Recrutement 2.0, français 2.0 et politesse 2.0

Le 06 juin 2007 à 20h46 | 14 commentaires

Je ne sais pas si c’est le printemps qui fait ça, ou simplement une conjoncture exceptionnellement favorable aux NTIC, mais je reçois quotidiennement quatre ou cinq “propositions de collaboration” de la part d’entreprises ou de SSII oeuvrant dans le nouveau web, comme elles aiment se définir.

Bien qu’actuellement en poste, j’aime bien recevoir ce genre de sollicitations : c’est bon pour l’ego, et, si ça se trouve, le job de ma vie va me tomber dessus, pouf, comme ça, sans prévenir. Malheureusement, tout n’est pas rose au pays du 2.0, et comme le montrent ces quelques chiffres pris sur les 20 dernières offres reçues :

  • 15 admettent avoir trouvé mon profil sur ce blog mais 3 seulement affirment le lire régulièrement.
  • 17 présentent plus de 5 fautes d’orthographe et de grammaire dans le corps du mail.
  • 4 ont plus de 10 fautes de grammaire et d’orthographe.
  • 11 oublient de me dire bonjour.
  • 2 omettent de mettre un sujet à leur mail.
  • 4 ont visiblement oublié qu’une phrase commençait par une majuscule et pouvait éventuellement contenir des signes de ponctuation.
  • 9 font moins de 7 lignes signature comprise.
  • 12 ne présentent pas leur société.
  • 6 me disent travailler sur un projet faramineux qui va les emmener aux sommets du NASDAQ, mais une seule m’a vaguement dévoilé le sujet général du projet.
  • 3 ont envoyé leur mail à eux même et à un certain “undisclosed recipients”.
  • Une s’est prise une fin de non recevoir de ma part, et est tout de même revenue à la charge’
  • Et j’en oublie certainement.

Que seraient des statistiques sans remarques ni interprétation ?

La première chose qui me vient à l’esprit est évidemment que ces gens là ont, pour la très grande majorité, appris le français sur Skyblog. Je sais bien que c’est un peu facile, mais cela pourrait expliquer pourquoi ils n’ont pas activé la correction orthographique de leur logiciel de courrier.

La seconde, qui pourrait expliquer pas mal de choses, est que, persuadés de devenir les futurs maîtres du monde, ils se permettent de prendre leurs futurs valets pour de la merde. Quand je vois l’attention que portent aujourd’hui les sociétés à la qualité orthographique et rédactionnelle des CV, je me dis que les offres d’emploi pourraient bien en faire autant.

Ma troisième pensée est quelque part un peu plus inquiétante. Il semblerait que la majorité des entreprises du web 2.0 amenées à me contacter aient été montées par des adolescents de 16 ans dans leur garage persuadés de se revendre quelques centaines de millions d’euros à Google dans quelques mois. Il risque d’y avoir des pleurs et des grincements de dents, sans compter une bulle 2.0 que je vois pointer à termes, encore que…

Et la quatrième va à I2BP. Vous avez un projet qui va révolutionner le web ? Vous pensez pouvoir faire fortune et voulez que nous collaborions ? Soit, mais dites m’en un peu plus alors. Si vous voulez que nous travaillions ensemble c’est que vous souhaitez nouer une relation de confiance avec moi. À vous de faire le premier pas pour que je vois qu’on peut vous faire confiance. Comme je le disais à un chef d’entreprise pas plus tard qu’aujourd’hui, je ne tiens pas à mettre le futur de ma famille entre les mains du premier abruti venu.

D’une manière plus générale, j’ai l’impression que les entrepreneurs 2.0 (en italique, pour ne pas choquer les entrepreneurs sérieux) confondent détente et je m’en foutisme, convivialité et impolitesse. Si vous souhaitez qu’on vous prenne au sérieux, et qu’on ne vous impute pas les erreurs de vos prédécesseurs, il serait bon, messieurs, que vous songiez à faire montre d’un peu de rigueur dans votre communication.

Sur ce, je vous laisse, j’ai des specs à terminer si je veux les rendre dans les temps.

À bon entendeur…

la tour eifel

Ma présentation CV et Microformats citée sur 01net

Le 05 avril 2007 à 23h27 | 0 commentaire

Merci à Mathieu qui vient de me signaler que ma présentation du 16 septembre dernier sur les CV et les Microformats venait d’être citée dans un article de 01net sur le recrutement via le web : Le web n’exclut pas une relation candidat-recruteur plus humaine.

