Virez les drogués du boulot !

La controverse du week-end nous vient de John Calacanis, le fondateur Mahalo, qui donne dans une interview quelques conseils “avisés” aux entrepreneurs du web sur comment tirer le meilleur des employés de sa startup. Parmi un joli ramassis de conneries, on retiendra surtout :

Virez les personnes qui ne sont pas accros au travail. On parle de startup, si vous voulez une vie équilibrée, allez travailler à la Poste ou au Starbuck’s.

Les réponses, le plus souvent virulentes à l’égard de Calacanis, ne se sont pas faites attendre. La plus intéressante vient de David Heinemeier Hansson de 37 Signals, et accessoirement créateur du framework Ruby on Rails dans son billet Virez les drogués du boulot, dans lequel il prend le contre-pied des thèses de Calacanis.

  1. Les drogués du boulot vous diront certainement qu’ils prennent leur pied à travailler 14 heures par jour. Mais quoi qu’ils en disent, ce n’est pas tenable sur le long terme. Et le jour où ça doit péter, ça pétera au pire moment possible, loi de Murphy oblige.
  2. Les drogués du boulot passeront certainement des heures à tenter de régler un problème. Dès qu’il s’agit de créativité, vous partez dans le mur et n’obtiendrez jamais rien de sensationnel.
  3. Les gens qui travaillent toujours très tard mettent leurs collègues mal à l’aise quand ceux-ci ne suivent pas le même rythme de travail. Cela les fait culpabiliser, se sentir nul et diminue leur moral. Pire que tout, finit par les faire rester tard par obligation, sans que rien de vraiment productif n’en sorte.
  4. À force d’avoir la tête dans le guidon, vous risquez fort de manquer du recul nécessaire pour prendre les bonnes décisions. Passer à coté des choses de la vie est le meilleur moyen de se planter.
  5. Travailler avec des gens passionnants est plus intéressant que simplement travailler. Si vous ne pensez qu’à travailler, travailler et encore travailler, les petites bouffes entre collègues doivent vous sembler bien ennuyeuses.

Malgré une passion certaine pour mon travail (et non pour le travail en général), je rejoins tout à fait le point de vue de David. Des gens passionnés par ce qu’ils font produiront un travail de meilleur qualité, dans une bien meilleure ambiance, et n’hésiteront pas à travailler plus quand le besoin s’en fait sentir, par passion. J’ai la chance de travailler avec des gens qui ont les yeux qui brillent dès qu’ils parlent du produit ou de ce qu’ils font dans la société, tout en ayant une vie à coté, et non avec une bande de robots adeptes du métro, boulot, (un peu) dodo.

Et D.H.H de conclure :

Si votre startup ne peut marcher qu’en mode usine c’est que votre idée n’est pas assez bonne. Revoyez votre copie, et proposez un projet qui pourra être réalisé par des gens, pas par des machines.

la tour jean sans peur

Publié le 09 mars 2008 à 09h26 Publié sous et Labels startup, management, web

À propos

Frédéric de Villamil

Je m'appelle Frédéric de Villamil, et quand je ne déploie pas ma mauvaise humeur et ma mauvaise foi sur le Web, je suis un super héros chargé de sauver le monde. Vous pouvez me suivre sur Twitter.

  1. Laurent le 09 mars 2008 à 11h07

    Jamais nulle part je n’avais entendu parler de mahalo. Ca doit probablement être un signe.

  2. Pascal Rauma, Finland le 09 mars 2008 à 11h13

    Complètement d’accord. Il y a un temps pour tout et même le travail le plus intéressant nécessite que les batteries se rechargent. J’ai laissé un commentaire suite au billet de ce taré, parce que c’en est un. Aussi affligeants sont les commentaires élogieux qui en rajoutent à ce déballage de bêtises. J’ose à peine croire qu’entre le billet et les commentaires tout ceci soit sérieux. Nous ne sommes pas encore le 1er Avril pourtant.

  3. dda le 09 mars 2008 à 15h01
    Les gens qui travaillent toujours très tard mettent leurs collègues mal à l’aise quand ceux-ci ne suivent pas le même rythme de travail.

    Pas de danger que ça arrive au Pays-Des-35-Heures, ça…

  4. Oncle Tom le 09 mars 2008 à 15h04

    Petite correction : il s’agit de Jason Calacanis ;-)

  5. Tristan le 09 mars 2008 à 15h56

    Ô, melodrâme !

    J’ai toujours ete completement depasse par le besoin qu’eprouvent certains bloggeurs de relayer les billets qui d’apres eux sont des ramassis de conneries. Si le billet est sans interet et irritant, pourquoi s’attarder dessus ? Pourquoi souhaiteriez vous que vos chers lecteurs perdent leur precieux temps a le lire ?

    Cela dit, je ne suis pas d’accord avec ton avis sur le contenu du billet, la plupart de ses conseils sont interessants, et ceux qui sont controversiaux parce qu’ils donnent l’impression que Calacanis est un esclavagiste (il manque clairement de tact), restent interessants neammoins.

    L’objet du billet est d’ailleurs avant tout de donner des conseils sur les economies d’argent pour startup et non pas sur les bonnes facons de tirer le meilleur de ses employes.

    Et c’est ce qu’il fait. On economise de l’argent et du temps a long terme si on : achete Apple pour ne pas avoir de couts d’entretien, achete un deuxieme moniteur pour une meilleur productivite, incite les gens a manger sur place, achete des tres bonnes chaises et des tables basiques, pas de telephones, une bonne machine a cafe pour eviter les aller-retours au coffee shop, horaires flexibles, etc…

    Le point sur les workaholics peut faire sourciller mais je pense que c’est aussi a prendre avec du recul. Travailler pour une startup dans ses trois premieres annees de vie demande un niveau de devouement tres important. Les enjeux sont grandioses et si l’employe n’est pas passionne ce n’est pas un atout pour la societe et il faut songer a s’en debarasser.

