Les 10 (+ 1) plus grosses erreurs du consultant web

Le 25 novembre 2008 à 22h27 | 8 commentaires

Je discutais l’autre soir avec un ami qui passait brusquement du poste de chef de projets chez un éditeur de logiciels au dur mais passionnant métier de consultant spécialisé dans la refonte de sites et applications web auprès de grands comptes. N’ayant jamais eu à intervenir directement en clientèle, il me faisait part de ses craintes à l’approche de sa première mission, et me demandait mon retour d’expérience sur le sujet.
Je lui ai promis de réfléchir, et afin de lui donner le feedback le plus pertinent possible. Entre temps, Bertrand Duperrin m’a transmit un article plus généraliste sur les erreurs habituelles des consultants, qui contenait quelques pistes supplémentaires et m’a permis d’étayer un peu plus ma réflexion.

Un premier ministre très 2.0

Le 21 juin 2007 à 23h44 | 4 commentaires

Un peu surpris ce matin, je découvre que le site officiel du premier ministre, en plus d’une newsletter personnalisable, dispose d’une page RSS et une page de podcasts permettant de suivre les divers communiqués émis par Matignon. Et pour ne rien gâcher, cette page est un modèle du genre comme j’aimerais en rencontrer plus souvent.

La page commence par une excellente définition du RSS, loin de tout effet marketing : précise, scientifique, mais accessible et efficace à la fois.

La syndication permet d’établir des échanges d’informations (textes, liens, images) entre sites internet, qui sont automatiquement mis à jour.

Ce dispositif permet notamment d’afficher sur un site des informations issues d’un autre site tout en conservant sa propre mise en page et sa propre charte graphique (on parle de publication en marque blanche)

S’ensuivent une description du contenu global proposé par les flux, ainsi qu’une liste de flux pertinents : types de documents et grandes thématiques : emploi, éducation, santé…

Par défaut, l’ensemble des fils RSS disponibles proposent les 10 derniers documents recherchés, classés du plus récent au plus ancien. Chaque lien proposé précise le jour et l’heure de publication, le titre du document ainsi qu’un court résumé (lorsqu’il est disponible).

Le meilleur reste évidemment pour la fin : la génération de flux entièrement paramétrables. En trois clics, je peux décider de ce que je vais suivre de l’actualité du premier ministre avec une remarquable granularité :

  1. Type de document désiré (actualités, communiqués de presse, discours, compte-rendu du conseil des ministres…)
  2. Thématique, parmi les 70 grands thèmes proposés, ou tous à la fois.
  3. On valide, et voilà !

Je ne sais pas vraiment qui a mis cela en place, ni quand, mais la présence de flux RSS efficaces, pertinents et bien pensés sur le site officiel du premier ministre montre définitivement que la syndication a largement dépassé l’effet de mode – s’il restait des sceptiques – pour rentrer dans l’ère de la grande production.

Soulagez-vous dans les urnes !

Le 22 avril 2007 à 14h46 | 1 commentaire

Dans le cas où vous seriez de nationalité français, majeur, titulaire de vos droits civiques, que vous n’auriez pas été irresponsable au point de ne pas aller vous inscrire dans votre mairie avant le 31 décembre 2006 et que vous ne seriez pas déjà sorti de chez vous depuis ce matin, merci de bien vouloir fermer votre explorateur ou votre agrégateur afin de vous rendre dans le bureau de vote le plus proche.

N’étant pas un blogueur influent (mouahahahaha kikooolol) je ne me permettrai pas de vous donner de consignes de votes, ni de vous proposer de vous accompagner jusqu’à la porte de l’isoloir pour être certain de vous voir voter pour le bon candidat. Mais par pitié, votez. Dans le cas où vous vous abstiendriez pour quelque raison que ce soit, vous perdriez de fait tout droit à récriminer contre un président à l’é[le|vi]ction duquel vous n’auriez pas participé.

Ceci était un message à caractère civique. Tout de suite, la reprise de notre programme habituel.

l'arrière de l'église Saint Gervais, Paris

Les candidats à la présidentielle, la technologie et les standards du web

Le 21 janvier 2007 à 16h02 | 9 commentaires

On lit régulièrement à gauche et à droite (sic) que les standards du web gagnent du terrain, que les usages changent y compris dans le grand public, que ce soient grâce aux pionniers de l’évangélisation ou à la généralisation des plates-formes de publication générant du code conforme aux standards du web. En un mot, il parait que Monsieur Tout Le Monde produit aujourd’hui un XHTML parfaitement valide, accompagné de feuilles de style valides elles-aussi, légères et bien optimisées. Il parait aussi que l’open source et les logiciels libres gagnent du terrain, que ce soient chez les grands comptes ou dans l’administration, et que le monde entier va bientôt communier dans la liberté des outils, des formats et des idées. Seul une petite enclave américaine, dans la province de Redmond, résisterait encore à l’envahisseur…

Comme je n’avais pas grand chose d’autre à faire de ma matinée, je me suis penché sur les sites de campagnes des différents candidats à l’élection présidentielle de 2007, qu’ils détiennent ou non leurs 500 signatures, et sur leurs usages. J’en ai tiré deux tableaux récapitulatifs, le premier sur les technologies utilisées, et le second sur les standards du web, et les résultats ne sont pas bien glorieux.