Voilà un article, par ailleurs très pertinent, qui fait bien plaisir. Jacques, puisque je vois ton nom dans le billet, est-ce à toi que je dois cette citation ?

10 + 1 conseils pratique à ceux qui refont leur CV

Le 27 mars 2007 à 21h24 | 13 commentaires

Depuis mes premiers articles sur la recherche d’emploi, je reçois régulièrement des demandes de personnes plus ou moins proches me demandant leur avis à propos de leur C.V. Les questions et les remarques tournant généralement autour des mêmes sujets, il m’a semblé intéressant de les regrouper dans un billet… orienté web, évidemment.

L'épineux problème des questionnaires d'embauche

Le 11 mars 2007 à 19h59 | 4 commentaires

On lit souvent un peu tout et surtout n’importe quoi à propos à propos des entretiens d’embauche dans les NTIC, et le sujet des tests techniques n’est évidemment pas en restes. Entre les adeptes du test pratique comme seul déterminant possible de la valeur d’un candidat et les zélotes du QCM de 200 questions à réaliser en trente minutes, difficile de faire son choix. Toutes proportions raisonnables gardées, l’un et l’autre ont pourtant leurs avantages. Le test pratique vous permet de voir en peu de temps comment travaille votre candidat. Cependant, 3 requêtes dans une base de données ne garantissent pas la qualité du travail sur le long terme, ni les capacités de reprise d’une application complexe, ancienne, et développée par plusieurs personnes. Le QCM vous assure que votre développeur a un profil purement technique et qu’il a bien appris par coeur fr.php.net. Mais un développeur n’est pas (seulement) un pisseur de code, et rien ne vous garantit qu’il sera capable de réfléchir le jour où il sera confronté à un problème vraiment sérieux. Sans compter qu’on ne peut pas demander la même chose à quelqu’un qui sort de l’école et à un senior avec 10 ans d’expérience.

Tant qu'à exploiter des stagiaires, exploitez les tôt !

Le 14 février 2007 à 19h28 | 9 commentaires

L’insertion d’un élément au sein d’une entreprise dès les études – et notamment à l’occasion des divers stages qui jalonnent son parcours est un investissement des plus avisés. La future recrue est intégrée au groupe existant et formée aux méthodes de l’entreprise avant sa véritable arrivée dans la vie active. Cela permet non seulement de se rendre compte rapidement du véritable potentiel du candidat, mais aussi de créer une “période d’essai à rallonge” quand un ou trois mois peuvent ne pas suffire à évaluer quelqu’un, particulièrement sur des projets à long termes.

Sociétés de services : c'est pas la taille qui compte, c'est la manière dont on s'en sert

Le 30 janvier 2007 à 21h56 | 3 commentaires

Vendredi dernier, je devais conseiller au pied levé un ancien camarade d’école, deux promotions en dessous de moi, confronté à un dilemme cornélien quant à son avenir professionnel : à salaire, clients et avantages égaux, valait-il mieux qu’il fasse son stage de fin d’études dans une petite ou une grosse SSII ? Souvent considérées – pas toujours à tort – comme les négriers du XXIème siècle, les Sociétés de Services en Ingénierie Informatique représentent aussi un formidable tremplin pour les jeunes diplômés, à condition de ne pas craindre les heures supplémentaires. Grands comptes, projets d’envergure, missions de longue durée permettent de se constituer très rapidement un CV alléchant, propre à vous faire rejoindre quelques années plus tard la DSI d’un de vos anciens clients, ou à vous constituer le réseau professionnel dont vous aurez besoin le jour où vous voudrez voler de vos propres ailes. Le tout est de bien commencer, et de savoir quand s’arrêter.

Offre d'emploi : développeur PHP expérimenté

Le 30 novembre 2006 à 17h12 | 0 commentaire

actualys

Dans le cadre de son développement, Actualys, agence spécialisée dans l’accompagnement des grands comptes dans leurs projets web recrute un développeur PHP expérimenté pour une mission longue durée dans la banque et la finance.

Offre d'emploi : directeur artistique

Le 28 novembre 2006 à 16h26 | 0 commentaire

actualysActualys, agence web spécialisée dans l’accompagnement de projets grands comptes (banques, opérateurs téléphoniques, industries…) recherche un directeur artistique pour renforcer son équipe sur son site de Neuilly sur Seine.

Doué d’un grand sens artistique, vous serez chargé de concevoir maquette, design et charte graphique des sites, applications et opérations lancés par Actualys pour ses clients.

