Pourquoi concevoir des sites spécialement optimisés pour iPhone ? Il fait l’effort d’offrir un véritable Safari, en rien affecté par les limitations des navigateurs de la très grande majorité des smartphones, et gère donc parfaitement les sites non mobiles. C’est du moins ce que pense Bradly Feeley dans un coup de gueule poussé en février dernier contre ceux qui n’ont visiblement rien compris à l’iPhone, c’est à dire, par extension, au web mobile.

If you want an iPhone specific interface for your site, write an iPhone App. But if I’m using Safari, please just give me what I want– a full functioning site that I’m familiar with and has what I am expecting.

À première vue, la diatribe de Bradly peut paraître relativement juste. Je crois pourtant qu’il est totalement à coté de la plaque – comme ça c’est dit – quelles que soient par ailleurs ses préférences.

Je passerai rapidement l’existence d’une application Facebook, en sus de la version mobile du site, citée comme exemple de son courroux, tout comme il existe de nombreux clients Twitter pour iPhone, souvent bien plus complets que le site original par ailleurs. La raison d’être de la version iPhone d’une application web et d’une application iPhone pour un service web sont aux antipodes l’une de l’autre. C’est bien simple : la première est conçue pour une utilisation online, l’autre pour une utilisation offline – avec ou sans synchro – et l’expérience utilisateur de l’une et de l’autre sont donc censées être sensiblement différentes.

Tout comme l’expérience utilisateur de Safari sur iPhone est sensiblement différente de celle que l’on peut avoir sur un iMac 24 pouces, n’en déplaise à Bradly Feeley. Il suffit de voir la différence de taille entre les deux écrans, mais également la différence entre les périphériques de pointage. Un doigt est beaucoup moins précis qu’un pointeur de souris, tout comme il est beaucoup plus simple d’écrire un pavé sur un clavier traditionnel que sur celui d’un smartphone. On peut d’ailleurs y voir une des raisons du succès de Twitter sur les applications mobiles, au delà de l’usage même du service qui y est totalement adapté. Malgré la puissance d’un Safari pour iPhone, que ce soient en termes de support des applications web modernes ou d’adaptation des pages à la taille de l’écran, on ne peut décemment utiliser correctement un site ou une application web destinée à un écran au moins trois ou quatre fois plus grand, utilisant un clavier et une souris traditionnels.

Je rejoindrai pourtant Bradly Feeley sur un point. Par pitié, cessez de sortir des versions bâclées ou diminuées de vos applications sous le simple prétexte que vous les destinez à un terminal mobile. Que vous supprimiez certaines fonctionnalités strictement incompatibles avec les usages du web mobile est cependant tout à fait compréhensible, mais le problème ne vient le plus souvent pas de là.
Tout comme je trouve aberrant de vouloir porter à l’identique et sans réflexion d’usages préalable une application métier desktop vers le web, au risque de passer à côté de nombreuses évolutions possibles permettant de gagner en productivité, il est stupide de vouloir porter un site web vers les terminaux mobile en en diminuant simplement la résolution, quitte à couper les branches gênantes. C’est pourtant beaucoup plus simple, et beaucoup moins coûteux, que d’étudier des usages nouveaux, et accepter de se repenser afin de s’adapter à un environnement différent, avec au bout, un risque de fiasco certain.

Via Julien.

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