Au cours d’une conversation sur la partie technique des entretiens d’embauche, Lutine m’a demandé si le fait de me retrouver face à un postulant catholique pourrait avoir une quelconque incidence sur mon comportement. Je trouve la question intéressante d’autant que je ne me l’étais pas encore posée, pour la simple raison qu’elle ne se pose pas.

La réponse est “non”, évidemment, pour cinq raisons qui me paraissent là aussi évidentes :

  • “Redde Caesari quae sunt Caesaris, et quae sunt Dei Deo”, autrement dit, “il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes”. Deux fois déjà, j’ai refusé de coopter des proches alors en recherche d’emploi ou de stage. La première fois, je considérais à juste titre que la personne n’avait pas le niveau requis ; la seconde fois parce qu’elle ne correspondait pas aux profils recherchés par la société et qu’il aurait été inutile de tricher.
  • Valider une candidature m’engage personnellement vis à vis de mon entreprise. Sa bonne santé financière, voire sa survie peuvent dépendre de mon jugement. Je dois me concentrer uniquement sur les aptitudes techniques, la capacité à travailler en équipe ou l’autonomie d’un candidat plutôt que sur sa religion, la taille de sa jupe ou la profondeur de son décolleté.
  • Dans le même ordre d’idée, valider un profil destiné à être placé en régie engage la crédibilité de ma société auprès du client. Perdre un contrat pour une ressource incapable de s’intégrer ou au niveau insuffisant ne fait jamais plaisir. Perdre un gros client pour les mêmes raisons est inacceptable. Là encore, on rentre dans une logique binaire: ou le candidat est le plus apte à accomplir la mission et dans ce cas, on l’engage, ou il ne l’est pas et dans ce cas, c’est non. Avis aux plaisantins: le coup des deux candidat ayant exactement le même niveau technique, les mêmes aptitudes, la même expérience… n’existe pas dans la vraie vie.
  • Dans le même ordre ordre d’idées, mes choix engagent ma crédibilité face à des supérieurs qui m’ont confié des responsabilités. Bien qu’ayant le droit à l’erreur, je préfère autant que faire se peut ne pas l’utiliser. Plus je réussirai et plus on me fera confiance, plus on me fera confiance et plus on me donnera des choses intéressantes à faire… le calcul est simple.
  • Enfin, mon orgueil démesuré m’interdit de me planter, même si, paradoxalement, je dois pour cela engager un collaborateur techniquement meilleur que moi.
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