Les gens normaux n'utilisent plus les URL, et vous ?

Le 17 août 2008 à 14h12 | Publié sous | 9 commentaires

Les gens normaux n’utilisent plus les URL pour naviguer sur le web, c’est du moins ce qu’affirment Sophia Lucero et Cabel Maxtfield Sasser fort d’un voyage au Japon. Et pour une fois, la tendance ne vient ni des power users, ni des early adopters, mais bien de notre chère madame Michu. Et par quoi madame Michu a-t-elle remplacé les URL dans sa navigation quotidienne ? Je vous le donne en mille, par l’utilisation de mots clés adéquats dans sa barre de recherche. Au point que les publicités nippones affichent désormais les mots à utiliser pour se rendre directement sur les sites concernés.

publicités japonaises contenant le champs recherche

Évidemment, une bonne optimisation de son site pour les moteurs de recherche est plus que nécessaire pour permettre au fameux j’ai de la chance de fonctionner, mais ce n’est pas le fond du problème. Là où ça devient intéressant, c’est que ce phénomène n’est en aucun cas cantonné à l’Asie, et surtout que, pour une fois, ce n’est pas l’incitation qui crée les usages du grand public, mais le contraire.

C’est la faute à Google

On blâmera, une fois de plus mais à raison cette fois, l’omniprésent Google qui a réussi à envahir votre navigateur là où Microsoft a échoué malgré Internet Explorer. Et cela passe par trois points d’entrée :

  • Google comme page d’accueil, que ce soit la page classique, celle offerte par Firefox, ou iGoogle.
  • Les extensions de recherche Google, présents sur la plupart des navigateurs modernes.
  • La très décriée bar d’outils Google.

L’analyse de la situation proposée par Sophia est intéressante,et je la rejoins tout à fait. Laissez à un utilisateur quelconque le choix entre une zone de saisie vide – la barre d’URL – et une zone de saisie marquée d’un logo familier, à consonance positive, et devinez laquelle des deux il remarquera. D’autant que madame Michu vit dans la crainte perpétuelle de casser son ordinateur. À l’expérimentation, elle préférera donc une méthode fiable et reconnue.

Un phénomène à observer

Évidemment, tout cela fait partie de la stratégie de Google pour devenir le point de passage obligé de notre navigation sur le web, et on peut difficilement leur en vouloir. D’autant qu’ils sponsorisent des navigateurs pour que ces derniers intègrent leur barre de recherche par défaut.

Jacob Nielsen, le pape de l’ergonomie web, estime qu’utiliser un moteur de recherche pour naviguer sur le web n’est pas mauvais en soi, puisque, de toutes manières, les URL ont vocation à disparaître.

In the long term, it is not appropriate to require unique words to identify every single entity in the world. That’s not how human language works.

Je ne suis pas tout à fait d’accord avec lui, peut-être parce que je condidère les URL comme des adresses à associer à des objets plus que comme des moyens de désignation strictes. Or, pour éviter toute confusion, une adresse se doit d’être unique.

Je rejoins en revanche Sophia sur ce que les URL ont d’obscure pour le grand public. Si le n-uplet nom / adresse / code postal / ville / pays, possède la même signification familière pour tout un chacun, il n’en va pas de tout de même pour la composition des URL. Le préfix www, le suffixe .com et l’arobase dans les email ont des rôles et des significations qui n’importent qu’aux techniciens. Pire encore, les deux premiers ont depuis longtemps perdu toute signification réelle.

Si on rajoute à cela la multiplication des suffixes, et l’utilisation de domaines proches des originaux à des fins malhonnêtes, l’utilisation de Google semble dès lors la meilleure solution pour éviter de se faire avoir, tout en ayant le meilleur résultat possible lors d’une recherche d’informations.

Sophia conclut en se demandant si la question de l’abandon des URL comme moyen de navigation devait vraiment se poser, et quelle méthode il faudrait alors utiliser pour les remplacer. Si l’option Google devait prévaloir, gageons que les agences de SEO et de SEM auraient leur âge d’or loin devant elles.

Lumières au puy du fou

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  1. Guirec about 3 hours later:

    Peut être pour madame Michu, mais pour moi, utilisateur habitué, j’utilise bien plus la barre d’adresse de mon navigateur. Notamment parce que maintenant ça va fouiller directement dans mon historique et mes favoris.

    Donc si cette zone est optimisée par les concepteurs de navigateurs… C’est qu’elle doit encore avoir un peu d’avenir :-)

    Toutefois oui, c’est vrai que le passage par le moteur de recherche se fait très souvent pour madame Michu. Je constate énormément cela dans ma famille avec des sites tel que les 3 Suisses, Le Monde, etc…

    Vraiment intéressante comme analyse et a bien garder en tête :-)

  2. Clément about 4 hours later:

    Vu il y a peu : Quelqu’un sur Internet Explorer 7 utilisant la zone de recherche en haut à droite pour trouver… Google. Il arrive donc sur les résultats de Microsoft Live Search et clique sur le premier lien, menant vers Google… Impressionnant :).

