Web, handicap et je m'en-foutisme

Le 04 décembre 2006 à 22h36 | Publié sous | 8 commentaires

Hier avait lieu la Journée Internationale des Personnes Handicapées. À cette occasion, Raphaël avait lancé un appel à témoins sur le sujet des handicaps et de l’accessibilité sur le web. Les billets s’accumulant dans mon agrégateur, je n’ai entendu parler de cette initiative qu’à l’heure de ma pause café matinale, soit au moins 48 heures trop tard.

Après n’avoir reçu que deux témoignages et vu la nouvelle relayée sur seulement 63 blogs, Raphaël s’interroge sur les raisons de ce relatif fiasco.

Je crois avoir plusieurs réponses à lui apporter, aucune n’éliminant malheureusement l’autre :

Variante 1 : les handicapés, tout le monde s’en fout.

Ce n’est pas totalement faux, malheureusement. En dehors d’une faible minorité active considérés comme des casses pieds – je reste poli – et des empêcheurs de tourner en rond, personne ne s’intéresse à eux. La plupart des gens “normaux” refusent de travailler avec eux : ils trouvent cela dégradant et ses sentent diminués, se contentant de donner deux fois par an : une fois pour le Téléthon, une fois pour la mucoviscidose. Payons nous une bonne conscience et basta, le reste de l’année, on les laisse ramer, quand ils le peuvent. Ayant des membres de ma famille handicapée, et d’autres travaillant à l’Association des Paralysés de France, je pourrais vous en parler un bon moment.

Variante 2 : les handicapés ne sont pas “in”.

63 blogs relaient l’information est un chiffre que Raphaël semble trouver satisfaisant. Je ne le pense pas. Où sont ceux là même qui déclenchèrent le déferlement médiatique consécutif au licenciement de Garfield ou de Petite Anglaise ? Le handicap ne doit pas être un produit marketing suffisamment attractif, difficile de créer le buzz, même à l’occasion de la Journée Internationale des Personnes Handicapées. Dommage.

Variante 3 : Les blogs ont atteint leur point d’obsolescence.

Les blogs comme contre pouvoir, c’est fini. Le média citoyen a vécu, une fois l’attrait de la nouveauté passée, le grand public s’en détourne, la fréquentation baisse, la production aussi. Plus la peine d’en parler, d’autres nouveautés bien plus excitantes pointent déjà le bout de leur nez. Une nouvelle relayée par un blog, aussi importante soit-elle aura certainement moins d’impact aujourd’hui qu’il y a un an, et je doute qu’on en parle encore souvent dans Le Monde ou Libération.

Variante 4 : La source et la cible n’étaient pas les bons.

Aussi bon soit-il, le blog d’Alsacréations ne s’adresse pas au tout venant. C’est un blog technique à destination des techniciens, et nombre de ses lecteurs sont déjà au fait des problèmes d’accessibilité, des standards du web et de tout ce qui va autour. Comme je l’évoquais au point précédent, on lit moins de blogs, mais on lit mieux, et plus près de ses centres d’intérêt.

Alsacréations n’était sans doutes pas l’endroit où lancer cet appel à témoins : il est difficile pour un blog de niche de toucher le grand public, surtout sur un sujet aussi peu porteur, quand bien même un blog grand public aurait-il repris l’initiative. Le handicap et l’accessibilité – web ou pas – sont des sujets qui nous concernent tous et devraient nous mobiliser autant que la journée mondiale contre le SIDA. Je me souviens d’une vieille campagne appelant à se protéger et à donner pour financer la recherche. Elle disait : le SIDA, il suffit d’une fois. La tétraplégie, c’est exactement pareil, mais on n’en parle pas.

[edit]

Variante 5 : même les handicapés n’en ont rien à foutre

Quand on voit la galère que connaissent les handicapés au quotidien pour trouver du boulot, se déplacer, et d’une manière générale vivre, le tout avec une étiquette d’assistés collée sur le front, je doute qu’avoir leur journée internationale leur fasse grand chose pour ce que ça leur rapporte dans leur vie de tous les jours.

L’initiative de Raphaël et Monique est parfaitement louable, mais elle nécessite beaucoup de courage de la part des témoins : le courage de dire à des milliers de personnes sur Internet “je ne suis pas une personne normale, je ne peux pas vivre comme les autres”. Quelque chose dont ils se passeraient probablement bien.

