Contrairement aux apparences, ce blog n’est pas à l’abandon. J’ai toujours autant de choses à dire, mais entre le bureau et la sortie imminente de la version 4.1 de Typo, je n’ai plus vraiment de temps pour écrire. Retour de notre rythme normal d’activités sous peu.

Quand je ne motive pas les développeurs à la batte à clous afin de terminer les projets dans les temps, une partie de mon travail consiste à préparer de jolies présentations sous Powerpoint, Keynote ou S5 afin de rassurer le client sur l’avancée de sa merveille en devenir. Une présentation efficace ne suffit pas toujours, et il n’est pas facile de la rendre vivante. À contrario, il n’est pas vraiment difficile de la rater complètement. Ce billet vous propose donc cinq choses à éviter à tout prix si vous ne voulez pas perdre toute crédibilité aux yeux de votre auditoire ou le faire mourir d’ennui,

Lire vos slides

Généralement, votre client sait lire, et il ne bloque pas son temps pour vous entendre lire une présentation qu’il pourrait très bien lire le soir dans le métro en rentrant chez lui. Idéalement, vous ne devriez jamais avoir à regarder votre présentation pour savoir de quoi vous allez parler : cela montre que vous ne maîtrisez pas parfaitement votre sujet, et vous courrez le risque d’aborder des points vus plus tard dans la présentation, ce qui fait toujours mauvais genre le moment venu.

J’en profite pour rappeler un point élémentaire, mais trop souvent oublié ou ignoré : les trois ou quatre points abordés dans un slide ne sont en aucun cas le plan de ce que vous allez présenter sur ce slide, mais les trois ou quatre idées principales que vous souhaitez faire ressortir de cette partie de votre présentation. Le point abordé se trouve dans le titre du slide.

Je crois que nous avons…

Mon professeur de go, 7ème dan, nous disait souvent “je crois que c’est le meilleur coup, ou peut-être pas en fait…”. Si ce tic de langage nous poussait à sourire, il n’avait pas tout à fait tort : une partie de go est tellement complexe qu’il est très difficile, même à son niveau, de donner le meilleur coup dans une situation donnée.

À contrario, le client qui attend de vous une prestation de conseil veut avoir des faits. Toute sanction sera donc impitoyablement sanctionnée par une perte de confiance, dont beaucoup chercheront à profiter, à commencer par ses équipes internes qui apprécient généralement assez peut les interventions externes qui pourraient marcher sur ses plates-bandes. Si vous n’êtes pas certain de vos assertions, c’est soit que vous ne possédez pas les compétences pour la mission que l’on vous a confiée, soit que vous n’avez pas poussé votre travail d’investigation jusqu’au bout. Et dans tous les cas, ça ne passera pas.

Tout le monde a compris ?

Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et si vous-même vous embrouillez dans vos explications, c’est que quelque-chose ne va pas. Apprenez à connaître votre public, c’est la moindre des choses, et adaptez votre discours à son profil :

  • N’exposez pas le fonctionnel à une équipe marketing, mais l’impact que le projet aura sur leurs actions.
  • N’exposez pas le technique à une équipe de fonctionnel ; non seulement vous avez 90% de chances qu’ils ne comprennent rien, mais en plus ce n’est pas ce à quoi ils s’attendent.
  • Pas la peine de donner des arguments marketing à une équipe de développeurs, cela ne les aidera pas à résoudre leurs problèmes de scalabilité.

Note : il faudra que je m’en souvienne lors de ma prochaine réunion marketing tiens.

… comme nous le verrons un peu plus tard

Si vous n’en parlez pas maintenant, c’est que ça n’a pas sa place ici. Vous n’êtes pas là pour créer du suspens mais exposer des faits. Si le concept est obscure, exposez le en une demi phrase, sinon passez à la suite sans préciser qu’il s’agit d’un point à aborder plus tard.

Rappelez-vous que votre temps est compté. Si vous pouvez vous permettre de revenir sur des points déjà abordés, c’est que vous avez certainement oublié quelque chose d’important quelque part. L’erreur est fréquente chez les débutants, ce qui dénote une présentation mal préparée. Dites vous que si votre discours contient une redondance c’est certainement que les éléments en ont été mal agencés.

Dans la même veine, évitez de passer la moitié de votre présentation à dire de quoi vous allez parler, ce n’est pas cela que vos auditeurs attendent de vous. Je me souviens d’une présentation aux Mobile Monday où l’orateur a passé 6 minutes à nous dire que sa présentation allait parler du futur de la téléphonie, et deux minutes à nous présenter ECS de Las Végas, sans jamais entrer dans le vif du sujet. Dommage, celui ci avait perdu une belle occasion de se taire : quand on n’a rien à dire, autant ne rester à sa place et écouter les autres.

Que nous reste-t-il à voir ?

C’est une bonne question, et je ne vous remercie pas de me l’avoir posée car je n’en sais malheureusement rien du tout. C’est vous qui animez la séance, vous savez ce que vous allez exposer, pas moi, même si j’ai lu le sommaire de votre présentation. Vous tentez de me vendre quelque-chose : un projet, un résultat, une idée, ne me demandez pas de vous mâcher le travail; même si je suis réceptif, il y a des limites à tout.

Préparez votre réunion, maîtrisez votre sujet, si vous le pouvez, répétez devant quelqu’un au fait du projet, mais surtout, surtout, ne montrez jamais à votre client que vous êtes plus perdu que lui.

mon bureau...

Et vous, à quoi ressemble votre bureau ?

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