Le Rayon UX

La radiographie du Web en temps presque réel / thème en chantier (je m'appelle Teuse)

Offre de job : startup innovante recherche son esclave commercial / marketeux

Qui sommes nous ?

SocialLol 3.0 est une plateforme de réseau social nouvelle génération qui a pour vocation de rapidement devenir internationale. Le service propose des interactions originales entre ses membres, et encourage les hommes et les femmes à faire ce que font les hommes et les femmes depuis que le monde est monde : copuler après avoir dépensé un maximum d’argent en parade amoureuse. SocialLol a été sélectionné pour rejoindre le Bullshit Institute, un programme dispensé par des mecs qui pensent que le social est devenu le meilleur moyen de devenir milliardaire sans se fatiguer.

Le Fondateur

Jean-Kevin, 15 ans (@anonymous, diplômé du W3C et de la W3School), jeune et dynamique développeur, est passionné par le HTML5, CSS3 et Javascript. Aussi, il est inscrit sur TOUS les réseaux sociaux ! Pourquoi ? Pour rencontrer des filles et s’en mettre plein les poches. Si ça a marché pour Mark Zuckerberg, ça peut aussi marcher pour lui !

Le Poste

Un esclave motivé, talentueux et assez bête pour travailler gratuitement pendant des années dans l’espoir de me faire devenir immensément riche, qui aura le rôle de directeur commercial, responsable marketing et homme à tout faire de la société.

L’Avancement

Le site contient aujourd’hui 188 pages HTML, il ne reste plus qu’à faire l’étude de marché, le positionnement, la stratégie et trouver des acheteurs. Objectif : lever des fonds la semaine prochaine, en faisant croire aux investisseurs qu’on sera monstrueusement rentables à l’international dans les trois mois.

Qui cherchons-nous ?

Dans un premier temps :

  • Un commercial, un esclave, un bullshiteur de première capable de vendre à quelqu’un sa propre chemise en lui faisant croire qu’il a fait une bonne affaire, qui vendra les premiers espaces publicitaires sur le site, puis trouvera toutes les autres sources de revenus.
  • Au moins un MBA dans une grande université américaine, et un diplôme dans une grande école de commerce française. Plus celle-ci a un sigle long et incompréhensible, et plus le diplôme sera valorisé.
  • Première expérience possible, mais un minimum de 10 ans dans la vente de prêts à taux variables ou de crédit revolving est exigé.
  • Quelqu’un qui comprend que faire prendre des vessies pour des lanternes à des fonds d’investissement est un art.
  • Quelqu’un qui préfère des projets courts et stimulants plutôt que les projets longs et ennuyeux.
  • Un partenaire prêt à travailler 24h/24 7j/7, et ce même quand ses collègues s’arrêtent pour boire des bières et jouer à Duke Nukem Forever.
  • Quelqu’un qui puisse gagner de l’argent en vendant un produit qui n’existe pas, et de toutes manières inutile et sans business model.
  • Quelqu’un qui soit aussi excité par les levées et les IPO que par les doubles arcs-en-ciel.
  • Quelqu’un intrigué par le fait de travailler dans une startup prometteuse mais qui ne gagnera jamais un rond.

Dans un second temps :

  • Développer les revenus de la société en mettant en place un système pyramidal du type “Je me gave © sans rien faire”.

Pourquoi devriez-vous nous rejoindre ?

  • Pour le plaisir d’intégrer une équipe jeune, vibrante et motivée (mettre plaisir et vibrante dans la même phrase n’implique pas que nous parlions de sex toys).
  • Parce que vous êtes convaincu que les réseaux sociaux sont la nouvelle poule aux oeufs d’or inépuisable (Facebook c’est soooo 2006, on est en 2010 y’a moyen de faire mieux non ?)
  • Pour faire partie d’une aventure unique, celle d’une startup au succès international.
  • Parce qu’à 35 ans, si je n’ai pas ma Rolex, j’aurai raté ma vie, alors au boulot, il te reste à peine plus de deux ans.

