Le portage pur et simple, quasi systématique, sans imagination d’applications web classiques, et l’émergence de “me too” sans cesses renouvelés montrent le dynamisme du web mobile, encore inimaginable chez nous il y a 4 ans après les échecs de l’iMode et du WAP.
Concevoir une bonne application mobile n’est pourtant pas sans contraintes. Contraintes de support d’abord, un téléphone n’offre pas les mêmes possibilités qu’un ordinateur traditionnel. Contraintes de bande passante ensuite, puisque même les offres mobiles les plus rapides semblent nous ramener dix ans en arrière. Parallèlement à cela, les usages mobiles évoluent et sont devenus une catégorie à part, très volatile et exigente qu’il convient de satisfaire.

Dans cet article, je vous propose une liste de 7 conseils indispensables si vous voulez créer la prochaine killer app mobile de demain. Indispensables, mais pas suffisants, bien sûr.

1. Rappelez-vous que le téléphone est un outil communiquant, donc social

Le téléphone est avant tout un outil social. Il permet de nouer des relations sociales, ou de tisser le lien de son réseau en prenant des nouvelles de ceux qui nous sont proches.

L’arrivée des forfaits data à un prix abordable et la généralisation du haut débit pour les mobiles ont permis de diversifier les modes de communication à partir d’un téléphone mobile. À la voix et au SMS se sont ajoutées la messagerie instantanée, permettant de passer d’une relation one to one vers une relation many to many.

Votre application mobile devra refléter cet aspect communiquant, par exemple en proposant des portails vers les principaux services de messagerie et les principaux réseaux sociaux du marché. Qu’il s’agisse d’import ou d’export de données, les fonctionnalités choisies et le mode opératoire devront respecter les pré requis à toute application mobile : faible débit possible, taille limitée de l’écran, absence de dispositif de pointage traditionnel…

2. Tirez parti de l’aspect mobile

À l’inverse d’un ordinateur même portable, le propre d’un terminal mobile est… la mobilité. Merci Captain Obvious. Cela signifie deux choses.

Vouloir porter une application faite pour un ordinateur traditionnel sans vraie réflexion mobile est voué à l’échec. Les contraintes d’une application mobile en termes d’ergonomie, de poids, mais également de fonctionnalités ne sont pas les mêmes que pour une application desktop. Vos besoins ne sont pas les mêmes selon que vous soyez assis à votre bureau ou quelque part dans la rue.

Vous devrez donc tirer profit des fonctionnalités spécifiques des terminaux mobiles. Parmi celles-ci, la géolocalisation va prendre de plus en plus de place à mesure que les appareils s’équipent en GPS, notamment pour proposer des services et des résultats géographiquement proches.

Un exemple : allocine.com

Depuis mon bureau, devoir passer par la fiche d’un film avant de faire une recherche plus poussée sur les salles le diffusant dans ma ville ou mon département ne pose pas trop de problèmes.

Il n’en est pas de même sur une interface mobile, à partir de laquelle je m’attends à avoir par défaut, la liste des films diffusées dans les salles géographiquement proches de moi, et, pour un film en particulier, la liste des salles proches de moi le diffusant dans les heures à venir.

3. Prenez le parti de la simplicité et de l’utilisabilité

Même si les terminaux mobiles ont fait beaucoup de progrès en termes d’utilisabilité et d’ergonomie, leurs utilisateurs sont toujours handicapés par rapport à celui d’une machine de bureau. La taille du clavier et de l’écran ne sont pas les seuls freins à une utilisation productive et efficace des applications.

Les premières pistes de réflexion dans la création ou le port d’une application web ou desktop classique doivent s’orienter vers la simplification.

  • Simplification fonctionnelle, en supprimant tout ce qui n’adresse pas directement les utilisateurs mobiles, sans pour autant dénaturer l’application.
  • Simplification de l’interface, afin de rendre plus facilement accessibles les éléments importants.
  • Simplification du parcours utilisateur, afin notamment de rendre accessible l’ensemble des fonctionnalités depuis le premier ou le second écran.

