J’ai un peu l’impression de réécrire le même billet tous les six mois, sorte de piqûre de rappel en forme de placebo inutile, mais je ne peux m’empêcher de pousser mon coup de gueule bisannuel, bien que je sache pertinemment que je ne fais que crier dans le désert.

J’apprécie déjà moyennement qu’on lie mes photos depuis cette machine sans en donner les crédits ; je laisse faire, un peu par flemme : je pourrais très bien mettre en place une rewrite rule qui renvoyant le contrevenant vers une source comique, amusante, voire cocasse.

En revanche, je dois avouer sortir de mes gonds quand quelqu’un se permet de faire du hotlinking sur mes photos, s’en attribue la paternité et se permet même la sublime démonstration de mauvaise foi de m’expliquer qu’il les a prises quand ce dont nous parlons se trouve sur mon serveur, et les originales sur mon disque dur. Je ne demande pas grand chose en dehors de la réattribution césarienne de ce qui lui appartient, ce qui semble pour certain une épreuve infranchissable.

Je ne sais pas trop s’il s’agit de mauvaise éducation, ou d’absence d’éducation, mais il semble que mes concitoyens n’ont pas encore totalement intégré le concept de propriété intellectuelle. Trouver un document en libre consultation sur le web ne signifie en aucun cas qu’il est libre de droits. Cela vaut évidemment pour les photos, mais aussi pour les textes, et les récents déboires de Google avec la justice belge, et le retour de bâton qui s’ensuivit, en sont l’exemple le plus récent.

Détail de la chaire de l'église Saint Roch à Paris Détail de la chaire de prêche de l’église Saint Roch à Paris

Après des années de militantisme libriste, d’apprentissage de la valeur d’une oeuvre de l’esprit et des libertés et contraintes sous-jacentes, je me vois obligé de marquer toutes les photos de ma galerie à cause d’une bande d’imbéciles que je préfère croire plus mal élevés que malhonnêtes. J’ose imaginer sans conviction qu’ils prendront conscience de ce qu’ils font avant de se réveiller dans un monde entièrement verrouillé par une série de brevets et de DRM, monde contre lequel je milite et me bats depuis des années.

[edit]
Mat me signale cet intéressant article sur l’ajout d’annotations à la volée quand l’image est affichée par une source extérieure. Malheureusement, ça n’empêche pas ceux qui sauvegardent la photo et la réutilisent depuis chez eux de le faire.

Et je rajoute une photo prise samedi, extraite de ma galerie des églises de Paris, juste pour le plaisir.

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