Qualités requises

  • Avoir vendu les organes surnuméraires de ses frères / soeurs au marché noir, ou toute transaction commerciale immorale équivalente.
  • Curiosité et force de propositions.
  • Capacité à vivre uniquement de pizzas low cost et de PS3.
  • Fortes connaissances en bullshit, maîtrise du vocabulaire marketing Web 3.1.
  • Se focaliser sur la rentabilité et uniquement la rentabilité, même si je sais bien que c’est foutu d’avance.
  • Parler 6 langues couramment.
  • Être prêt à payer de sa personne si ça peut faire rentrer un deal.

Modalités :

  • Commissions ridicules et parts de la société calculées au prorata d’1% du capital libéré à date de l’entrée dans la société.
  • Motorisé et prêt à voyager (les frais kilométriques et les notes d’hôtel sont à votre charge).

Toute ressemblance avec des offres existantes ou ayant existé n’est pas vraiment fortuite, et ce genre d’annonces balancées sur les mailing lists techniques avec la régularité d’une masse de forgeron fait régulièrement monter d’un cran l’aiguille de mon agaçomètre.

Si l’on m’a rabâché pendant 10 ans de cours d’Histoire qu’il fallait apprendre de nos erreurs afin de ne pas répéter les atrocités qui émaillèrent les siècles passés – le vingtième au premier chef – ces leçons semblent en tout cas avoir soigneusement évité certains de mes concitoyens, pourtant diplômés des meilleures écoles de commerce et de management de l’Hexagone, tel le nuage de Tchernobyl opportunément stoppé à nos frontières.

Une première bulle Internet ne semble pas avoir suffi, et nombreux sont-ils encore à croire que le Web est cet Eldorado, ce Far West de la grande époque dans lequel n’importe quel idée se transforme en or pourvu que l’on trouve quelque esclave technicien pour la réaliser, donnant ainsi toute légitimité à la presse traditionnelle pour pondre des conneries, trop contente de taper à peu de frais sur un univers qu’elle ne connait pas, ne maîtrise pas, et qui met à mal un modèle dans lequel elle était confortablement installée. Messieurs soyez contents, si le “scandale Capital” a pu avoir lieu, et si les startups passent encore pour des non entreprises fantaisistes, peu rentables et irresponsables, c’est un peu grâce à vous (cf. Ces journalistes qui mentent pour vendre chez Pierre Chappaz et Quand Capital essaie de faire un article sur les startups chez Ouriel Ohayon).

Je ne m’attaque en aucun cas votre jeunesse, elle est souvent un avantage dans l’entrepreneuriat, et je vous l’envie même parfois car elle s’accompagne souvent d’une plus grande témérité et de moins de responsabilités qui nous font nous lancer plus facilement dans des batailles que nos aînés croient perdues d’avance. Mark Zuckerberg, Bill Gates ou Steve Jobs avaient à peine vingt ans quand ils ont commencé, mais contrairement à vous, aucun d’entre eux n’a fait d’école de commerce (même si je connais des entrepreneurs du Web qui en ont fait une et ont réussi, Michel si tu me lis…). En revanche, aucun d’entre eux n’a dédaigné mettre les mains dans le cambouis.

J’avoue vomir copieusement sur votre mépris affiché de la res technicum, et sur la condescendance avec laquelle vous traitez vos futurs esclaves jusqu’à employer un ton “cool” de circonstance dans vos annonces, version moderne du petit nègre utilisé dans les champs de coton. Et la prochaine fois qu’il vous prendra l’envie de polluer les listes de diffusion techniques avec vos annonces fantaisistes, lisez et relisez Founders who can’t code, et tous les commentaires qui suivent :

An advise to founders who can’t code

If you are a business/idea guy and looking for a technical co founder, stop. Stop right now. Take 6 months off and go learn how to code (day and night, weekends including).

Most web apps do little besides save, show and update data. No, You will NOT become an engineer, programmer, or web developer, but you will be able to put a prototype of your idea together and maybe get one or two beta users for feedback. At this moment it will be much easier to recruit a technical cofounder.

Most web apps do little besides save, show and update data. No, You will NOT become an engineer, programmer, or web developer, but you will be able to put a prototype of your idea together and maybe get one or two beta users for feedback. At this moment it will be much easier to recruit a technical cofounder.

The reason why most technical cofounders can create great products is not because they have a deep domain knowledge or they are great hackers. The reason is (beside passion for the problem) their cost is time. Your cost is money. They can spend one year working after hours to create a product. Can you pay someone for one year to create a product? They can fail 23 times and still find time to build their next idea. Can you convince your best friend to work on your 4th idea, when the previous 3 failed?

