Candidatures spontanées, renseignez-vous plutôt deux fois qu'une sur votre futur employeur
Se renseigner en détails sur sa potentielle future société avant même la première rencontre est à plus d’un titre une démarche fondamentale de la recherche d’emploi efficace. Cela montre à la fois votre intérêt pour votre interlocuteur, tout en vous prévenant contre les erreurs d’orientation dont on s’aperçoit parfois seulement après plusieurs mois de période d’essai. Vous évitez ainsi à votre interlocuteur de perdre son temps, tout en faisant de même pour vous. J’avais déjà abordé le sujet à plusieurs reprises dans mes billets consacrés à la recherche d’emploi et au recrutement.
Recrutement, recherche d'emploi et candidature 2.0
Si certains se demandent encore quel peut être le véritable retour sur investissement du temps passé à alimenter un blog comme celui ci quand on peut se contenter de poser son CV sur les sites de recherche d’emploi en ligne, je vous recommande la lecture de cette interview de votre serviteur parue la semaine dernière dans 01 Informatique (et dans laquelle le ton de la journaliste me donne définitivement l’image du dernier des connards prétentieux, pour ceux qui en doutaient encore).
En bonus si vous avez la version imprimée sous la main : une photo de moi en pur jeune cadre dynamique aux dents longues web 2.0, une pure merveille qui devrait vous fournir votre dose de rire pour le week-end (je ne peux pas la publier ici pour des questions de droits d’auteur réservés à 01 Informatique).
À nouveau sur le marché du travail
La nouvelle est maintenant officielle, même si certains lecteurs de ce blog ont pu en avoir la primeur il y a un peu plus d’un mois : j’ai démissionné de mon poste de chef de projets chez Actualys à la fin du mois de mai. Me voilà donc à nouveau “à l’écoute du marché”, comme ils disent dans les cabinets de recrutement.
Je recherche donc un poste dans la direction technique ou le consulting en région parisienne. Je souhaite intervenir sur des problématiques techniques, fonctionnelles et ergonomiques aussi bien en avant-vente qu’en conception ou en après-vente (problèmes de dimensionnement, ou refonte d’existant). Je ne suis pas contre travailler dans une agence, un cabinet de conseil, une société de services ou un éditeur, dès lors que les conditions de travail sont bonnes et les projets intéressants.
Bien préparer ses entretiens d'embauche
La très grande majorité des gens que j’ai vu arriver en entretien d’embauche sans préparation se sont plantés dans les grandes largeurs, et je ne fais pas exception à la règle. Si la plupart d’entre eux n’ont pas obtenu ce qu’ils voulaient faute d’avoir su le formaliser de manière convaincante, d’autres ont tout simplement été recalés à la porte d’un emploi pour lequel ils étaient probablement faits. La préparation d’un entretien d’embauche relève à la fois de l’entraînement du coureur de fond et des essais libres d’un grand prix : il s’agit d’un travail de longue haleine très général ponctué de phases très spécifiques au moment de rencontrer le recrutement d’une entreprise.
Sachez pourquoi vous êtes là
Lao Tseu a dit : “il faut trouver la voie”.
Contrairement à une idée reçue malheureusement bien établie, l’entretien d’embauche sert moins à valider l’adéquation entre ce que votre CV prétend et la dure réalité du monde réel qu’à s’assurer que OUI, vous correspondez bien au profil recherché, et que NON, vous ne dépareillerez pas au sein de l’entreprise. Ainsi, un des pires candidats qu’il m’ait été donné de voir fut celui qui, ne sachant pas ce qu’il cherchait, attendait que nous lui proposions un poste intéressant, motivant et bien payé. Malgré un profil technique sans reproches, son absence de réactions et de motivation flagrant oblitéraient à tout jamais la perspective d’un poste dans l’entreprise et nous conduisit à la limite de la dépression.
