L'upgrade d'iPhone au firmware 2.0 avec jailbreak et desimlockage pour les nuls
Si comme moi vous possédez un iPhone première génération jailbreaké et désimlocké, que ce soit parce que vous ne pouviez pas attendre la sortie officielle ou pour profiter des applications tierces, peut-être êtes-vous frustré de ne pouvoir profiter des nouveautés de l’OS fourni avec l’iPhone 3G. Qu’à cela ne tienne, la dev team a travaillé pour vous et a sorti hier le Pwnage tool, qui permet de s’attaquer aux iPhones et iPhone 3G – malheureusement sans desimlockage – mais également aux iPod Touch.
Finie la ligne de commande et les manipulations compliquées, cette fois tout se fait nativement en graphique et en quelques étapes.
Sortie de mod_rails 2.0.2 qui corrige une importante fuite de mémoire
Pas de repos pour les braves en ce 14 juillet – normal il est hollandais, il n’en a donc pas grand chose à faire – puisque Hongli Lai vient d’annoncer la sortie de Passenger mod_rails 2.0.2, qui corrige un certain nombre de bugs critiques. Passenger est un module Apache qui rend le déploiement d’une application Ruby on Rails, mais pas seulement, aussi simple qu’un site en PHP, retirant la principale épine du pied de mon framework web favori.
Cette nouvelle version de Passgenger corrige en particulier une importante fuite de mémoire qui survenait chaque fois qu’un client web quittait le ApplicationPoolServerExecutable. Celle-ci, après avoir mis le serveur à genoux et rendu le site indisponible pendant un week-end entier m’avait finalement forcé à downgrader en 1.0.5 nettement plus stable.
Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, cette version arrive avec un paquet Ubuntu tout chaud.
Ruby, iconv et FreeBSD sont dans un bateau
J’ai profité de la migration des sites sur le nouveau serveur pour passer Typosphere de Trac à Redmine. Trac est codé en Python et connaît en effet de très gros problèmes de performances dès que la table session contient plus d’une centaines d’entrées, Redmine est en Ruby, plus beau, et nettement plus agréable à utiliser. La question ne se posait donc pas.
Malheureusement, Ruby semble avoir un petit soucis avec la librairie Iconv lorsqu’on est sous FreeBSD, et la librairie nécessaire à son utilisation n’est pas compilée en même temps que le package. Un rake db:migrate nous donne alors un for déplaisant :
Comparatif des nouvelles offres Dedibox et OVH Kimsufi
Quelques jours après Dedibox, OVH vient de révéler sa nouvelle grille tarifaire low cost, associée à de nouvelles offres matérielles plus qu’alléchantes. J’avais couvert avec intérêt le lancement de la Dedibox, il y a deux ans, et après des débuts hésitants, la Kimsufi d’OVH a visiblement atteint sa vitesse de croisière, et il est temps d’offrir un comparatif entre les deux offres.
Le tuning Apache pour augmenter les performances de votre application web
Les problèmes de montée en charge sont choses courantes pour un site ou une application web une fois atteint un certain succès. Ces derniers sont bien trop souvent négligés, généralement jusqu’au jour où se trouve atteinte la limite critique entre l’inconfort et l’instabilité. Le trend actuel veut qu’il soit à la fois plus simple et moins cher de rajouter des machines que de reprendre son code en profondeur pour l’optimiser. Encore faut-il que l’application permette un redimensionnement de ce genre sans rentrer dans une phase de refactoring complet. Évidemment, avant d’en arriver à une solution aussi lourde, il vaut mieux s’assurer que tout a été fait pour exploiter au mieux les ressources disponibles, et cela passe notamment par un peu d’optimisation côté serveur.
Gaston : Y’a le mail qui son’ mais y'a jamais Hotmail qui y répond !
Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi vos correspondants ayant délégué leur courrier électronique à Hotmail ne recevaient pas vos messages ? Si c’est le cas, lisez donc cette excellent article commis par Olivier Bonhomme, à qui on devait déjà Où sont passés les tuyaux dans lequel il nous expliquait les problèmes liés à l’augmentation du trafic sur le net.
“Vous n’avez pas de nouveau message”. C’est ce magnifique intitulé s’affichant dans le dossier Boite de Réception de ma messagerie Hotmail qui m’a incité à écrire cet article. Je ne pense rien apprendre à personne en disant que Windows Live Messenger, plus connu sous son ancien nom MSN Messenger, est l’un des services de messagerie instantanée les plus utilisés par les internautes pour communiquer entre eux.