Here is the thing, 1 year from now, you will still have plenty ideas. But are you going to have ideas and the ability to implement them (or parts of the solution), or are you going to post one of those “Revolutionary Disrupting Idea with potential to make millions. Need Someone to build. Will give 15 % of revenue”.

Stop and go learn. Worst case scenario, your future technical founder will respect you for trying, and you in return will truly appreciate their skills.

Peut être fermerez-vous votre Outlook, et éviterez ainsi de ridiculiser et de traîner dans la boue les milliers de startups et d’entrepreneurs qui, chaque jour, suent sang et eau en risquant leurs biens, leur santé et parfois leur famille pour faire de leur vie la réalité qu’ils ont un jour rêvée.

  • Par Frédéric Logier 07/10/2010 at 09h23

    Voilà un billet que je voulais faire depuis longtemp ;) bravo il remet les pendules à l’heure.

    Sinon à mon avis il serait très intéressant d’inverser la tendance en France. C’est à dire que les marketeux viennent vers les dev, afin de les aider à lancer leur projet et à lever des fonds. Dans la high tech, sans techos à la tête, ou dans la Direction, c’est à mon avis voué à l’échec sauf exception.

    La plupart des grosses réussite américaine ont comme fondateur ou dans l’équipe dirigeante un techos ! Il faudrait que sans rentre dans les têtes en France. C’est l’implémentation d’une idée qui fait son succès, ou pas, mais jamais l’idée seule….

    Bref, à mon avis un site qui permettrait à des devs de se présenter avec leur projet et leur maquette afin de trouver des investisseurs et/ou des associés marketeux, ca cartonnerait grave. Et le rapport techos/marketeux serait nettement plus équilibré et profitable à tous.


  • Par Hugo Hamon 07/10/2010 at 14h38

    Tout à fait ça les offres d’emploi aujourd’hui. Merci pour ce billet, je me suis bien fendu la poire :p


  • Par Julien 07/10/2010 at 15h27

    Je suis pas sûr que Chappaz et Ohayon aient un jour essayé de pondre une ligne de code :)

    Pour Kelkoo au démarrage, c’était le même genre d’offre d’emploi et j’en connais qui ont bien sacrifié leur vie pour le faire tourner pour pas gagner grand chose. Ca a finit par un peu payer car Chappaz avait de la bouteille de l’expérience et beaucoup de contacts, ce qui fait une grosse différence avec un tout-juste-diplômé.


  • Par Frederic de Villamil 16/10/2010 at 09h23

    @fred : je ne suis pas certain que les marketeux soient les gens les plus à même de t’aider à lever des fonds. En En fait le soucis, pour moi, vient de la dévalorisation de la technique qui fait qu’on trouve les incubateurs dans les écoles de commerce, mais pas dans les écoles d’ingénieurs.

    @Julien : je ne suis pas certain non-plus, mais le lien concernait la vision que les journalistes peuvent avoir des startups.


  • Par lilishare 24/11/2010 at 08h35

    elle me faire rire cette annonce, car c’est tout à fait réaliste. moi j’ai eu beau essayé d’emmener du monde (car j’ai un bon carnet d’adresse), mais pas moyen. j’ai le projet élaboré, cahier des charges en partie réalisé, tout le dossier est rédigé. je connais en plus la technologie sur le marché, les tendances ( et je suis en plein dedans). j’ai les futurs clients (qui parfois sont impatients), je suis moi même issue de la force de vente (donc pas de soucis pour la négociation), des grands comptes près à m’envoyer des clients..; mais mais pas d’apport personnel, limitée en développement.. donc voila, un beau projet qui va finir je ne sais où … qui plus est, je suis une femme, (mère au foyer pendant plusieurs années, donc forcément blonde), elle est belle la france! ;o)