Il vous faut donc commencer par savoir ce que vous voulez, ce qui est tout sauf évident : il vous faut en effet arriver à faire la part des choses entre ce que vous avez envie de faire à première vue, ce que vous souhaitez vraiment faire, et ce dont vous êtes capable. Autrement dit, connaître vos atouts, vos faiblesses, avec clairvoyance et humilité mais sans non plus fausse modestie. Difficile de faire ce travail seul, n’hésitez donc pas à vous faire aider : coach personnel, chef d’équipe, ou toute autre personne de votre entourage professionnel qui vous connaisse assez tout en disposant du recul minimum. Dans la plupart des cas, vous aurez l’intuition de ce qui vous conviendra, tout le travail étant de parvenir à le formaliser.
Pour la petite histoire, j’avais conscience depuis plusieurs mois que je n’étais pas fait pour le poste que j’occupais, mais sans parvenir à concevoir ce que je souhaitais réellement faire, et c’est mon employeur qui l’a parfaitement formalisé pour moi durant une pause café. Merci à lui.
Je vais donc vous couper la tête !
Maintenant que vous savez ce que vous voulez, il va vous falloir apprendre à l’exprimer durant les entretiens dans tous les langages possibles, en fonction de la personne en face de laquelle vous vous trouverez : on n’explique pas les choses de la même manière à un chef de projets technique, un directeur des ressources humaines, un chef d’entreprise…
- Que voulez-vous faire ?
- Pourquoi voulez-vous le faire ?
- Comment allez-vous le faire ?
J’ai connu il fut un temps deux commerciaux de SSII totalement opposés et pourtant très efficaces : le premier ne connaissait strictement rien à ce dont il parlait mais plaçait ses mots clé avec un aplomb assez déconcertant, quand son collègue maîtrisait parfaitement son sujet mais avait moins d’aisance à l’oral. Vous allez devoir combiner les deux afin de convaincre votre interlocuteur : parfaitement maîtriser le produit que vous cherchez à vendre – c’est à dire vous – en ayant l’air parfaitement sûr de vous, sans non plus avoir l’air hautain.
Comblez les points faibles de votre CV
Quand je parle des points faibles de votre CV, je ne parle pas de vos points faibles – maîtrise du PHP mais javascript hésitant par exemple – mais bien de ce qui pourrait inquiéter votre futur employeur quant à votre stabilité ou votre fiabilité.
Là, les choses sont simples : dites la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dans la mesure du possible, et si vous choisissez de mentir, faites le en ayant à l’esprit la loi des 30 secondes. Expliquez les choses simplement, sans en rajouter, mais surtout :
- N’en faites pas trop, c’est suspect.
- Ne dites jamais de mal de vos précédents employeurs, c’est très mal vu.
- Ayez l’air crédible.
Encore une fois, l’idée ici n’est pas de montrer que vous êtes le petit frère de Lee Majors, l’homme valait trois milliards qui tombe à pic, mais simplement de rassurer la personne en face de vous : non, vous n’allez ni lui claquer dans les doigts au bout de trois mois, ni découper la moitié de vos collègues en rondelle parce que vous mentionnez “ceinture noire de iaido” dans vos hobbies.
Societes.com n’est pas suffisant
On quitte la partie coureur de fond pour rentrer dans les essais du grand prix : avant l’entretien, renseignez vous de manière poussée sur votre potentiellement future société. Les services donnant les chiffres clé des entreprises sont pratiques, mais bien trop limités :
- Les chiffres sont souvent trop anciens, ou approximatifs.
- Ils ne parlent pas de ce que fait vraiment la société.
- Ils ne vous permettent pas de dire pourquoi vous avez choisi de postuler ou d’accepter un entretien là bas.
