Flock.com fait peu neuve et en oublie l'open source, les standards et l'accessibilité

Le 14 juillet 2007 à 20h28 | Publié sous | 6 commentaires

Histoire de fêter la version 0.9 de son navigateur social dont j’avais déjà parlé ici, Flock a également remis son site à neuf, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat est tout simplement catastrophique.

capture d'écran de Flock.com

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Flock est un navigateur dérivé de Mozilla Firefox, et intégrant directement de nombreux services du web 2.0 : Flickr, Youtube, un outil de blog… Il est disponible sous Mac OS X, Linux et Windows, et compatible avec la très grande majorité des extensions Firefox. Il semble malheureusement que Flock, la société derrière cet excellent outil ait oublié quelques uns des éléments fondamentaux qui ont fait le succès de son prédécesseur : open source, standards du web et accessibilité.

  • Une première page toute en Flash, sans qu’un contenu alternatif autre qu’un bête message marketing ne soit proposé. C’est bien dommage pour les technologies open source, mais surtout pour les personnes ne pouvant utiliser ce site (notamment les déficients visuels) : il s’agit tout simplement d’une présentation des principales fonctionnalités du navigateur.
  • Une construction en tableaux, pas un poil de sémantique, on se croirait revenu en 2001.
  • Des menus déroulants entièrement en javascript, bonjour l’accessibilité. Quand je désactive ce dernier, je n’ai accès qu’aux liens de premier niveau, ce qui signifie que le contenu du menu est ENTIÈREMENT en javascript. Il aurait été beaucoup plus simple, pratique et accessible de mettre les liens dans des listes en display: none, avec un peu de javascript pour les faire apparaître ou disparaître. D’ailleurs, ajouter un espace insécable entre les liens du menu n’aurait pas été du luxe, il est inutilisables sans les images de fond.
  • Des balises pas ou mal fermées, invalides… au total pas moins de 42 (sic) erreurs de validation.
  • Et même la hCard de la page de contact n’est pas valide…

On ne le répétera jamais assez, ceux qui croient que les standards sont aujourd’hui largement adoptés vivent dans un petit monde idéal loin des véritables réalités du web, même si de nombreux progrès ont été faits depuis 4 ans.

Il est de la responsabilité des éditeurs de navigateurs de promouvoir l’adoption massive des standards, de l’accessibilité, et, dans une certaine mesure, des technologies ouvertes, aussi bien dans leur produit que dans leur communication. Le leitmotiv de la Mobile Initiative du W3C “développer pour un web” devrait aussi pouvoir s’appliquer aux navigateurs traditionnels, et ces derniers devraient être les premiers à montrer l’exemple.

les voutes en lambris du château de Vincennes

Si les architectes devaient travailler comme les web designers...

Le 10 juillet 2007 à 20h32 | Publié sous | 16 commentaires

Je suis tombé un peu par hasard ce matin sur un excellent article – un peu ancien – de Scott Manning intitulé If architects had to work like web designers. L’auteur y transpose ce que nous, chefs de projets en contact direct avec le client, subissons au quotidien à l’aune des architectes, dont le travail produit des résultats beaucoup plus “concrets”. Vous en trouverez ci-dessous la traduction augmentée de mes réflexions sur le sujet.

La traduction

Cher architecte,

Je souhaite vous confier la conception et la construction de ma nouvelle maison. Je ne sais pas encore vraiment de quoi j’ai réellement besoin, aussi vous fais-je entièrement confiance pour élaborer ce qui me conviendra le mieux. La maison devra héberger entre 2 et 45 chambres. Établissez donc les plans de telle sorte qu’on puisse facilement en ajouter ou en retrancher une. Les plans que vous me fournirez me permettront de voir de quoi j’ai vraiment besoin. Aussi, pensez à indiquer les impacts budgétaires de chacune des options de telle sorte que je puisse choisir sur ce seul critère.

Entendons-nous : la maison de mes rêves devra me coûter moins cher que mon habitation actuelle. Assurez-vous cependant d’en corriger toutes les imperfections : le plancher de la cuisine vibre quand je la traverse, et les murs sont insuffisamment insonorisés.

Tant que vous y êtes, diminuez au maximum les coûts de maintenance annuelle, quitte à utiliser dans un premier temps des matériaux plus coûteux comme l’aluminium, le vinyle ou des matériaux composites. Sachez que si vous vous décidez de ne pas utiliser d’aluminium vous devrez justifier ce choix de manière plus que convaincante.