  • Par Ari Massoudi 24/11/2010 at 13h59

    Bonjour Frédéric,

    En 1 article vous traitez de 2 sujets, le premier une start-up fondée par un (ou des) informaticiens qui cherchent un collaborateur en marketing/négo/vente (très drôle par ailleurs), le second, qui est une reprise d’un billet publié ailleurs, c’est l’inverse, un marketeux qui a une idée d’affaire web et qui a besoin d’un (ou des) collaborateurs informaticiens pour cofonder sa startup. Dans les deux cas de figures, si le deal n’est pas juste (win-win) votre coup de gueule est justifié et j’invite les techno et les marketeux à ne pas rejoindre ce genre d’aventure ou entreprise. En revanche, si dès le départ, et avant même la création de la startup on contractualise clairement et “justement” les apports de chacun en industrie (savoir-faire, connaissances, compténces ….) et en numéraire, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas co-fonder une startup avec des profiles complémentaires ? Le monde est en train de devenir à une vitesse accélérée, de plus en plus informatisé et “internetisé”. Pensez-vous que tous les informaticiens futurs sauront ce que veulent les gens ? Connaitrons les techniques de marketing, de négo, de com et de vente ? La majorité des gens ne savent pas et ne sauront pas coder … on aura aussi besoin de médecins, de dentistes, de peintres en batiments …ect. ? Pensez-vous que tous les marketeux devront, en plus de leurs expériences de terrain ou de leur MBA, avoir un diplôme d’ingé en info ? C’est impossible bien sure, et les besoins futurs (on y est déjà) obligeront les gens à travailler ensemble dès le départ. J’ai publié, dans différents forum info, pour le compte d’un client (marketeux !) qui a une idée e-business, une annonce de “recherche de co-fondateur(s) informaticien(s)”. Je crois en toute sincérité que l’annonce proposée reflète un état d’esprit très juste (win-win). Nous avons eut une dizaine de retour d’intérêt d’informaticiens très expérimentés (de 10 à 20 années d’expériences, et pour certains venant de la Silicon Valley !). Le profile de ces personnes fait qu’on ne peut pas suciter leur intérêt avec une annonce dans l’esprit que vous avez brillamenent dénoncé avec humour.

    Bien à vous,

    Ari


  • Par Paulo Silveira 25/11/2010 at 14h47

    Mon professeur de français m’a montré cette page. C’est drole de voir que les offre de job sont trop pareil par tout le monde.


  • Par Steve 07/04/2012 at 15h48

    Salut!

    Je prends le risque de ranimer les velléités de Webdev en postant mon commentaire 1an et demi après publication de ce billet. Caricature très amusante ;)

    C’est vrai qu’il y a de plus en plus d’annonces de personnes (souvent des profils autres que “tech” malheureusement) postant des annonces pour rechercher un associé au profil technique. (Je suis dans cette phase)

    Si on en voit de plus en plus souvent, c’est aussi bon signe: - Période de crise, mais certaines personnes se lancent de plus en plus jeune dans l’entrepreneuriat (ce qui peut être vu comme une folie parfois, expérience vécue)

    Cependant, ce qui fait défaut dans ces annonces, c’est le manque de recul, la peur de se faire “voler son idée” (ce qui est ridicule), voir l’impréparation de la personne qui a rédigé l’annonce.

    @ Ari Massoudi: je suis tout à fait d’accord avec vous. Votre avis est mesuré et vous mettez l’accent sur les termes de la relation entre associés. Ce qui peut être vu rapidement lors des entretiens/ échanges (L’évaluation va dans les 2 sens) mais ce n’est pas toujours évident à lire dans une annonce où on recherche un associé. La démarche que vous décrivez est celle que je tente de suivre depuis la création de ma 1ère entreprise avec mon associé “tech” et que je tente d’améliorer (non sans difficultés) pour la création de ma 2ème entreprise avec un ami et notre futur assoc’ que nous cherchons.

    Complémentarité - Responsabilité - Communication - Transparence (liste non exhaustive) aident à souder l’équipe et à se construire un mental d’entrepreneur. Le contractualiser dans un pacte d’associés rappel nos engagements et les possibilités de sortie pour chacun

    @Frédéric de Villamil: peut être que les écoles (informatique, universités et écoles de commerce) n’inculquent pas assez le gout d’entreprendre

    @Frederic Logier: argument simpliste. :) Je pense c’est une question de réalité économique. Les écoles d’info (universités et écoles payantes) sortent de bons ingénieurs que les entreprises (grosses sociétés) recrutent ou s’arrachent (ce qui est bon signe) J’ai eu l’occasion de rencontrer en entretien plusieurs informaticiens et d’en contacter en direct.

