CozyCloud

Mais qu’est-ce qu’il me veut de plus ce geek, mes couilles sur un plateau ? C’est probablement la question que se posent les silos à données, et à travers eux les agences gouvernementales à mesure que le mouvement de réappropriation des données personnelles prend de l’ampleur : il est nettement plus simple d’agréger, corréler et recouper des données quand ces dernières sont centralisées en une demi douzaines de points différents et non éclatées sur des serveurs gérés par des dizaines de millions d’administrateurs différents.

Cozy Cloud est un acteur à la croisée des mouvements de l’auto hébergement et du cloud personnel, si tant est que cette dernière expression ait une quelconque signification en dehors des magazines d’informatique pour décideurs pressés. Il s’agit d’un script permettant de déployer rapidement son cloud personnel sur son propre serveur, ou de disposer d’une instance sur les serveurs de Cozy Cloud (ce qui facilite grandement le travail de la NSA).

Contrairement à de nombreuses solutions déjà disponibles, Cozy Cloud n’est pas un énième SDK, mais un produit fini facilement extensible, open source, et doté d’une communauté en forte croissance. Il est assez simple de développer de nouveaux modules en Javascript, Ruby ou Python (et bientôt en PHP), tout comme il est assez simple de les installer, grâce à une interface de type “app store”.

J’ai découvert Cozy Cloud sur LinuxFR – ce sont des français – j’ai eu le plaisir de les rencontrer à LeWeb Londres au concours de startups duquel ils avaient été retenus, mais qu’ils n’ont malheureusement pas remporté. Nous avons passé pas mal de temps à discuter scalabilité – c’est du NodeJS, donc mono threadé, donc ça ne scale pas (un doigt) – produit et go to market.

Ces deux points sont les principales faiblesses de Cozy Cloud.

Le produit est globalement séduisant, mais les différents éléments sont à ce jour loin d’être terminés, à la fois fonctionnellement et en termes d’expérience utilisateur. S’il veut décoller et prendre des parts de marché aux gros, Cozy Cloud doit impérativement se concentrer sur les modules les plus importants, en tête desquels le WebMail. Construire un WebMail à la fois fluide et riche fonctionnellement est un piège, et beaucoup de projets sont tombés dedans pour ne pas s’en relever.

Le second problème est la cible à laquelle s’adresse Cozy Cloud. Si le service peut s’assurer une bonne part de marché chez les geeks grâce à son aspect auto hébergé et sa licence libre, il s’adresse aujourd’hui à un marché qui n’a pas besoin de lui. Cozy Cloud s’adresse aujourd’hui à “des TPE qui ne veulent pas se prendre la tête avec leur SI, comme les cabinets comptables etc…”. La vérité, c’est que ces entreprises ne vont pas aller chercher un service dans le cloud pour gérer leurs mails et leur CRM. Elles vont utiliser l’email de leur FAI et un fichier Excel : elles n’ont pas besoin de plus.

Les fondateurs de CozyCloud

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