Occuper l'espace

Le 31 décembre 2006 à 16h57 | 0 commentaire

Note : ce billet ne concerne en rien les velléités d’installation d’une base lunaire permanente par les États-Unis, pas plus que la stratégie militaire en milieu désertique par ailleurs.

Entre la croissance de la largeur des écrans et celle des téléphones mobiles et autres PDA proposant un navigateur web, gageons que la maîtrise de l’espace sera la grande problématique de l’année 2007, et probablement de la suivante.

Si la coutume qui veut qu’on développe en 720 pixels de large pour une résolution de 800600 tend maintenant à s’estomper au profit de 950 pixels pour du 1024760, les jeux ne sont pas faits pour autant. Bien que fort séduisants, les layouts dits “liquides” – car ils s’adaptent et adaptent leur contenu à la largeur de l’écran – posent finalement plus de problèmes qu’ils n’en résolvent.

D’une part, les responsables des chartes graphiques travaillant sous Photoshop, ils sont souvent incapables de penser un espace autre que fixe, et la valeur artistique des layouts liquides tend souvent à désirer. En dehors de celui de Wikio que je trouve tout à fait réussi, je ne crois pas avoir jamais vu de layouts liquides véritablement réussis.

Ensuite parce que, les écrans d’une largeur supérieure à 19 pouces devenant particulièrement abordables dans notre monde de riches – on trouve un 22 pouces pour 400 euros, plus rien à voir avec les 1500 euros minimum de mon 19 pouces acheté il y a 4 ans et demi. Nombreux sont les écrans qui affichent maintenant des résolutions supérieures à 1280 pixels, et une ligne d’une largeur supérieure à 800 pixels est particulièrement pénible à lire, surtout sur la longueur.

Il existe toutefois une solution, qui est celle des layouts semi liquide qui s’adaptent à la taille de l’écran jusqu’à un certain point, en faisant un bon usage de min-width et de max-width, ou de solutions de contournement en Javascript quand ces deux propriétés ne sont pas supportées par le navigateur. Là encore, il s’agit d’une solution à moitié satisfaisante sur les supports de grande largeur : on se retrouve soit avec un très grand espace vide, soit avec des lignes trop longues.

Reste une solution : un layout fixe, mais plein écran.

Mon précédent thème avait pour vocation à mettre le contenu en valeur en débarrassant l’écran de toute source de pollution visuelle gênante – le menu latéral, souvent un nid à publicités – tout en cherchant à occuper l’espace sans pour autant forcer le lecteur à supporter des lignes trop longues.

En utilisant un en-tête coloré faisant toute la largeur de l’écran et offrant une navigation centrée de largeur fixe, on parvient à donner l’illusion du plein écran. Le contenu de la sidebar passe en bas de l’écran selon le même schéma. On parvient ainsi à donner l’illusion du plein écran tout en offrant aux éléments de la sidebar une largeur plus confortable qu’ils ne l’auraient eue sur le coté. L’affichage se fait de manière horizontale et non plus verticale, ce qui permet d’embrasser l’ensemble des éléments d’un seul coup d’oeil et donne une impression de “fourre tout” organisé qu’est bien souvent devenu le menu latéral aujourd’hui.

Ce dernier point prête d’ailleurs à une observation intéressante : en passant d’une disposition verticale à une disposition horizontale, le contenu de ce qui était autrefois un fourre tout dans le menu latéral prend une importance beaucoup plus importante, et on est tenté de le réduire aux informations pertinentes tout en l’ordonnant mieux.

Si j’avais parfaitement réussi à me débarrasser de la sidebar, tout en offrant un lien d’évitement bien placé, je n’avais pas résolu le problème de l’affichage du contenu livré à lui-même sur une seule colonne.

Un premier essai en 720 pixels de large laissait trop de place aux blancs latéraux sur les écrans en 1024*768 et supérieur. Un second essai en 920 pixels de large – pour adapter le contenu à la navigation et au contenu du bas – donnait des résultats catastrophiques en termes de lecture, même avec une police de caractère plus grosse que précédemment.

L’idée m’est venue en visitant Web Designs From Scratch l’autre soir, à la recherche d’une solution acceptable : remettre un menu latéral ne donnant accès qu’au contenu, et à lui-seul, c’est à dire aux différentes catégories du site, pour occuper une partie de l’espace (28% en fait), et utiliser une police de caractères confortable pour le reste du contenu.

