DiigoOui, je sais, je parle trop de Diigo ces derniers temps, mais ce service en vaut la peine, que ce soit pour la qualité du produit, la richesse des fonctionnalités proposées, ou les usages qu’on peut en faire, bien au delà des simples fonctions de bookmarking social. Un point que je n’ai pas abordé, à dessein, dans on billet d’introspection du service est celui de l’annotation. Bien que cette fonctionnalité représente une facette non négligeable du service, je souhaitais lui consacrer un billet à part.

Qui n’a pas un jour souligné une phrase ou un paragraphe d’un livre avant d’ajouter quelques annotations dans la marge, quand il ne s’agissait pas de polycopiés de fac abondamment barrés de surligneur. Diigo reprend cet usage et le transpose online, comblant ainsi un gros trou dans les pratiques du web. Là encore c’est très intuitif : une fois activé le bookmarklet ou la barre d’outils, il vous suffit de sélectionner le texte à mettre en valeur, puis clic droit, et highlight. Difficile de faire plus simple, et les options sont insérées dans le menu clic droit des navigateurs, ce qui évite d’avoir à surcharger ce dernier.

Ajouter une annotation avec Diigo

Ce premier point est déjà pratique pour toute personne devant travailler de manière régulière sur un document web, et écologique à la fois, puisqu’elle permet de se passer d’une impression coûteuse en papier. Malheureusement, cela ne marche pas avec un PDF. Cependant, Diigo va encore plus loin en permettant l’ajout de sticky notes localisées au paragraphe mis en exergue.

Ajouter une sticky note avec Diigo

C’est là que la fonctionnalité prend tout son sens : dès lors que je vais rendre publiques les annotations placées sur les paragraphes mis en valeur, les autres utilisateurs de Diigo vont pouvoir y répondre, ajouter des éléments, et ainsi participer à la discussion plus générale, comme c’est le cas avec l’annotation communautaire du livre de Zittrain The Future of the Internet (and how to stop it). Dans un cadre scolaire ou professionnel, cette fonctionnalité peut rapidement s’avérer indispensable.

Évidemment, cela n’ira va pas sans mal, et je vois plusieurs freins à son utilisation.

Il y a d’abord une problématique de confidentialité ; il faudrait restreindre la visibilité des notes aux membres d’un groupe privé, afin de préserver les notes de l’extérieur. Sans cela, impossible d’envisager un usage de Diigo dans l’entreprise.

Il y a surtout un problème d’usages et d’adoption. Diigo me fait par bien des cotés penser aux Vetinfs décrits par Vinge dans Raimbows End. L’adoption de ces derniers semble naturelle pour les jeunes générations, mais les personnes plus agées, et notamment le personnage principal de l’histoire Robert Guu ne les utilisent que contraints et forcés, et encore de manière très limitée. On a là une fonctionnalité pour l’instant destinée à des power users du web, à des chercheurs et des spécialistes de la veille technologique, et il faudra peut être 3 ou 5 ans, peut-être plus avant qu’elle n’entre dans les habitudes de monsieur tout le monde et de madame Michu.

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