Les Microformats, plus ça va, moins j'y crois

microformatsJe ne croyais pas l’écrire un jour, et c’est un peu triste à admettre, mais plus ça va, et moins j’ai foi dans le futur des Microformats.

Designed for humans first and machines second

Certainement vraie il y a un an, cette assertion fondamentale se contredit constamment aujourd’hui. Les Microformats sont de moins en moins faciles à lire par l’être humain, et la présence de générateurs de Microformats à tous les étages en est un indice plus que probant de cette complexification.

microformats are a set of simple, open data formats

Je ne conteste pas cette notion d’ouverture, au contraire. Pour la simplicité, c’est autre chose, et je réfère désormais constamment au wiki pour inclure des microformats sortant du peloton hcard / hcalendar / rel-tag dans une page web.

built upon existing and widely adopted standards

Là non plus, rien à dire, dès lors que l’on considère le XHTML comme un standard de fait, et non de principe, c’est à dire qu’il est véritablement adopté par la majorité et non simplement standard déclaré.

Le problème des Microformats est un problème de croissance, à tous les niveaux.

Les Microformats ont été créés dans le but de résoudre des problèmes simples de manière simple. La communauté grandissant, chacun apportait un problème de plus en plus complexe à résoudre, oubliant ce principe de base.

Lors d’une présentation chez Mandriva, je déclarais que malgré sa dénomination de Microformat, hResume était en fait un Macroformat : bien que l’on puisse le déclarer seul, il n’existe que par la présence d’autres microformats en son sein. On se retrouve alors avec un Microformat contenu dans une page entière, et à la clé une soupe de balises infâme, même pour moi. D’après vous, pourquoi je n’ai toujours pas remis mon CV version web à jour ?

Il ne faut cependant pas oublier l’objectif premier des Microformats : faciliter la collecte de données sémantiques sur le web à des fins d’exploitation – entre autres – marketing, principalement sur des media comme la musique, les images ou les vidéos sur lesquels les outils de recherche ne peuvent pas faire d’analyse. En cela, ils ont permis une avancée très intéressante, mais je crois qu’ils ont très largement dépassé leur propre nature, et ils risquent aujourd’hui d’imploser sous leur propre poids. Je ne cesse nullement de m’intéresser aux Microformats, mais je ne les considère cependant plus comme la panacée universelle : je vais simplement me pencher sur d’autres pistes de recherche afin de résoudre mes problématiques plus complexes.

Publié le 28 novembre 2006 à 22h30 Publié sous et Labels web, microformats

À propos

Frédéric de Villamil

Je m'appelle Frédéric de Villamil, et quand je ne déploie pas ma mauvaise humeur et ma mauvaise foi sur le Web, je suis un super héros chargé de sauver le monde. Vous pouvez me suivre sur Twitter.

  1. Damien B le 04 décembre 2006 à 17h50

    Flûte, il faut que je me dépêche de poster ma parodie de ton Microformats pour les nuls, ça ne sera plus drôle une fois que tu sera complètement dans le camps des avisés.

  2. Olivier G. le 06 février 2007 à 22h11

    En tout cas, voilà des propos que ne désaprouverait pas Karl (la grange), il en parlait depuis longtemps.

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