    L’entrepreneuriat ne les intéressait pas tant que cela: - Pas l’esprit d’entreprendre - Si le porteur de projet n’a pas assez d’apport et que le potentiel associé réclame de l’argent pour commencer à travailler, il y a anguille sous roche (autant passer par un freelance, ou une agence) - En sortant d’une école (payante/ non) beaucoup privilégient les grosses agences pour rembourser prêts et autres ou préparer sa vie d’adulte émancipé (qui ne le ferait pas) :) - les plus expérimentes ont une situation plus délicate (enfants, femme, train de vie qui ne veulent pas stopper alors qu’on lui demande pas de lâcher son job) bref toujours quelque chose qui fait que ça ne leur convient pas.

    Les freins sont multiples. Les rares web-entrepreneurs au profil tech que j’ai comme ami, que j’ai côtoyé ou simplement contacté ont l’esprit d’entreprendre et ont la compétence. Cependant, certains s’entourent de profils complémentaires (amis, famille, connaissances) pour lancer une boite.

    Anecdote: j’ai rencontré une équipe de 4 dev amis de promo qui lançaient une agence qui s’est a failli se planter. Principales raisons: ambitions différentes et implication énormément différente :D => Mauvais casting tout simplement.

    Bref, il n’y a pas de formule miracle, seulement des raisonnements et une approche astucieuse d’un potentiel associé qu’il soit Tech / Business. On ne doit pas négliger la prise de risque (le propre de l’entrepreneuriat, surtout si faible capital de départ), la compréhension de l’idée et la façon dont cela sera traduit pour le client final, la compréhension du rôle de chacun et les détails de la relation entre associés.


