Les sites des agences interactives sont-ils les pires qui soient ?
Faites ce que je dis, pas ce que je fais devrait être la tagline d’un grand nombre d’agences interactives si j’en crois cet article – beaucoup trop vrai – de Chris Houchens, do as they say not as they do
. Il donne 10 points communs à (presque) tous les sites d’agences interactives, et résume parfaitement une réflexion que j’avais récemment qui pourrait se résumer par les agences interactives ne font plus de web.
1. Du Flash, obligatoirement
Certainement pour rappeler le côté interactif. Les années 90 ne sont pas si loin.
2. La biographie du staff : un peu folle, fun et surtout parfaitement inutile
Ben oui ma bonne dame, on s’en fout que votre planneur stratégique ait fait l’école supérieure d’agriculture appliquée, ce n’est pas hype ça. Ce qui intéresse la ménagère aujourd’hui, c’est de savoir qu’il collectionne les coléoptères en silicone et qu’il a fait Paris / Roubaix à la nage.
Indispensable : une photo super cool du membre en train de s’éclater à Dieu sait quoi.
3. La navigation du site : n’importe où mais pas là où on l’attend
Et certainement pas ni en haut, ni en bas, ni à gauche, ni à droite, ce serait trop simple. Le chemin le plus simple pour aller d’un point à un autre, c’est tellement commun.
4. Les informations de contact: le plus loin possible
Notez que ça ne concerne pas que les agences interactives. Il faut pas moins de 3 clics pour récupérer le numéro de téléphone de ma crêperie préférée. Et ce n’est pas faute de leur avoir fait remarquer à plusieurs reprises.
Vous tenez vraiment à ce que vos futurs clients ne puissent pas vous contacter ?
5. Les photos du bureau
Et là, vous avez deux solutions. Soit l’agence est un type dans son garage
, auquel cas vous avez droit à une utilisation souvent créative de stock photos. Soit vous avez droit à une vraie agence, avec les habituelles photos du baby foot, de la WII et du coin repos, histoire que les clients sachent à quoi va passer leur argent et le temps pour lequel ils payent. La créativité a un prix.
6. La philosophie : une grille complète de buzzword bingo
Elle commence généralement par Nous sommes un nouveau type d’agence interactive
ou Nous sommes la première agence interactive à …
avant de continuer par une loghorée de buzzwords incompréhensibles, mais indicatrices des compétences de l’agence.
7. Le portfolio, indigent au possible
Sobrement appelé réalisations
, le portfolio passe toujours sous silence le ROI des campagnes financées à grands frais.
8. Le blog
Il faut croire que tous les membres de l’équipe “publient” tour à tour sur le blog corporate. En fait, ils se fendent surtout de copiers / collers du dernier bouquin de l’EBG qui contient 1 an d’idées à recycler.
9. Le contenu : cf. point 7
Chris Houchens a une interprétation intéressante de l’indigence éditoriale des sites d’agences interactives. Il semble que tout le monde ait descendu en flèche les idées des collègues jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien.
10. Les non mises à jour
Le site n’est jamais mis à jour – excepté une fois de temps en temps, quand l’agence décide de tout refaire de zéro avant de faire exactement pareil mais différent.
Évidemment, il y a là un soupçon de caricature, mais pas tant que ça finalement. En tout cas, cette liste est un excellent point de départ pour savoir ce qu’il ne faut pas faire sur votre site web.