Tokyo by night

Peut-on résoudre la problématique de l’espace privé dans les mégalopoles ?

La question me fascine depuis que j’ai découvert la littérature Cyberpunk au tout début des années 90. Les pionniers du genre, Gibson et Sterling en tête ont développé le modèle japonais d’une manière outrancière, mettant en scène une société dans laquelle les possessions personnelles se réduisent au strict minimum afin de s’adapter à des espaces éphémères et minimalistes. Ce n’est pas pour rien si les nippons utilisent le tatami, surface minimale pour une personne allongée ou deux personnes assises (source) comme unité de mesure des surfaces d’habitation.

Sans vouloir jouer au sociologue de comptoir, le paradoxe de l’extension des espaces urbains m’a toujours frappé : plus une ville est grande, plus les lieux privés deviennent rares et chers, principalement au coeur de la cité. Le résultat ? Un détournement de l’espace public afin d’y exercer des activités autrefois dédiées à des endroits privés.

Starbucks en est un des exemples les plus significatifs. Pour la génération de nos parents et de nos grands parents, le café est un lieu de convivialité où l’on aime se retrouver entre amis. Pour ma génération, et pour celle à venir, il devient un espace de travail en solo entre deux réunions, un lieu de rendez-vous professionnel… Les Starbucks offrent un certain confort à un prix très abordable, du WIFI à peu près correct, et un modèle qui permet de se sentir à la maison n’importe où dans le monde (sauf en France où ils ne servent pas les doughnuts pomme / cannelle).

Seul problème : les cafés sont des espaces publics, lesquels, s’ils sont détournés de leur fonction première, ne peuvent pas être privatisés.

C’est ce problème, et celui ”du coup de fil professionnel pris dans la rue et interrompu par un camion qui klaxonne” qui a donné l’idée de Breather à Julien Smith.

Breather propose des espaces privés dans les grandes villes. Une application iPhone permet de les trouver autour de soi, de les réserver, et d’en ouvrir la serrure électronique.

Breather, espaces privés à la demande

Les espaces proposés par Breather sont de tout type : chambre, salle de réunion, bureau… en fonction du besoin. Ils peuvent être utilisés une heure ou une journée…

Culturellement, parce que je vis dans un pays qui a élevé l’accession à la propriété au rang de religion, c’est une des idées les plus disruptives que j’ai vues ces dernières années. Je parlais de Cyberpunk, Breather s’en approche beaucoup plus que les overhyped Google Glasses succédanées des implants oculaires, la discrétion et l’aspect fusion chair et technologie en moins.

Quant à moi, je vous laisse avec la présentation de Julien à LeWeb Londres.

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