Sous-titrer les vidéos les rendent-elles vraiment plus accessibles ?
La conférence sur l’état de l’art du sous-titrage des vidéos donnée par Jean-Louis Carves d’IBM à Paris Web 2007 était particulièrement impressionnante. La démonstration de sous-titrage des vidéos à la volée avec une latence de moins de 6 secondes – et quelques erreurs de grammaire minimes – a notamment montré l’avancée des technologies de reconnaissance vocale depuis les premières versions de Viavoice sous Windows 95.
Je me pose cependant la question de la pertinence du sous-titrage comme moyen d’apporter la vidéo aux sourds et malentendants depuis une excellente émission consacrée au sujet passée sur France 5 un dimanche matin. Elle expliquait que 83% des personnes sourdes de naissance ne savaient pas lire le français, car n’ayant jamais entendu les sons associées aux syllabes, elles ne pouvaient pas les appréhender à travers l’écriture. Pour ces 83% de personnes, la seule solution résiderait donc dans un doublage des vidéos en langue des signes beaucoup plus coûteux.
Quelqu’un a des informations complémentaires sur le sujet ?

5 commentaires sur Sous-titrer les vidéos les rendent-elles vraiment plus accessibles ? »
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Tartopom le 18 novembre 2007 à 18h45
Le sous titrage ne rend sans doute pas plus accessible les vidéos pour les sourds (quoique si, mais pour seulement 17%, ce qui est toujours mieux que rien) mais il les rend à coups sûr plus accessibles et mille fois plus agréables que le doublage pour ceux ne parlant pas la langue.
Il ne perd donc rien de son intérêt pour moi et s’il était plus appliqué/disponible en France je suis persuadé qu’on aurait bien moins de soucis avec les langues étrangères.
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buh31 le 18 novembre 2007 à 19h23
Bonjour,
Je pense que le sous-titrage des vidéos peut apporter des avantages à d’autres publics que les sourds. En effet, la barrière de la langue est encore un écueil, et la reconnaissance vocale couplé à la traduction automatique pourrait rendre plus accessible bon nombre de vidéos, si ces 2 technologies étaient plus abouties.
Plusieurs services de sous-titrages sont apparus comme http://dotsub.com/ , http://www.opencaptions.com/ ou http://mojiti.com/ .
L’initiative de dotsub.com est particulierement intéressante car elle permet non seulement de sous-titrer les vidéos mais aussi de traduire ces sous-titres, et de façon collaborative.
Par contre, selon moi, la solution n’est pas d’encapsuler la transcription dans la vidéo comme le fait dotsub.com, mais de bien la désolidariser de la vidéo pour ne pas être obligé d’avoir le lecteur pour pouvoir profiter de la transcription, car je pense que c’est cette transcription qui peut rendre réellement accessible les vidéos.
Si dans la page html apparaît la transcription de la vidéo, cela ouvre plusieurs horizons : - un meilleur référencement naturel du contenu textuel de la vidéo, - le moteur de recherche du site pourrait retrouver lui-aussi un contenu spécifique dans le contenu textuel de la vidéo. - le contenu de la vidéo serait accessible aux sourds en permettant à des logiciels comme Sisi de pouvoir faire signer le texte de la vidéo par un avatar 3D : http://blog-de-buh.pixelparpixel.com/?sisi-la-langue-des-signes-sous-la-forme-d-un-avatar
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Lucie le 19 novembre 2007 à 23h07
Bonjour,
Le vrai problème pour une grande partie de la population sourde est qu’elle n’a que peu connaissance de la grammaire du français écrit, car la langue des signes (LSF) a sa propre grammaire, comme toute autre langue.
Pour qu’un sous-titrage sourds et malentendants soit bien fait, il existe donc quelques règles simples, comme une simplification de la grammaire et du vocabulaire employé, et une vitesse de défilement des sous-titres adaptée.
Il est cependant important de noter que les sous-titres ne s’adressent pas qu’aux sourds de naissance, mais aux “devenus sourds” ou aux malentendants, qui eux ont connaissance du français.
Il faut aussi savoir que comme une langue parlée compte des argots ou dialectes, la langue des signes française a ses variations régionales… comment donc être sûr que tous comprennent la LSF “officielle” utilisée par les interprètes ?
On peut donc se demander si il y a vraiment une solution miracle : la difficulté est de rendre l’information aussi accessible que possible au plus grand nombre. La meilleure solution à mon avis (après l’utilisation de la LSF qui est quand même réclamée par les diverses associations de sourds et malentendants) : respecter au maximum et du mieux possible les quelques règles (et les autres) énoncées ci-dessus.
Je suis moi-même sous-titreuse, et ai écrit un mémoire intitulé Etat des Lieux du Sous-titrage Sourds et Malentendants en France, disponible sur ma page personnelle, pour plus de détails sur le sujet. http://lucieboutet.free.fr
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goetsu le 20 novembre 2007 à 09h56
ne pas oublier également que rendre un site accessible meme AAA ne garanti pas qu’il sera accessible à 100% des personnes dans 100% des cas. C’est là même problématique pour la vidéo
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Meya le 26 novembre 2007 à 23h12
J’ajoute aux commentaires ci-dessus que, si le sous-titrage ne concerne pas toute la population de sourds et malentendants, la langue des signes (LSF) concerne encore moins de personnes : sur les 6 millions de personnes sourdes et malentendantes recensées en France, seules 100 000 d’entre elles utilisent exclusivement la langue des signes. Soit 1 ou 2%… En outre, le chiffre de 86% ne sachant pas bien lire me paraît exagéré s’il concerne toute cette population. Etant donné que les sourds profonds sont les plus visibles et les plus “recensables”, j’imagine que c’est plus de cette partie de la population qu’il s’agit lorsqu’on évoque le chiffre…
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