HTML 5

Je discutais hier soir avec un ami développeur C++, récemment passé au web par nécessité, qui se lamentait à propos des nombreux défauts du couple HTML / CSS / Javascript, au premier rang desquels le positionnement, la difficulté d’avoir un rendu similaire sous tous les navigateurs, ou un Javascript qui ne fasse pas geler votre Internet Explorer à tous bouts de champs. Le développement système n’est pas exempt de problèmes – allocation mémoire, format string, limitation à une seule plate-forme, mais il est vrai qu’ils sont moins mystiques – au moins pour ceux qui en connaissent les arcanes.

J’ai alors commencé à lui parler du futur glorieux qui s’ouvrait à nous, de XHTML5 et des nouvelles balises qui élimineraient les problèmes de positionnement, le SIDA et la faim dans le monde, annonçant l’avènement des Standards du Web (avec des majuscules) sur cet univers autrefois livré à l’anarchie la plus totale.

Sa réponse ne s’est pas faite attendre, aussi cinglante que pleine de bon sens :

Je développe des applications web pour des gens qui sont encore sous Netscape 4.76 et IE 5.0. Certains d’entre eux ne peuvent même pas afficher les feuilles de style, et tu voudrais que j’ai quelque chose à foutre de HTML5 ?

Ite missa est, les standards du web sont un truc de riches. Ou tout au moins, un truc de chercheurs complètement détachés de la réalité. Les derniers chiffres d’utilisation de navigateurs sont encourageants : ils montrent une modernisation des navigateurs, une transition lente mais sûre vers un après IE6 et l’arrivée d’un web plus simple pour les développeurs. En théorie.

IE6 IE7 IE8 Firefox Chrome Safari Opera
13.6% 15.1% 10.6% 47.4% 7.0% 3.3% 2.1%

Ces chiffres, fournis par W3School, ne prennent en revanche pas en compte toutes les machines obsolètes installées dans des entreprises, utilisées uniquement pour accéder à des applications métier, et qui ne verront jamais la lumière du web. Pour rappel, le Minitel génère encore 100 millions d’euros de chiffre d’affaire annuel, répartis sur 4000 services utilisés par 1 million de terminaux.

Quid de la modernisation du parc machines de ces entreprises ?

Elle n’est malheureusement pas toujours possible. Tout comme de nombreuses banques travaillent encore avec des outils développés en COBOL, des outils métiers développés spécifiquement pour Internet Explorer 6 ou des terminaux dont les drivers ne sont plus développés depuis 10 ans, certaines applications lourdes nécessitent encore du Windows 98 ou du NT4, rendant la migration vers des OS plus modernes impossibles. Certains se sont déjà tournés vers la virtualisation, avec une architecture client léger + Terminal Server, mais cela ne règle ni les problèmes de hardware non compatibles – allez trouver un bus ISA en 2009 – ni de réécriture d’applications critiques avec leur contraintes de budget et de disponibilité.

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