Soyez certain d’utiliser des méthodes de conception de pointe et des matériaux d’avant-garde, je veux en effet que cette maison soit un exemple de ce qui se fait de plus innovant dans le métier. N’oubliez cependant pas que la cuisine hébergera – entre autres choses – mon réfrigérateur Gibson de 1952 sans dépareiller du reste de la maison.

La maison devra convenir à ma famille. Dans ce but, prenez contact avec chacun de mes enfants et de mes gendres. Contactez également ma belle-mère : ses visites annuelles lui donnent une opinion très juste et très précise de la manière dont cette maison doit être conçue.

Pesez attentivement tous les éléments afin de prendre la bonne décision, que je me réserve le droit de contester et modifier sans justification ni préavis.

Vous serez gentil de ne pas m’ennuyez avec les détails pour l’instant. Vous devez concevoir les plans généraux de cette maison, ce n’est donc pas encore le moment de choisir la couleur des tapis. Ceci dit, n’oubliez pas que ma femme aime le bleu.

Pas la peine de mobiliser les ressources pour la construction elle-même. Votre priorité absolue est de créer des plans détaillés. Je compte cependant voir la maison sur pieds 48 heures après les avoir validés.

Bien que vous conceviez cette maison à ma seule intention, dites vous bien que je la vendrai tôt ou tard. Elle devra donc plaire au plus grand nombre d’acheteurs potentiels possible.

Avant de terminer les plans, assurez-vous que le consensus se fasse dans le voisinage. Je vous conseille d’aller vois la maison que mes voisins ont fait construire l’an dernier, nous l’aimons beaucoup. Elle présente beaucoup d’agréments que nous souhaitons voir figurer dans notre nouvelle maison, particulièrement la piscine de 25 mètres. Je suis certain qu’une réflexion poussée permettra de l’ajouter à notre nouvelle maison sans modifications budgétaires.

Préparez un jeu de plans complet. Ce n’est pas encore la peine de faire le design définitif, nous les utiliserons uniquement pour négocier les coûts de construction avec d’autres entrepreneurs. Veuillez toutefois noter que vous nous serez redevable de tous les surcoûts liés à des changement de design postérieurs.

Vous devez être particulièrement excité de travailler sur un projet aussi intéressant ! Disposer d’une telle liberté créatrice dans l’utilisation de techniques et de matériaux d’avant-garde ne doit pas arriver tous les jours.

Revenez vers moi avec vos idées et vos plans aussi vite que possible.

PS : ma femme vient juste de me dire qu’elle est en désaccord total avec la majorité des instructions que je viens de vous transmettre. Il est de votre devoir d’architecte de résoudre ce différend. J’ai tenté de le faire par le passé, mais sans parvenir à un quelconque résultats satisfaisant. Si vous ne pouvez pas prendre cette responsabilité, je me verrai dans l’obligation de m’adresser à un autre architecte plus compétent.

PPS : peut-être n’ai-je finalement pas besoin d’une maison, mais d’un camping car. Si c’est le cas, merci de me le dire le plus rapidement possible.

Signé : le client

Le commentaire

Saisissant, n’est-ce pas ? Pour un peu on pourrait presque croire qu’il s’agit d’une situation vécue, et nombreux sont ceux d’entre vous qui se retrouveront dans ce texte.

À mon sens, le problème vient clairement d’une méconnaissance flagrante du travail nécessaire à la réalisation d’un site ou d’une application web de la commande à la livraison. Autant pour une maison, il est possible de s’imaginer la quantité de travaux nécessaires pour telle ou telle amélioration, ne serait-ce que parce que la pierre est “réelle”. À cette réalité vient s’opposer le “virtuel” du web – le travail pour y parvenir est lui, bien réel – donc une fausse idée de rapidité et de facilité, que ce soient dans la réalisation ou dans des “modifications mineures” de dernière minute.

Outre l’opposition entre le concret et le virtuel, on peut attribuer cette méconnaissance du métier à plusieurs autres facteurs :

  1. La grande majorité des équipes projet côté client sont composées exclusivement de personnes issues du marketing, ou, dans le cas d’applications web, de spécialistes métier sans aucune connaissance technique, sans pour autant qu’il soit fait appel aux équipes IT – ce qui n’est souvent pas plus mal – ni à une assistance à maîtrise d’ouvrage. Ce point fera d’ailleurs l’objet d’un billet dédié.
    Quelles que soient les raisons de cet ostracisme de la technique – incompatibilités culturelles, guerres de prérogatives en interne – ce dernier est souvent la cause de nombreux problèmes dans un projet web, charge au prestataire de démêler, puis de gérer à l’avantage du projet les querelles politiques de son client.
  2. Enfin, le web se remet à peine de la première bulle, et il doit maintenant conquérir, si ce ne sont ses lettres de noblesse, au moins une certaine crédibilité aux yeux des décideurs, face aux applications clients lourds et aux coûteux systèmes d’informations propriétaires qui semblent nettement plus “rassurants” et “crédibles” qu’un site ou une application web, lesquels gardant une réputation de logiciels futiles et jetables.