Pour utiliser ce service de Microsoft, un compte est attribué à chaque utilisateur, compte permettant d’accéder à une multitude de services plus ou moins intéressants produits par la firme de Redmond, dont la messagerie électronique Hotmail, qui permet d’envoyer et de recevoir des messages électroniques (via le site Web éponyme, ou en utilisant certains clients de messagerie). Microsoft propose également une solution de stockage en grande quantité, un anti-virus intégré, etc…
Où sont repassés les tuyaux
Second volet d’un article en deux parties sur les problèmes de saturation des tuyaux de l’Internet Multimédia Convivial 2.0 que nous aimons tous. Si vous n’avez pas lu la première partie, je vous invite à le faire. J’ai découpé le billet en deux histoire de le rendre un peu moins indigeste, mais cela ne change absolument rien au contenu.
Cet article a été écrit en collaboration avec Olivier Bonhomme. À 25 ans, diplômé d’un master en Architecture des Systèmes d’Information et de Communication, Olivier a déjà participé à de nombreux projets autour des technologies satellites et des systèmes Linux embarqués pour de grands noms de l’industrie française. Il termine aujourd’hui une importante mission sur la conservation longue durée de données à très haute altitude pour le CNES.
Que va-t-il se passer ?
Au début je voulais intituler ce paragraphe « Les Solutions », mais je me suis vite ravisé. Des choses vont bien mettre mises en place, mais on peut plus parler de bricolages que de solutions, quand il ne s’agit tout simplement pas de manipulations.
En ce qui concerne les problèmes rencontrés sur les réseaux de collecte évoqués au début de cet article, les opérateurs adoptent trois types de réaction :
- Ils en font le moins possible en réduisant les investissements en termes d’infrastructures au minimum.
- Ils traînent la patte pour réaliser les modifications d’architecture nécessaire. C’est le cas de France Télécom, qui tarde à mettre en place de nouveaux liens sur son réseau de collecte pour des raisons logistiques.
- Ils ne font rien afin d’inciter leurs clients à partir à la concurrence afin d’alléger leur charge réseau à moindres frais.
Au niveau des backbones des opérateurs, aucun problème de saturation n’est encore à déplorer. À l’heure actuelle, les goulets d’étranglement sont plutôt localisés à la périphérie de ces derniers, aux points d’interconnexion.
Cependant, les fournisseurs d’accès commencent à craindre que l’augmentation générale du trafic ne commence à affecter ces backbones et songent à mettre en place des mesures préventives avant d’en arriver à cette extrémité qui deviendrait tout simplement catastrophique.
C’est d’ailleurs à se demander si la saturation des liens d’interconnexion n’est pas plus ou moins provoquée. Réduire les tuyaux d’entrée du backbone permet en effet d’éviter une grosse charge de trafic sur ce dernier.
Plus concrètement, que vont faire les fournisseurs d’accès ? Faire payer aux utilisateurs leur consommation de bande passante ne semble pas envisageable. Remonter les prix de l’ADSL ne semble pas être une option plausible étant donnée la guerre des prix que se sont livrés les opérateurs pendant 3 ans. Cette option semble pourtant envisageable à termes, l’arrivée de nouvelles technologies pouvant justifier une hausse des prix. Certains fournisseurs d’accès ne semblent cependant pas suivre cette direction, à l’instar de Free qui a annoncé son offre à base de fibres optiques au même prix que les offres ADSL.
S’il semble peu envisageable de faire payer les utilisateurs, qui restera-t-il afin de régler la facture astronomique engendrée par la hausse exponentielle du trafic ? Tout simplement les fournisseurs de contenu, récemment montrés du doigt par les fournisseurs d’accès. Ceux-ci commencent en effet à envisager de se décharger de leurs frais d’infrastructure réseau sur ces tiers. Cette hypothèse a été lancée pour la première fois par Rani Assaf, un des directeurs techniques de Free, sur la liste de diffusion FrNoG dont vous pouvez retrouver une transcription sur le web.
De quelle manière obliger les fournisseurs de contenu à payer ? Aujourd’hui, tous les fournisseurs d’accès sont présents sur les points de peering sur lesquels l’interconnexion coûte très peu cher. Les fournisseurs de contenu passent également par ces points de perring afin d’atteindre les réseaux des fournisseurs d’accès grand public, que ce soit de manière directe ou indirecte. De très grandes quantités de données arrivent sur la backbone du FAI, ce qui provoque une augmentation de charge des plus conséquentes.