Si comme moi vous êtes dans le web, renseignez vous à fond : technologies utilisées, clients, positionnement, orientation, réalisations… Tout ce que vous trouverez pourra être utilisé afin d’expliquer pourquoi VOUS et pas un autre. Attention : il ne s’agit pas de passer la brosse à reluire à votre interlocuteur, mais plutôt de construire une argumentation basée sur l’entreprise et vous. Si vous postulez chez un éditeur de logiciels, utilisez l’outil sur lequel vous développerez afin de pouvoir pointer du doigt ses forces et ses faiblesses si la conversation vous y amène.
Et dans tous les cas, si votre interlocuteur commence à vous raconter des choses que vous savez déjà, laissez le finir !

Ma présentation CV et Microformats citée sur 01net
Merci à Mathieu qui vient de me signaler que ma présentation du 16 septembre dernier sur les CV et les Microformats venait d’être citée dans un article de 01net sur le recrutement via le web : Le web n’exclut pas une relation candidat-recruteur plus humaine.
Voilà un article, par ailleurs très pertinent, qui fait bien plaisir. Jacques, puisque je vois ton nom dans le billet, est-ce à toi que je dois cette citation ?
10 + 1 conseils pratique à ceux qui refont leur CV
Depuis mes premiers articles sur la recherche d’emploi, je reçois régulièrement des demandes de personnes plus ou moins proches me demandant leur avis à propos de leur C.V. Les questions et les remarques tournant généralement autour des mêmes sujets, il m’a semblé intéressant de les regrouper dans un billet… orienté web, évidemment.
1- Circonscrivez votre cible… et mettez-vous à sa place.
Le CV générique n’existe pas. Votre CV est unique, et à votre image, fruit de vos acquis techniques, professionnels, extraprofessionnels et de vos projets à venir. Élaborez le en fonction de vos aspirations ou de l’emploi pour lequel vous postulez. Dans le cas d’une réponse à une offre d’emploi ou à un appel d’offres, il vous faudra même probablement le réécrire pour le faire coller à l’objectif en cours. Mettez-vous à la place de votre cible, et demandez-vous ce qu’elle s’attendait à recevoir en rédigeant son annonce.
Certains m’ont fait remarquer que ce dernier point relève de la triche, puisque le candidat fait lire au recruteur ce qu’il a envie de lire. Cela n’en est pas : inutile de prendre le recruteur pour un imbécile, il sait de toute manière parfaitement de quoi il retourne.
2- Donnez un titre à votre CV.
Apprenez-vous à vous définir en quelques mots. Cette définition servira de titre à votre CV, et c’est la première chose que le recruteur verra en l’ouvrant. Idéalement, elle contient le libellé du poste recherché et un adjectif explicitant soit votre principale qualité, soit votre ancienneté dans le poste recherché.
Cela donnera :
- Assistante de direction dynamique.
- Développeur web expérimenté.
- Actrice de hentai junior.
- Politicien honnête.
- …
3- Sachez aller à l’essentiel.
Pas la peine de détailler l’ensemble de vos compétences. Non seulement toutes ne vous serviront pas dans le poste que vous recherchez, mais en plus, la concision et l’esprit de synthèse sont des qualités particulièrement appréciées.
Développeur web, détaillez la liste des langages orientés web, les outils et les framework que vous maîtrisez. Inutile en revanche de réciter la litanie des UNIX dont vous maîtrisez l’administration : même si c’est un plus appréciable, on ne devrait pas vous demander de monter des architectures haute disponibilité sous Solaris tous les matins. Résumez-donc en trois mots : administration système UNIX, quitte à rajouter la mention LAMP (Linux, Apache, MySQL, PHP) s’il vous reste de la place et que ces mots n’apparaissent pas déjà ailleurs dans votre CV. Cette dernière remarque vaut particulièrement pour les CV sur le web où les mots clé sont plus importants.
Il est tentant de vouloir être exhaustif et de vouloir en mettre plein la vue du recruteur, mais vous courrez là deux risques :
- Celui de noyer les données importantes dans le flot d’informations.
- Celui de paraître trop compétent pour le poste convoité.