Dans tous les cas, la méconnaissance est telle qu’une relation de travail, peut-être un futur collaborateur, me confiait récemment qu’un client lui avait demandé combien de “pages” il lui avait vendu. En 2007.

horloge du chateau de vincennes

Bye bye iPhone, mon prochain téléphone sera sous Openmoko

Le 09 juillet 2007 à 22h26 | Publié sous | 8 commentaires

En février dernier, je lançais un sondage ouvert auprès des lecteurs de ce blog afin de déterminer quel téléphone pourrait bien remplacer mon vieux Nokia 6230. Depuis, le manque de temps et trop de projets m’avaient empêché de me pencher sérieusement sur le sujet, jusqu’à ce matin et la commercialisation du Néo 1973 de FIC, un smartphone basé sur OpenMoko. Openmoko est une distribution basée sur GNU/Linux spécialement développée pour les téléphones portables.

Une première fournée de Néo 1973 dédiée aux développeurs a été commercialisée ce matin, et voici les caractéristiques de la bête :

  • Écran VGA TFT 2.8 pouces en 640 * 480.
  • Écran tactile utilisable aux doigts, ou avec le stylet fourni.
  • Samsung SOC à 266MHz.
  • USB 1.1 utilisable aussi bien comme hôte qu’en tant que client.
  • GPS intégré.
  • Quadribande, GPRS, Edge.
  • Bluetooth.
  • Micro SD.

Il s’agit pour l’instant de la version pour développeurs, proposée à seulement 300$ (230 euros), plus frais de port, et limitée à 1000 exemplaires. Je l’ai commandé ce matin, et si je ne fais pas partie des heureux élus, il me faudra attendre le mois de novembre et la version grand public, dont les caractéristiques – et certainement le prix – seront quelque peu différentes :

  • Écran VGA TFT 2.8 pouces en 640 * 480.
  • Écran tactile utilisable aux doigts, ou avec le stylet fourni.
  • Samsung SOC à 400MHz.
  • USB 1.1 utilisable aussi bien comme hôte qu’en tant que client.
  • GPS intégré.
  • Quadribande, GPRS, Edge.
  • Bluetooth.
  • Micro SD.
  • 802.11 b/g WiFi.
  • SMedia 3362 Graphics Accelerator.
  • 256MB Flash.

J’entends déjà certains dire que c’est l’iPhone du pauvre. Je crois plutôt qu’il s’agit d’un téléphone de bidouilleur, offrant la possibilité de développer aussi bien des applications dédiées, grâce au couple Python / GTK2 ou des applications web mobiles, sans contraintes spécifiques autres que les règles de bonne conduite émises par le W3C.

Et en attendant de le recevoir, je vous laisse avec quelques images de la bête.

Le Néo 1973 Le Néo 1973 en action.

La liste des contacts et le clavier La liste des contacts et le petit clavier.

Détails d'un contact Détails d’un contact.

Message de confirmation Message de confirmation du système.

À nouveau sur le marché du travail

Le 06 juillet 2007 à 22h28 | Publié sous | 0 commentaire

La nouvelle est maintenant officielle, même si certains lecteurs de ce blog ont pu en avoir la primeur il y a un peu plus d’un mois : j’ai démissionné de mon poste de chef de projets chez Actualys à la fin du mois de mai. Me voilà donc à nouveau “à l’écoute du marché”, comme ils disent dans les cabinets de recrutement.

Je recherche donc un poste dans la direction technique ou le consulting en région parisienne. Je souhaite intervenir sur des problématiques techniques, fonctionnelles et ergonomiques aussi bien en avant-vente qu’en conception ou en après-vente (problèmes de dimensionnement, ou refonte d’existant). Je ne suis pas contre travailler dans une agence, un cabinet de conseil, une société de services ou un éditeur, dès lors que les conditions de travail sont bonnes et les projets intéressants.

Flock le navigateur social sort en version bêta

Le 06 juillet 2007 à 19h30 | Publié sous | 0 commentaire

Cela faisait plusieurs mois que l’on n’entendait plus parler de Flock, et je commençais franchement à me faire du soucis pour mon navigateur favori. L’équipe de développement a visiblement décidé de me donner tort en publiant une release candidate de sa prochaine version, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas chômé.

