twitter À force de coups de pieds dans le derrière, certaines agences de communication et autres spécialistes auto proclamés du “buzz marketing” finiront peut-être par comprendre qu’il ne faut pas confondre viralité et spam. J’admet que la différence est subtile, et certains esprits trop limités pour la comprendre, aussi je me permettrai d’aller à l’essentiel. Un message est viral quand ses destinataires le reçoivent volontairement. Quand ils y sont forcés par des moyens plus ou moins licites, légaux, ou moraux, on appelle ça du spam.

Le dernier spam déguisé en machine virale m’a été montré du doigt par mon amie Christine Cavalier et a pour nom Twables, 2 teets and a spam lie. Twables est un de ces jeux comme il en existe déjà des milliers sur Facebook, dont le seul objectif est d’attirer les utilisateurs en se basant sur une idée aussi stupide que simpliste.

2 tweets and a lie spam

Le formulaire, aussi simpliste soit-il, contient pourtant un piège grossier, mais efficace : une discrète checkbox cochée par défaut et placée juste sous le bouton de validation. Celle-ci a pour label Envoyer les invitations par message direct, et s’accompagne d’un court message explicatif.

Le truc est simple, mais terriblement efficace.

Le bouton de validation est le seul élément coloré du formulaire. Il attire donc en premier le regard de l’utilisateur qui va ensuite remonter vers les champs texte. La case à cocher est donc absente du parcours visuel du formulaire.

La case à cocher se trouve dans l’alignement exact du bouton de formulaire. La placer dans l’ombre de ce dernier permet de la dissimuler encore au regard de l’utilisateur lors du scan visuel de la page, mais également du remplissage du formulaire.

La checkbox est cochée par défaut. L’envoi des messages directs est donc forcé, à moins d’opt out. En France, cette pratique est illégale, les formulaires devant proposer uniquement de l’opt in pour ce genre de choses.

La case à cocher se trouve sous le bouton de validation. Dans le processus de remplissage naturel du formulaire, elle passe donc après l’envoi de ce dernier. L’utilisateur doit donc faire un effort supplémentaire pour en tenir compte.

Enfin, les messages directs sont envoyés à l’intégralité des followers de l’utilisateur. Il n’est laissé aucune possibilité de restriction ni de filtrage.

On pourra qualifier mon analyse d’enculage de mouches : peut-être les concepteurs de Two tweets and a lies ont-ils simplement commis quelques erreurs de débutant en concevant leur formulaire. Je ne le pense pas. La mariée est trop belle, et la conception de ce formulaire montre une certaine maîtrise de la chose, en se limitant à un comportement borderline qui pourrait laisser la place au doute. À peine plus que si la checkbox avait été remplacée par un input type hidden.

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