Je viens de passer trois jours à LeWeb’11 rencontrer et interviewer des entrepreneurs, à découvrir de nouvelles applications, et à tester les services que j’utiliserai demain. Ou pas, tant j’ai vu passer de clones et de réseaux sociaux pour [insérez ici une niche ethno socio économique quelconque] se contentant de reproduire ce qui existe sans rien apporter de nouveau, voire sans rien apporter du tout. So boring, heureusement que j’ai croisé quelques produits un peu plus excitants.

Si vous entreprenez pour créer le nouveau Facebook – ou Google, ou eBay – arrêtez tout, rentrez chez vous, prenez une tasse de thé, et changez tout de suite d’activité : you’re doing it wrong.

Je vais vous confier un secret.

Quand Mark Zuckerberg a lancé Facebook, il ne voulait pas créer le nouveau Facebook. Il cherchait un moyen de serrer des meufs malgré sa timidité. True story bro.

Vous voyez la différence ?

Je vous propose un exercice tout simple. Récitez votre pitch à voix haute. S’il contient des pépites de chocolat permet à ses utilisateurs de …, remplacez-le par me permet de …, et retirez-en tout rapport au social, aux amis ou aux contacts. Votre service est-il toujours utilisable ? Oui ? Alors vous êtes sur la bonne voie : avant de créer un réseau social de plus, cherchez quel problème vous allez résoudre.

Sortez-vous de la tête l’idée d’imiter Facebook en créant le réseau social des [insérez ici une niche socio ethno économique quelconque]. Commencez par résoudre un problème que vous rencontrez.

Phil LibinPhil Libin a créé Evernote parce qu’il avait besoin d’une mémoire numérique. Il y a un an, Evernote avait dix employés, et toutes les orientations produit visaient à résoudre les besoins rencontrés par les employés de l’entreprise. Aujourd’hui, Evernote emploie 125 personnes dont 85% d’ingénieurs, et les orientations produit visent toujours à résoudre les problèmes rencontrés par les employés de l’entreprise.

Quand Foursquare a démarré, il vous permettait de dire sur Twitter et Facebook dans quel lieu vous vous trouviez. La couche sociale, représentée par les mayorships et les badges n’était qu’un moyen amusant et gratifiant de pousser les utilisateurs à créer de nouveaux lieux, pas une fin en soi.

Quand j’étais enfant, Folio Junior avait lancé une collection nommée et si c’était par la fin que tout commençait. Une fois que vous aviez terminé un livre, vous le retourniez, et vous aviez accès à des jeux et des questions vous permettant de valider votre lecture. Vous pouviez commencer par la fin, si vous n’aviez pas d’abord lu le livre, ça ne vous avançait à rien.

Si vous lancez un réseau social pour [insérez ici une niche ethno socio économique quelconque], vous allez inviter vos amis, vos contacts Facebook, Twitter, votre papa, votre maman, et tata Josiane. Ils se connecteront une fois, peut être deux, puis ne reviendront pas. Vous ne réglez aucun de leurs problèmes, et leur écosystème social est ailleurs.

Il n’y a que dans une entreprise que vous pouvez forcer les gens à s’inscrire sur un réseau social. Il suffit que le management le décrète outil de travail et y importe tout l’organigramme de la société. Mais s’il ne permet pas à vos employés de résoudre leurs problèmes, s’il ne vient pas combler un besoin, ce sera juste un intranet de plus, et personne n’ira. Réglez les problèmes des individus, et les interactions suivront, pas le contraire.

Les entrepreneurs avec qui j’en discute me font souvent remarquer qu’il existait des réseaux sociaux avant Facebook, alors pourquoi pas eux. C’est vrai, il suffit de voir ce que sont devenus Copains d’Avant, Dotnode ou Frienster, dont deux millions de membres avaient migré vers MySpace en quelques semaines. Vous n’êtes plus en 2004. Facebook revendique aujourd’hui 600 millions d’utilisateurs. 500 millions se connectent au moins une fois par mois. Si vous voulez créer le nouveau Facebook, vous allez devoir faire au moins aussi bien que Facebook, et attirer 600 millions d’utilisateurs.

Si vous tenez vraiment à faire dans le social, faites comme Causes, et lancez une application Facebook, c’est là que sont les gens, c’est là que se fait l’interaction sociale. Mais si votre service ne résout pas les problèmes de ses utilisateurs, vous finirez rapidement tout seul.

Social Network, you're doing it wrong

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