Flock est un navigateur social basé sur Mozilla Firefox, mais dont le code a été modifié en profondeur afin d’offrir à l’utilisateur une toute nouvelle expérience de navigation, et tout ce que je peux dire de cette nouvelle version est que leur but est – au moins partiellement – atteint. La dimension sociale de Flock vient d’une intégration très intelligente des grands services à caractère web 2.0 : Flickr, Youtube, delicious, éditeur de blog, barre de média permettant de télécharger ces derniers pour consultation hors ligne… la liste est impressionnante, le tout avec un travail poussé sur l’ergonomie. Flock accepte évidemment l’ensemble des extensions développées pour son grand frère, et il est disponible sous Linux, Mac OS X et Windows. J’ai adopté Flock lors de sa toute première version publique pour son intégration de Flickr et son système de recherche simultané sur le moteur choisi, dans les favoris locaux et dans les sites récemment visités.

Je donne 5 invitations pour Bubbletop

Le 05 juillet 2007 à 22h37 | Publié sous | 8 commentaires

Après Netvibes (kikoooo Maurice, Xavier, François, Franck), Portanéo (kikooo Éric) et bien d’autres, c’est au tout d’Orange de lancer sa plate-forme de pages personnelles, avec Bubbletop, pour l’instant en version alpha privée.

Release de la 2.0b prévue pour janvier

Le 05 juillet 2007 à 20h46 | Publié sous | 7 commentaires

int main(int argc, char **argv) { int child; if (system("mount /dev/wife /home/bedroom")) child = fork(); return child; }

Des disques durs externes 1TO à 29 euros TTC chez Apple

Le 03 juillet 2007 à 07h19 | Publié sous | 10 commentaires

Des disques durs externes USB 2.0 (sic) d’un terra octet à 29 euros TTC, vous en rêviez ? Ça tombe bien, Apple l’a fait !

La nouvelle s’est répandue hier soir comme une traînée de poudre sur tous les médias instantanés en quelques minutes : IRC, MSN, Twitter, mails et même téléphone mobile : suite à une erreur de prix sur ses sites France, Belgique ou Suisse (50 francs), la célèbre marque à la pomme, pourtant connue pour ses prix frôlant le prohibitif, proposait le plus gros disque dur externe du marché à 25 euros HT, soit pas loin d’un dixième de son prix (ne cherchez pas, ils ont remis leurs prix à jour pendant la nuit).

Le Web Inspector de Safari 3, un Firebug killer ?

Le 01 juillet 2007 à 17h51 | Publié sous | 6 commentaires

La toute nouvelle mouture de Safari, la navigateur fourni par défaut sur Mac OS X a fait couler beaucoup d’encre, aussi bien pour annoncer son arrivée sous Windows que pour dénoncer les nombreuses failles de sécurité qui l’affectent au point – pouvait-on lire chez les mauvaises langues pommophobes – de concurrencer Internet Explorer toutes versions confondues. C’était évidemment en occulter toutes nouveautés intéressantes, à commencer par le nouveau Web Inspector, la nouvelle suite d’outils Safari pour développeurs web. Et pour cause, puisque cette dernière n’est disponible que sous Mac OS, et qu’elle est surtout désactivée par défaut.

Quelle est la différence entre un développeur et un chef de projets ?

Le 30 juin 2007 à 19h58 | Publié sous | 5 commentaires

Quand un développeur parvient à reproduire un bug, il est tout excité car cela signifie qu’il va pouvoir le réparer.

Quand un chef de projets parvient à reproduire un bug, il est ennuyé car cela signifie que ce dernier existe encore.

Je trouve cette réflexion d’Adrian Sutton intéressante, car elle illustre parfaitement la différence de point de vue qui doit s’installer lors du passage de développeur à chef de projets. Il faut passer d’une vision purement binaire ça marche / ça ne marche pas ou je suis à l’heure / je suis à la bourre (avec éventuellement des considérations comme c’est propre / c’est crade / c’est immonde mais ça marche et de toute manière on pouvait difficilement faire plus propre) à une vision globale projet plus nuancée. Cette vision implique une certaine prise de recul, et le regard sur l’application en est forcément changé. Même si j’avoue avoir parfois envie de mettre les mains dans le cambouis quand tel ou tel bug ou fonctionnalité non développée m’empêche de passer mes tests jusqu’au bout.

Le vélo c'est bien

Billets précédents :