La très grande majorité des gens que j’ai vu arriver en entretien d’embauche sans préparation se sont plantés dans les grandes largeurs, et je ne fais pas exception à la règle. Si la plupart d’entre eux n’ont pas obtenu ce qu’ils voulaient faute d’avoir su le formaliser de manière convaincante, d’autres ont tout simplement été recalés à la porte d’un emploi pour lequel ils étaient probablement faits. La préparation d’un entretien d’embauche relève à la fois de l’entraînement du coureur de fond et des essais libres d’un grand prix : il s’agit d’un travail de longue haleine très général ponctué de phases très spécifiques au moment de rencontrer le recrutement d’une entreprise.

Sachez pourquoi vous êtes là

Lao Tseu a dit : “il faut trouver la voie”.

Contrairement à une idée reçue malheureusement bien établie, l’entretien d’embauche sert moins à valider l’adéquation entre ce que votre CV prétend et la dure réalité du monde réel qu’à s’assurer que OUI, vous correspondez bien au profil recherché, et que NON, vous ne dépareillerez pas au sein de l’entreprise. Ainsi, un des pires candidats qu’il m’ait été donné de voir fut celui qui, ne sachant pas ce qu’il cherchait, attendait que nous lui proposions un poste intéressant, motivant et bien payé. Malgré un profil technique sans reproches, son absence de réactions et de motivation flagrant oblitéraient à tout jamais la perspective d’un poste dans l’entreprise et nous conduisit à la limite de la dépression.

Il vous faut donc commencer par savoir ce que vous voulez, ce qui est tout sauf évident : il vous faut en effet arriver à faire la part des choses entre ce que vous avez envie de faire à première vue, ce que vous souhaitez vraiment faire, et ce dont vous êtes capable. Autrement dit, connaître vos atouts, vos faiblesses, avec clairvoyance et humilité mais sans non plus fausse modestie. Difficile de faire ce travail seul, n’hésitez donc pas à vous faire aider : coach personnel, chef d’équipe, ou toute autre personne de votre entourage professionnel qui vous connaisse assez tout en disposant du recul minimum. Dans la plupart des cas, vous aurez l’intuition de ce qui vous conviendra, tout le travail étant de parvenir à le formaliser.

Pour la petite histoire, j’avais conscience depuis plusieurs mois que je n’étais pas fait pour le poste que j’occupais, mais sans parvenir à concevoir ce que je souhaitais réellement faire, et c’est mon employeur qui l’a parfaitement formalisé pour moi durant une pause café. Merci à lui.

Je vais donc vous couper la tête !

Maintenant que vous savez ce que vous voulez, il va vous falloir apprendre à l’exprimer durant les entretiens dans tous les langages possibles, en fonction de la personne en face de laquelle vous vous trouverez : on n’explique pas les choses de la même manière à un chef de projets technique, un directeur des ressources humaines, un chef d’entreprise…

  1. Que voulez-vous faire ?
  2. Pourquoi voulez-vous le faire ?
  3. Comment allez-vous le faire ?

J’ai connu il fut un temps deux commerciaux de SSII totalement opposés et pourtant très efficaces : le premier ne connaissait strictement rien à ce dont il parlait mais plaçait ses mots clé avec un aplomb assez déconcertant, quand son collègue maîtrisait parfaitement son sujet mais avait moins d’aisance à l’oral. Vous allez devoir combiner les deux afin de convaincre votre interlocuteur : parfaitement maîtriser le produit que vous cherchez à vendre – c’est à dire vous – en ayant l’air parfaitement sûr de vous, sans non plus avoir l’air hautain.

Comblez les points faibles de votre CV

Quand je parle des points faibles de votre CV, je ne parle pas de vos points faibles – maîtrise du PHP mais javascript hésitant par exemple – mais bien de ce qui pourrait inquiéter votre futur employeur quant à votre stabilité ou votre fiabilité.

Là, les choses sont simples : dites la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dans la mesure du possible, et si vous choisissez de mentir, faites le en ayant à l’esprit la loi des 30 secondes. Expliquez les choses simplement, sans en rajouter, mais surtout :

  • N’en faites pas trop, c’est suspect.
  • Ne dites jamais de mal de vos précédents employeurs, c’est très mal vu.
  • Ayez l’air crédible.

Encore une fois, l’idée ici n’est pas de montrer que vous êtes le petit frère de Lee Majors, l’homme valait trois milliards qui tombe à pic, mais simplement de rassurer la personne en face de vous : non, vous n’allez ni lui claquer dans les doigts au bout de trois mois, ni découper la moitié de vos collègues en rondelle parce que vous mentionnez “ceinture noire de iaido” dans vos hobbies.

Societes.com n’est pas suffisant

On quitte la partie coureur de fond pour rentrer dans les essais du grand prix : avant l’entretien, renseignez vous de manière poussée sur votre potentiellement future société. Les services donnant les chiffres clé des entreprises sont pratiques, mais bien trop limités :

  • Les chiffres sont souvent trop anciens, ou approximatifs.
  • Ils ne parlent pas de ce que fait vraiment la société.
  • Ils ne vous permettent pas de dire pourquoi vous avez choisi de postuler ou d’accepter un entretien là bas.

Si comme moi vous êtes dans le web, renseignez vous à fond : technologies utilisées, clients, positionnement, orientation, réalisations… Tout ce que vous trouverez pourra être utilisé afin d’expliquer pourquoi VOUS et pas un autre. Attention : il ne s’agit pas de passer la brosse à reluire à votre interlocuteur, mais plutôt de construire une argumentation basée sur l’entreprise et vous. Si vous postulez chez un éditeur de logiciels, utilisez l’outil sur lequel vous développerez afin de pouvoir pointer du doigt ses forces et ses faiblesses si la conversation vous y amène.

Et dans tous les cas, si votre interlocuteur commence à vous raconter des choses que vous savez déjà, laissez le finir !

une église dans le nord

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