Rework, et si vous changiez votre manière de travailler ?

Véritable plaidoyer pour un travailler autrement, Rework, le dernier opus de 37Signals pourrait fortement ressembler à une accumulation de lieux communs ressemblant à s’y méprendre à une overdose de méthode Coué. S’il est est d’ailleurs un lieu commun qui semble avoir la vie dure, c’est que ce qui marche pour 37Signals ne vaut que pour 37Signals. Nombreux sont ceux qui tentent de les copier sans parvenir à les égaler, à se demander si ce qu’ils professent a le moindre fond de vérité. Car c’est bien de la méthode 37Signals dont nous parlons, décrite à grands renforts d’exemples tout au long des 288 pages que comptent ce livre que j’ai fiévreusement dévoré en deux jours.

Rework, par 37 Signals

Martelés avec un enthousiasme tout américain, Planifier c’est deviner, virez les workaholics, les réunions sont l’ennemi, vous avez certainement besoin de bien moins que vous ne l’imaginez, banissez ASAP, ces dizaines d’un chapelet récité au dieu entrepreneuriat passeraient pour le pire bullshit depuis l’invention du marketing s’ils n’étaient ponctués d’une longue argumentation tirée du monde réel. Tout est bon pour expliquer la méthode 37Signals, du pétrolier Exxon à la sandwicherie du coin, et ces exemples permettent de sortir d’une vision de l’entreprise au pays des Bisounours, les fondamentaux étant rappelés aussi souvent que nécessaire : travailler, gagner de l’argent (et non emprunter), ne pas chercher à grandir trop vite… et ne pas copier vos concurrents.

C’est d’ailleurs en filigrane l’avertissement donné Jason Fried tout le long de l’ouvrage à tous les wannabe 37Signals : soyez vous-même, ne (nous) copiez pas, vous n’arriverez à rien. L’une de mes citations favorites concerne d’ailleurs la culture d’entreprise imposée, pour tout ceux qui voudraient reproduire artificiellement leur modèle :

Dans une jeune société, la culture d’entreprise ressemble à un mauvais maquillage, mais dans une société plus mure, c’est de la patine

Fan du réalisme de la doctrine 37Signals depuis le jour de l’annonce de Ruby On Rails sur la mailing list Rails Talks – ça ne date pas d’hier – j’attendais Rework avec l’impatience de la groupie de Roch Voisine pour l’album come back de son idole ; je n’ai tout simplement pas été déçu de la première à la dernière page, pas tant par les recommandations dont une bonne partie m’étaient déjà familières, mais par l’énorme bouffée de motivation qui s’en dégage. À lire absolument pour ne pas mourir idiot.

Publié le 11 mars 2010 à 20h10 Publié sous et Labels travail, marketing, livre, productivité, rubyonrails

À propos

Frédéric de Villamil

Je m'appelle Frédéric de Villamil, et quand je ne déploie pas ma mauvaise humeur et ma mauvaise foi sur le Web, je suis un super héros chargé de sauver le monde. Vous pouvez me suivre sur Twitter.

  1. Thomas le 11 mars 2010 à 21h18

    Je viens tout juste de finir “Getting Real” (enfin diront les mauvaises langues). Pile à temps semble t-il, et ton billet m’invite à le lire d’autant plus vite.

    Sinon, quitte à traduire j’aurais mis “(acharnés|fous|malades) du travail” pour “workaholics”, non ?

  2. epommate le 12 mars 2010 à 05h48

    Par rapport à Getting Real justement, cela apporte quelque chose en plus ?

  3. Guillaume le 01 avril 2010 à 19h49

    Je propose “stakhanovistes” pour “workaholics” ;)

    J’ai moi aussi publié ma critique sur mon blog, et je vois que je ne suis pas le seul à avoir dévoré ce livre…pour répondre à epommate, j’ai justement entendu dire que le livre se répétait par rapport à Getting Reals (ne l’ayant pas lu, je ne peux hélas pas confirmer). Par contre, je peux t’assurer qu’il n’y a aucune répétition au sein des 288 pages de Rework, ce qui n’est pas toujours le cas des livres à idées comme celui-ci.

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