La technologie

Pour cette première partie, mes critères de sélection étaient :

  • Système d’exploitation.
  • Serveur Web.
  • Technologie utilisée.
Candidat Parti Système d’exploitation Serveur Web Technologie
François Bayrou UDF Linux Mandriva Apache 2.2.23 PHP
Frédéric Nihous CPNT Linux Apache 1.3.33 Frontpage (?)
Ségolène Royal PS Debian Apache 1.3.33 PHP
Nicolas Sarkozy UMP Linux Apache 1.3.33 PHP
Gérard Schivardi RDL Linux Apache ?
Dominique Voynet Les Verts Linux Apache PHP (Dotclear)
Olivier Besancenot LCR Linux Apache 2.0.54 PHP
Marie-George Buffet PCF Debian Apache 2.0.54 PHP
Christian Chavrier PF Fedora Apache 2.0.51 HTML
Jacques Cheminade S et P Debian Apache 1.3.33 PHP
Philippe de Villier MPF Debian Apache 1.3.33 HTML
Nicolas Dupont-Aignant DLR Debian Apache 1.3.33 PHP (Spip)
France Gamerre GE Windows 2003 Server IIS 6.0 .NET
Jean-Michel Jardy CNI Linux Apache PHP
Arlette Laguiller LO Linux Apache HTML
Jean-Marie Le Pen FN Linux Apache 1.3.37 PHP
Corinne Lepage Cap 21 Linux Apache 2.0.58 PHP
Les systèmes d’exploitation.

Une majorité écrasante des candidats est hébergée sous Linux (94,12%) pour 5.88% de systèmes d’exploitation propriétaires.

Les distributions les plus communément rencontrées sont :

  • Debian : 5 (29.41%).
  • Fedora : 1 (5.88%).
  • Mandriva : 1 (5.88%).

52.94% (9) des candidats n’affichent pas la version de leur système d’exploitation (et il serait particulièrement impoli d’aller à la pêche aux informations à coup de nmap sans leur demander avant).

Les serveurs webs

Là aussi, l’open source est à l’honneur, avec 94.5% d’Apaches, pour 5.88% de IIS 6.0

La répartition entre les versions donne :

  • Apache 2.2 : 1 (5.88%).
  • Apache 2.0 : 4 (23.52%).
  • Apache 1.3 : 7 (41.17%).
  • IIS 5.0 : 1 (5.88%).
  • Version non communiquée : 3 (23.52%)
Langages utilisés

Curieusement, on trouve encore un certain nombre de sites n’utilisant pas de moteur de rendu, mais simplement des pages HTML statiques. PHP reste pourtant à l’honneur, et .NET arrive bon dernier.

  • PHP : 11 (64,7%).
  • HTML statique : 4 (23.52%).
  • .NET : 1 (5.88%).

Je ne suis pas parvenu à voir ce qu’utilisait Gérard Schivardi.

Développement spécifique, solutions hébergées et open source

Une très faible majorité des candidats s’appuie sur des solutions open source (ou admettent les utiliser). Parmi elles, on trouve :

  • Dotclear (Bix, on t’a reconnu) : 1 (5.88%).
  • SPIP : 1 (5.88%).

La très grande majorité des candidats s’appuie sur un développement spécifique (70.58%), et seuls 17.64% utilisent des solutions hébergées :

  • Blogspirit : 1 (5.8%).
  • Over-Blog : 1 (5.8%).
  • Haut et Fort : 1 (5.8%).

Les candidats et le standards du web

C’est là que les choses se gâtent, puisque les chiffres sont tout simplement catastrophiques : un seul site passe la validation (Nicolas Sarkozy ), une grande majorité de développements en tableaux, et beaucoup de n’importe quoi, à croire qu’un grand nombre de candidats a recyclé les sites de la campagne de 1995.

