Twitter devient une chambre d'écho géante (et ça me fait bien chier)

Je ne sais pas trop à quoi ils jouent chez Twitter. Mais s’ils veulent transformer un service capable de transmettre des informations à une vitesse jamais atteinte et de générer des conversations d’un bout à l’autre du globe improbables en une chambre d’échos à rendre jaloux MSN, le Loft et le collectif des blogueuses maquillage, ils sont bien partis.

Twitter, une nouvelle chambre d'écho

Tout à commencé le jour lointain où ils ont décidé que tout tweet commençant par @machin ne serait plus reçu que par les gens suivant effectivement @machin.

Je peux certes comprendre que les gens qui ne suivent pas @machin ne souhaitent pas connaître la teneur de mes conversations avec lui. Mais si cela rentre dans la sphère du privé, il me reste le message direct, si tant-est qu’il me suive. Pour le reste, un message public a – théoriquement – vocation à être connu de tous. Aussi le limiter au public restreint de ceux qui en suivent le destinataire revient à limiter la portée des conversations de manière assez drastique. Peut-être y avait-il des contraintes de performances derrière cette décision – à l’époque Twitter était en rade au moins un jour sur deux – mais il n’empêche que Twitter, c’était mieux avant.

Plus récemment, Twitter a mis en place une liste des gens que je devrais suivre. Cette liste est basée sur un algorithme simple : les amis de mes amis sont mes amis. Le service met donc en avant les gens suivis par le plus grand nombre de gens que je suis également.

Seul hic : sur la liste des gens recommandés par Twitter, il y a – à l’exception de Nathalie Kosciusko-Morizet – que des gens que je connais “dans la vraie vie” et que j’ai choisi, pour une raison ou pour une autre, de ne pas inclure dans la liste très restreinte des gens que je suis.

Je ne sais pas qui de l’oeuf ou de la poule a commencé, mais c’est d’autant plus agaçant que je ne peux pas dire zob de manière définitive. Chaque fois que je retourne sur la liste des personnes suggérées, je me retrouve avec la liste de ceux que j’ai refusé de suivre quelques jours plus tôt.

Parlez-moi de chambre d’écho, quand je ne peux plus voir les tweets adressés aux personnes que je ne suis pas, et que l’on ne veut me faire suivre que des gens que j’ai justement choisi de ne pas suivre. Ne le prenez pas mal si vous en faites partie, mais j’ai une capacité d’attention trop restreinte pour ajouter plus de 150 personnes à la liste de mes flux RSS. Or, pour moi, Twitter est avant tout un outil de veille, sur laquelle j’ai la chance de pouvoir bâtir des conversations, conversations qui finiront bientôt par tourner en rond faute de ne plus pouvoir découvrir de nouvelles sources d’inspiration hors des listes de personnes recommandées par le politburo.

Publié le 14 août 2010 à 00h06 Publié sous et Labels rant, twitter, humeur, web, conversation, veille

À propos

Frédéric de Villamil

Je m'appelle Frédéric de Villamil, et quand je ne déploie pas ma mauvaise humeur et ma mauvaise foi sur le Web, je suis un super héros chargé de sauver le monde. Vous pouvez me suivre sur Twitter.

  1. François le 14 août 2010 à 00h27

    A l’époque, le coup des replies adressés à un public limité était bien justifié par un pb de performances, qui ne tient donc plus aujourd’hui. Jamais été fan de cette restriction, alors que suivre les conversation de nos contacts avec des inconnus était une superbe façon de découvrir de nouveaux contacts justement. A la grande époque du début de Twitter en France, c’est comme ça que j’ai découvert beaucoup de monde (et je crois qu’on s’est connus d’ailleurs ;) ).

  2. Thomas le 14 août 2010 à 10h29

    J’utilise aussi Twitter pour faire la veille mais il suffit d’aller voir la page d’accueil en étant non connecté pour s’apercevoir que nous sommes minoritaires. Twitter a été envahit par les Skybogs.

    Les top tweets concernent une fois sur 3 Secret Story 4, et une fois sur 3 “twitter” en lui même (des gens qui disent “c’est trop bien twitter” ou “c’est trop nul twitter on ne parle que de #ss4”. Le dernier tiers est aléatoire. Preuve : http://twitter.com/toptweets_fr/favorites (et regarder, pour tous les tags #ss4 le site web de la personne est un skyblog) :(

  3. JS le 14 août 2010 à 11h31

    Tiens, j’étais complètement passé à coté de ce truc. C’est clair que ça permettait de découvrir des gens… hum…

  4. Frédéric de Villamil le 14 août 2010 à 11h59

    @françois : oui je crois que c’était par Betrand Duperrin et Mélanie Ray si je ne me trompe pas.

    @Thomas : tu n’as pas besoin d’aller sur les top tweets pour trouver de la ressource intéressante AMHA. Mais le fait de savoir à qui parlent les gens avec qui tu parles te permet d’élargir le cercle de tes amis. Quant au Twitter envahi par les Skyblogs, j’en parlais il y a plus de 3 ans http://t37.net/twitter-la-branlette-2-0.html

    @JS : visiblement beaucoup d’utilisateurs de Twitter ne s’en sont pas rendus compte.

  5. Infornographie le 14 août 2010 à 16h31

    C’est vrai que ça limite pas mal. Alors il y a bien le #followfriday pour trouver des gens sympa suivis par les gens sympas que l’on suis, mais je dois avouer les limites de la pratique. Après quelques semaines, je tourne pas mal en rond. Et pareil, en ce qui concerne les conseils de gens à ajouter… à part une ou deux bonnes surprises, ce ne sont que des stars et autres stars du twit suivies par des milliers et qui ne me semblent pas proposer un dialogue possible et un peu personnalisé…

  6. Thomas Tourlourat le 17 août 2010 à 14h34

    Aujourd’hui, c’est “My Twifficiency score is… Whats your ?”

    Sans rentrer dans le troll : sa sux…

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