Un aperçu du Google de demain

Le 03 décembre 2006 à 20h32 | Publié sous | 1 commentaire

SearchMashQuestion : comment fait Google pour tester ses nouveaux algorithmes d’indexation et ses fonctionnalités à venir en grandeur réelle sans pour autant rendre son service inutilisable à deux ou trois milliards d’utilisateurs ?

Réponse : en lançant un moteur de recherche alternatif : SearchMash.

Searchmash reprend la simplicité et l’austérité de l’interface de son grand frêre en y ajoutant des fonctionnalités intéressantes. Outre la recherche sur les blogs et les images déjà existantes, il y ajoute une recherche sur les vidéos et l’encyclopédie libre Wikipédia, ce qui accroît encore un peu la légitimité du site collaboratif. Les recherches “alternatives” sont disponibles sur la page principale et sont affichées à la demande avec un bout d’AJAX.

searchmash : les résultats alternatifs

Un menu “hide details” permet de cacher les détails des résultats pour ne laisser que le titre de la page retournée. Pas très lisible pour l’instant, mais intéressant quand on choisit d’afficher plusieurs dizaines résultats sur une recherche.

searchmash : retour utilisateur

Cependant, la principale nouveauté réside dans le retour utilisateur sur l’opportunité des résultats retournés dans chacune des catégories. Reste à savoir dans quelle mesure il est pris en compte par Searchmash.

searchmash : les détails cachés

Crowdsourcing, AJAX, média alternatifs – je me demande s’ils utilisent le microformat rel=”tag” pour les indexer – Wikipédia… ce Google en devenir répand en tout cas de belles effluves de web 2.0, il ne lui manque que le bêta ;-).

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir...

Le 01 décembre 2006 à 20h38 | Publié sous | 2 commentaires

Je viens (enfin) de remettre à jour ma page “à propos” en ligne, depuis le temps que je voulais le faire.

Au programme : une interview de votre serviteur en 20 petites questions, histoire de savoir qui se cache derrière ce blog.

Ah, et j’ai aussi corrigé le formulaire de commentaires qui ne se rafraîchissait plus. Il ne me reste plus qu’à le remettre en forme pour avoir quelque chose d’un peu plus agréable.

Amazon met un nouveau service sur les rails

Le 30 novembre 2006 à 22h46 | Publié sous | 1 commentaire

Je n’aime pas relayer bêtement des nouvelles sans y ajouter une réelle valeur, mais celle-ci me semble suffisamment importantes pour être signalée.

Un des problèmes posés par les technologies émergentes vient de leur adoption par un groupe suffisamment important pour leur garantir une réelle légitimité face à un client pour le moins rétif au changement. Si l’adoption d’une technologie par l’industrie pornographique garantit sa diffusion réelle sur la toile, l’exemple est généralement délicat à avancer dans une négociation commerciale.

La grande nouvelle du jour, c’est la sortie d’UnSpun, ou plus exactement d’unspun.amazon.com, le petit dernier du géant Amazon. Derrière ce nom barbare se cache un Digg like développé en Ruby on Rail.

[edit]
Je me suis penché sur UnSpun ce matin. Le service propose de créer des listes d’items regroupés sous une même bannière (le meilleur langage de programmation, la meilleure bière), puis de leur attribuer une note, de les commenter… Toutes les joies du crowdsourcing.

UnSpun ne présente pas un grand intérêt en soi, sauf quand on l’applique à un site marchand. Il peut alors devenir un très bon vecteur de publicité comparative à bien peu de frais. Quand on connaît la capacité des internautes à fédérer les opinions parfois de milliers de personnes sur des votes ou des sites inutiles à travers forums et autres blogs, on imagine facilement ce qu’un groupe souhaitant mettre un produit en avant sur Amazon ou au contraire le couler peut faire en quelques heures seulement.

J’en reste cependant à ma première impression : l’important pour une fois ne réside pas dans le produit fini, mais bien dans l’outil utilisé : une application en Rails, lancée par Amazon, sur un sous domaine d’Amazon.com. Who’s next ?