Mes critères d’étude pour cette seconde section étaient :

  • Modèle de développement.
  • Doctype.
  • Content Type.
  • (X)HTML valide
  • CSS Valide
Candidat Parti Développement Doctype Content Type (X)HTML valide CSS valide
François Bayrou UDF Divs XHTML 1.1 text/html non non
Frédéric Nihous CPNT Tableaux Aucun Aucun non Pas de CSS
Ségolène Royal PS Tableaux XHTML 1.0 Transitionnal text/html non oui
Nicolas Sarkozy UMP Tableaux HTML 4.01 Transitionnal text/html oui non
Gérard Schivardi RDL Tableaux Aucun text/html non non
Dominique Voynet Les Verts Divs XHTML 1.0 Strict text/html non oui
Olivier Besancenot LCR Tableaux Aucun text/html non Pas de CSS
Marie-George Buffet PCF Tableaux XHTML 1.0 Transitionnal text/html non non
Christian Chavrier PF Tableaux Aucun text/html non non
Jacques Cheminade S et P Tableaux HTML 4.01 Transitionnal text/html non non
Philippe de Villier MPF Frames XHTML 1.0 Frameset text/html non non
Nicolas Dupont-Aignant DLR Divs XHTML 1.0 Transitionnal text/html non non
France Gamerre GE Tableaux Aucun text/html non non
Jean-Michel Jardy CNI Tableaux XHTML 1.0 Transitionnal text/html non non
Arlette Laguiller LO Divs XHTML 1.0 Transitionnal text/html non non
Jean-Marie Le Pen FN Tableaux HTML 4.01 Transitionnal text/html non non
Corinne Lepage Cap 21 Divs XHTML 1.0 Transitionnal text/html non non
Les modes de développement

On trouve de tout, un peu comme au bon vieux temps de la Samar’ :

  • Tableaux : 11 (64.7%).
  • Divs : 5 (29.41%).
  • Frames : 1 (5.88%).

Une écrasante majorité de tableaux, qui commencerait presque à me faire sérieusement douter de tout ce que j’ai entendu au sujet de l’adoption des standards du web ces deux dernières années.

Les doctypes

Et vous, vous aimez ça comment ?

  • XHTML 1.0 Transitionnal : 6 (35.29%).
  • Pas de doctype : 5 (29.41%).
  • HTML 4.01 Transitionnal : 3 (17.64%).
  • XHTML 1.0 Strict : 1 (5.88%).
  • XHTML 1.0 Frameset : 1 (5.88).
  • XHTML 1.1 : 1 (5.88%).
Les content Types

Ça sert à quoi au juste ?

  • text/html : 16 (94.11%).
  • Aucun doctype : 1 (5.88%).
La validation (X)HTML

Et là… c’est le drame !

  • Oui : 1 (5.88%).
  • Non : 16 (94.11%).
La validation CSS
  • Oui : 2 (11.76%).
  • Non : 12 (70.58%).
  • Pas de CSS (style intégré dans les balises) : 2 (11.76%).

Conclusion

C’est… déprimant comme un dimanche de novembre, ne me vois pas d’autre mot.

En tout cas, cela montre qu’un travail d’évangélisation urgent doit se faire auprès des professionnels, en commençant par la base, c’est à dire les développeurs et les intégrateurs. La prochaine fois, si j’ai le temps, je vous proposerai un comparatif des points d’échec de tous ces sites aux tests d’accessibilité. Et si on me paye très cher, des propositions pour une refonte ergonomique… y’a du boulot !

[edit]

Le blog de Dominique Voynet validera certainement quand son attaché de presse cessera de copier / coller des caractères non UTF-8 depuis son Word OpenOffice.org favori. Bix, si tu m’entends…

Le nombre minimum d’erreurs recensé à la validation tourne autour de 30, ceci pour faire taire ceux qui diraient “oui, mais si ça se trouve, ils ne valident pas pour 2 ou 3 erreurs”.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le web 2.0 sans jamais oser le demander

Le 12 novembre 2006 à 21h36 | 2 commentaires

Je viens de rejoindre l’initiative Dessine moi le web 2.0, lancée par l’agence Groupe Reflect.

Après Tristan Nitot, Bertrand Duperrin ou Frédéric Cavazza, c’est à mon tour de m’exprimer à propos du web 2.0 à travers une rapide interview :

  1. Qui êtes vous et quel est votre rapport avec le web 2.0 ?
  2. Si vous deviez expliquer le web 2.0 à tout un chacun, qu’est-ce que vous diriez ?
  3. Qu’est ce que représente le “web 2.0 dans le monde d’aujourd’hui, quel impact sur la société, l’économie, la technologie et autres ?
  4. Le web 2.0, et après ?

La réponse à toutes ces questions se trouve sur Le web 2.0 de Frédéric de Villamil. En ce qui concerne la question de la vie, de l’univers et du reste, la réponse est toujours 42… .0, évidemment.

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