Web deux point n'importe quoi

Le 13 novembre 2006 à 21h50 | 7 commentaires

Les offres d’emploi dans les technologies de l’information constituent généralement une bonne approche de l’état du marché. Sortis du langage très formel généralement utilisé dans la description des postes, l’utilisation de certains mots clés donnent des indications intéressantes sur les tendances en cours, aussi bien en matière de technologies que de projets.

Malheureusement, cela permet aussi de se rendre compte que de nombreux commerciaux jouent encore sur les mots clés du moment sans pour autant avoir la moindre idée de ce dont ils parlent, comme me le prouve cette annonce reçue ce matin :

La société souhaite réorganiser le site [insérer ici un site quelconque] et le doter de nouvelles fonctionnalités, en y intégrant des applications faisant appel aux nouvelles technologies de l’Internet, notamment celles en relation avec le Web 2.0.

Difficile de ne pas sourire quand je lis la liste des compétences requises :

  • Fortes compétences en deéveloppement d’application Web interactives utilisant la programmation en langage objet et les technos AJAX
  • PHP / MySQL, JavaScript, XHTML et CSS, DOM, XMLHttpRequest

Et je ne peux réprimer de tiquer en voyant la dernière ligne de l’offre :

En complément, les connaissances dans les domaines suivants seraient un plus :

  • architecture client/server J2EE

J2EE… sooooo web 1.0.

L'open source, une bonne manière de ne pas perdre la main

Le 07 novembre 2006 à 22h43 | 4 commentaires

Combien de fois ai-je vu des étudiants en stage de fin de cursus me déclarer “je veux être chef” avant même d’obtenir leur diplôme ? Et chef de quoi, d’abord ? Chef de projets, avant même sa première confrontation à un vrai projet dans le monde réel – comprendre celui de l’entreprise. Permettez moi de sourire : lors de mon passage à EDF, j’ai vu des centraliens pisser du Java sans rechigner 10 heures par jour, avant de pouvoir enfin obtenir le statut tant convoité.

On tient pourtant là un des (nombreux) paradoxes de bien des informaticiens :

Jeunes développeurs, ils craignent de le rester toute leur vie et n’ont rien de plus pressé que de quitter ce statut pour rejoindre le coté obscur de la force, peuplé de tableaux Excel, de présentations Powerpoint et de plateaux repas froids apportés par un traiteur en plein milieu d’une réunion marathon.

Chefs de projets, leur première inquiétude est de perdre pied sur le plan technique, et de ne plus pouvoir suivre ce que réalisent les développeurs placés sous leur responsabilité, voire d’effectuer des choix cohérents : CGI en C ou framework en PHP5 ? J2EE ou Ruby on Rails ?

On ne peut donner tort aux premiers : dans le monde impitoyable des sociétés de services, un développeur trop expérimenté coûte bien plus cher que ce que le marché accepte de le payer, ou alors c’est qu’il il fait du COBOL et maintient des applications plus vieilles que moi.

On peut donner pareillement raison aux seconds sur lesquels plane l’ombre de ces chefs de projets ou DSI de 55 ans, confortablement installés dans leur fauteuil en attendant la retraite, incapables de prendre une décision sensée puisqu’aux antipodes de la réalité, mais refusant de se remettre en question au nom du sacro saint principe de Dilbert qu’on ne doit pas nommer mais qu’on ne se gène pas pour appliquer au jour le jour. Ceux qui pensent que j’exagère manquent probablement encore d’expérience dans les méandres des grands groupes de notre beau pays.

Aux premiers, j’aurais envie de dire “patience” : vous apprenez la gestion de projets à l’école, et c’est très bien, mais avant de réclamer des responsabilités, souvenez-vous de ces deux proverbes :

La pratique n’est rien d’autre que la mise en application de la théorie… du moins en théorie.

et :

C’est au pied du mur qu’on voit le mieux le mur.

Quand aux seconds, je ne saurais leur conseiller meilleure alternative aux coûteuses formations dispensées par des instituts renommés que l’investissement au titre de vos loisirs dans un projet open source. Pas forcément à grosse dose, chacun selon ses possibilités mais vous n’en tirerez que des bénéfices :

  • La dynamique de groupe de tels projets vous encouragera à participer.
  • C’est une très bonne carte de visite pour le jour où un client fera une recherche sur votre nom sur Google.
  • Le monde de l’open source est généralement très au fait des derniers changements technologiques auxquels vous risquez un jour d’être confronté.
  • Vous nouez de nombreux contacts à l’international

En un mot : vous continuez à apprendre tout en vous amusant et vous rendant utile.

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