    Que ce soit chez Calacanis ou chez 37Signals la passion est surement un denominateur commun. Par ailleurs 37Signals ne fonctionne pas de la meme maniere que n’importe quelle startup et je pense que son modele n’est pas viable pour toutes les activites, ce sont des specialistes software alors qu’une societe comme Mahalo genere du contenu.

    Je trouve ca bien dommage que tu ai demarre ton billet aussi agressivement (pareil pour l’erreur sur le nom), ca donne l’impression que ca a ete fait a la va-vite et que tu as lu uniquement le conseil dont tout le monde parle. Tu nous as habitué a mieux !

    PS: Le mode preview ne fonctionne pas (sous Safari). J’ai un retour “Post not found” et le formulaire disparait.

  6. Frédéric de Villamil le 10 mars 2008 à 11h09

    Tristan : maintenant que j’ai ramassé les quelques dents qui traînaient par terre, une petite précision.

    Ce qui m’intéressait dans ce “troll” n’était pas tant le point de vue de Calacanis (qu’il a d’ailleurs révisé après le début du flameware pour y ajouter la notion de passion), que celui de DHH. Sinon j’aurais passé beaucoup plus de temps à parler du premier que du second.

    Quel que soit le domaine de ta société (pour rappel, je travaille dans une startup qui édite du logiciel), il vient un moment où bosser 15 heures par jour te prive du recul nécessaire pour prendre la bonne décision, répondre à l’urgence, ou même faire ton travail correctement sans pénaliser l’ensemble du projet. Et au passage, je rajouterai que si je voulais vraiment faire des économies sur la RH, tout en ayant des des mecs qui bossent 15 heures par jour, 7 jours sur 7, mon premier conseil serait d’outsourcer tout ça dans un pays à la législation plus souple.

    Quant à vous avoir habitué à mieux, eh bien, on va essayer de relever à nouveau le niveau… quand j’aurai le temps.

  7. Gabriel le 10 mars 2008 à 11h29

    Désolé. Je ne suis pas du tout d’accord. Evidement il va trop loin, à l’américaine. Mais le fond est tout à fait vrai. On ne parle pas de long terme, justement. La start up c’est un état complètement anormale d’une entreprise où tous les élément sont prêts à faire le maximum de sacrifice pour que le projet puisse tenir le coup. S’il n’y a pas dévouement total il n’y aura pas un jour moyen de voir l’entreprise fonctionner d’elle même. Il nous faut un peu de cet état d’esprit je le trouve bon : de plus mahalo est plus que connue… :(

  8. Olivier le 11 mars 2008 à 22h18

    Malgré 2-3 points polémiques voire provocateurs, certains sont à retenir, et peuvent donner des idées à nos dirigeants / chefs.

    Le coup du 2ème écran (…on fait du lobbying chez nous pour en obtenir un de plus) me parait nécessaire, sans compter un siège, que dis-je, un fauteuil où l’on pourrait rester des heures à coder (le rêve de tout geek…sic) …non c’est vrai, avoir mal au dos rend moins productif.

    …bon pour ce qui est de Mac ou MS Office, c’est une question de point de vue, on s’y fait à l’environnement Microsoft, si, si ;)

    …et il manque la mémoire des stations de travail, plus on en a, plus il y a gain de temps (compilation, tests, etc), 4 Go minimum, avec le 2è écran, cela s’apparente à des monstres de guerre.

    Après, c’est effectivement une “startup”, choix personnel de s’investir ou non dans ce type d’aventures, la [1ère] bulle Internet m’a refroidit pour ma part.

    Merci pour ce lien, j’ai transféré aux collègues, pour le collectif du bien-être ;)

  9. Frédéric de Villamil le 11 mars 2008 à 22h24

    @Gabriel : une startup demande effectivement de l’investissement, mais crois moi, si tu ne ménages pas ta monture, tu n’iras pas loin. Le mode “piscine” (les EPI* me comprendront), ça va bien quelques temps, mais à termes, tu n’es plus capable de faire du travail de qualité.

    @Olivier : le second écran est effectivement indispensable. Le bonheur, c’est un écran 22” (ou plus) en vertical pour coder et un écran pour la prévisualisation. Sachant qu’il est important que ton écran navigateur soit à la résolution la plus utilisée du moment afin de te donner une idée réelle du rendu final.

  10. Loïc Dreux le 12 mars 2008 à 13h42

    Malgré pas mal de commentaires négatifs, je tiens à te dire merci pour ce post.

    Personnellement, je n’ai pas lu le post à controverse mais j’ai prêté une forte attention au 5 points développés en seconde partie car je m’y reconnais à 100%.

    Je travaille dans une SSII et dans chaque projet que j’ai fait, j’ai entendu au moins une fois la remarque : “Tu as pris ton après-midi ?” lorsque je suis parti avant 17h30. Je ne suis pas un accroc du boulot, j’adore ce que je fais : coder, concevoir une application, réfléchir à résoudre un problème d’algorithme, à organiser mes sources, à découper en couches les différentes parties mais voilà à la fin de la journée, j’en ai marre et je n’ai qu’une seule pensée, rentrer chez moi !

    Je ne pense pas allée jusqu’à la retraite dans ce monde où il faut toujours donner plus (en temps de présence). Mais quels sont les solutions ? Trouver une entreprise qui correspond à mes principes du travail bien fait avec équilibre de la vie privée ? où créer moi-même cette entreprise autour de ces principes…

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