In the pocket

Depuis que Twitter a remplacé mon lecteur de flux RSS pas mal de choses ont changé dans la manière dont j’effectue ma veille technologique.

L’automatisation du tri des contenus a montré ses limites qualitatives. J’ai de même abandonné le suivi des comptes thématiques qui contenaient trop de déchets. Dans le même temps, j’ai supprimé mes abonnements à des résultats de recherche : avec près de 90% de mes liens quotidiens, ils m’enfermaient dans une hyperspécialisation qui a fini par m’ennuyer et m’enfermer dans un carcan qui limitait ma réflexion.

J’ai ensuite commencé à suivre des comptes qui partagent des liens correspondant à mes centres d’intérêt, mais pas uniquement, et avec lesquels je pouvais discuter : les scripts de crawling et de parsing ont une conversation des plus limitées.

Et c’est là que j’ai commencé à faire une connerie : j’ai sauvé tous les tweets qui m’intéressaient en favoris afin de pouvoir en lire les liens plus tard.

Je dis que c’est une bêtise, parce que les liens sauvés en favoris sont ceux qu’on ne lira jamais.

Sur le papier, pourtant, tout était parfait :

  • Chaque fois que je vois un tweet contenant un lien qui me plait, je le mets en favori.
  • Mes favoris sont tous synchronisés chez Twitter, je peux donc y accéder quel que soit mon terminal (Mac, iPhone, iPad, Android…)
  • Dans le métro, le train, le RER, je lis les articles qui m’intéressent.
  • Une fois terminé un article, je le relais s’il m’intéresse, puis je le supprime de ma liste de favoris.
  • Au passage, je perds une importante collection d’articles que j’aurais bien aimé conserver, mais il faut bien nettoyer.

Voici pourtant ce qu’il se passe réellement dans la réalité vraie : la semaine dernière, j’avais près de 1700 liens en retard, et ma dernière lecture datait de… longtemps.

  • Chaque fois que je vois un tweet contenant un lien qui me plait, je le mets en favori.
  • C’est bien beau de les synchroniser, mais je ne mets jamais les pieds (ni les doigts) sur l’onglet “favoris” de mon client Twitter.
  • Lire depuis ses favoris est pratiquement impossible dans les transports : format de page pas adapté à l’iPhone, pas de réseau, je profite de mon siège pour sortir mon laptop et coder ou écrire…
  • Les liens à lire s’accumulent, et plus ça va, moins je lis.
  • Je n’ai plus rien pour alimenter ma réflexion, résultats je ne blogue plus.

Mes sources de veille elles-mêmes ont également changé. Mes sources de suivi ont évolué, passant de 75% Twitter, 25% RSS à 60% Twitter, 20% RSS 15% IRC et 5% autres.

La semaine dernière, à LeWeb, Fred m’a montré Pocket, anciennement Read It Later. Un read it later on steroids qui a profondément changé ma veille technologique.

Pocket télécharge les liens qui m’intéressent et les restitue sous un format lisible, standardisé, et adapté aux terminaux mobiles. Il est disponible sur Mac, iPhone, iPad et Android, s’intègre parfaitement avec Tweetbot (sur les trois plate-formes) et Chrome. Et surtout, surtout, il synchronise localement ma collection d’articles à lire, ce qui les rend accessibles quand mon RER est bloqué dans un tunnel.

Pocket propose également les fonctionnalités idéales pour qui lit pas mal de choses : archiver, supprimer, tagger. L’UI sans être parfaite est simplement bonne. Et c’est gratuit, ce qui est très con, parce que c’est très exactement le genre d’applis pour lequel je suis prêt à payer.

Depuis, mon workflow de lecture a évolué :

  • J’envoie des articles vers pocket depuis n’importe où.
  • Mes articles sont toujours disponibles localement, je peux lire où je veux, sans contrainte de terminal ou de réseau.
  • Je conserve les articles déjà lus dans mes archives, et je les retrouve grâce aux tags.
  • Enfin, je peux republier ce que je viens de lire sur Twitter directement depuis Pocket.

Résultat : j’ai recommencé à lire, et si vous me suivez régulièrement, vous remarquerez que j’ai recommencé à écrire.

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