Dans la même veine, inutile de mettre votre numéro de téléphone fixe, mobile, celui de votre chien, de votre chat et de votre poisson rouge. Un numéro de mobile et une adresse mail sont largement suffisants pour vous contacter, et cela fait gagner de la place. Ce conseil vaut aussi pour la date de naissance : date de naissance ou âge, mais les deux ne sont pas nécessaires. Inutile de même de spécifier “nationalité française” si vous ne portez pas un nom à très forte consonance étrangère.
4- Structurez !
Ne mettez pas tous vos oeufs dans le même panier, mais apprenez au contraire à structurer votre CV. Trop de gens mêlent formation, diplômes et compétences dans une seule et même section, alors même que ce sont trois choses totalement différentes. Que l’on mélange diplômes / certifications et formation ne me gène pas outre mesure. Mais les compétences ne s’acquièrent pas seulement à l’école, et elles doivent faire l’objet d’une section à part. Cela vaut particulièrement en informatique où ce que vous avez fait à l’école compte beaucoup moins que ce que vous savez réellement faire.
5- Deux pages ne sont pas une fatalité
J’entends souvent la même phrase “zut, j’ai fait deux pages, il faut que je réduise”. Contrairement à une idée répandue, un CV ne doit pas obligatoirement faire une seule page, dès lors qu’on a quelque-chose à y mettre. La preuve, avec 7 pages, le mien ne m’empêche pas d’être contacté presque quotidiennement par des recruteurs et autres chasseurs de têtes.
6- Relisez-vous… à l’envers
Depuis trois ans, j’ai pris l’habitude de relire tous mes billets et mes dossiers à l’envers, dès que j’en trouvais le temps, afin de chasser les fautes que j’aurais laissé passer lors de lectures consécutives dans le bon sens, et ce processus marche merveilleusement bien.
La raison de son efficacité est simple : dans la lecture de gauche à droite, le cerveau va s’attacher au sens, et il ne butera pas sur les fautes. Lors de la lecture à l’envers, les mots sont décorrélés du sens, et le cerveau perçoit les fautes d’orthographe et de grammaire, puisqu’il analyse ce que le lecteur voit indépendamment du contexte.
7- Faites attention au style
Tout comme la grammaire et l’orthographe, le style est particulièrement important. Les phrases doivent être précises et concises, et mettre en avant le poste occupé, les mots clés associés, et les clients pour lesquels vous avez travaillé.
En fonction du pays dans lequel vous postulez, certaines tournures de phrases sont plus appréciées que d’autres :
- Tradition française : chef de projets web en environnement à fortes contraintes de performances et sécurité.
- Tradition anglo-saxonne : j’ai géré des projets web dans des environnements à fortes contraintes de performances et de sécurité.
Si vous travaillez dans l’informatique, n’hésitez surtout pas à rajouter une lignes “technologies” en dessous de chaque expérience dans laquelle vous détaillerez les langages, environnements et outils employés. De même, si vous avez travaillé en agence et que vous ne souhaitez ou ne pouvez pas détailler tous les projets sur lesquels vous êtes intervenu, accompagnez une description succincte du poste occupé d’une ligne “clients” détaillant ceux avec lesquels vous avez travaillé.
8- N’abusez pas des fonts
Tout comme dans les pages web, n’abusez pas des blocs de texte en gras, italique ou soulignés, ni de la couleur. Utilisez-les au contraire à bon escient : pour les titres de partie ou pour marquer les expériences. Certaines personnes mettent en gras les mots clé qui leurs paraissent importants, je ne suis pas particulièrement fan de cette technique. Idéalement, limitez vous à 3 fonts, pas plus.
9- Pensez au CSS “print” pour les CV en HTML
Ceci vaut pour toute personne mettant son CV sur le web au format HTML, mais particulièrement pour les développeurs web.
