Netscape est mort, débranché comme un vieux tétraplégique dans le comas qu’on bourrait depuis des années de médicaments sans vraiment oser l’achever, au cas où un miracle aurait pu se produire. Dans la réalité, Netscape est mort depuis des années, et seuls quelques dinosaures nostalgiques des premières années du web et réfractaires à toute évolution l’utilisent encore.

J’ai découvert Netscape au mois de juin 1997, sur un des postes en accès libres que proposait la Cité Mondiale du Vin à Bordeaux, et nos relations ont tout de suite été très conflictuelles. Il faut savoir qu’à l’époque, Internet Explorer n’était pas encore distribué avec Windows 95, mais inclus au Service Pack 1 de ce dernier. Il faut aussi savoir qu’à l’époque, Service Pack ne signifiait pas correction maladroite de bugs et de vulnérabilités critiques, mais bien ajout de fonctionnalités, parmi lesquelles le papier peint à nuages, le (Dieu merci) défunt Active Desktop, et… Internet Explorer.

Histoire de faire des économies de cybercafé, je développais mon site en HTML 2 à la maison sous Notepad, le testais avec IE, avant de le mettre en ligne à la Cité Mondiale. Je le (dé)testais alors sous Netscape, pour m’apercevoir que mon chef d’oeuvre (un truc immonde en noir sur fond noir à base de frames et de soupe de balises) était cassé, ou m’affichait une page blanche. Bienheureuse époque où une balise non fermée condamnait définitivement une page web. Retours à la maison, modifications de mes sources, remise en ligne etc…

Quelques mois plus tard, mon père s’abonnait au câble, je découvrais Linux et les logiciels libres, et sa longue litanie des navigateurs libres. Dans l’ordre d’adoption : Netscape, Mozilla, Konqueror, Mozilla, Phoenix (dont j’avais encore l’icône sur mon bureau il y a un mois de cela), Firebird, Opéra Firefox, Flock, et aujourd’hui Safari. Il en est passé des bits dans les tuyaux de l’Internet depuis mes premiers tâtonnement, et beaucoup de choses ont changé depuis les premiers jours. 11 ans plus tard, il y a pourtant quelque chose qui n’a toujours pas évolué : ces put$#@ de problèmes de compatibilité cross navigateurs !

devant la comédie française

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