  • Par Thomas Philippot 23/04/2012 at 11h50

    Bonjour tout le monde, En premier lieu j’aimerai me présenter: je suis un jeune diplômé d’école de commerce cherchant à créer une entreprise sur le Web. Je suis le fameux marketeux qui offre du bullshit job et veut m’enrichir sur le dos des développeurs. J’ai eu pas mal d’expériences différentes, j’ai testé des projets différents de création d’entreprise et aujourd’hui avec un ancien camarade de classe, nous avons l’ambition de nous lancer dans l’aventure incertaine du web entrepreneuriat et ce pour plusieurs raisons 1) nous aimons les phénomènes sociaux du Web et la dynamique qui y opère 2) nos connaissances “métiers” sont tournés vers le business du web 3) les barrières à l’entrée sont moins élevées que dans n’importe quel autre secteur et oui dans une économie en crise, on préfère ! 4) Et, on pense qu’aujourd’hui l’économie du service est plus intéressante que celles des produits: car ce le modèle n’est plus de posséder mais de s’aider à s’élever pour mieux rencontrer des personnes, mieux accéder à l’information, mieux s’éduquer, faire des meilleurs choix etc. Nous n’imaginons pas créer un business dans le web sans un développeur qui, lui aussi a de l’ambition pour l’entrepreneuriat ou qui tient à toujours mettre en doute ses connaissances techniques pour les améliorer, s’adapter aux nouvelles technos et aux nouveaux comportements du Web. Pourquoi ? Penser que l’on peut développer un site en étant marketeux est aussi stupide que construire un immeuble quand on est comptable. Si le fondateur d’instagram l’a fait, il fait figure d’exception et je préfère pas me lancer dans les contes de fées. Soyons réalistes ! De la même manière, le développeur n’a pas le temps, les connaissances et la technique pour savoir comment construire une campagne de communication, quels sont les partenariats à tisser, comment monter un business plan, quels sont les aspects du modèle économique à mettre en avant, quelles sont les techniques d’intervention d’un investisseur etc. A moins d’avoir la science infuse ou d’être un génie, personne n’a la connaissance universelle. Bien qu’il ne faille pas trop cloisonné les rôles au début de la création d’une startup car tous les profils ont besoin des informations des uns et des autres pour gagner en compétence, formaliser un projet commun, être tous sur la même longueur d’ondes ; il ne faut pas non plus que le développeur se concentre sur des aspects qu’il ne maîtrise pas. Là je parle plus de rigueur de développement, d’optimiser les actions des membres d’une équipe, bref, d’organisation. Naturellement, cela ne veut pas dire qu’on doit y rester complètement hermétique. Voulant créer un site Internet, j’essaye de comprendre les enjeux de l’architecture du web et des défis des technologies dans mon cahier des charges: intégrer les problématiques du MVC (modèle-Vue-Contrôleur) fait partie de notre travail à l’heure actuelle. Néanmoins, nous ne serons jamais autant opérationnel qu’avec un profil technique avec nous car lui aura des idées dans la rédaction du cahier des charges grâce à sa vision pragmatique, terrain,des idées aussi sur le concept. La personne qui monte une entreprise en demandant à quelqu’un de se cantonner uniquement à une tâche se prive d’un atout majeur pour son entreprise. Construire un business sans développeur, c’est comme rédiger un projet de construction d’un immeuble sans contremaître. Cependant, aujourd’hui cette association entre ces deux « typologies » de profil est très difficile ; nous allons parler de loi de l’offre et de la demande : Définition : quantité de biens/services que les acteurs d’un marché sont disposés à vendre ou à acheter en fonction d’un prix Prenons l’exemple de mon projet : L’offre : quantité de développeurs prêts à offrir leur service Demande : quantité de non développeur désireux d’acquérir les services de développeurs Hypothèse : Le nombre de développeur aujourd’hui est limité et c’est encore plus vrai lorsque l’on requiert une technologie particulière (e.g. Ruby) Le nombre de personnes avec des idées d’entreprise sur le web est énorme. Le nombre d’entreprises qui nécessitent des développeurs est en constante augmentation et est aussi énorme. Le nombre de développeurs qui créent eux-mêmes leurs entreprises est aussi en constante augmentation. Résultat : Il y a donc une distorsion entre l’offre et la demande de développeurs. Celle-ci a pour effet de faire augmenter le « prix » des développeurs. Donc, les choix à disposition du développeur sont plus larges qu’auparavant. Pour le séduire il faut à la fois lui proposer plus d’argent qu’auparavant, lui donner plus de part dans l’entreprise, qu’il adhère au projet, qu’il se sente bien dans l’équipe. J’aimerai donc que cette communauté se rassure. Pour qu’une création d’entreprise soit viable, il faut absolument que tous les profils soient motivés dans le projet. Si il y a un écart mal ressenti à la création de la boîte, c’est une bombe à retardement. Les annonces sont peu représentatives de la vraie vie en entreprise et si il y association, il vaut mieux se rencontrer et se rencontrer et se rencontrer plusieurs fois, se tester pour être sur de partir sur la même voie. Les développeurs qui s’associeraient sur une simple annonce sont des saucisses. Les business guys qui pensent pouvoir séduire avec une unique annonce de ce type le sont aussi. Pour autant, il est difficile d’attirer l’attention de la communauté de développeur de plus en plus sollicitée. Il y a donc deux effets à ça (1. Les développeurs deviennent de plus en plus tatillons 2. on utilise es modèles d’annonces qui ont des résultats) Ce type d’annonce est un appât c’est sûr. Mais elle revêt plus un appel à se rencontrer, à discuter d’un projet, de sa vision de business, de travail en équipe, des compétences au temps t et t+n. Il y a énormément de sujets aborder. Nous avons testé une annonce stricte et rigoureuse. Personne ne nous a répondu. On a testé une annonce plus cool : on a eu 5 réponses positives pour des discussions, d’autres réponses encore pour nous dire qu’ils n’étaient pas disponible mais que notre projet était cool. Un des fondateurs d’un site emploi pour développeur Ruby nous a même clairement conseillé d’utiliser ce modèle « cool » pour rédiger une annonce car il y avait plus de retours des profils de développeurs sur ce format. En revanche, ce que je constate, c’est que le plus important reste la rencontre, l’approche en direct. C’est là où nous avons eu le plus de retours. Je pense qu’une confrontation directe entre les besoins d’une entreprise, les profils qui la composent est plus importante pour une équipe dév+markets que tous les conseils promulgués au dessus. L’important, c’est d’être transparent sur ses compétences, ses ambitions et ses besoins pour réussir à bien travailler ensemble.


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