Offre d'emploi : développeur PHP expérimenté

Le 30 novembre 2006 à 17h12 | Publié sous | 0 commentaire

actualys

Dans le cadre de son développement, Actualys, agence spécialisée dans l’accompagnement des grands comptes dans leurs projets web recrute un développeur PHP expérimenté pour une mission longue durée dans la banque et la finance.

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement

Le 29 novembre 2006 à 23h30 | Publié sous | 10 commentaires

Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire viennent aisément.

J’aime beaucoup cet extrait de L’Art Poétique, qui résume à lui seul tous les grands principes de la période Classique, et dont j’essaie de me souvenir – pas toujours avec succès – quand je dois intervenir en public.

Je tente de résumer chacun des projets et des concepts que je vais présenter en une phrase claire et concise. Si je n’y parviens pas, j’estime ne pas connaître suffisamment mon sujet, et je me remets au travail afin de m’éclaircir les idées. Mes lacunes comblées, mon discours gagne alors en précision.

Si certains projets sont faciles à formuler de cette manière “un site web permettant à la banque Palatine de présenter l’ensemble de ses offres à ses futurs clients”, d’autres le sont un peu moins, principalement lorsqu’il s’agit de définir un concept en tenant compte du niveau technique de l’interlocuteur. Les Microformats deviendraient donc “une extension du XHTML par lui-même faite pour ajouter des données sémantiques à un contenu web” pour un développeur, et “une manière d’écrire des pages web afin d’optimiser le data mining” pour un directeur marketing. Mais on touche là un autre problème.

L’étape suivante serait – pour moi – de ne plus me faire bouffer par le trac.

Et vous, quel est votre truc pour augmenter l’impact de vos présentations orales sur votre auditoire ?

Les Microformats, plus ça va, moins j'y crois

Le 28 novembre 2006 à 22h30 | Publié sous | 2 commentaires

microformatsJe ne croyais pas l’écrire un jour, et c’est un peu triste à admettre, mais plus ça va, et moins j’ai foi dans le futur des Microformats.

Designed for humans first and machines second

Certainement vraie il y a un an, cette assertion fondamentale se contredit constamment aujourd’hui. Les Microformats sont de moins en moins faciles à lire par l’être humain, et la présence de générateurs de Microformats à tous les étages en est un indice plus que probant de cette complexification.

microformats are a set of simple, open data formats

Je ne conteste pas cette notion d’ouverture, au contraire. Pour la simplicité, c’est autre chose, et je réfère désormais constamment au wiki pour inclure des microformats sortant du peloton hcard / hcalendar / rel-tag dans une page web.

built upon existing and widely adopted standards

Là non plus, rien à dire, dès lors que l’on considère le XHTML comme un standard de fait, et non de principe, c’est à dire qu’il est véritablement adopté par la majorité et non simplement standard déclaré.

Le problème des Microformats est un problème de croissance, à tous les niveaux.

Les Microformats ont été créés dans le but de résoudre des problèmes simples de manière simple. La communauté grandissant, chacun apportait un problème de plus en plus complexe à résoudre, oubliant ce principe de base.

Lors d’une présentation chez Mandriva, je déclarais que malgré sa dénomination de Microformat, hResume était en fait un Macroformat : bien que l’on puisse le déclarer seul, il n’existe que par la présence d’autres microformats en son sein. On se retrouve alors avec un Microformat contenu dans une page entière, et à la clé une soupe de balises infâme, même pour moi. D’après vous, pourquoi je n’ai toujours pas remis mon CV version web à jour ?

Il ne faut cependant pas oublier l’objectif premier des Microformats : faciliter la collecte de données sémantiques sur le web à des fins d’exploitation – entre autres – marketing, principalement sur des media comme la musique, les images ou les vidéos sur lesquels les outils de recherche ne peuvent pas faire d’analyse. En cela, ils ont permis une avancée très intéressante, mais je crois qu’ils ont très largement dépassé leur propre nature, et ils risquent aujourd’hui d’imploser sous leur propre poids. Je ne cesse nullement de m’intéresser aux Microformats, mais je ne les considère cependant plus comme la panacée universelle : je vais simplement me pencher sur d’autres pistes de recherche afin de résoudre mes problématiques plus complexes.