La plupart des gens qui vont consulter votre CV vont vouloir l’imprimer, que ce soit pour l’archiver, l’avoir avec eux durant l’entretien ou simplement le lire à tête reposée. Aussi, préparez une CSS pour l’impression. Non seulement ils vous en remercieront, mais il se pourrait même qu’ils le remarquent et en tiennent compte.
10- Mettez du concret
Vous travaillez dans le web ? Que votre CV soit en HTML, PDF ou .doc, il vous laisse la possibilité d’y ajouter des liens. Mettez-en vers votre portfolio si vous êtes graphiste, ou vers des sites, des application ou des projets sur lesquels vous êtes intervenu. Vous donnerez ainsi du poids à votre CV, surtout face à quelqu’un au CV équivalent. De même, si vous participez à des projets open source majeurs et / ou en relation avec le travail pour lequel vous postulez, ou que vous avez des responsabilités associatives, n’oubliez pas de le mentionner, cela vous donnera plus de relief.
11- En dernier lieu, faites vous relire
Une fois ces conseils suivis, votre CV épluché, lu et relu dans tous les sens, demandez à quelqu’un de vous relire. Ça ne coûte rien, et cela vous donnera un avis extérieur sur un travail fastidieux et sur lequel on n’a généralement que très peu de recul.

Sociétés de services : c'est pas la taille qui compte, c'est la manière dont on s'en sert
Vendredi dernier, je devais conseiller au pied levé un ancien camarade d’école, deux promotions en dessous de moi, confronté à un dilemme cornélien quant à son avenir professionnel : à salaire, clients et avantages égaux, valait-il mieux qu’il fasse son stage de fin d’études dans une petite ou une grosse SSII ? Souvent considérées – pas toujours à tort – comme les négriers du XXIème siècle, les Sociétés de Services en Ingénierie Informatique représentent aussi un formidable tremplin pour les jeunes diplômés, à condition de ne pas craindre les heures supplémentaires. Grands comptes, projets d’envergure, missions de longue durée permettent de se constituer très rapidement un CV alléchant, propre à vous faire rejoindre quelques années plus tard la DSI d’un de vos anciens clients, ou à vous constituer le réseau professionnel dont vous aurez besoin le jour où vous voudrez voler de vos propres ailes. Le tout est de bien commencer, et de savoir quand s’arrêter.
Pourquoi rejoindre une grosse ?
L’époque où le seul moyen pour une petite société d’intégrer de gros comptes était de sous-traiter ses ressources à un partenaire plus gros est heureusement révolu. Aujourd’hui, les plus petits peuvent coopérer avec les plus grands. Avec seulement deux ans et demi d’existence, Actualys en est une preuve parmi d’autres. Cependant, sur les projets vraiment majeurs – plusieurs dizaines de personnes, planification sur plusieurs années – les postes à responsabilité seront systématiquement tenus par la société qui dirige le projet, bien qu’il soit possible de tirer son épingle du jeu aux moments critiques. Tout est une question de compétences et de vivacité d’esprit, mais ne comptez pas en tirer une quelconque gloire en dehors de votre équipe.
Les très grosses SSII ont généralement un système d’avancement établi, tous les deux ou trois ans, au rythme des inévitables et redoutés entretiens annuels. Le plan de carrière est tout tracé : technique les premières années, puis fonctionnel ou management après, jusqu’en haut de l’échelle pour les meilleurs. C’est un des points souvent appréciés de ces sociétés : la visibilité sur l’avenir et sur les possibilités d’évolution.
J’en profite pour introduire une digression dans mon propos.
Je souris toujours quand je reçois des CV de futurs diplômés à la recherche d’un stage de fin d’études en tant que chefs de projets. Mon livre de chevet du moment dit avec raison qu’on ne peut être un bon supérieur si on n’est pas d’abord un bon inférieur, et que pour bien commander, il faut d’abord apprendre à bien obéir. On ne peut pas concevoir un projet en grandeur réelle sans en avoir réalisé un, tout comme une ceinture noire en UML et MS Porject ne permettent pas à elles seules de résoudre des situations de crise. Et puis, code is fun tant qu’on choisit bien son langage. Bannissez PHP et Java de votre existence, ça ira mieux.