4. Renouvelez vos contenus

La première qualité d’une application mobile est de faire revenir ses utilisateurs de manière régulière et quasi compulsive. N’espérez donc pas les attirer, et encore moins les conserver, avec des contenus statiques.

Twitter l’a bien compris, en devenant la première application web mobile vraiment massive. Où que je sois, je n’ai besoin que de deux clics pour envoyer ou recevoir mes messages et rester en contact avec mes correspondants. Le format court des 140 caractères est parfait pour les utilisateurs de mobiles, et surtout, le contenu change tout le temps.

Il en va de même pour les journaux sur mobile, comme Libé Expresso, Le Monde ou 20 minutes, qui permettent un accès à l’information depuis n’importe où, de manière totalement instantanée, sous un format beaucoup plus propice à la récolte d’informations fraîches moins encombrant (ni salissant d’ailleurs) que leurs grands frères papier.

5. Offrez une vraie personnalisation à vos utilisateurs

À force d’utilisation en toutes circonstances, le terminal mobile finit par refléter la personnalité de son propriétaire, et les fabricants d’accessoires ont tout intérêt à ce que cela continue.

Offrez aux utilisateurs de votre application mobile une personnalisation maximum, sans toutefois perdre en utilisabilité. Pour eux, d’abord, en étant plus souple sur l’aspect de votre application. Proposez des couleurs ou des skins personnalisés, sans pour autant oublier les contraintes liées aux terminaux mobiles que ce soit pour leur apparence ou pour le mode de mise en place.

Permettez leur également, et surtout, de personnaliser leur profil, particulièrement si d’autres utilisateurs peuvent y accéder.

6. Définissez un ticket d’entrée minimum, et garanti

Il existe plus de 500 user agent existants sur plate-forme mobile, et toutes n’ont pas les mêmes capacités. La taille de l’écran, les spécifications techniques des terminaux, mais également des navigateurs doivent guider votre choix pour un ticket d’entrée minimum. Une fois ces pré requis définis, tenez vous y.

Si vous lancez une application web mobile, les principaux obstacles rencontrés concernent la compatibilité CSS et Javascript. Une approche en amélioration progressive est alors la meilleure, afin de garantir la meilleure expérience utilisateur possible sur les terminaux “haut de gamme”.

À contrario, si vous décidez de créer une application non web pour les terminaux mobiles, votre problème sera plutôt de choisir avec quel langage développer. Bien qu’à mon avis, si l’on veut toucher un maximum de monde, développer une application dédiée est suicidaire, excepté peut pour l’iPhone.

7. Pensez léger

Même si les points d’accès Wifi et les forfaits mobiles haut débit ont tendance à se populariser, les premiers ne sont pas accessible partout, et la couverture des seconds n’est pas universelle.

Concevez vos applications web mobiles pour les lignes GPRS, elles n’en seront que plus confortables sur les lignes plus rapides. Cela passe notamment par quelques points importants :

  • Redimensionnez les images avant de les envoyer sur le web. Préférez des images au formats JPG, et diminuez la qualité à 60% maximum. Libération Expresso fait exactement ce qu’il ne faut pas faire en chargeant des images pouvant aller jusqu’à 400px de large sans en réduire la taille. Ce seul point explique les temps de téléchargement de cette application par ailleurs excellente (/autocongratulation).
  • Fuyez comme la peste les frameworks Javascript qui font le café. Il est inutile d’embarquer 500ko de Javascript pour utiliser 3 ou 4 méthodes.
  • Ne chargez pas tous le contenu du premier coup si vous pouvez faire autrement, notamment sur les pages de contenus importants. Une solution est de charger les premiers articles d’une liste, puis de pré charger la suite en AJAX. La page arrivera donc sur le terminal plus rapidement.

Et voilà, that’s all folks comme on dit à la fin des Looney Tunes. Il ne vous manque plus que deux choses, pour créer une application mobile à succès : un concept innovant et addictif, et un vrai business model.

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