cela dit, je trouve la solution de free assez élégante : le message vocal est enregistré en mp3 puis envoyé en pièce jointe par mail. Cela permet de le conserver indéfiniment, sans avoir à se préoccuper de la gestion de la boite vocale (qui est en général un des systèmes les moins intuitifs au monde)… En revanche, tu fais la distinction entre SMS et mail, je déplore qu’on ait à le faire encore. Le SMS est antédiluvien, et un moyen de messagerie écrite unique (le mail) est adapté à tous les cas de figures (message court, ou long…)

    Par rapport à l’email comme moyen de communication, pas d’accord avec toi. Les logiciels de messagerie actuels permettent un filtrage très fin des messages (recherches, étiquettes, dossiers virtuels etc.) qui permettent de facilement remettre la main sur une info.

    @Niko : pour pallier à mon inculture : KM ça veut dire quoi ?


  • Par NiKo 07/07/2008 at 22h45

    giz> Knowledge Management, ou gestion de base de connaissances.


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