Fin de mon aparté.
Autre avantage des grosses SSII pour ceux que ce genre de détails intéresse : le comité d’entreprise. Pour certains, il s’agit d’un point non négligeable au moment de choisir une entreprise, et vous avez peu de chances d’en trouver un dans les petites structures. Un comité d’entreprise, cela signifie généralement les places de cinéma moins chères, et les chèques vacances à la fin de l’année.
Et une petite ?
Comité d’entreprise, carrière planifiée au millimètre, plus de chance d’avoir des responsabilités sur les projets vraiment majeurs, dès lors, pourquoi choisir une petite SSII ? Ces dernières ne semblent pas vraiment avantagées, et pourtant, je leur ai toujours donné ma préférence, pour 3 raisons précises.
Il est plus simple de se faire remarquer dans une petite société
Performant, mais en bas de l’échelle, vous avez beaucoup plus de chances de vous faire remarquer par vos employeurs au sein d’une petite société qu’au sein d’une grande, dans laquelle le cloisonnement hiérarchique ne permettra pas forcément à vos exploits de se répandre. Inversement, vous avez plus de chances de voir vos conneries rester au niveau de votre commercial traitant dans une grosse société.
Les responsabilités arrivent plus rapidement
Que vous soyez sur un projet en régie ou au forfait, chez le client ou à domicile, vos supérieurs vous confieront plus facilement des responsabilités s’ils vous côtoient au quotidien, et s’assurent par là même de vos compétences, et peuvent s’affranchir de l’inertie hiérarchique propre à certains grands cabinets. J’ajouterais que le côté relation humaine est beaucoup plus présente, encore plus quand votre entreprise travaille aussi au forfait.
Les perspectives d’évolution sont généralement plus variées
Bien que ce ne soit pas toujours le cas, particulièrement dans les entreprises pratiquant la monoculture technologique, une petite structure offre souvent une plus grande diversité de missions et de postes pour un profil donné. Les raisons en sont simples :
- Le nombre de ressources est moins important.
- La taille humaine de la structure permet de mieux connaître ses collaborateurs.
Le jour où vous postulerez, tâcher donc de cerner les pôles technologiques de votre futur employeur, afin de savoir à quoi vous pourrez être amené à toucher. Renseignez-vous ensuite sur les possibilités de formations en interne afin de faire, à terme, ce qui vous plaît dans un environnement qui vous plaît.
C’est pas la taille qui compte…
Une fois de plus, rappelez-vous que ce n’est pas la taille de la société qui compte, mais la manière dont vous envisagez votre carrière en son sein. Une fois que vous savez ce que vous voulez, renseignez-vous soigneusement sur les conditions de travail réelles, et pas sur ce que vous font miroiter des commerciaux ou des recruteurs le plus souvent payés à la commission, et donc prêts à tout pour vous faire signer un contrat.
Enfin, dernière recommandation, ne faites pas (toujours) confiance aux camarades de promotion qui vous promettent monts et merveilles : il y a de grandes chances pour qu’ils soient grassement récompensés le jour où ils vous feront rentrer dans leur société. Selon les cas, la cooptation peut rapporter plus de 1000 euros par personne embauchée, ce n’est pas rien. D’ailleurs, ça me fait penser qu’Actualys embauche toujours des développeurs web PHP, Java et Ruby on Rails. N’hésitez pas à postuler en disant que vous venez de ma part : de toute manière, je ne gagnerai pas un centime dessus.
L'open source, une bonne manière de ne pas perdre la main
Combien de fois ai-je vu des étudiants en stage de fin de cursus me déclarer “je veux être chef” avant même d’obtenir leur diplôme ? Et chef de quoi, d’abord ? Chef de projets, avant même sa première confrontation à un vrai projet dans le monde réel – comprendre celui de l’entreprise. Permettez moi de sourire : lors de mon passage à EDF, j’ai vu des centraliens pisser du Java sans rechigner 10 heures par jour, avant de pouvoir enfin obtenir le statut tant convoité.