Offre d'emploi : directeur artistique

Le 28 novembre 2006 à 16h26 | Publié sous | 0 commentaire

actualysActualys, agence web spécialisée dans l’accompagnement de projets grands comptes (banques, opérateurs téléphoniques, industries…) recherche un directeur artistique pour renforcer son équipe sur son site de Neuilly sur Seine.

Doué d’un grand sens artistique, vous serez chargé de concevoir maquette, design et charte graphique des sites, applications et opérations lancés par Actualys pour ses clients.

Et l'analyse de header, c'est pour les chiens ?

Le 25 novembre 2006 à 19h50 | Publié sous | 0 commentaire

zuneJe ne relaie pas souvent de nouvelles, mais les ridicules péripéties du prétendu “IPod Killer”, le Zune de Microsoft méritent un billet occasionnel.

Pour ceux qui auraient passé les six derniers mois chez les Trappistes, je rappelle les faits :

Afin de concurrencer l’hégémonie d’Apple sur le marché des lecteurs MP3, Microsoft lance le Zune, un baladeur MP3 wifi permettant d’échanger des fichiers. Les seuls fichiers supportés doivent contenir un DRM propriétaire de Microsoft, ce qui exclut d’office les morceaux achetés sur Itunes ou au format des baladeurs Sony. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si :

Typo toujours sur les rails... 1.2

Le 24 novembre 2006 à 12h43 | Publié sous | 4 commentaires

typoContrairement à ce que pourraientt laisser penser un site à l’abandon, et un manque particulièrement remarquable de communications, Typo, le moteur de blog basé sur Ruby on Rails qui fait tourner ce blog n’est pas mort et enterré au cimetière des projets open source malchanceux. Ses développeurs développent, ses testeurs testent et sa communauté d’utilisateurs… l’utilise quotidiennement.

Que ceux qui souhaitent installer Typo se rassurent, la mort temporaire du site projet – suite à un bug de Trac faisant monter le serveur en charge au point de le rendre inutilisable – n’empêche en rien sa mise en place. Des procédures adaptées existent pour ceux qui souhaiteraient l’utiliser au quotidien ou tester la version de développement afin d’en rapporter les bugs et lacunes.

Version stable :

La dernière version stable de typo est la 4.0.3. Basée sur Ruby on Rails 1.1.6, elle s’installe à partir de la gem éponyme :

$ sudo gem -y install typo $ typo install chemin/vers/typo

Et le tour est joué.

Version de développement

Ce billet n’aurait probablement pas lieu d’être si Piers ne m’avait pas annoncé hier le passage de la version de développement de Typo sous Rails 1.2RC1 à l’occasion de la révision 1300. Rails 1.2, autrement nommé Rails Edge contient en standard le merveilleux SimplyRestful, et cela seul justifie la migration.

Le passage à Ruby on Rails 1.2 rend le trunk de Typo incompatible avec la branche 1.1 du framework, dont la version de développement se trouve néanmoins dans /vendor/rails. Ceci permettra d’éviter les problèmes de compatibilité.

Pour télécharger la version de développement de typo, il vous faut juste taper :

$ svn co svn://typosphere.org/typo/trunk typo

Et maintenant ?

Beaucoup de choses restent à faire sur Typo, et la TODO se remplit quotidiennement. Piers m’a annoncé hier vouloir travailler en priorité sur la refonte totale du système de feedback pour l’instant couplé au système de publication. Bien que ce changement demande de repenser l’architecture de la base, la souplesse de Rails limitera les temps de développement à deux ou trois heures. Je considère cette refonte comme capitale, car elle permettra la création de greffons autorisant la modération à priori des commentaires, l’ajout d’un système de capchas, ou d’outils de lutte contre les commentaires indésirables proches dans leur architecture de Spam Karma utilisé sous Wordpress.

Ce remaniement en entraînant d’autres, c’est toute une partie du système de publication qui s’en trouvera changé, particulièrement le content state qui gagnera en souplesse. On peut espérer à court terme l’arrivée d’un environnement véritablement multiutilisateurs dans lequel des directeurs de publication valideraient le contenu de multiples rédacteurs, ceci étant proposé sous la forme d’un greffon afin de ne pas surcharger le noyau de l’application.

Billets précédents :