Même si certains jouissent de facilités innées pour l’écriture, bien écrire pour le web s’apprend et se travaille. Par “écrire pour le web”, j’entends des productions non littéraires comme celles que vous trouvez régulièrement dans ces colonnes. Il est même tout à fait possible, avec de l’entraînement, de pondre des articles de qualité sans aucun talent, la preuve…

Je vous propose de mettre en application les cinq conseils suivants. Vous allez très rapidement gagner en qualité en structurant votre écriture, en clarifiant vos propos, et en étoffant votre argumentation.

1. Donnez une structure vos écrits

La première chose que l’on vous apprend en entrant à Science Po est la fameuse méthode Science Po, si prisée des entreprises et des administrations. Il s’agit pour vous de structurer votre pensée afin de faire rentrer toutes vos productions dans un schémas pré défini :

  • Une introduction en entonnoir.
  • 2 grandes parties.
  • 2 sous-parties.
  • 2 sous sous-parties dans lesquelles vous placerez à chaque fois un à deux arguments accompagnés d’un exemple.
  • Une conclusion en entonnoir inversé.

Ce modèle, bien que particulièrement rigide, donne des documents très bien structurés, et donc facilement lisibles. Une première lecture met immédiatement en exergue les points principaux sur lesquels retenir l’attention. Une seconde lecture, si besoin, permet aux lecteurs de s’attarder sur les détails.

Sans rentrer dans un schéma aussi contraignant, donnez systématiquement un cadre à vos écrits, et respectez le d’un article à l’autre. Non seulement cette structuration rendra vos propos plus clairs, mais elle vous permettra en plus de fidéliser vos lecteurs par une agréable prise d’habitudes.

2. Commencez par la fin

Vous tirerez très rarement un bon article d’une page blanche en commençant par le titre pour terminer par le point final de la conclusion. 95% de mes articles suivent ce schéma, et c’est la raison pour laquelle je n’ose jamais les relire. Je sais à quoi m’attendre, et je sais à quoi vous serez confrontés.

Commencez vos billets par la fin :

  • Définissez de quoi vous voulez parler.
  • Écrivez d’abord la conclusion à laquelle vous voulez parvenir.
  • Donnez-vous une longueur maximum.
  • Préparez votre plan détaillé : parties, sous-parties, arguments et exemples.

Une fois ces étapes franchies, vous pouvez commencez à rédiger le corps de l’article. Écrivez ensuite la conclusion, puis, enfin, l’introduction. Et terminez par le titre. J’insiste sur ces deux derniers points. Écrire l’introduction avant la conclusion ne sert à rien, car vous ne savez pas à l’avance ce que vous allez introduire. Il en va de même pour le titre, dont le libellé sera toujours plus clair après avoir rédigé.

3. Exprimez une idée par phrase

Bien qu’elle permettent de jolis détours littéraires, les longues phrases vous font souvent courir un risque : celui de ne plus savoir ce que vous vouliez dire au début quand vous posez votre point, final ou pas. Pire, vous risquez également de perdre vos lecteurs en route.

Afin d’éviter ce piège, forcez-vous à exprimer une seule idée par phrase. Vos phrases n’en seront que plus courtes, et plus claires. Du point de vue de l’accessibilité, vous faciliterez également la lecture des personnes ayant un handicap cognitif.

4. Planifiez vos parutions

Dans la mesure du possible, planifiez vos parutions. Certes, cela enlève une part de spontanéité à votre écriture. Mais si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est probablement que cette dimension ne vous pose pas trop de problèmes.

Planifier vos parutions aura plusieurs effets bénéfiques sur votre écriture. Le premier, et non la moindre, sera de vous concentrer sur vos articles à venir au lieu de vous dissiper dans toutes les directions à mesure que les idées vous viennent. Le second sera de vous donner le temps de réfléchir à ce que vous voulez dire, et à la manière dont vous allez le dire.

5. Notez vos grandes idées à mesure qu’elles vous viennent

Planifier vos publications va vous permettre d’organiser vos idées. Vous allez en ajouter certaines, et en rejeter au contraire d’autres qui vous semblaient pourtant bonnes à première vue. Notez donc les idées à mesure qu’elles vous viennent à l’esprit.

N’hésitez-pas à investir dans un carnet, le papier reste une valeur sûre, et accessible partout, sans qu’il y ait besoin de batterie ou de réseau. J’utilise personnellement un Moleskine quand je n’ai pas d’ordinateur sous la main. J’utilise également une application de dictée vocale présente sur mon iPhone. Je reporte ensuite le tout sur iGTD que j’utilise afin de planifier mes publications. Il existe d’autres solutions, dont Evernote, outil exceptionnellement riche, mais qui ne correspond malheureusement pas tout à fait à mes autres besoins.

Pourquoi pas moi ?

Si vous lisez ce site depuis un moment, vous avez du vous rendre compte d’une chose : j’ai une nette tendance à faire exactement le contraire de ce que je viens de vous conseiller, particulièrement aux points 1, 2 3 et 5.

Il y a de multiples raisons à cela. La principale, c’est qu’après Science Po, il m’a fallu des années pour réapprendre à écrire. Et j’aime trop écrire pour foutre en l’air à nouveau mon écriture. J’aime les phrases alambiquées, les mots compliqués, et d’une manière générale la langue de Molière dans ce qu’elle a de libre. La seconde, c’est que j’écris toujours d’un coup, en commençant par le titre, et en terminant par la conclusion, sans jamais relire. Si je le faisais, je ne publierai jamais rien. Enfin, ce que je fais est déjà parfait, pas besoin donc de m’améliorer.

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