On tient pourtant là un des (nombreux) paradoxes de bien des informaticiens :
Jeunes développeurs, ils craignent de le rester toute leur vie et n’ont rien de plus pressé que de quitter ce statut pour rejoindre le coté obscur de la force, peuplé de tableaux Excel, de présentations Powerpoint et de plateaux repas froids apportés par un traiteur en plein milieu d’une réunion marathon.
Chefs de projets, leur première inquiétude est de perdre pied sur le plan technique, et de ne plus pouvoir suivre ce que réalisent les développeurs placés sous leur responsabilité, voire d’effectuer des choix cohérents : CGI en C ou framework en PHP5 ? J2EE ou Ruby on Rails ?
On ne peut donner tort aux premiers : dans le monde impitoyable des sociétés de services, un développeur trop expérimenté coûte bien plus cher que ce que le marché accepte de le payer, ou alors c’est qu’il il fait du COBOL et maintient des applications plus vieilles que moi.
On peut donner pareillement raison aux seconds sur lesquels plane l’ombre de ces chefs de projets ou DSI de 55 ans, confortablement installés dans leur fauteuil en attendant la retraite, incapables de prendre une décision sensée puisqu’aux antipodes de la réalité, mais refusant de se remettre en question au nom du sacro saint principe de Dilbert qu’on ne doit pas nommer mais qu’on ne se gène pas pour appliquer au jour le jour. Ceux qui pensent que j’exagère manquent probablement encore d’expérience dans les méandres des grands groupes de notre beau pays.
Aux premiers, j’aurais envie de dire “patience” : vous apprenez la gestion de projets à l’école, et c’est très bien, mais avant de réclamer des responsabilités, souvenez-vous de ces deux proverbes :
La pratique n’est rien d’autre que la mise en application de la théorie… du moins en théorie.
et :
C’est au pied du mur qu’on voit le mieux le mur.
Quand aux seconds, je ne saurais leur conseiller meilleure alternative aux coûteuses formations dispensées par des instituts renommés que l’investissement au titre de vos loisirs dans un projet open source. Pas forcément à grosse dose, chacun selon ses possibilités mais vous n’en tirerez que des bénéfices :
- La dynamique de groupe de tels projets vous encouragera à participer.
- C’est une très bonne carte de visite pour le jour où un client fera une recherche sur votre nom sur Google.
- Le monde de l’open source est généralement très au fait des derniers changements technologiques auxquels vous risquez un jour d’être confronté.
- Vous nouez de nombreux contacts à l’international
En un mot : vous continuez à apprendre tout en vous amusant et vous rendant utile.
Microformats et publication de CV au Barcamp Paris 4
Jamais deux sans trois, je présentais donc les Microformats pour la troisième fois d’affilée au mini Barcamp qui avait lieu ce samedi dans les locaux de Mandriva, au 43 rue d’Aboukir dans le second arrondissement de Paris (lecteur, un Microformat se cache dans cette phrase, sauras tu le retrouver ?)
Offre d'emploi : développeur Power Builder
Je sais, ça va bientôt devenir une annexe de Lolix ici, mais bon, quand on aime, on ne compte pas, et en plus, je ne touche absolument rien sur les profils embauchés via ces annonces.
Pour me faire pardonner de ces régulières tergiversations, je tâcherai de mettre en ligne un article de fond intéressant d’ici samedi matin, voilà.
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Passionné d'informatique depuis l'âge de six ans, je travaille en tant que responsable qualité chez blueKiwi Software, éditeur spécialiste des outils collaboratifs en entreprise. Ma double formation en sciences politiques et en informatique me permet de porter un regard particulier sur les problématiques abordées par mon poste.