  3. Guillaume about 9 hours later:

    Je crois qu’il faut être plus attentif aux utilisations que nos contemporains font d’Internet ;-)

    Une URL ne veut rien dire pour la très grande majorité des gens, ni même le nom de domaine d’un site. Les moteurs de recherche, qu’ils soient appelés dans la barre d’URL (justement), via une page de démarrage installée d’office ou la zone réservée à la recherche dans IE7, FF ou autre, sont devenus totalement incontournables car c’est le moyens d’accès n°1 au Web (“Internet”). Je le constate tous les jours dans mon travail de web designer. Google n’est en rien responsable de cette situation, mais il a aidé à sa généralisation grâce à la pertinence de ses résultats et la guerre de positionnement qui y fait rage.

    Bref, d’un point de vue de l’utilisateur final, peu importe l’URL du moment que le site est trouvé du premier coup (et j’insiste sur ce point) dans n’importe quel “moteur de recherche”.

    L’URL, les liens sponsorisés, les noms de domaine, le navigateur, la notion même de Web vs Internet sont des choses très abstraites pour le commun des mortels, qui surf pourtant tous les jours…

  4. Yannick Francois about 19 hours later:

    Mon amie ne s’appel par Michu, mais c’est vrai qu’elle préfère taper le nom du site voir son URL dans la zone de texte de google (en page d’accueil sur son navigateur) que de le taper dans la barre d’URL du même navigateur…

    Comme quoi, y’a pas qu’en Asie que ça marche comme cela, je me demande juste si c’est pas parce que nous ne prêtons pas assez attention aux utilisation d’internet chez nous.

    A voir.

  5. Neovov about 21 hours later:

    Je ne rejetterai pas la faute si vite à Google.

    Le navigateur le plus utilisé étant IE (le reste étant utilisé par des geeks ou des proches de geeks) je pense que c’est surtout les moteurs de recherche en page d’accueil qui sont les fautifs.

    Même si ce n’est pas une faute.

  6. agatzebluz 1 day later:

    Analyse très intéressante. C’est vrai que l’on a tendance parfois (souvent??) à oublier le point de vue et l’utilisation qu’a l’utilisateur lambda. Il faut dire également qu’il n’est pas toujours très au courant de toutes les subtilités de son navigateur, et qu’il peut faire une recherche de trois manières différentes. Cependant, je suis d’accord, les adresses url vont certainement devenir de moins en moins importantes au fur et à mesure que l’utilisation d’internet par les “non geeks” sera de plus en plus grande (et c’est déjà fortement le cas).

    Mais il est même tout à fait possible que nous autres utilisateurs avancés délaissions la saisie d’url. Je me souviens d’un article sur 01net dans lequel le journaliste avouait ne plus se servir de ses favoris au profit de Google. Moi même, je ne me sers plus du tout des favoris de FF, préférant quand même à Google, le système online de delicious.

    Bref, vaste sujet et merci pour cette contribution très intéressante.

    Désolé pour la longueur du commentaire:-)

  7. blackcalife 5 days later:

    Bonjour,

    C’est vrai les gens normaux n’utilisent plus les url, voici mon cas: je travail dans une association et je viens en aide aux salariés et aux bénévoles.

    lorsque je leurs demande d’entrer une adresse internet dans la barre d’adresse du navigateur (firefox ou internet explorer) ils se servent directement de la barre de recherche dans le meilleur des cas ou le plus souvent de google pour accéder au site web.

    j’ai l’impression qu’ils doivent penser que l’on ne peut pas entrer de l’information dans la barre d’adresse.

    et cela est compréhensible car : qu’est ce qui se passe lorsque l’on lance un navigateur web?

    Dans 100% des cas, un page d’accueil est paramétrée par défaut et la barre d’adresse du navigateur contient l’adresse de la page d’accueil (normal) donc le seul élément qui est vide où l’on peut faire une saisie est la barre de recherche.

    Pour se servir de la barre d’adresse, il faut effacer l’adresse de la page d’accueil, ce qui représente un effort pour l’utilisateur “normal” et même byzarrement une crainte (peur de mal orthographier l’adresse du site internet)

    Moi personnellement je ne suis pas pour la disparition des adresses url car même si maintenant plus de 90% des utilisateurs passent par un moteur de recherche pour accéder à un site web. je ne veux pas être dépendant du bon vouloir d’un moteur de recherche.

  8. Mark 6 days later:

    Il y a peut-être une raison à cela, pour un Japonais ça ne va pas de soi de taper des caractères latins dans l’URL… c’est pour ça que les moteurs de recherche sont utilisées.

  9. loric 9 days later:

    Article très intéressant. Les urls ont encore de beaux jours devant elles, il suffit de constater la part de trafic provenant des accès direct (favoris + urls du site dans le navigateur) pour s’en rendre compte. Pour certains sites, la part des ces visites peut atteindre 20% - 30%.

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