Étudiants aux États-Unis en 1975

Qu’avez-vous appris aujourd’hui ?

Si vous ne savez pas quoi répondre, ou que la réponse est “rien”, vous venez simplement de perdre une journée.

En décembre dernier, j’ai mis en place un blog intitulé Something I Learnt Today (ce que j’ai appris aujourd’hui). J’y consignais chaque soir quelque-chose que j’avais appris durant la journée, au bureau ou ailleurs. Je ne l’ai pas alimenté assez longtemps pour en faire quelque chose de public, mais il m’a permis de prendre une des habitudes les plus importantes de ces dernières années.

Chaque soir, avant de dormir, je cherche ce que j’ai pu apprendre dans la journée. Chaque soir, je trouve quelque chose.

L’idée m’est venue lors d’un dîner de politesse chiant comme un film naturaliste français. J’étais entouré de gens incapables de tirer autre chose qu’une appréciation positive ou négative. À les écouter, leur existence hors de chez eux pouvait se résumer dans la réponse à as-tu passé une bonne journée ?. Une fois sortis du bureau, ils retirent la veste du travailleur et en enfilent une autre pour ce qu’ils appellent eux-même leur seconde journée. J’ai alors décidé de me rappeler chaque jour d’une chose que j’aie apprise avant de m’endormir – je n’avais pas vraiment besoin de ça pour me sentir exister, mais il me semblait intéressant de le formaliser : je sais que j’apprends quelque chose tous les jours, je sais que j’en retiens une partie, mais je ne me posais pas la question consciemment.

Fouiller quotidiennement dans ce que la journée vous a appris vous permet de poser dessus un regard qui va bien au delà de savoir si la journée s’est bien passée ou non. À l’opposition positif / négatif viennent se substituer des notions d’apport et d’utilité.

Cette démarche est un cercle vertueux.

D’abord passive – je me demandais après coup ce que la journée m’avais apporté – elle est devenue active : chaque jour, je choisis un domaine à propos duquel j’ai envie d’apprendre quelque chose.

Ça n’est pas nécessairement lié au travail. Au contraire, d’ailleurs. J’ai la chance de devoir sortir chaque jour de ma zone de confort, et j’apprends quotidiennement des choses passionnantes plus ou moins directement liées à mon métier, et vouloir me cantonner à ça rend la démarche un peu trop limitative. J’en profite donc pour varier les sujets : Arts, Histoire, Politique, Économie, connaissance du vivant…

Cet aspect proactif a eu trois conséquences inattendues.

La première, c’est que j’ai recommencé à lire autre chose que de la (science) fiction. Mes presque trois heures de transports quotidiens sont en cela une véritable chance : je peux consacrer bien plus de temps à la lecture que la plupart des gens que je connais (et ça rend le trajet nettement plus sympa).

La seconde, c’est que j’ai commencé à me tourner vers des domaines que j’avais jusqu’ici ignorés ou dédaignés, aussi bien dans l’informatique qu’en dehors, au premier rang desquels l’art contemporain. Conséquence, j’ai envie d’expérimenter, de jouer et d’élargir encore mes horizons. C’est la plus grosse bouffée d’air que j’ai prise depuis 7 ou 8 ans.

La troisième est très récente et concerne mon travail : c’est l’envie de passer d’un mode très pragmatique et purement opérationnel à un mode plus approfondi pour mieux comprendre comment fonctionnent les choses avec lesquelles je travaille quotidiennement au lieu de simplement savoir m’en servir.

I know… kung fu!

C’est terriblement excitant, un peu vertigineux tant il y a de choses à voir, et souvent intellectuellement épuisant. Mais j’adore ça.

Aujourd’hui, j’ai appris le fonctionnement des internals de l’Elastic Load Balancer d’Amazon (avec une grosse part d’expérimentation) et des éléments de l’oeuvre de Dubuffet (en particulier l’Hourloupe). Et vous ?

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