Dans le même temps m’est revenu une réflexion que je m’étais faite il y a quelques temps quant à la disposition purement verticale des blogs : puisque je reconquérais l’espace horizontal, il me fallait aussi me réapproprier l’espace vertical. Par exemple en n’affichant plus la longue litanie des 10 derniers billets à l’écran, mais seulement le dernier, et le résumé des précédent dans l’espace du bas devenu source de contenu à part entière.

Et voilà, cela me donne un nouveau thème plus propre, plus lisible, certainement perfectible, et il sera perfectionné, mais la disposition et la mise en valeur des éléments sont là. Histoire de commencer 2007 du bon pied (d’ailleurs si il y a un gentil graphiste pour me donner un coup de main sur 2-3 trucs, je suis complètement preneur, mon sens artistique étant proche de zéro).

Ben Hunt, ou l'art de partager le beurre, l'argent du beurre et de se garder le sourire de la crémière

Le 29 décembre 2006 à 23h45 | 0 commentaire

Grâce à David, je viens de découvrir l’excellent Web Design From Scratch, site tenu par Ben Hunt, un web designer des plus talentueux. Ben partage ses connaissances professionnelles sur le mode du shareware. Si vous aimez ce qu’il écrit, vous pouvez lui faire une donation via le toujours pratique bouton paypal. La qualité du contenu en elle-même vaut déjà largement le coup, même si le site est en anglais.

Ben prépare actuellement un livre dans lequel il détaillera en détails la refonte de 50 sites web. Rien de bien extraordinaire en soi, ce genre de livres existe déjà en pagaille.

Le livre sera publié sous deux formats :

  1. Un PDF disponible gratuitement sur le site.
  2. Une version papier présentant deux fois plus de contenu, plus de détails, payante, elle

Ben espère un demi million de téléchargements du PDF.

Là où son idée tient du génie, c’est que les sites refondus seront des volontaires à qui il offre, pour la somme relativement modique de 1100 euros :

  1. Une refonte graphique complète.
  2. Une visibilité sans précédent, entre les téléchargements du PDF et la vente du livre

Quant à lui, il gagne :

  1. Les 50 sites dont il a besoin pour sortir son livre.
  2. Pas loin de 55.000 euros avant même la sortie du livre.
  3. Une visibilité sans précédent avec son ouvrage en libre téléchargement.

Ou comment partager le beurre, l’argent du beurre et se garder le sourire de la crémière.

Le layout 2007 sera-t-il soluble dans le web 2.0 ?

Le 29 décembre 2006 à 21h45 | 7 commentaires

Je sais bien que je n’écris pas beaucoup ces derniers temps. J’ai un peu de mal à trouver l’inspiration nécessaire pour compléter la vingtaine d’articles de fond en stockés dans mon répertoire “brouillons”, certains en cours de rédaction depuis le mois de mars. Et je code, beaucoup, en fait. Je viens de faire accepter mon premier gros patch à l’équipe de développement de Typo, et j’en ai soumis un second – près de 4Mo tout compris – cet après-midi. J’aimerais bien terminer la refonte de l’administration avant la sortie de la prochaine version stable, et le travail manque moins que le temps pour le réaliser.

Maurice Svay me demandait tout à l’heure quelles étaient mes prédictions en termes de design web pour l’années 2007. Très bonne question qui vaut largement un billet.

Une place prépondérante donnée au contenu

Il est intéressant de voir combien notre rapport au web a changé ces 5 dernières années. L’agrégation, notamment, nous a fait prendre conscience à juste titre que la valeur d’un site web réside dans l’ensemble des contenus publiés. Le web design de 2007 devrait donc encore accentuer cette tendance en mettant tout particulièrement en avant les éléments pertinents.

La taille des polices de caractères a déjà augmenté par rapport à ce qui se faisait il y a 4 ans, et on devrait voir celle-ci évoluer vers une moyenne de 13 ou 14 pixels. Pour rappel, les navigateurs considèrent la taille standard comme étant 16 pixels.

La lisibilité nécessitant un contraste fort entre le texte et le fond, gageons que les dégradés de blancs et de gris clairs ont encore de beaux jours devant eux. La tendance d’un retours à des sites en blanc sur fond noir ou blanc sur gris foncé devrait aussi se confirmer.

Une à deux colonnes maxi

Déjà en perte de vitesse ces dernières années, les layouts sur trois et quatre colonnes continueront à se raréfier au profit quasi exclusif de thèmes en une et deux colonnes.