Certains fournisseurs d’accès commencent donc à vouloir mettre en place des interconnexions directes avec les plus gros fournisseurs de contenu. Bien évidemment payantes, ces dernières auront pour but de limiter les volumes de données échangées entre fournisseurs d’accès et fournisseurs de contenu. Beaucoup avancent l’idée que les fournisseurs d’accès vont se retirer des points de peering au cours de l’année à venir afin d’imposer cette nouvelle façon de faire, privant ainsi les fournisseurs de contenu de bonnes interconnexions à peu de frais.
Les fournisseurs d’accès pourront ainsi valider le prédicat « une bonne interconnexion avec moi vaut bien quelques euros ; dans le cas contraire, vous pouvez toujours passer par les liens de transit sous-dimensionnés » Sans vouloir entrer dans la théorie du complot, on peut voir là une autre raison de la saturation de certains liens de transit.
2007 sera certainement un tournant dans le monde de l’Internet français avec une réorganisation complète des échanges de bande passante entre les différents acteurs.
Et l’utilisateur dans tout ça ?
Comme d’habitude, il n’aura pas vraiment son mot à dire. On le voit déjà au nombre croissant de plaintes liées à des problèmes de débit, auxquelles les fournisseurs d’accès opposent de régulières fins de non recevoir.
L’autre jour, sur le canal IRC d’un hébergeur à bas prix, un client se plaignait du mal que rencontraient les utilisateurs de son service à télécharger des vidéos en raison de problèmes de débit. La seule réponse obtenue de la part d’un des responsables du service a été, citation « de mettre ses vidéos en téléchargement ailleurs ».
Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, et surfer un peu sur Internet permet de se rendre compte qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé.
L’utilisateur est donc soumis au bon vouloir mais surtout aux stratégies de développement des fournisseurs d’accès grand public. Beaucoup d’entreprises sont également confrontées à ces problèmes, puisqu’elles utilisent des services de ces fournisseurs d’accès, que ce soit ou non à travers une offre professionnelle.
Quelle solution reste-t-il ?
Passer par la filiale professionnelle d’un fournisseur d’accès grand public n’est pas forcément une solution judicieuse. Certes, celles-ci proposent des garanties de services moyennant un surcoût non négligeable : connexion symétrique, garantie de temps de rétablissement en 4 heures, service professionnel de messagerie, réseau VPN inter agences à débit garanti, mais les réseaux et les équipes de gestion sont les mêmes que pour les offres grand public. Par conséquent, on peut très facilement se retrouver avec les mêmes problèmes de congestion et d’absence de support qu’avec une offre grand public.
À titre d’exemple, une liaison ADSL à débit garanti 1024/256 avec temps de rétablissement en 4 heures sous peine de pénalités coûte environ 165 € HT/mois, pour les mêmes risques qu’une offre grand public.
Une solution à priori plus fiable est de s’orienter vers les petits FAI indépendants. Ces petites sociétés à taille humaine se basent sur un business model leur permettant de gagner de l’argent tout en assurant une très bonne qualité de service client. Les prix sont évidemment plus chers que chez un fournisseur d’accès grand public. Il faut compter par exemple 60 € HT pour une connexion ADSL 18Mbits/1Mbits non dégroupée simple, c’est à dire sans téléphonie, télévision ou autres services annexes.
Bien que ces FAI aient dû s’adapter afin de faire face à la concurrence des offres grand public comme la délocalisation des hotlines de niveau 1, ceux-ci parviennent à maintenir une très bonne qualité de service pour des prix raisonnables. Autre avantage, ces petits fournisseurs d’accès savent très bien gérer leur réseau et ne sont pas soumis aux problèmes de saturation évoqués dans cet article. Ces fournisseurs d’accès ont peu de chances d’être un jour soumis au régime d’interconnexion payante que veulent mettre en place les fournisseurs grand public tant leur trafic réseau est faible. Les statistiques publiques du FAI Nerim sont le meilleur moyen de s’en rendre compte.
