En plus de 6 ans d’utilisation du RSS, mon utilisation de cette technologie a profondément changé, jusqu’à son quasi abandon au profit de résultats de filtrages du web temps réel, à la recherche des sources d’informations les plus pertinentes. Je suis passé d’une position attentiste dans laquelle j’espérais que mes sources d’informations publieraient quelque chose d’intéressant à un crawl du web beaucoup plus actif. Retour sur près de 7 ans de veille.

Quand j’ai commencé à bloguer au mois de mai 2003, je le faisais de manière très personnelle ; le blogging était à la fois un exutoire et une manière de réapprendre à écrire après deux ans de formatage par la méthode Science Po. Je n’utilisais à l’époque pas de lecteur de flux ; je préférais rendre une visite quotidienne, ou plus à mes blogueurs préférés, parfois même plusieurs fois par jour, afin de suivre les conversations qui ne manquaient pas de naître ici et là et de conserver un lien personnel à ces lectures.

Fin 2003, mon usage des blogs pas mal a évolué. Je suivais de plus en plus de monde, et l’utilisation d’un lecteur de flux RSS, d’abord Liferea, puis Bloglines s’est doucement imposé de lui-même : tout le monde ne publiait pas avec la même régularité, et je ne pouvais pas consacrer plusieurs heures à tout visiter. La veille technologique s’est ajoutée aux journaux que je continuais de suivre assidûment, et avec les auteurs desquels j’entretenais souvent une relation plus poussée, soit en ligne, soit hors ligne. Mais, chaque fois, je suivais des personnes et non des flux d’information.

Avec le temps, la veille technologique a nettement pris le pas sur le diarisme. Les blogueurs à l’ancienne ont pour la plupart fermé – moi compris – ou leurs publications se sont faites beaucoup plus rares. Aux alentours de 2006, j’ai commencé à rajouter à ma veille non plus des sites, mais des résultats de recherche sur Delicious, filtrés via un script afin d’éviter les doublons. C’est l’époque où ma liste de lecture s’est stabilisée à environ 600 flux, dont seulement une vingtaine de journaux, confinés à une seule catégorie dans Google Reader, dont la plupart plus ou moins en sommeil.

Ces derniers mois, je lisais de moins en moins mes flux habituels, dont la majorité passaient à la trappe du mark all as read de Netnewswire. D’abord parce que mes centres d’intérêts ont évolué plus rapidement que ma liste de lecture, ensuite parce que de nombreuses sources sont tombées dans le travers de Smashing Magazine et ne proposent plus que des listes de ressources du genre 19837 plugins Jquery pour optimiser votre thème Wordpress.

J’ai vu la lumière le jour de Noël. J’étais à la maternité à attendre que ma fille veuille bien se décider à naître, et je pleurais devant la pauvreté du contenu de mon lecteur de flux. Je veux bien que la période justifie en partie l’indigence informationnelle du moment, mais ce n’était pas une raison. En fait, cela faisaient déjà plusieurs mois que @kissmetrics me fournissait entre 20 et 30% de ma veille quotidienne avec une sélection d’articles toujours intéressants et pertinents, et une fois encore, les ressources étaient là pour me permettre de passer le temps. C’est à ce moment là que j’ai commencé à supprimer un à un les flux de mon lecteur. Ça m’a pris pas mal de temps, mais je n’en ai finalement gardé qu’une trentaine, sur plus de cinq-cent : les quelques journaux encore en activité, quelques personnes dont je souhaite toujours suivre les écrits pour leur contante qualité – Nicolas, David, Alexandre notamment – les blogs de sociétés vraiment constants, comme 37 Signals, et… des flux de recherche Twitter.

Quand j’ai commencé à suivre certains tags Delicious, mon but était d’obtenir une information de qualité, filtrée par les autres utilisateurs, et sans l’éternel problème des Digg like, plus orientés sensationnalisme et auto promotion que qualité. Au TF1 de la veille, je préférais ARTE. J’ai donc reproduit le même schémas à la fois avec des comptes Twitter spécialisés dans le relais de liens intéressants et des résultats de recherche, le tout passant d’abord par une moulinette qui me permet de supprimer les doublons et récupérer des informations qualitatives sur les liens envoyés.

Résultat des opérations : un magnifique bébé, et ma veille technologique qui a changé en profondeur, grâce à la sélection humaine effectué par Twitter et mon outil de filtrage des informations.

Amicie, une semaine

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