Pourquoi cela ? Très (trop) marqués “portails” et “web des années 90”, les designs en 3 et 4 colonnes ne conviennent plus à la structure de la majorité des sites en circulation aujourd’hui, et deviennent le plus souvent des nids à publicité.

Le nombre de points d’entrée sur une page donnée et la profondeur des sites tendent à diminuer. La navigation s’en trouve grandement simplifiée, et l’utilisateur s’y retrouve plus facilement.

2007 sera widgets ou ne sera pas

Il est probable que la navigation des sites deviendra fortement personnalisable via l’utilisation adéquate des widgets. La place des différentes sections du menu des sites à deux colonnes changera au gré des envies du visiteur qui verra ses préférences conservées d’une visite à l’autre.

Peu de fluidité

Peu de layouts liquides ou semi-liquides en 2007 (un layout liquide est un layout qui s’adapte à la taille de l’écran). Je vois 3 raisons à cela :

  • Les écrans deviennent de plus en plus larges, et des lignes de 1400 pixels de large sont pénibles à lire.
  • Les designers ne pensent pas en termes de layouts liquides, plus difficiles à faire que des designs à taille fixe.
  • Les propriétés CSS min-width et max-width ne sont pas supportées par la majorité des navigateurs du marché, ce qui rend leur utilisation plus qu’hasardeuse, et les solutions de contournement en javascript ne sont pas une solution satisfaisante en termes d’accessibilité.

Depuis quelques années, la mode est aux sites centrés sur l’écran, et cette tendance ne devrait pas vraiment changer.

Paix, luxe calme et volupté

Les sites à bords ronds resteront la règle en 2007 tant ceux-ci essaient de nous faire oublier que CSS fonctionne selon un modèle de bêtes boites carrées imbriquées les unes dans les autres. Quand il est bien utilisé, le bord rond donne une certaine impression de calme et de sérénité, idéale pour se pencher sur des contenus de qualité.

Une ergonomie incitative

Tout sera fait pour inciter le visiteur à ne pas quitter le site trop vite. Les chemins de fer, tout en donnant une indication géographique incitent à se pencher sur d’autres parties du site. Des cadres proposant des contenus semblables à celui visité seront disposés à des endroits clé afin de pousser le consommateur à acheter des produits semblables ou liés. En un mot, tout sera fait pour prolonger votre visite avant le passage à la caisse, en mettant en valeur des contenus pertinents.

À vous maintenant

Et vous, qu’en pensez-vous ?

10 ans de CSS, et toujours pas une ride

Le 19 décembre 2006 à 22h57 | 3 commentaires

Le 17 décembre 1996, le W3C publiait la première version de ses feuilles de style en cascade. Dix ans plus tard, CSS est entré dans les moeurs au point de profondément changer nos méthodes de développement web : plus léger, plus simple, plus beau.

J’ai découvert CSS un peu par hasard en 1998, dans un article destinés aux webmasters sur iFrance qui s’intitulait “un design au pixel près avec les feuilles de style CSS”. Je m’intéressais assez peu au web à l’époque, en tout cas certainement pas au design, et me contentais de plaquer des feuilles de style minimalistes sur mes différents sites, utilisant div identifiées et balises d’en-têtes hx et p proprement, faisant mon Monsieur Jourdain de la sémantique structurelle sans le savoir.

J’ai commencé à me détourner du développement système et de l’administration UNIX pure et dure pour le web au milieu de l’année 2003 en commençant à réaliser moi-même les thèmes de mon blog personnel. Je me suis rapidement pris au jeu de la mise en forme, du balisage propre, puis du web sémantique, au point d’en avoir fait mon métier après 8 ans de dénigrement du web comme “parent pauvre” de l’informatique.

Bon anniversaire CSS, à la santé de qui je boirai certainement une coupe de champagne… avec style évidemment.

Via 10ème anniversaire pour CSS chez Tristan Nitot.

Internet Explorer 5,6 et 7 sous Mac OS X

Le 18 décembre 2006 à 23h25 | 2 commentaires

En tant qu’utilisateur de Mac OS X, mon plus grand soucis dès que je dois tester la compatibilité d’une feuille de style entre les différents navigateurs vient de la difficulté de trouver une plate-forme Windows, disposant en plus des deux dernières versions de Microsoft Internet Explorer (5.5 et 6), et de la toute dernière version de Windows Explorer (la 7 donc).