Conclusion
La démocratisation et la généralisation d’Internet dans les foyers français, et la croissance exponentielle de la consommation de bande passante provoquent de grands changements au niveau des fournisseurs d’accès plus ou moins favorable à l’utilisateur. Cependant ce dernier dispose encore d’un atout principal qu’est le choix, choix que l’on peut espérer leur voir conserver au vu des nouvelles offres à venir.
Ou sont passés les tuyaux ?
Premier volet d’un article en deux parties sur les problèmes de saturation des tuyaux de l’Internet Multimédia Convivial 2.0 que nous aimons tous. J’ai découpé le billet en deux histoire de le rendre un peu moins indigeste, mais cela ne change absolument rien au contenu.
Cet article a été écrit en collaboration avec Olivier Bonhomme. À 25 ans, diplômé d’un master en Architecture des Systèmes d’Information et de Communication, Olivier a déjà participé à de nombreux projets autour des technologies satellites et des systèmes Linux embarqués pour de grands noms de l’industrie française. Il termine aujourd’hui une importante mission sur la conservation longue durée de données à très haute altitude pour le CNES.
Depuis 2003 et l’arrivée de la concurrence dans le marché de l’ADSL, les différents acteurs se livrent une guerre sans merci à grands coups d’offres « révolutionnaires » aux débits chaque jour plus importants et de concepts « novateurs » dont le fameux triple-play n’est qu’un début.
La guerre de l’ADSL se termine ; après les rachats qui ont agité les opérateurs depuis deux ans, on assiste à une homogénéisation des offres grand public pour un prix tournant autour de 30 euros par mois. Une nouvelle guerre se prépare cependant, celle de la fibre optique avec les premières offres FTTH accessibles prévues pour 2007. FTTH signifie Fiber To The Home – Fibre Optique jusqu’à l’abonné – et permettra aux utilisateurs de bénéficier d’un débit symétrique de 100 Mb/s, soit 5 fois le débit descendant et 100 fois le débit montant d’une offre ADSL dégroupée.
La disponibilité de ces offres très haut débit a permis l’explosion de nouveaux services plus ou moins légaux grands consommateurs de bande passante, principalement dans le secteur de la vidéo. Si Youtube et Dailymotion en sont les exemples les plus parlants, ils sont cependant loin d’être les seuls, chacun des grands acteurs du web cherchant à se positionner sur ce nouveau marché potentiellement lucratif.
Dès que l’on passe du côté obscur de la force, les contenus disponibles sur les réseaux pair à pair comme E-Mule ou Bittorrent sont à la fois beaucoup plus nombreux et beaucoup plus gros. Il n’est pas rare aujourd’hui de trouver des films au format HD non compressé au téléchargement dont la taille varie de 10 à 25Go. Il y a 3 ans seulement, les offres ADSL à 512Kb n’auraient jamais permis de télécharger une telle quantité de données dans un temps raisonnable. Les offres actuelles rendent pourtant de telles opérations possibles, et même particulièrement courantes. Si juger des opportunités de télécharger illégalement du contenu ne relève pas du périmètre de cet article, les impacts techniques sauteront aux yeux de toute personne ayant quelques connaissances en réseau. La fourniture d’accès à Internet n’est pas la seule touchée. L’arrivée depuis l’année dernière d’offres de serveurs dédiés ultra low cost pour les particuliers proposant des débits de 100Mb par seconde pour un tarif sans commune mesure avec les offres d’hébergement classique met également le secteur de l’hébergement en ébullition. Bien que peu adaptées à des applications professionnelles, ce type de serveur est idéal pour mettre à disposition du public d’importants contenus multimédias plus ou moins légaux à très grande vitesse, et nombre de ces machines ont été converties en plates-formes de téléchargement.
Ce rapide état des lieux nous permet de soulever trois points :
- La bande passante offerte par les fournisseurs d’accès à Internet croît de manière exponentielle.
- Les internautes français téléchargent de plus en plus de contenus.
- La consommation de bande passante consommée suit la courbe de l’offre.
Résultat, l’apparition d’une situation inimaginable lors de la démocratisation des offres ADSL : la saturation des réseaux.
En effet, depuis quelques mois, on assiste à une croissance inquiétante des personnes se plaignant de problèmes de débit liés non pas à des problèmes purement utilisateurs, mais à une congestion de certaines parties des réseaux de différents opérateurs. Les exemples suivants apparus durant l’année 2006 illustrent mon propos :
La saturation des liens de collecte.
