Je suis toujours un peu triste quand une startup met la clé sous la porte. Malgré l’absence évidente de business model, d’innovation, d’adoption, et les je vous l’avais bien dit de Cassandre, il ne faut jamais oublier que derrière les millions des investisseurs et le passage dans la dead pool de Techcrunch se cachent les rêves, les ambitions, les doutes et la sueur des entrepreneurs et de ceux qui ont choisi de leur faire confiance. Il est facile de se moquer jusqu’au jour où l’on monte sa société – même en side job – et où est-ce que je vais y arriver ? devient la première chose que l’on se dit chaque matin en se réveillant.

12Seconds était une de ces startups à avoir voulu surfer sur la hype de Twitter et de Justin.tv, pensant que, tout comme le blogging avait mené au vlogging, le microblogging donnerait ses lettres de noblesse au microvlogging. Et tant pis si, pour lancer une conversation, il faut avoir des gens qui ont envie de discuter avec vous. Tant pis si, malgré de prétendues tendances à l’exhibitionnisme révélées sous la forme de tranches de vie privée étalées sur Facebook le grand public n’était pas prêt à passer devant la caméra. 12Seconds était, avec Seesmic en son temps, les symboles d’une époque d’euphorie, retour au Small is beautiful, small is big un peu fou – certains diront irresponsable, à des années lumières de la crise économique que nous traversons. Aujourd’hui, Seesmic ne fait plus de vidéo, Loïc a su se retourner et en faire le meilleur client Twitter pour mobile du marché, 12Seconds a annoncé la fermeture de son service, et pendant ce temps là, la vie continue.

J’avais créé mon compte Seesmic un peu “pour voir” comme je crée chaque semaine des comptes sur une dizaine de nouveaux services. Je n’avais jamais enregistré la moindre vidéo, manquant à la fois de l’assurance nécessaire et de gens à qui parler malgré un certain nombre d’amis utilisant régulièrement le service, et les pitreries de Vinvin comme super community manager. L’expérience m’a montré qu’un réseau social qui a besoin de faire de l’animation éditoriale pour produire du contenu a de sérieux problèmes.

J’avais fini par me lancer la nuit de l’élection de Barrack Obama. Cette nuit avait été une des plus longues que j’aie jamais connues, pleine d’espoirs et d’angoisses à la fois, avant qu’une explosion de joie ne fasse soudain le tour du monde net. L’ambiance était magique ; c’est comme si, d’un seul coup, malgré les guerres, la famine et la crise économique, le monde était tout d’un coup devenu un peu meilleur, et que nous y étions tous pour quelque-chose. Alors, à défaut de pouvoir rejoindre mes amis faire la fête dans les rues de New York, j’avais enregistré une vidéo sur le coup de 5 heures du matin pour leur dire combien j’étais heureux pour eux et combien, en cet instant, à défaut d’être noirs, nous étions un peu tous américains.

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