J’utilisais jusqu’à aujourd’hui les comptes gratuits de browsercam, plutôt pratique pour tester un rendu final sur un très grand nombre de plate-formes, mais pas vraiment idéal en phase de debug. Et puis ce matin, j’ai découvert Netrenderer dans les quelques milliers de billets en retard de mon OPML.

netrenderer

Netrenderer est un service allemand qui permet d’afficher en temps réel les résultats d’une capture d’écran sous une des 3 versions sus-mentionnées du navigateur de Microsoft. Gratuit, sans pub et rapide, il permet de pallier relativement bien à l’absence d’Internet Explorer sur les plate-formes UNIX ou Mac OS X.

L'intérêt de réaliser des tests d'embauche intelligents

Le 03 novembre 2006 à 00h10 | 11 commentaires

Ce billet fait suite à un certain nombre d’expériences malheureuses et conversations survenues ces deux dernières années, dont les plus récentes entre autres avec Mathieu Pillard. Rendons à César ce qui est à César, je râle suffisamment quand on ne me le fait pas.

Je ne sais pas si vous avez remarqué la quantité de gens qui se présentent à des entretiens d’embauche – ou que des sociétés de service peu scrupuleuses vous présentent comme les plus fines gâchettes de la profession – sans avoir jamais développé une ligne du langage dont ils se prétendent pourtant spécialistes. Je me souviens un jour avoir entendu un commercial tentant de vendre un stagiaire technicien réseau au CV maquillé comme une voiture volée en tant que développeur PHP expérimenté. Il clamait à qui voulait bien l’entendre : “Il a déjà fait un site perso en HTML, le PHP c’est facile, n’importe quel imbécile peut en faire, il y a suffisamment de documentation et d’exemples sur Internet, il fera l’affaire”. Deux semaines plus tard, le garçon se faisait dégager de la mission avec pertes et fracas.

Des liens tout sauf symboliques

Le 28 octobre 2006 à 23h11 | 3 commentaires

Les liens hypertextes sont au coeur du web. Sans eux, rien n’existerait, et nous avons pourtant tendance à les négliger. Bien employés, ils ajoutent de la valeur aux contenus publiés ; bâclés, ils peuvent aller jusqu’à leur retirer tout intérêt. Raison de plus pour s’y intéresser et en prendre grand soin.

Combien de fois êtes vous passés à côté de documents passionnants pour cause de liens invisibles, introuvables, incompréhensibles, illisibles ou inaccessibles par bête négligence ? Ce genre de choses ne doit plus arriver, et ce billet se propose justement de vous aider à les éviter en passant en revue les erreurs les plus fréquemment rencontrées et les optimisations trop souvent méconnues. Parce qu’il n’y a que sous UNIX que les liens sont symboliques.

Développement de sites web pour mobiles

Le 18 octobre 2006 à 10h17 | 4 commentaires

Cameron Moll qui publie le blog Authentic Boredom vient d’annoncer la sortie de Mobile Web Design, un ouvrage sur le développement de sites web pour terminaux mobiles, c’est à dire principalement pour PDA et téléphones portables.

Désolé, mais la maison ne sert pas de XHTML 1.1 aux moins de 18 ans

Le 13 octobre 2006 à 22h11 | 5 commentaires

Si vous utilisez un navigateur moderne, par exemple Mozilla Firefox ou même Flock, vous lisez actuellement un site en XHTML 1.1 servi avec le bon type mime, soit application/xhtml+xml. Les utilisateurs de navigateurs archaïques se voient servir du XHTML 1.0 strict, tout de même, avec le type mime text/html.

Être paresseux, c'est une question de bon sens

Le 06 octobre 2006 à 22h30 | 2 commentaires

don't make me thinkSur le principe, difficile de ne pas approuver l’auteur d’un ouvrage sur l’utilisabilité des sites web qui commence son livre en expliquant qu’il a voulu faire quelque chose de court afin d’acquérir la certitude que son livre soit lu jusqu’au bout et serve à quelque chose. Tant que la brièveté ne masque pas l’indigence, cette introduction me parait frappée au coin du bon sens, et cela tombe bien, puisque c’est justement de bon sens que Steve Krug nous parle dans Don’t Make Me Think, A Common Sense Approach to Web Usability (Ne me faites pas réfléchir, une approche de l’utilisabilité des sites web par le bon sens).

Billets précédents :