Depuis début 2006, les personnes abonnées aux offres non dégroupées des fournisseurs Free et Club Internet se plaignent de disposer de connexions bridées ou à très faible débit, certaines d’entre-elles pouvant tomber à quelques Ko/s. Dans l’architecture des offres non dégroupées, la connectivité ADSL des abonnés est réalisée sur des équipements de l’opérateur France Telecom.
Le trafic généré par ces abonnés est acheminé du réseau de l’opérateur historique, nommé réseau de collecte, jusqu’au réseau du fournisseur d’accès par des liaisons dédiées appelées liens de collecte.
Le prix de location, déterminé en fonction de la taille du lien exprimée en Mbits/s, est défini dans l’Offre d’Accès et de Collecte DSL de France Telecom. Ces tarifs sont soumis au contrôle de l’ARCEP. Chaque FAI dispose de plusieurs liens de collecte pouvant être :
- National : Lien utilisé pour acheminer le trafic de tous les abonnés du territoire national.
- Régional : Lien acheminant le trafic des abonnés rattachés à une plaque ADSL régionale. La mise en place d’un tel lien nécessite que les différents acteurs soient présents sur un Point de Présence (PoP) régional.
La croissance exponentielle des téléchargements provoque une saturation régulière des liens de collecte. La majorité des liens de collecte régionaux de Free ont ainsi atteint 100% (voire 102 ou 103%) de leur capacité.
Face au coût financier d’une augmentation de ces liens, les fournisseurs d’accès concernés ont choisi de mettre en place des solutions temporaire allant du bridage des protocoles pair à pair, trop gourmands, à l’ignorance pure et simple du problème jusqu’à la fin de l’année dernière. Des augmentations de capacité des liens ont finalement été décidées et mises en production afin de supprimer au moins temporairement les problèmes de saturation.
France Télécom, victime du succès de l’ADSL.
Aujourd’hui, le nombre d’Internautes connaît une croissance importante, et ces internautes téléchargent de plus en plus. Cet afflux de nouveaux utilisateurs gros consommateurs de bande passante touche en premier lieu France Télécom, puisque tous les abonnés en offre non dégroupée de tous les fournisseurs d’accès français utilisent les équipements ADSL de l’opérateur historique ce qui représente plus de 70 % du parc de connexions ADSL en France. Ce trafic transite ainsi par tout le réseau de France Télécom avant d’arriver aux liens de collecte précédemment cités. C’est ce qu’on appelle le réseau de collecte.
Récemment, des liens de ce réseau de collecte se sont retrouvés totalement saturé en raison de l’arrivée d’un grand nombre de nouveaux abonnés particulièrement consommateurs de bande passante. Cet afflux s’explique en partie par l’arrivé de Darty sur le marché des fournisseurs d’accès à haut débit, et par la période des fêtes. On aboutit ainsi à des situations dans lesquelles les liens entre les DSLAMS et certains nœuds du réseau de collecte ont atteint 95% de leur capacité, notamment dans la Lorraine le Nord et surtout le sud-ouest de la France, celles-ci empêchant les utilisateurs de disposer d’une connexion décente.
Interconnexions des réseaux à très haut débit, une utopie pour l’avenir
Chaque FAI, hébergeur, fournisseur de service Internet dispose de son propre backbone à très haut débit dont la capacité peut atteindre plusieurs dizaines de Gbits/s. Afin de pouvoir communiquer entre eux, ces réseaux disposent divers liens d’interconnexions répartis en deux types :
- Liens de peering.
- Liens de transit.
Le transit nécessite la mise en place de liens gérés par des opérateurs de télécommunication indépendants des entités à interconnecter. Ce dernier peut atteindre des coûts très élevés en fonction des débits demandés et des destinations à atteindre.
Le peering consiste en une interconnexion directe (au sens logique du terme) entre deux entités réseau. Les opérateurs mettent en place les interconnexions, les équipements et les informations de routage nécessaires afin de permettre directement l’échange de données de pair à pair. Le peering est soumis à des accords contractualisés et commerciaux entre les différentes parties.
Il est possible de faire du peering de manière directe, pour lequel les fournisseurs d’accès mettent en place une liaison physique entre leurs équipements, ou du perring de manière indirecte, qui nécessite un point de peering. Un point de perring est un réseau appartenant à un opérateur de télécommunication sur lequel tous les grands opérateurs peuvent se connecter. Accéder à ces points de perring peut être aussi bien gratuit que payant.
Les points de peering les plus connus ont le FreeIX (Propriété de Iliad/Free), le PARIX (Propriété de France Telecom) ou bien encore le SFINX (Propriété du GIE RENATER)
La surconsommation de bande passante provoquée par la hausse des téléchargements domestiques à très haut débit charge les backbones et les liens d’interconnexion de manière de plus en plus préoccupante, sans toutefois pouvoir parler de saturation. On observe cependant des pointes de trafic à certains endroits, notamment sur les fameux liens d’interconnexion.
Afin d’expliciter notre propos, ne vaut-il pas mieux s’appuyer sur un cas concret ?
RENATER (Réseau National de Télécommunications pour la Technologie et la Recherche) et PROXAD (réseau exploité par le fournisseur d’accès Free et l’hébergeur à faible coût Dedibox) desservent l’ensemble du territoire français en utilisant des supports à fibres optiques. Les débits transitant sur ces fibres vont de 100 Mbits/s à 10Gbits/s.
Lien Références :
- http://www.renater.fr/Metrologie/map-Renater4/
- http://www.renater.fr/spip.php?article51
- http://adsl.free.fr/degroup/reseau.html
Nous sommes ici en présence de deux réseaux de forte capacité. Il devient dès lors logique de supposer qu’ils disposent d’une vitesse de transfert raisonnable aux points d’interconnexion, celle-ci devant atteindre la dizaine de Mbits/s compte tenu des caractéristiques des deux réseaux. Pourtant, à certaines heures de la journée, la vitesse de transfert entre deux systèmes situés sur ces réseaux culmine entre 320 Kbits/s et 2Mbits/s, quand on devrait obtenir des chiffres allant de 15 à 30Mbits/s.
Ces chiffres peuvent paraître surprenants étant donnée la capacité de ces deux réseaux. Il existe pourtant une explication simple à ce phénomène. Les deux réseaux sont reliés par un lien de transit géré par un opérateur de télécommunications tiers, et ce lien semble aujourd’hui montrer des signes importants de saturation à certains moments de la journée.
Il s’agit évidemment d’un exemple parmi tant d’autres. L’existence de goulets d’étranglement de ce type au niveau des liens d’interconnexion entre les principaux réseaux français, ou entre les réseaux nationaux et internationaux est pourtant un fait avéré.
On rencontre principalement ces goulets d’étranglement sur les liens de transit. Le prix très élevé de la connectivité pousse en effet les fournisseurs d’accès à rogner sur les capacités de ces liens afin d’éviter une explosion des coûts, guerre des prix oblige. Ils n’achètent donc que le strict nécessaire auprès des opérateurs de télécommunication.
En raison du refus des FAI d’augmenter les capacités de ces liens d’interconnexion, il devient difficile d’atteindre certaines destinations avec des débits convenables. On et en droit de se demander si ces goulets ne vont pas se propager aux liens de perring et aux backbones des opérateurs, à moins que ceux-ci n’acceptent de réaliser les travaux d’infrastructures nécessaires.
Il est donc possible d’affirmer que les fournisseurs d’accès à Internet grand public, engagés dans la guerre de l’ADSL très haut débit à faible coût sont confrontés à des problèmes de saturation de leurs réseaux, et ce à tous les niveaux du réseau de collecte aux interconnexions nationales et internationales.
En raison du modèle économique appliqué, il devient très difficile, et très long de faire évoluer les choses. L’utilisateur devient victime d’une situation paradoxale dans laquelle on lui promet plein de Mbits/s tout en l’empêchant de s’en servir.
Vous pouvez maintenant lire la seconde partie.
Aux FONeros de l'amer...
Cela fait maintenant huit ans que j’ai rejoint le cercle de ceux qui estiment que le partage des ressources et de l’information est la clé du progrès à l’ère digitale dès lors qu’elles ne mettent pas les systèmes et les personnes en danger, typiquement les vulnérabilités de sécurité avant corrections et les outils pour les exploiter. De là, un engagement de longue date dans le sens de l’open source et de l’adoption de technologies et de standards ouverts.
Billets précédents : 1 2








Passionné d'informatique depuis l'âge de six ans, je travaille en tant que responsable qualité chez blueKiwi Software, éditeur spécialiste des outils collaboratifs en entreprise. Ma double formation en sciences politiques et en informatique me permet de porter un regard particulier sur les problématiques abordées par mon poste.